La première année commune aux études de santé (PACES) constituait entre 2010 et 2020 la voie de passage conventionnelle en France pour accéder aux études des professions de santé : médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme, kinésithérapeute et pharmacien. Régie conjointement par le Ministère de la Santé et le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, elle se déroulait à l’université au sein d'une unité de formation et de recherche (UFR) de médecine et s’achèvait par plusieurs concours des plus sélectifs de l'enseignement supérieurArrêté du 22 mars 2011 relatif au régime des études en vue du diplôme de formation générale en sciences médicales.

La PACES avait pour vocation de réglementer l'accès aux études des professions de médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme et pharmacien sur la base d'épreuves classantes caractérisées par un numerus clausus très sélectif.. L'année s'achèvait par quatre concours conditionnant le passage des étudiants en deuxième année des études de santé : le concours de médecine, le concours de chirurgie dentaire (odontologie), le concours de sage-femme (maïeutique) et le concours de pharmacie. La PACES incarnait de ce fait la première année des cursus universitaires médicaux, odontologiques, pharmaceutiques et de maïeutique aboutissant respectivement au diplôme d'État de docteur en médecine, au diplôme d'État de docteur en chirurgie dentaire, au diplôme d'État de docteur en pharmacie et au diplôme d'État de sage-femme..

Pour remédier aux taux d'échecs et de réorientations élevés caractérisant la filière, un programme de sélection alternative aux concours de la PACES a été expérimenté, avant la suppression complète de la PACES à la rentrée 2020, remplacée par le parcours accès santé spécifique (PASS) et la licence option accès santé (LAS).

Historique La première année commune aux études de santé est créée par la loi du , entrée en vigueur à compter de l’année universitaire 2010-2011. Elle résulte de la fusion entre la première année du premier cycle d’études médicales (PCEM1) (médecine, odontologie, maïeutique) et la première année du premier cycle des études de pharmacie (PCEP1).

Outre la sélection des futurs professionnels de santé médicaux et pharmaceutiques, l'objectif de la PACES est également de faciliter la réorientation, notamment précoce, des nombreux candidats aux concours de santé n'étant pas parvenus à figurer en rang utile sur la liste de classement correspondant à une filière médicale ou pharmaceutiquehttps://www.admission-postbac.fr/index.php?desc=formations&for=med.

La création de la PACES a suscité les critiques de nombreuses organisations représentatives des étudiants des filières concernées (l'ANEMF, l'ANEPF, l’ANESF, la FNEK, l’UNECD, la FAGE) tant sur le fond que sur la manière de procéder, article sur le site du quotidien du pharmacien, article sur le site de l'ANEMF, vidéo de la chaîne locale TV Tours.

Pour remédier aux taux d'échecs élevés des étudiants aux différents concours de la PACES, la loi relative à l'enseignement supérieur et à la recherche de 2013 instaure plusieurs passerelles expérimentales permettant l'accès aux études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou de maïeutique pour une durée de six ans, étendu à huit en 2018.Article 39 de la Article 16 de la Arrêté du 20 février 2014.

La loi du relative à l’organisation et à la transformation du système de santé supprime la PACES et le numerus clausus à compter de la rentrée universitaire 2020. Elle est remplacée par le parcours accès santé et la licence accès santé.

Les études de santé

vignette|Les études de santé en France comparées aux autres filières de l'enseignement supérieur. En France, les études de santé médicales, odontologiques (chirurgie dentaire), pharmaceutiques et de maïeutique (sage-femme) se déroulent à l’université et débutent par une première année commune aux études de santé (PACES), dispensée en unité de formation et de recherche (UFR) de médecine. Permettant l'exercice des professions de médecin, chirurgien-dentiste, pharmacien et sage-femme, ces filières de santé ont la particularité de figurer parmi les cursus universitaires les plus longs de l'enseignement supérieur français : Médecin : 9 à 11 ans d'études suivant la spécialité, hors DESC ; Chirurgien-dentiste : 6 à 9 ans d'études suivant la spécialité ; Pharmacien : 6 à 9 ans d'études suivant la spécialité ; Sage-femme : 5 ans d'études.

Ces quatre cursus en santé aboutissent respectivement au diplôme d'État de docteur en médecine, au diplôme d'État de docteur en chirurgie dentaire, au diplôme d'État de docteur en pharmacie et au diplôme d'État de sage-femme.

La PACES constitue, de ce fait, la première année du diplôme de formation générale en sciences médicales (DFGSM) , du diplôme de formation générale en sciences pharmaceutiques (DFGSP) , du diplôme de formation générale en sciences odontologiques (DFGSO) et du diplôme de formation générale en sciences maïeutiques (DFGSMa) . Chacun de ces diplômes de formation générale en santé constitue respectivement le premier cycle obligatoire des études de médecine, de chirurgie dentaire (odontologie), de pharmacie et de maïeutique (sage-femme). D'une durée de trois ans, ce premier cycle des études en santé comprend six semestres de formation validés par l'obtention de 180 crédits européens (dont 60 validés en PACES), correspondant au niveau licence.

