L'équipe du Chili de football est constituée par une sélection des meilleurs joueurs représentant le Chili en football masculin.
Dirigée par la Fédération du Chili (), fondée en 1895 et affiliée à la FIFA depuis 1913, l'équipe nationale chilienne dispute la première rencontre officielle de son histoire en 1910, face à l'Argentine. Faisant partie des quatre membres fondateurs de la CONMEBOL en 1916, le Chili prend part à la première édition de la Copa América et devra attendre la en 2015 pour être sacré, à domicile, après avoir été quatre fois vice-champion. Dans la foulée du titre obtenu, le Chili remporte une deuxième Copa América en 2016, à l'occasion du centenaire du tournoi sud-américain, et se hisse en finale de la Coupe des confédérations 2017 (perdue face à l'Allemagne), pour sa première participation à ce tournoi.
La « », comme elle est surnommée, participe à neuf phases finales de Coupes du monde. Son meilleur résultat est une troisième place décrochée à la Coupe du monde 1962, devant son public.
Historiquement, l'équipe du Chili joue ses rencontres à domicile à l' de Ñuñoa, bien qu'elle évolue parfois à l'. Les Chiliens ont atteint leur meilleure position au classement FIFA en avril 2016 en se hissant pour la première fois sur le podium ( mondial).
Histoire Les débuts (années 1910–1920) L'équipe du Chili joue son premier match international contre l'équipe d'Argentine le 27 mai 1910. Le match amical, joué à Buenos Aires, est remporté 3–1 par les Argentins dans le cadre de la préparation pour la Copa Centenario Revolución de Mayo.
thumb|left|L'équipe du Chili avant le match de la Copa Centenario Revolución de Mayo contre l'Argentine du 5 juin 1910. Cependant, il existe une controverse concernant ce match, car selon une étude récente, la sélection argentine présente ce jour-là est en fait un regroupement d'étudiants locaux venus se mesurer à l'équipe chilienne dans un match d'exhibition. Le journal rapporte, dans le programme de la semaine du 25 mai 1910, un match le 27 mai. En outre, le journal affirme que « l'équipe qui joue contre les Chiliens est une combinaison d'étudiants voulant jouer contre des [joueurs plus] anciens ». C'est pourquoi, bien qu'il n'y a aucun doute sur le fait qu'il s'agisse du premier match de l'équipe du Chili, cette rencontre ne devrait pas être considérée comme un match international officiel, contrairement à celle du 29 mai contre l'Uruguay (0–3). Néanmoins, l', l'IFFHS, RSSSF et la FIFA considèrent le match joué le 27 mai 1910 comme la première rencontre internationale officielle de l'équipe du Chili.
La fédération du Chili, deuxième plus ancienne fédération sud-américaine de football, est fondée le 19 juin 1895 dans la ville de Valparaíso. Affiliée à la FIFA en 1913, elle est trois ans plus tard une des quatre membres fondatrices de la CONMEBOL. Avec l'Argentine, le Brésil et l'Uruguay, le Chili participe aux quatre premières éditions du championnat d'Amérique du Sud, plus tard rebaptisé Copa América. Le premier buteur chilien dans la compétition est l'ailier des Santiago Wanderers, Telésforo Báez, qui marque contre l'Argentine (1–6) le 6 juillet 1916.
thumb|L'Uruguay et le Chili entrant sur le terrain à la Copa América 1926 à Ñuñoa. Les Chiliens ne connaissent pas le goût de la victoire avant le de leur histoire, au Championnat sud-américain 1926. Le 12 octobre 1926 à Santiago, pour le premier match officiel de l'équipe de Bolivie, le Chilien Humberto Moreno inscrit le premier dans l'histoire de la Copa América, tandis que l'attaquant de Colo-Colo David Arellano signe un quadruplé pour offrir la première victoire de son histoire à la (7–1). Au cours de cette édition, elle réussit même à vaincre le Paraguay pour la première fois (5–1), bien aidée par les trois buts d'Arellano, meilleur buteur du tournoi avec sept réalisations. Mort l'année suivante d'une péritonite, Arellano n'est pas du voyage à Amsterdam pour la première participation de la aux Jeux olympiques. Emmené par ses vedettes Guillermo Saavedra et Guillermo Subiabre, le Chili perd son premier match face au Portugal (2–4) et est éliminé du tournoi principal, avant de se ressaisir contre le Mexique (3–1) puis de faire match nul contre les hôtes néerlandais (2–2) en finale du tournoi de consolation. Les Néerlandais remportent le match au lancer de pièces mais offrent la coupe de consolation aux Chiliens.
