L'Institut d’études politiques de Grenoble (IEPG), dit « Sciences Po Grenoble - UGA », est une grande école française, composante de l'Université Grenoble Alpes, située sur le campus de Saint-Martin-d'Hères, près de Grenoble.
Recrutant ses élèves par concours, l'institut a pour objectif de former les hauts cadres de la nation, autant dans le secteur public que dans le secteur privé. Il est rattaché par décret à l'université Pierre-Mendès-France devenue université Grenoble-Alpes en 2016. Membre de l'Alliance des grandes écoles Rhône-AlpesAgera, l'institut est associé à la communauté université Grenoble-Alpes qui a obtenu en la labellisation Initiative d'excellence.. Depuis le , Sciences Po Grenoble - UGA est un établissement composante avec personnalité morale de l’Université Grenoble Alpes. En 2021, l'Institut est entré dans la Conférence des grandes écoles.
C'est l'un des onze instituts d'études politiques (IEP) de France et, depuis 1967, l'un des deux IEP dits « d'équilibre », avec celui de Bordeaux, leur valant alors plus de moyens en personnel, documentation et recherche. Par ailleurs, il fait partie des trois instituts d'études politiques en France avec Bordeaux et Paris à conserver son propre concours d'entrée.
Histoire L'établissement est créé grâce, en partie, à Jean-Marcel Jeanneney, par décret le Décret n° 48–778 du 4 mai 1948 portant création de l'Institut d'études politiques de l'université de Grenoble, publié au Journal officiel de la République française du 5 mai 1948, p. 4362 sous le nom « d’Institut d’études politiques de l’université de Grenoble ». L'établissement est situé au 1 rue général Marchand à Grenoble. L'année 1955 voit l'arrivée d’un fonds de bibliothèque pour l’IEP, en provenance de la Faculté de droit. L'année 1958 marque un changement avec la nomination du second directeur Jean-Louis Quermonne. Ce dernier créé le Centre de recherche sur l’aménagement du territoire en 1964, ancêtre de l'actuel Laboratoire Pacte, mais surtout, il prépare l'institution à son déménagement à la rentrée scolaire 1966 sur le domaine universitaire de Grenoblelecourrierdelarchitecte.com, Extension, restructuration et réhabilitation de l'IEP de Grenoble. tandis qu'elle prend son nom actuel en application du décret du Décret n° 69-56 du 18 janvier 1969 relatif aux instituts d'études politiques d'Aix, de Bordeaux, de Grenoble, de Lyon, de Strasbourg et de Toulouse (abrogé). C'est un établissement public à caractère administratif dont le statut est fixé par le décret du sur www.legifrance.gouv.fr et sur www.legifrance.gouv.fr.
En , l'institut d'études politiques et le ministère de la Culture sont à l'origine de la création de l'observatoire des politiques culturelles qui travaille sur les évolutions de la culture dans notre société et sur les politiques publiques liées au monde de la culture.
En 2013, la hausse des frais d'inscription de l'institut relayée par les médias provoque le mécontentement des élèves, mais le directeur la présente comme la solution pour assurer « la pérennité du modèle de formation ».
Depuis , le Conseil d'Administration est présidé par Laurent Olléon, conseiller d’État. En 2017, l'IEP est choisi par des conseils citoyens grenoblois pour recevoir la formation certifiante nécessaire au bon fonctionnement de leur collectivité locale et leur donner la possibilité d'agir en connaissant le circuit d’une décision de politique publique.
En 2017, les locaux de l'institut font l'objet d'une rénovation ainsi que d'une extension de portant la surface de ses locaux à et donnant l'occasion d'installer devant l'entrée une statue géante d'Hypnos, dieu du sommeil.
