En 2023, le Royaume-Uni est la sixième puissance économique mondiale, avec un produit intérieur brut de 3 332 milliards de dollars. Il se situe derrière les États-Unis, la Chine, l'Allemagne, le Japon et l'Inde.
Depuis les réformes économiques, inspirées du libéralisme économique, mises en place dans les années 1980 (avec Margaret Thatcher comme Premier ministre), le Royaume-Uni est revenu à l’économie de marché. « Homme malade » de l’Europe en 1979, le pays est pendant longtemps une économie prospère, caractérisée par un niveau élevé de PIB par habitantAnalyse de la CIA ..
Au troisième trimestre 2008, l'économie britannique est entrée en récession, celle-ci est due à la crise des subprimes qui démarra durant l'été 2007 aux États-Unis et qui se transforma en crise financière puis économique mondiale en 2008.
Ancien membre de l’Union européenne (1973-2020), le Royaume-Uni n’a pas adhéré à la monnaie unique européenne, l’euro. Les relations économiques sont traditionnellement fortes avec les États-Unis et les pays du Commonwealth.
La force du pays tient en partie à ses banques solides, et à sa place financière, la City, qui est avec Wall Street l’une des deux places financières les plus importantes au monde. Cette puissance économique présente toutefois certains signes de fragilité : le déficit de la balance des paiements, en raison notamment de l'épuisement relatif des ressources pétrolières, s'est fortement détérioré., les dettes publiques et privées se situent à des niveaux élevésDette publique 2012 = 90% du PIB d'après les chiffres d'Eurostat ici Endettement des ménages au 2012 = 132,7% du RDN (revenu disponible brut) ou 91,9% du PIB Source Banque de France..
Dès 2022, l'économie britannique est confrontée à une crise inédite. Marqué notamment par les conséquences du Brexit, de la pandémie de COVID-19 et par la crise énergétique mondiale, le pays connaît pendant une période définie une inflation record de 11% (la plus élevée depuis près de 40 ans), une crise sociale et une augmentation du coût de la vie...
Le Royaume-Uni est classé au deuxième rang des plus fortes inégalités de revenus parmi les pays de l’OCDE (juste après les États-Unis)https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/10/15/au-royaume-uni-un-fosse-grandissant-entre-riches-et-pauvres_6352907_3234.html et il présente les disparités régionales les plus fortes d’Europe. Les prix de l'énergie au Royaume-Uni sont par ailleurs parmi les plus élevés au monde.
Historique Jusqu'en 1945 vignette|gauche|Évolutions de la dette publique du Royaume-Uni depuis 1700
Au , la Grande-Bretagne qui s'affirme comme l'une des grandes puissances européennes accroît considérablement sa dette. Au début de la révolution financière britannique, entre 1688 et 1702, elle est ainsi passée de un à 16,4 millions de livresbooks.google.fr.. Entre 1702 et 1714, elle triple pour atteindre 48 millions de sterling et, en 1766, elle atteint 133 millions de sterling. Toutefois, elle a su mettre en place un système d'endettement moderne et efficace qui lui permet d'emprunter sans délai et à des taux d'intérêt faibles. Ce système favorise en outre l'expansionnisme militaire de la couronne britannique, en particulier face à l'État français.
Le niveau d'endettement est monté graduellement avec les différentes guerres : 160 % du PIB après la guerre de Sept Ans qui vit la victoire du Royaume-Uni sur la France, 215 % du PIB après la guerre d'indépendance des États-Unis, 270 % après les guerres napoléoniennes et la victoire de Waterloo.
Ensuite, la dette est descendue graduellement jusqu'à un niveau de 30 % du PIB à la veille de la première guerre mondiale. Le niveau d'endettement est alors remonté rapidement : 200 % après la première guerre mondiale et 270 % après la Deuxième Guerre mondiale.