La participation à la première Coupe du monde en 1930 thumb|L'équipe du Chili, le 22 juillet 1930, avant le match contre l'Argentine. Au second rang, de gauche à droite : Morales, Chaparro, Saavedra, Cortés, A. Torres, C. Torres. Au premier rang, de gauche à droite : Aguilera, Vidal, Villalobos, Subiabre, G. Arellano. En 1930, le pays participe à la première Coupe du monde, en Uruguay. Toutes les équipes nationales affiliées à la FIFA sont invitées à prendre part à la compétition, initialement prévue pour accueillir seize participants. Finalement, le tournoi débute le 13 juillet 1930 avec seulement treize participants, les Sud-Américains répondant majoritairement présent, parmi lesquels l'équipe du Chili.
Le Hongrois György Orth est chargé de diriger l'équipe nationale chilienne. Il est plus jeune que le doyen des joueurs chiliens retenus, le défenseur du club de La Cruz Valparaiso Ulises Poirier, âgé de 33 ans et 5 mois lors du match du premier tour face au Mexique. Huit des dix-neuf joueurs chiliens évoluent au Colo-Colo, le club le plus populaire du pays. Le frère cadet de David Arellano, Guillermo, fait partie de la sélection. Le Chili tombe dans le groupe A, composé de la France, de l'Argentine et du Mexique.
thumb|left|Le Chili bat la France un but à zéro sur un but de la tête de Guillermo Subiabre. Pour leurs débuts le 16 juillet, les Chiliens l'emportent sur le Mexique 3–0 grâce à des buts signés Guillermo Subiabre (doublé) et Carlos Vidal. Trois jours plus tard, ils se défont de la France un but à zéro sur une réalisation de la tête de Subiabre. Durant ce match, le gardien de but français Alexis Thépot arrête un penalty tiré par Guillermo Saavedra, une première dans l'histoire de la Coupe du monde.
L'Argentine et le Chili se retrouvent alors à égalité de points en tête du groupe avant le dernier match, avec deux victoires chacun. Leur confrontation lors de la dernière journée est donc décisive et se présente comme un véritable quart de finale, le vainqueur se qualifiant pour les demi-finales. Le 22 juillet, devant les du stade Centenario de Montevideo, les Argentins mènent déjà deux buts à un au bout d'un quart d'heure de jeu après deux buts de Guillermo Stábile contre un de Subiabre. En seconde mi-temps, Mario Evaristo ajoute un troisième but pour l'Argentine, permettant à son équipe d'assurer la première place du classement, la seule qualificative pour les demi-finales. Le Chili termine à la deuxième place du groupe derrière le futur finaliste. En 1986, le Chili est rétroactivement classé cinquième de cette édition par la FIFA.
Le repli en Amérique du Sud (années 1930–1940) thumb|L'équipe du Chili à la Copa América 1945 à l' de Santiago. Debout : F. Hormazábal, Ataglich, Barrera, Platko (), Livingstone, Klein, Las Heras et Orellana (). Accroupis : Piñeiro, Clavero, Alcántara, Norton et Medina. Après le mondial uruguayen, le Chili ne dispute aucune rencontre internationale pendant près de cinq ans, il déclare notamment forfait pour la phase qualificative pour le mondial 1934. Au Championnat sud-américain 1935 au Pérou, la finit dernière au classement après trois défaites en autant de rencontres. Lors de l'édition suivante en Argentine, le Chili décroche le premier succès de son histoire face à l'Uruguay (3–0), grâce au doublé de son avant-centre Raúl Toro, meilleur buteur du tournoi avec sept buts. Forfait quatre ans plus tôt, le Chili renonce à s'inscrire pour le mondial de 1938. Au Championnat sud-américain 1939 au Pérou, les Chiliens laissent la dernière place aux néophytes équatoriens qu'ils battent 4–1 pour leur première confrontation.
