vignette|redresse=1.5|Peinture rupestre du Tassili n'Ajjer

La Préhistoire de l'Algérie commence avec les premières traces d'occupation humaine trouvées sur le territoire actuel de l'Algérie, il y a environ 2 millions d'années, et s'achève avec les premiers textes libyques dits Tifinagh, puis les textes carthaginois et romains, dans la deuxième moitié du .

Paléolithique archaïque Les sites préhistoriques de Guelta Zerka, dans la wilaya de Sétif, au centre-est du pays, ont livré des vestiges lithiques très anciens de type oldowayen, toutefois sans fossiles humains associés...

Aïn Boucherit Le site d'Aïn Boucherit a livré en 2018 des vestiges d'industrie lithique datés d'environ 2 millions d'années..

Le site a été daté par quatre méthodes indépendantes, mais qui laissent une marge d'incertitude significative, entre 1,9 et 2,4 millions d'années. : la polarité géomagnétique négative rapportée au chron Matuyama, la résonance paramagnétique électronique (RPE), la biostratigraphie (les assemblages d'espèces fossiles), et la vitesse de sédimentation estimée.. Aïn Boucherit est aujourd'hui le site paléolithique le plus ancien d'Afrique du Nord..

Aïn Hanech Sur le site voisin d'Aïn Hanech, l'âge des vestiges lithiques est évalué par le paléomagnétisme à environ 1,7 million d'années..

Paléolithique inférieur Le site préhistorique de Tighennif (anciennement Ternifine), dans la wilaya de Mascara, a livré des outils lithiques acheuléens, notamment des bifaces et des hachereauxDjemmali, N.-E., 1985, L'industrie lithique acheuléenne du gisement de Tighennif (Ternifine), Algérie, Paris, Université P. et M. Curie, Muséum National d'Histoire Naturelle, Thèse de Doctorat, 184 p., dont l'âge s'échelonne de d'années. Parmi les vestiges, composés essentiellement d'ossements animaux fossiles et d'outils de pierre taillée, les paléontologues français Camille Arambourg et Robert Hoffstetter ont découvert de 1954 à 1956 trois mandibules humaines, datées d'environ Denis Geraads, Jean-Jacques Hublin, Jean-Jacques Jaeger, Tong, H., Sen, S. et Toubeau, P. (1986) « The Pleistocene Hominid site of Ternifine, Algeria : new results on the environment, age, and human industries », Quaternary Research, 25, pp. 380-386., qui ont conduit à la définition de l'Atlanthropus mauritanicus, aujourd'hui dénommé Homo mauritanicusLionel Balout, Pierre Biberson et Jacques Tixier, 1970, « L'Acheuléen de Ternifine (Algérie), gisement de l'Atlanthrope », in: Actes du Congrès International des Sciences Préhistoriques et Protohistoriques, Prague, UISPP, 21-27 août 1966, .Camille Arambourg, 1957, « Récentes découvertes de paléontologie humaine réalisées en Afrique du Nord française (L'Atlanthropus de Ternifine - L'Hominien de Casablanca) », in : Third Panafrican Congress on Prehistory, Livingstone 1955, Clark, J.D. et Cole, S., Eds., London, Chatto &Windus, pp. 186-194Balout L., Biberson P. et Tixier J., 1967, « L'Acheuléen de Ternifine (Algérie), gisement de l'Atlanthrope », L'Anthropologie, t. 71, , .. L'Homme de Tighennif présente une mandibule plus robuste que les représentants de l'espèce Homo rhodesiensis, attestée en Afrique à partir d'environ . Les fossiles de l'Homme de Tighennif sont les plus anciens fossiles humains connus en Afrique du NordDutour O., « Le Peuplement moderne d'Afrique septentrionale et ses relations avec celui du Proche-Orient », Paléorient, 1995, vol. 21, , ..