La révolution industrielle débuta en Grande-Bretagne vers 1780 et en 1825, pour la première fois dans l'Histoire, la valeur ajoutée industrielle d'un pays dépasse celle de son agriculture. Jusqu'au milieu du , l'économie britannique se développe dans un cadre fortement protectionniste. En 1846, les lois sur le blé sont abrogées. D'après l'historien de l’économie Charles Kindleberger, l’abrogation de ces lois était motivée par un « impérialisme libre-échangiste » destiné à « stopper les progrès de l’industrialisation du continent en y élargissant le marché des produits agricoles et des matières premières ». C’est aussi argumentation soutenue à l’époque les principaux porte-parole de l’Anti-Corn Law League. Pour l’économiste allemand Friedrich List, « les prêches britanniques en faveur du libre-échange faisaient penser à celui qui, parvenu au sommet d’un édifice, renvoie l’échelle à terre d’un coup de pied afin d’empêcher les autres de le rejoindre ».
L'universitaire Philip S. Golub évoque, au sujet des relations entre l’État et le capital à l'apogée de l'Empire britannique, une symbiose : « lorsque leurs objectifs respectifs de maximalisation du pouvoir et de la richesse furent fonctionnellement liés. Une telle convergence d’intérêts conduisit le gouvernement britannique à travailler pour le capital (par la force ou par la menace, si besoin, comme en Amérique latine, en Chine et en Égypte). Elle amena les investisseurs privés à se plier souplement aux impératifs stratégiques de l’État impérial lorsque la situation mondiale l'exigeait par exemple dans le cas de la Russie, où on fit comprendre aux investisseurs que l'équilibre des forces en Europe l'emportait sur le profit. »
De 1945 à 1973
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la situation économique du Royaume-Uni est désastreuse. La dette extérieure est quinze fois supérieure aux réserves d'or et de devises, tandis que les exportations n'atteignent pas 30 % du niveau d'avant-guerrePhilippe Masson, La puissance maritime et navale au , Perrin, 2002, .. Le pays fait face dans les années d'après-guerre à des problèmes économiques chroniques : la pression sur la monnaie, une balance des paiements déficitaire, l’inflation et les difficultés du secteur industriel. Le Royaume-Uni fait alors figure d’« homme malade de l’Europe »Voir par exemple déclaration de Jack Straw en 2004.. Pendant la crise économique mondiale des années 1970, ces problèmes deviennent critiques : le chômage frappe plus d’un million de personnes, la productivité est en baisse, de même que les salaires, et la livre est au plus bas. En juillet 1975, le gouvernement prend des mesures anti-inflationnistes draconiennes, soutenues à la fois par les entreprises et les syndicats, qui parviennent à contenir la hausse des salaires et de l’inflation. Toutefois, le gouvernement britannique fait deux demandes de prêt auprès du FMI à la fin 1975. En , alors que les marchés ont perdu confiance dans la livre sterling, le chancelier de l'Échiquier, Denis Healey, annonce une série de coupes dans les dépenses publiques (pour un total de 2,5 milliards de livres) en contrepartie d'un prêt du Fonds monétaire international de 3,9 milliards de dollars.. Cette annonce est vécue comme un traumatisme dans le pays. Il s'agit alors du prêt le plus important jamais consenti par le FMI, qui requiert un apport de fonds supplémentaire des États-Unis et de l'Allemagne..
De 1973 à 1997 En 1973, le Royaume-Uni entre dans la CEE . Trois ans après, c'est la crise de la livre sterling de 1976. Par la suite, les revenus générés par le début de l'exploitation du pétrole de la mer du Nord permettent une amélioration de la balance des paiements à partir de la fin des années 1970. Depuis 1979, les politiques économiques gouvernementales (gouvernements de Margaret Thatcher) sont tournées vers l'encouragement du secteur privé et le contrôle des dépenses publiques. Le maintien de l’inflation à un niveau bas est l'objectif prioritaire du gouvernement, mais au prix d’un taux de chômage élevé. Au milieu des années 1970, les chômeurs étaient plus de trois millions, et 2,6 millions une décennie plus tard. Les chiffres du chômage continuent à baisser au cours des années suivantes, passant de 11,2 % en 1984 à 6,4 % en 1996, pour atteindre 4,5 % en 1998, soit un million de personnes. Toutefois, un grand nombre de bénéficiaires de prestations sociales, non chômeurs, ne participent pas à la production. En effet, selon l'OCDED'après communiqué de l'AFP du 12 octobre 2005.Voir aussi le site de l'OCDE ici.