En 2018, l'Institut fête ses 70 ans avec une série de conférences, expositions, évènements sportif et culturelSite de Science-po Grenoble ainsi que par la publication en septembre aux Presses universitaires de Grenoble de l'ouvrage L'institut, contenant 18 nouvelles rédigées par d'anciens étudiants de l'établissement devenus écrivains, ainsi que par un étudiant de la Conférence des grandes écoles. Il s'agit d'une étape importante pour l'Institut, qui devient officiellement une Grande Ecole sur le plan légal. Enfin, l'Initiative d'excellence (IDEX) officialise l'intégration définitive de l'IEPG dans l'université Grenoble-Alpes.
Directeurs Onze directeurs ont été à la tête de l'Institut depuis 1948. AnnéesDirecteurNote1948-1958André Mathiot professeur de droit1958-1969Jean-Louis Quermonneprofesseur de science politique1969-1971 Jean Lecaprofesseur de science politique1971-1981Claude Domenachadministrateur civil1981-1988Yves Schemeilprofesseur de science politique1988-1995François d'Arcyprofesseur de science politique1995-2002Henri Oberdorffprofesseur de droit2002-2005Pierre Bréchonprofesseur de science politique2005-2012Olivier Ihlprofesseur de science politique2012-2020Jean-Charles Fromentprofesseur de droit public2020-2025Sabine Sauruggerprofesseure de science politiqueDepuis 2025Simon Persicoenseignant-chercheur en science politique
Identité visuelle
Affaire des collages À la fin de l'année 2020, Klaus Kinzler et Vincent T., maître de conférences au laboratoire Pacte, sont au centre d'une controverse à la suite d'un désaccord sur la journée de débats intitulée « Racisme, antisémitisme et islamophobie ». Klaus Kinzler exige que le terme islamophobie, dont il interroge la pertinence, soit retiré. Claire M., enseignante participant à l'organisation de cette journée, refuse arguant notamment que le nom a été voté et que son utilisation n'empêche pas de questionner sa pertinence.. S'ensuivent des messages houleux dans lesquels, selon David Perrotin de Mediapart, Klaus Kinzler et Vincent T. mettent notamment en cause les sciences sociales et les musulmans. Claire M., se plaint alors de « harcèlement ». En , dans une communication interne signée par Anne-Laure Amilhat Szary, directrice du laboratoire PACTE apporte son soutien à l'enseignante.. La polémique continue sur les réseaux sociaux. Le , les noms des deux enseignants sont affichés à l'entrée du campus, un placardage relayé par la section locale de l'UNEF. La polémique s'étend médiatiquement au niveau national, quelques mois seulement après l'assassinat de Samuel Paty
En , l'inspection de l'Éducation nationale rend un rapport d'enquête. La direction est dénoncée pour ne pas avoir correctement gérée la situation. Il est également pointé le principal syndicat étudiant qui maintient un climat de pression. L'inspection critique Klaus Kinzler pour avoir porté atteinte à la réputation du corps enseignant et de l'Institut..
Le , seize des dix-sept étudiants de l'Union syndicale mis en cause dans cette affaire sont relaxés par les autorités universitaires de Clermont-Ferrand, la seule étudiante condamnée ne l'est pas pour cette affaire. Klaus Kinzler déclare que l'IEP de Grenoble serait devenu un ...
En , un vote du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes acte l’annulation du versement d’une somme de euros, habituellement allouée aux étudiants de Sciences Po pour leur cursus à l’étranger, la raison avancée étant la supposée « longue dérive idéologique et communautariste » de l’école. La direction de l’IEP choisit de ne pas réagir à cette suppression de subventionsA Sciences Po Grenoble, des plaies toujours vives après l’affaire des professeurs dénoncés par des colleurs d’affiches, lemonde.fr, 11 janvier 2023.
Militantisme pro-palestinien En , une série de blocages est organisée à l’IEP en réaction à une série de sanctions prises par la direction. Un bras de fer entre les militants pro-palestiniens et la direction s’engage. Des slogans et des pancartes sont placardés sur les murs aux côtés des drapeaux palestiniens ou antifasciste. Les bloqueurs reçoivent le soutien de la députée La France insoumise de l’Isère Élisa Martin. Les activistes obtiennent de la direction le droit de rédiger une motion « de soutien au peuple palestinien » qui sera soumise au vote lors du prochain conseil d’administration de l’UGA (université Grenoble Alpes) dont l’IEP fait partieEloi Passot, «C’est devenu une vraie ZAD» : à Sciences Po Grenoble, les bloqueurs obtiennent un vote sur le soutien à la Palestine, lefigaro.fr, 17 avril 2025.