Le Chili se replie sur le continent sud-américain en limitant ses apparitions internationales au championnat continental, rencontrant exclusivement des nations membres de sa confédération entre le 19 juillet 1930 pour son deuxième match du mondial uruguayen contre la France et le 25 juin 1950 face à l'Angleterre pour son premier du mondial Brésilien. Pendant cette période, la , dirigée par le mythique Franz Platko, égale sa meilleure performance dans le tournoi sud-américain en 1945 en étant classée troisième, à nouveau sur ses terres comme en 1926 et en 1941. Le 18 février 1945, elle vainc à nouveau l'Uruguay (1–0), dont les cages sont gardées par Roque Máspoli, futur champion du monde. Côté chilien, le dernier rempart est alors Sergio Livingstone, qui participe à sept éditions de la Copa América et fixe à trente-quatre le record du nombre de matchs joués dans la compétition, égalé seulement par le Brésilien Zizinho.
Le retour timide sur la scène internationale (années 1950) L'Argentine déclare à nouveau forfait pour la Coupe du monde 1950, qualifiant de fait pour la phase finale la Bolivie et le Chili, les deux adversaires de son groupe éliminatoire. En phase finale, les hommes d'Arturo Bucciardi inscrivent seulement deux points après deux défaites contre l'Angleterre puis contre l'Espagne sur le même score (0–2) et une victoire contre les États-Unis (5–2). Les buteurs chiliens sont Atilio Cremaschi (deux buts), Andrés Prieto, Fernando Riera et l'attaquant de Newcastle United, Jorge Robledo. Seule la première place du groupe étant qualificative pour la poule finale, l'équipe du Chili, à égalité de points avec l'Angleterre et les États-Unis, est éliminée au premier tour.
Au sortir du mondial brésilien, le Chili organise le premier championnat panaméricain de football et réalise la plus longue série de victoires consécutives depuis ses débuts avec cinq matchs gagnés dont quatre au cours de ce tournoi, sur le Panama (6–1), le Mexique (4–0), le Pérou (3–2) et l'Uruguay (2–0). Le dernier match contre le Brésil est donc décisif, un match nul étant suffisant aux Chiliens pour remporter le championnat. Face à leur bête noire brésilienne, invaincue en dix confrontations avec la , les Chiliens concèdent sèchement une neuvième défaite (0–3) et se classent deuxièmes. Au Championnat sud-américain 1953 disputée à l' de Lima, les Chiliens se classent quatrièmes à un point seulement des vainqueurs brésiliens, qui les défont difficilement (2–3) lors du pénultième match. L'attaquant de l'Universidad Católica Francisco Molina, auteur des deux buts contre le Brésil, est le meilleur buteur de l'édition péruvienne avec sept réalisations. Plus tard dans l'année, le Chili s'offre deux matchs amicaux de prestige face aux deux nations européennes qu'elle a affronté trois ans auparavant au mondial brésilien, l'Angleterre et l'Espagne. Pour ses premiers matchs amicaux face à des nations d'un autre continent, il perd à nouveau ces deux matchs sur le même score (1–2).
Au début de 1954, la se lance dans les éliminatoires de la Coupe du monde en Suisse. Elle convoite l'unique place qualificative de la zone Amérique du Sud, dans un groupe disputé par matchs aller-retour et réduit à trois équipes avec le Brésil et le Paraguay, le Pérou ayant déclaré forfait. Le Chili perd les quatre confrontations contre Brésiliens et Paraguayens, ne marquant qu'un but par Jorge Robledo, et est éliminé.