Olba, plus tard nommée Diokaisareia (Διοκαισάρεια) en grec et Diocaesarea en latin (aujourd'hui Uzuncaburç) est une ancienne cité de Cilicie (Turquie).
La ville se trouve à environ à vol d'oiseau au nord-ouest de Corykos (Κώρυκος) et au nord de Séleucie (Silifke) sur un plateau élevé, à une altitude d'environ .
Selon Strabon (XIV, 5, 10), Olba se situe dans la contrée montagneuse qui domine Cyinda et Soles. À Olba appartenait aussi la cité de Canytellis (Kanlıdivane), à environ au sud-ouest.
Histoire Durant la période hellénistique, la région de Diokaisareia faisait partie de l'Empire séleucide. Elle était contrôlée par les rois et reines d'Olba, agissant pour le compte de l'Empire séleucide. C'était le lieu sacré du peuple d'Olba, mais leur principal centre urbain se trouvait à Ura, à 4 kilomètres à l'est de Diokaisareia. Cependant, après la conquête de la région par l'Empire romain, l'empereur Vespasien ( r. 69-79) transforma le lieu sacré en ville, lui conférant le droit de frapper monnaie. À l'époque chrétienne, la plupart des temples de Diocæsarea furent convertis en églisesMersin Valiliği:Mersin Ören Yerleri kaleleri Müzeleri, , pp. 224-227.
William Mitchell Ramsay a pensé que l'emplacement d'Olba correspondait à celui de la cité connue à la période hittite sous le nom d'Ura, mais des recherches ont ensuite montré que cette dernière était un port, ce qui rend cette identification impossible R. H. Beal, « The Location of Cilician Ura », dans Anatolian Studies 42, 1992, p. 65-73.
Le pouvoir des prêtres de Zeus Olbios s'étendait sur la Trachéotide (Cilicie Trachée), qui comprenait aussi ZénophaneSur le nom de Zénophane, voir A. M. Vérilhac - C. Dragon dans Revue des études anciennes, n° 76, 1974, p. 273 et suivantes.. Une descendante de la famille Aba aida Marc-Antoine et Cléopâtre VII et fut pour cette raison renversée par Auguste, mais Olba resta sous le contrôle de cette famille.
Au Moyen Âge, la ville tomba en désuétude. Sous l'Empire ottoman , les Turkmènes établirent leur propre village à l'est du site antique et le nommèrent Uzuncaburç, d'après la tour hellénistique toujours debout, ce qui signifie la « tour longue » ou le « haut bastion » en turc. Aujourd'hui, la ville et le site antique portent le même nom.
Description
Les vestiges d'Olba sont répartis dans le village actuel d'Uzuncaburç et dans ses environs immédiats. On peut y voir, un théâtre, un nymphée, un aqueduc et un grand nombre de tombes creusées dans la roche.
On entre dans la ville par une porte monumentale, dont cinq colonnes ont survécu. Puis une rue à colonnade longe le temple de Zeus Olbios et mène au temple de Tyché. De celui-ci subsistent également cinq colonnes de granite à chapiteaux corinthiens reliés par des architraves massives comportant des dédicaces.
Au nord-ouest, une porte à trois arcs d'époque romaine mène hors de la ville. Sur une autre partie du mur de la ville, au nord, se dresse une tour de guet à cinq étages, haute de , éponyme du nom du village actuel, Uzuncaburç, qui signifie la tour longue en turc, déjà représentée sur des monnaies antiques d'Olba. Plusieurs nécropoles, parfois très importantes, s'étendent en dehors de la ville.
Le sanctuaire de Zeus Olbios, situé à environ de la ville, a été fondé d'après la légende d'Ajax, fils de Teucros. Étienne de Byzance la nomme Olbia (Ὀλβία).
Temple de Zeus Le temple de Zeus, au centre du site, fut probablement commandé par Séleucos Nicator (r. 305–281 av. J.-C.). Il subsiste 36 colonnes. Le temple est de type périptère, de 6 x 12 colonnes reposant sur un stylobate d'environ . Les colonnes s'élèvent sur des bases attiques sans plinthes. Les fûts de colonnes sont à 24 cannelures, réduites à de simples facettes dans le tiers inférieur. Les arêtes des cannelures se prolongent sur les facettes en fines bandes convexes, les facettes étant elles-mêmes légèrement concaves. L'exécution des facettes n'atteint pas la même hauteur sur toutes les colonnes. Les chapiteaux corinthiens sont constitués de trois pièces séparées. Ce mode d'exécution, qui appartient à la culture ptolémaïque, peut être observé sur le temple d'Auguste à Philae.
Des restes de l'entablement dorique gisent parmi d'autres vestiges d'éléments architecturaux. La date de construction du temple est controversée, variant entre le début du Voir : Ralf Schenk, Der korinthische Tempel bis zum Ende des Prinzipats des Augustus. Internationale Archäologie n° 45, 1997, p. 25-28..
À l'époque chrétienne, une cathédrale a été aménagée à l'intérieur du temple les espaces entre les colonnes. On distingue au sol les traces de fonts baptismaux avec un plan en croix.
Porte cérémonielle La porte se trouve à l’est du site. Seules six colonnes subsistent. Le rayon de chaque colonne est d'un mètre et sa hauteur de 7 mètres. Chaque colonne comporte des consoles qui servaient à ériger de petites statues.
Porte romaine La porte principale se situe au nord-ouest du site. De chaque côté, on trouve une porte monumentale et deux portes auxiliaires.
Temple de Tyché Il se trouve à l’extrémité ouest du site. Il subsiste une architrave reposant sur cinq colonnes de 6 mètres chacune. Selon une inscription, il fut commandé par Oppios et Kyria.
Théâtre Il se trouve à l’est. C’est un édifice romain construit sous le règne de Marc Aurèle (161-180) et de Lucius Verus (161-169).
Tour hellénistique Elle se situe près de l’angle nord-est de l’enceinte fortifiée. Sa base mesure et sa hauteur 23 mètres . Elle fut commandée par un certain Teukros, fils de Tarkyaris Paper by Umit Aydınoğlu.Elle servait probablement de refuge à la population durant les guerres.
Mausolée Il est situé hors de l'enceinte fortifiée, au sud-est. Sa surface au sol est de 5,5 x 5,5 m². Sa hauteur est de 15 mètres (49 pieds).
Nécropole Elle est située dans la vallée au nord.
Notes et références
Voir aussi
Liens externes
Bibliographie Ekrem Akurgal, Griechische und römische Kunst in der Türkei, 1987, p. 441. Y. Boysal, Uzuncaburç ve Ura Kilavuzu Istanbul, 1963. T. S. MacKay, Olba in Rough Cilicia, 1968. T. S. MacKay, dans Aufstieg und Niedergang der römischen Welt II 18,3. 1990, p. 2083 et suivantes. Ralf Schenk, Der korinthische Tempel bis zum Ende des Prinzipats des Augustus. Internationale Archäologie n° 45, 1997, p. 24-28. Rahden, Leidorf, Detlev Wannagat, Neue Forschungen in Diokaisareia / Uzuncaburç, Bericht über die Arbeiten 2001-2004. dans Archäologischer Anzeiger. 2005, p. 117-166. Roberta Schiavo, « La Cilicie au IIIe siècle avant J.-C. : une région frontière dans les conflits entre les Séleucides et les Lagides », Dialogues d'histoire ancienne, Année 2021, Suppl. 22, p. 97-123
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