Conditions d'admission vignette|L'avenue centrale du domaine universitaire au niveau de Sciences Po Grenoble-UGA (2016). L'IEP de Grenoble dispense une formation sélective visant à former des cadres supérieurs des secteurs privé ou public. L’admission à l'Institut se fait par concours en ou . Le concours d’entrée en première année reste propre au site grenoblois car il ne s'associe pas aux sept autres institutsletudiant.fr du 14 février 2017, Sciences po : les épreuves de l’IEP de Grenoble..
Sciences Po Grenoble - UGA propose également des parcours de deuxième cycle accessibles par voie de concours en quatrième année aux étudiants titulaires d'un niveau Bac+3.
En 2014, l'institut signe une convention pérennisée avec l'Institut d'études politiques de Paris et l'Institut d'études politiques de Bordeaux, visant à améliorer la mobilité des étudiants et approfondir la coopération entre ces trois établissements. Ce partenariat permet notamment aux étudiants de Sciences Po Grenoble - UGA d'accéder aux programmes de master de Sciences Po Paris « Droit économique », « Carrières judiciaires et juridiques », « Organisations et management des ressources humaines », « Stratégies territoriales et urbaines » et « Governing the Large Metropolis »mcetv.fr du 19 janvier 2016, Sciences Po et Sciences Po Grenoble approfondissent leur coopération dans le domaine de la formation..
En 2022, le concours d'accès à l'école est réformé, avec la mise en place d'une épreuve orale intégrée au processus du dossier des notes de première et terminale sur Parcoursup. En 2022, le taux de sélection de Sciences Po Grenoble -UGA est de 10 %.
Cursus
En 2004, la scolarité a été étendue de quatre à cinq ans dans le cadre du système européen « LMD ».
Une année internationale (proposée jusqu'en 2025 en ) en troisième année est imposée aux étudiants de l'Institut, grâce aux nombreuses conventions avec des universités étrangères.
Le premier cycle Dans la tradition des instituts d'études politiques, le premier cycle de Sciences Po Grenoble - UGA privilégie un enseignement généraliste (basé sur l'étude du droit, de l'économie, des sciences politiques ou encore des relations internationales) et engage l’étudiant dans l’exploration méthodique des fondamentaux de ces disciplines qui seuls, lui garantissent de dominer plus tard les spécialités professionnelles qui en ont dérivé. Quelques cours optionnels permettent cependant à l’étudiant de flécher son parcours en première année puis, en troisième année, de se spécialiser dans l'une des quatre sections suivantes : Institutions et mutations de l'action publique, Politique, Affaires économiques et financières et . Sociétés, régulations et innovations.
La deuxième année est une année passée à l'étranger dans une université partenaire du monde entier. Les élèves partant en Europe reçoivent une bourse Erasmus ou de la région Rhône-Alpes. Pour le reste du monde, les étudiants ont le droit à une bourse accordée par la région, au montant relatif à la destination choisie. Les étudiants poursuivent leur parcours dans l'université choisie et rentrent de cette année en étant bilingues.
La troisième année comprend, outre une première spécialisation via les conférences de méthode et les enseignements magistraux, la réalisation d'un mémoire ou d'un papier de recherche. Ce travail fait l'objet d'une soutenance. Son sujet est déterminé par le choix d'un séminaire. La troisième année se termine par l'épreuve du grand oral.
À la fin de ces trois premières années, les étudiants se voient remettre le bachelor.
Le second cycle L'Institut d'études politiques de Grenoble délivre une vingtaine de spécialités de diplôme, classées par thématiques.