Larc de triomphe de l'Étoile, le plus souvent appelé simplement lArc de Triomphe, est un monument de type tétrapyle situé à Paris, en un point haut à la jonction des territoires des , et arrondissements, notamment au sommet de l'avenue des Champs-Élysées et de l'avenue de la Grande-Armée, lesquelles constituent un grand axe est-ouest parisien partant du palais du Louvre, passant par l'obélisque de la Concorde, l'Arc de Triomphe lui-même et se terminant au loin par l'arche de la Défense. Sa construction, décidée par l'empereur , débute en 1806 et s'achève en 1836 sous le règne de Louis-Philippe.
Place de l'Étoile de Paris vignette|gauche|Le nom originel de la place faisait référence aux voies convergeant vers son centre.
L'Arc de Triomphe s'élève au centre de la place Charles-de-Gaulle (anciennement place de l'Étoile) dans les , et arrondissements de Paris.. Il est situé dans l'axe et à l'extrémité ouest de l'avenue des Champs-Élysées, à de la place de la Concorde. C'est un tétrapyle haut de , large de et profond de , géré par le Centre des monuments nationaux.. La hauteur de la grande voûte est de et sa largeur de . La petite voûte mesure de haut et de large. Le monument pèse environ , ou en comptant les fondations, qui descendent à de profondeur. Le coût total de la construction a été de ..
vignette|gauche|L'Arc de Triomphe est situé sur l'axe historique de Paris, une longue perspective qui va du palais du Louvre à l'arche de la Défense.
La place de l'Étoile forme un énorme rond-point de douze avenues percées au sous l'impulsion de et du baron Haussmann, alors préfet du département de la Seine. Ces avenues « rayonnent » en étoile autour de la place, notamment l'avenue Kléber, l'avenue de la Grande-Armée, l'avenue de Wagram et, la plus connue, l'avenue des Champs-Élysées. Des pavés de couleurs différentes dessinent sur le sol de la place deux étoiles dont les pointes arrivent pour l'une au milieu des avenues, pour l'autre entre les avenues.
Ce site est desservi par la station de métro Charles de Gaulle - Étoile.
Histoire , au lendemain de la bataille d'Austerlitz, déclare aux soldats français : L'Empereur s'est référé aux arcs de triomphe érigés sous l'Empire romain afin de commémorer un général vainqueur défilant à la tête de ses troupes..
vignette|gauche|La Bataille d'Austerlitz, par François Gérard (1810), tableau conservé au musée de l'Histoire de France (Versailles).
Par un décret impérial daté du , il ordonne la construction de cet arc de triomphe consacré à perpétuer le souvenir des victoires des armées françaises.. Son projet initial est d'ériger le monument . Il veut ainsi en faire le point de départ d'une avenue triomphale traversant notamment le Louvre et la place de la Bastille. Le ministre de l'Intérieur Jean-Baptiste de Champagny avise l'Empereur que le choix de la Bastille serait dispendieux et le convainc d'ériger l'Arc à l'ouest de Paris sur la place de l'Étoile qui permettait le dégagement de belles perspectives..
Le comte Jean Bérenger, conseiller d'État, se charge du financement comme directeur général de la Caisse d'amortissement. Le décret impérial du , qui ordonne l'érection d'un arc de triomphe, prévoit en effet que Le directeur général du musée Napoléon à , conseiller d'État, directeur de la caisse d'amortissement. Éditions de la Réunion des musées nationaux, Paris, 1999. 915 Archives des musées nationaux, registre *AA5, , Denon..
vignette|Projet de Jean-François Chalgrin pour l'arc de triomphe de l'Étoile, 1806.