En 2026, à l'issue de fouilles menées entre le 6 et le 22 juin par une équipe de recherche pluridisciplinaire du Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH) dirigée par le professeur Mohamed Sahnouni, le ministère algérien de la Culture et des Arts a annoncé la découverte, à une vingtaine de kilomètres du site préhistorique de l'Homme de Tighennif, d'une défense fossile presque complète de 2,35 mètres de long attribuée à Loxodonta atlantica, une espèce d'éléphant préhistorique ayant vécu il y a plus d'un million d'années, voire près de deux millions d'années selon les premières estimations. Par son état de conservation exceptionnel, ce spécimen constitue une découverte paléontologique rare, susceptible d'enrichir les connaissances sur les proboscidiens disparus et sur leur répartition en Afrique du Nord au cours de la Préhistoire.

Paléolithique moyen Le Paléolithique moyen s'ouvre en Afrique du Nord avec le Moustérien, à partir d'environ avant le présent (AP).

À partir d'environ et jusqu'à AP prédomine l'AtérienPaul Pallary, 1905, « Caractères généraux des industries de la pierre dans l'Algérie occidentale », L'Homme Préhistorique, année, , pp. 33-43.

L'Atérien a été défini en 1922 par Maurice Reygasse à partir de vestiges lithiques mis au jour sur le site de Bir el-Ater, dans la wilaya de TébessaMaurice Reygasse, 1922, « Note au sujet de deux civilisations préhistoriques africaines pour lesquelles deux termes nouveaux me paraissent devoir être employés », in: session de l'Association française pour l'avancement des Sciences, Montpellier, pp. 467-472.

Les outils atériens sont l'œuvre d'Homo sapiensD. Lubell, « Continuité et changement dans l'Épipaléolithique du Maghreb », in : Le Paléolithique en Afrique, l'histoire la plus longue, Artcom', Errance, 2005, ..

Vers la fin du Paléolithique moyen, il y a quelque , de fortes pluies tombent au Sahara et au Maghreb, qui connaissent alors un climat humide favorisant le développement des populations d'éléphants, de girafes, de rhinocéros et autres, que les Hommes chassent en grands nombresAndré Debénath, Jean-Paul Raynal, Roche J., Pierre-Jean Texier, Ferembach D., 1986, « Stratigraphie, habitat, typologie et devenir de l'Atérien marocain : données récentes », L'Anthropologie, t. 90, , pp. 233-246.

vignette|redresse=0.9|L'Homme de Mechta-Afalou a été trouvé près de Constantine.

Paléolithique supérieur

À partir de AP émerge l'Ibéromaurusien, après un hiatus archéologique de plusieurs milliers d'années.

Son outillage comporte notamment de nombreuses lamelles à dos abattu et divers types d'outils en os. Ni art pariétal, ni art rupestre n'ont été mis au jour, alors que l'Ibéromaurusien est contemporain des peintures du Solutréen et du Magdalénien, nombreuses en France et en Espagne. La découverte la plus insolite est celle de statuettes en terre cuite datées entre AP, qui constituent les plus anciennes manifestations artistiques de ce type en Afrique du Nord..

Les fouilles archéologiques ont mis en évidence des armes de chasse très raffinées, faites de pierre, de bois et même de cordage. Les pointes de lances sont appelées ibéromaurusiennes..

Mésolithique

C'est l'époque du Capsien, entre environ 8000 et Le Capsien apparait d'abord dans le Sud de la Tunisie, dans la région de Gafsa (antique Capsa). Il n'atteint pas le littoral méditerranéen et reste à l'intérieur des terres, sur un territoire limité à l'Est algérien et à une partie de la Tunisie.

À cette époque le Maghreb était une savane, comparable à l'Afrique de l'Est actuelle, avec des forêts méditerranéennes uniquement en haute altitude..

L'industrie capsienne est de qualité. Elle comporte des grandes lames, des lamelles à dos, de nombreux burins, grattoirs, couteaux, perçoirs, mèches de forets, scalènes et des objets de petite taille, riche en microlithes géométriques (trapèzes, triangles ou autres). L'industrie osseuse est composée essentiellement de poinçons. Les Capsiens ont laissé un art mobilier abondant, constitué de décors d'objets de parure et de coquilles d'œufs d'autruches, de plaquettes gravées, de pierres sculptées.