À l'issue des concours de la première année commune aux études de santé, les étudiants classés dans la filière médecine sont autorisés à poursuivre leur cursus au sein de l'unité de formation et de recherche de médecine dans laquelle s'est déroulée la PACES. Les étudiants classés dans les filières odontologie et pharmacie intègrent pour leur passage en deuxième année d'études l'unité de formation et de recherche correspondante à leur filière respective. Les étudiants classés en maïeutique intègrent, quant à eux, une école hospitalière de sages-femmes en convention avec l'UFR de médecine. Les étudiants nouvellement admis en chirurgie dentaire, en pharmacie et en maïeutique peuvent être amenés à changer de ville d'études suivant la présence ou l'absence des UFR ou écoles relatives à leur filière au sein de l'université qui les a reçus dans le cadre de la première année commune aux études de santé. Dans le cas où l'université est dépourvue d'UFR de chirurgie dentaire, de pharmacie ou d'école de sages-femmes, plusieurs villes d'études sont proposées aux étudiants classés dans ces différentes filières. Les étudiants les mieux classés sont alors prioritaires dans le choix de ces nouvelles villes d'affectations

En outre, les UFR de médecine peuvent établir des conventions locales avec certaines formations paramédicales dans des conditions définies par arrêté des ministres chargés de la santé et de l'enseignement supérieurArticle 1 de l'arrêté du 28 octobre 2009. Ces conventions locales signées entre le directeur d'un institut de formation paramédicale et le président de l'université précisent les modalités retenues pour sélectionner les étudiants en PACES ainsi que le nombre de places offertes à l'issue de cette année pour accéder la filière paramédicale concernéeArticle 9 de l'arrêté du 20 février 2014 relatif à l'expérimentation de nouvelles modalités d'admission dans les études médicales, odontologiques, pharmaceutiques et maïeutiquesArrêté du 27 avril 2012. Ainsi, certaines PACES permettent d'intégrer sur concours des instituts de formation en masso-kinésithérapie (IFMK), en pédicurie-podologie (IFPP), en psychomotricité (IFP), en ergothérapie (IFE), en manipulation d'électroradiologie médicale (IFMEM) ou en technique de laboratoire médical (IFTLM).

Programme Dispositions communes Pour être admis à s’inscrire en première année commune des études de santé, les candidats doivent justifier d'un des diplômes suivants : le baccalauréat ; le diplôme d'accès aux études universitaires ; un diplôme français ou étranger admis en dispense ou équivalence du baccalauréat en application de la réglementation nationale ; ou, à défaut, d'une qualification ou d'une expérience jugée suffisante par l'autorité administrativeArticle 2 de l'arrêté du 28 octobre 2009.

Conformément à la réforme Licence-Master-Doctorat, la première année commune aux études de santé est structurée en deux semestres comportant chacun des « unités d’enseignement » (UE) dotées d'un certain nombre de crédits ECTS. Les coefficients des unités d'enseignement sont fixés par le conseil d'administration de chaque université, sur proposition du conseil des études et de la vie universitaire. Ces coefficients peuvent être différents pour chacune des quatre filières (médecine, chirurgie dentaire, sage-femme et pharmacie). La validation de l'ensemble des unités d'enseignement permet l'acquisition de 60 crédits européens. Le programme de formation associe des enseignements théoriques et dirigés.

Au cours du premier semestre, les unités enseignements sont communes à toutes les filièresarticle 3 de l'arrêté du 28 octobre 2009. Des épreuves de classement sous forme anonyme sont organisées à la fin de celui-ci. En fonction du classement obtenu à l'issue de ces épreuves, les candidats peuvent être réorientés vers d'autres formations universitaires par décision du président de l'université. Le nombre de ces réorientations ne peut excéder 15 % du nombre d'inscritsArticle 5 de l'arrêté du 28 octobre 2009.

Au début du deuxième semestre, les étudiants choisissent l'unité ou les unités d'enseignement spécifiques correspondant à la ou aux filières de leur choix. Ils ont la possibilité de concourir en vue d'une ou plusieurs filières (médecine, chirurgie dentaire, sage-femme ou pharmacie). Les épreuves anonymes organisées à la fin du deuxième semestre portent sur les unités d'enseignement communes dispensées au cours de celui-ci et sur l'unité d'enseignement spécifique à chacune des filières. À l'issue des épreuves du deuxième semestre, quatre classements sont établis en prenant en compte les résultats obtenus à l'ensemble des unités d'enseignement communes et à l'unité d'enseignement spécifique. Pour être admis à poursuivre des études médicales, odontologiques (chirurgie dentaire), pharmaceutiques et de maïeutique au-delà de la première année commune des études de santé, les candidats doivent figurer en rang utile sur la liste de classement correspondant à la filière choisie.

Les concours d'accès aux filières de santé demeurent très sélectif en PACES : moins de 24 % des étudiants en moyenne sont autorisés à accéder à la deuxième année d'un cursus médical ou pharmaceutique. Le nombre d'étudiants admis à passer en seconde année est fixé par un numerus clausus établi chaque année par arrêté ministériel publié au Journal Officiel. Pour la rentrée universitaire 2014-2015, le numerus clausus était de en médecine, , et , soit un total de ouvertes pour un effectif national de candidats inscrits.http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2015/58/7/NI_15.08_-_Les_effectifs_d_etudiants_dans_le_superieur_en_2014-2015_510587.pdf.

Les candidats classés dans un rang compris entre deux fois et demie et trois fois le nombre de places attribuées à l'établissement, pour l'ensemble des quatre filières, et n'étant pas parvenus à figurer au rang utile sur la liste de classement correspondant à la filière convoitée, sont autorisés à redoubler. Cependant, nul ne peut être autorisé à prendre plus de deux inscriptions en première année communes des études de santé, sauf dérogation exceptionnelle accordée par le président de l'université sur proposition du directeur des unités de formation et de recherche de santé concernés.