Les secteurs les plus importants, comme les transports, les communications, l’acier, le pétrole, le charbon, le gaz et l’électricité, nationalisés par les Travaillistes dans les années 1940, ont été privatisés par les gouvernements conservateurs au cours des années 1980 et 1990. Le déficit budgétaire annuel du début des années 1990 représentait 1,1 % du PIB. Depuis, il s'est aggravé et représente par exemple, sur l'année fiscale 2004-2005 achevée fin , 3,2 %. Début 2006, la Commission européenne a demandé la correction du déficit excessif du Royaume-UniCf. Site de la Commission européenne, ici.. En 2011, le déficit budgétaire annuel représentait 8,3 % du PIBhttp://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/2-23042012-AP/FR/2-23042012-AP-FR.PDF.. En 2022, il s’établit à 127,9 milliards de livres sterling, soit 1,1 % du PIB. La dette nette du secteur public britannique s'éleve à 2567,2 milliards de livres sterling à fin , soit 100,1 % du PIB.
Les accidents ferroviaires se sont multipliés depuis la privatisation du réseau. L’enquête relative au déraillement de Hatfield (4 morts et 70 blessés en ) a permis de comprendre que les gestionnaires privés investissaient très peu dans la sécurité et l'entretien des lignes, l’ensemble de ces dernières étant désormais en mauvais état. L’entreprise a dû remplacer les rails défectueux ; pour cela, elle a demandé des subventions au gouvernement qui ont été partiellement utilisées pour verser des dividendes aux actionnaires.
Période travailliste de 1997 à 2010 thumb|450px|PIB par habitant en 2011 (ONU)National Accounts Main Aggregates Database, Décembre 2012, United Nations Statistics Division. :
Après deux décennies de libéralisation à marche forcée de l'économie britannique, le gouvernement de Tony Blair n’a pas remis en question les réformes passées, mais a rajouté quelques mécanismes de régulation sociale. En , la Chambre des communes a donné son accord pour l’instauration d'un salaire minimum, entré en vigueur en , et dont le niveau est fixé par la Low Pay Commission, indépendante du pouvoir politique de façon à éviter les augmentations électoralistes trop fortes qui feraient que les travailleurs non qualifiés soient exclus du marché du travailsite officiel .. Au , le salaire minimum anglais est de Source : Les Échos du 29 mars 2007, page 7. Voir des comparaisons sur salaire minimum, comparaisons qui ne sont pas forcément pertinentes, le coût de la vie n’étant pas le même pour chaque pays]).. Avec la crise de 2008, de nombreuses entreprises privées s'effondrent et entrainent avec elles une partie de l’économie nationale. En conséquence, le gouvernement britannique dépense plus de 1 000 milliards de livres sterling pour renflouer les banques privées.
Évolution avant le Brexit
Le chômage est officiellement à un taux de 8 % en 2011 Source : OCDE, Employment outlook 80.. On estime entre 500 000 et 1 million le nombre de travailleurs clandestins. Cependant les chômeurs non-pris en compte dans les statistiques (inaptes au travail) représentent une part plus importante que dans les autres paysVoir le site de l'OCDE ici..
Les inégalités de revenu sont plus fortes que la moyenne des pays de l’OCDE (indice Gini de 0,36 en 2000)cf. Liste des pays par égalité de revenus.. Selon l’OCDE, le taux de pauvreté à 50 % du revenu médian en 2000 était de 11,4 % au Royaume-Uni. . Le déclin des syndicats aurait entrainé une hausse de 15 % des écarts de salaire dans les années 1980 et 1990.