Leurs habitations étaient des huttes faites de branchages, peut-être colmatées avec de l'argile. Les mollusques terrestres, les escargots, occupaient une place importante dans leur alimentation, et les coquilles mêlées à des cendres et à des débris osseux forment des amas, ou escargotières, ou cendrières, ayant parfois de 1 à de haut et atteignant plus de de long. Les Capsiens y enterraient aussi leurs morts dans des positions variables. On peut mentionner à ce titre le site de Mechta Sidi El Arbi, dans la wilaya de Constantine..

Peu de choses sont connues de la religion des Capsiens. Leurs pratiques funéraires (monticules de pierres et peintures figuratives) suggèrent qu'ils croyaient en une vie après la mort..

Du point de vue anatomique, les Capsiens étaient des Proto-méditerranéens, peut-être issus du Proche-Orient...

vignette|redresse=1.5|Peinture rupestre du Tassili n'Ajjer

Néolithique À partir d'environ apparaissent des sociétés sédentaires qui produisent leur nourriture grâce à l'agriculture et à l'élevage, développés un peu plus tôt au Proche-Orient. Le littoral du Maghreb est atteint par la culture de la céramique cardiale.

Les habitants du Sahara ont laissé des peintures rupestres magnifiques, comme celles du Tassili n'Ajjer, datées de 5000 à , ou celles de la région d'El-Bayadh. Elles témoignent de leur mode de vie, de la chasse, de l'agriculture, ainsi que de l'assèchement progressif du Sahara qui commença à partir de . L'aridité du désert a permis de conserver ces œuvres pendant plusieurs millénaires. Aujourd'hui le contraste est saisissant entre la luxuriance de la faune représentée par ces peintures et l'aridité actuelle du désert.

Vers , les habitants de la partie côtière de l'Algérie commencent à s'étendre au sud de l'Atlas tellien, au-delà de l'actuel Batna. Ils occupent progressivement le Nord du Sahara qui était à l'époque moins aride que de nos jours. À partir de l'événement climatique de 4200 BP (), le Sahara s'est asséché, devenant le désert aride que l'on connait aujourd'hui.

Âge du bronze La découverte de représentations d'armes métalliques sur les gravures rupestres du Haut Atlas marocain a permis de préciser l'histoire des métaux dans la région..

Le bronze apparait dans le Maghreb vers En 2025, une étude archéologique menée au Maroc a révélé des informations significatives sur l'utilisation du bronze en Afrique du Nord. Les fouilles effectuées sur le site de Kach Kouch, près de l'embouchure de l'Oued Laou, ont mis au jour un fragment de bronze étamé daté entre -1110 et -920 av. J.-C. Cette découverte constitue la plus ancienne preuve d'utilisation de cet alliage en Afrique du Nord, à l'ouest de l'Égypte.

Âge du fer En Algérie, l'âge du fer correspond à la phase finale de la protohistoire nord-africaine, généralement située entre le et la conquête romaine. Cette période se caractérise par la diffusion progressive de la métallurgie du fer parmi les populations berbères, dans un contexte marqué par le développement des échanges avec les comptoirs phéniciens puis puniques du littoral. L'adoption du fer transforme profondément les activités économiques et militaires grâce à la fabrication d'outils agricoles plus performants, de nouvelles armes et d'équipements artisanaux spécialisés. L'âge du fer voit également l'émergence de sociétés de plus en plus hiérarchisées, dont témoignent les grands monuments funéraires mégalithiques, les bazinas et les tumulus qui parsèment le nord de l'Algérie. L'étude des sépultures protohistoriques révèle une grande diversité architecturale, allant de simples tumulus de pierres aux vastes bazinas circulaires parfois associées à des enceintes et à des structures annexes, traduisant des différences de statut social et l'affirmation d'élites locales. Ces monuments, particulièrement nombreux dans le Constantinois, les Aurès et les Hautes Plaines, constituent l'une des principales sources archéologiques pour la connaissance des populations de l'âge du fer. Selon Pierre Lévêque, cette période est également marquée par un important essor de l'agriculture et une sédentarisation croissante de certaines communautés, favorisant l'accumulation de richesses et l'émergence de pouvoirs locaux. Ces transformations économiques et sociales constituent l'un des fondements du processus qui conduira à la formation des royaumes numides et des premières structures étatiques du Maghreb antique.