Pour la conception du monument, l'architecte Jean-François Chalgrin est en concurrence avec son confrère Jean-Arnaud Raymond, chargé de collaborer avec lui. Le premier souhaite orner l'arc de colonnes isolées tandis que le second les veut engagées. L'incompatibilité de ces deux conceptions rend impossible toute collaboration entre les deux architectes. Un arbitrage rendu par Champagny force Raymond à se retirer honorablement. Chalgrin supprime alors les colonnes de son projet. et s'inspire de l'arc tétrapyle de Janus et de l'arc de Titus à Rome, alors en pleine restauration..
Construction L'Arc de Triomphe est construit en calcaire lacustre de Château-Landon. Outre ses qualités mécaniques, ce calcaire ne noircit pas sous l'effet de la pollution (contrairement aux bas-reliefs construits en calcaire lutétien de Chérence), p. 27..
La première pierre en forme de bouclier portant une inscription est posée le (pour l'anniversaire de l'Empereur) et recouverte d'une plaque en bronze pour la protéger. Cette pose a lieu sans cérémonie officielle, dans l'indifférence générale.. Les fondations (un massif de de longueur sur de largeur et de profondeur). exigent deux années de chantier. En 1810, les quatre piles s'élèvent à environ un mètre au-dessus du sol. À l'occasion de son mariage avec l'archiduchesse Marie-Louise et de l'entrée de celle-ci dans Paris, l'Empereur délègue des crédits qui permettent à Chalgrin de construire une maquette en vraie grandeur en charpente, stuc et toiles peintes qui restent assez longtemps en place et sous laquelle la princesse passe. L'architecte meurt assez subitement en 1811, suivi, huit jours après lui, par son confrère Raymond. Les piliers de la construction ne s'élèvent qu'à une douzaine de mètres, au niveau des assises de la voûte de la grande arche quand Louis-Robert Goust, élève de Chalgrin, lui succède à la tête du projet..
Lors des premières défaites napoléoniennes (campagne de Russie en 1812), et des événements de 1814, l'Arc de Triomphe est élevé jusqu'aux voûtes (l'imposte de la grande arcade est posée avec la ), mais la construction est interrompue puis abandonnée sous la Restauration. En 1823, reprend la construction avec les architectes Louis-Robert Goust puis Jean-Nicolas Huyot et sous la direction de Louis-Étienne Héricart de Thury. L'Arc doit désormais commémorer l'expédition victorieuse d'Espagne. En 1830, Louis-Philippe reprend la pensée initiale de Napoléon mais, dans un esprit de réconciliation, associe les armées qui ont combattu entre 1792-1815. C'est Louis-Philippe et Adolphe Thiers qui décident du choix des thèmes et des sculpteurs : Le Départ des volontaires de 1792, communément appelé La Marseillaise, de François Rude, Le Triomphe de Napoléon de Jean-Pierre Cortot, La Résistance de 1814 et La Paix de 1815 par Antoine Étex. Plus spectaculaire est la frise située au sommet de l'Arc et qui se divise en deux parties : Le Départ des armées et Le Retour des armées avec une longue scène centrale à la gloire de la Nation. La construction est menée à bien entre 1832 et 1836 par l'architecte Guillaume Abel Blouet, dont le nom est mentionné sur la plaque commémorative au troisième étage du monument.
Inauguration L'Arc de Triomphe est inauguré le pour le sixième anniversaire des Trois Glorieuses. Au départ, une grande revue militaire en présence de Louis-Philippe est prévue. Mais, alors qu'il vient d'être visé par un nouvel attentat le , le roi décide de s'en abstenir. La revue militaire est décommandée et remplacée par un grand banquet offert par le roi à trois cents invités, tandis que le monument est découvert discrètement à sept heures du matin, en la seule présence d'Adolphe Thiers et de son ministre des Finances, Antoine d'Argout..
vignette|Arc de l'Étoile. Fondé par Napoléon en 1806, terminé par Louis-Philippe I en 1836. Aux Armées françaises. Médaille par Jean-Pierre Montagny (1789-1862).
Durant le transfert des cendres de Napoléon, le , le cortège passe sous l'Arc de Triomphe.
En 1842, Honoré de Balzac en fait un symbole de la fidélité des soldats à l'Empereur : Honoré de Balzac, La Femme de trente ans (1829-1842), édition du Furne, 1845, 3, 7..
Dans l'esprit des concepteurs, le sommet de l'Arc de Triomphe devait être couronné par un groupe sculpté monumental. Plusieurs projets, dont certains très fantaisistes, sont présentés : la France victorieuse de Bernard Seurre, un aigle colossal, une énorme couronne ornée d'aigles et de coqs, un réservoir d'eau, un éléphant, etc. Lors du retour des cendres en 1840, l'architecte Guillaume Abel Blouet fait dresser temporairement au sommet de l'Arc un groupe sculpté représentant . Dans la préparation de cette installation, Blouet reprend un projet qu'il avait conçu en 1834, en modifiant la figure allégorique de la France initialement prévue par celle de l'Empereur.
En 1882, un quadrige conçu par le sculpteur Alexandre Falguière est installé sur le socle laissé vide : cette maquette en charpente et en plâtre, grandeur naturelle, représente une allégorie de La France ou de La République, tirée par un char à l'antique s'apprêtant à « écraser l'Anarchie et le Despotisme ». La sculpture monumentale, baptisée le Triomphe de la Révolution, est enlevée dès 1886 car elle commence à se dégrader, son remplacement définitif par un bronze ne s'étant jamais fait par la suite.. On peut observer le monument pourvu du groupe de Falguière sur diverses photographies, tout particulièrement celles prises lors des funérailles grandioses de Victor Hugo, en 1885 (voir section « Événements »). Une réplique en marbre de petite dimension (environ ) du Triomphe de la Révolution est exposée en du musée de Grenoble..
L'Arc de Triomphe est classé au titre des monuments historiques depuis le ..
Au À l'occasion de la cérémonie du , un cénotaphe monumental, réalisé par l'architecte Antoine Sartorio, constitué d'une tour en plâtre doré de de haut pesant , orné de déesses de la victoire, est placé sous l'Arc de Triomphe, une dizaine de mètres en avant et légèrement décalé vers la droite pour permettre le passage des troupes..
vignette|Illumination de l'Arc de Triomphe, 1935.
La tombe du Soldat inconnu est installée sous l'arc de triomphe de l'Étoile le . Elle accueille le corps d'un soldat français, mort lors de la Première Guerre mondiale pour commémorer symboliquement l'ensemble des soldats qui sont morts pour la France au cours de l'histoire.
En 1938, un moulage de la sculpture originale de La Marseillaise de Rude est effectué pour prévenir les éventuelles destructions dans une guerre, avec notamment le développement de l'aviation et des bombardements..
Le , les troupes nazies défilent pour la première fois sous l'Arc de Triomphe. Le de la même année, une manifestation de lycéens et d'étudiants sur les Champs-Élysées et devant l'Arc de Triomphe, l'un des tout premiers actes publics de résistance à l'occupant en France, est durement réprimée par les nazis.
Le , après la libération de Paris, le général Charles de Gaulle descend les Champs-Élysées, précédé par quatre chars de la division blindée.
Le , en réaction à la crise étudiante et syndicale, une grande manifestation de soutien au président Charles de Gaulle remonte les Champs-Élysées, réunissant entre et Frank Georgi, « "Le pouvoir est dans la rue". 30 mai 1968 la "manifestation gaulliste" des Champs-Élysées », Vingtième Siècle : Revue d'histoire, 1995, , ..
Le , à l'issue de la victoire 3-0 de l'équipe de France de football en finale de la Coupe du monde, plus d'un million de personnes célèbrent la victoire sur les Champs-Élysées. Le lendemain, les Bleus paradent sur l'avenue à bord d'un bus. Des scènes similaires se reproduisent en 2000 après la victoire en finale de l'Euro.
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