vignette|redresse=2.1|Vue cavalière dite "Plan aux personnages", dans le Civitates orbis terrarum de Georg Braun et Frans Hogenberg, 1575
Les Places d'Avignon Centre, désignent une quarantaine de places créées à l’intérieur des remparts, dans le centre historique de cette ville du département français de Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, au fur et à mesure du déblaiement des ruines de l’antique Avenio puis de la cité médiévale au temps des papes. Tout au long du Moyen Âge, places et carrefours étaient fort réduits. Ni le palais des papes, ni les églises n'étaient précédés de places. Les seuls espaces libres étaient les cimetières où se tenaient réunions publiques, foires et marchés et où se déroulaient maintes réjouissances dont les mystères et les soties.
Parmi ces places, quelques-unes se distinguent par leur riche patrimoine architectural ou par des événements historiques qui s’y sont déroulés.
Place des Carmes vignette|gauche|Place des Carmes et rue Carreterie Cette place correspond à l'ancien cimetière du couvent des Carmes. Elle fut le siège jusqu'au milieu du d'un marché couvert dont les structures ont été en partie restituées et reste le lieu où se tient un marché aux puces tous les dimanches.
À côté de l'église Saint-Symphorien, le Cloître des Carmes avec sa salle capitulaire voûtée d'ogives qui est, depuis 1967, un des hauts lieux du Festival d'Avignon. 6 : Théâtre des Carmes fondé par André Benedetto, un des pionniers du Festival off d'Avignon Théâtre des Carmes 25 : La maison Gleize de Crivelly a été construite, vers 1723, sous la direction de Jean-Baptiste Franque. Le 20 prairial, An II, la « citoyenne Gleize de la place des Carmes » monta sur un char tiré par quatre bœufs pour figurer la « déesse de la Liberté »
Place du Change vignette|redresse|Place du Change vignette|gauche|Le marché aux fleurs au début du Ce lieu fut, sous le temps des papes d'Avignon, le rendez-vous des changeurs qui comptaient 17 loges en 1328. Ils y possédaient une bourse, dite Diamant ou Rodel, pour le commerce des monnaies, des lingots et des pierres précieuses. En 1351, ce lieu était nommé « rue du Grand Change » (Carreiria Magnorum Camborium). À la demande du cardinal de Foix, légat pontifical à Avignon, le Conseil de Ville la fit agrandir entre 1448 et 1458. Cet élargissement imposa la démolition de la bourse des changeurs (le Rodel) qui disparut en 1457.
Elle devint dès lors une place très fréquentée où les Avignonnais venaient causer, flâner ou se provoquer en duel. La famille Baroncelli y fut particulièrement assidue. Un de ses membres y occit, en 1533, un capitaine pontifical, puis les frères Jacques et Thomas y perdirent chacun la vie dans la seconde moitié du . En dépit de sa réputation de plus grande place d'Avignon depuis le , elle devint difficilement accessible deux siècles plus tard aux carrosses qui versaient régulièrement.
Ici, dès la fin du donnait la loge de change de la seconde boutique de Francesco di Marco Datini.
De 1733 à 1746, l'imprimerie de Charles Giroud, à l'enseigne de la Bible d'Or, y imprima le Courrier d'Avignon.
Place des Corps-Saints vignette|La fontaine de la Place des Corps-Saints avec au fond la porte du cloître des Célestins vignette|gauche|Place des Corps-Saints au début du Ce site était déjà utilisé, lors de la colonisation romaine, comme lieu d'inhumation se trouvant hors de l'enceinte d'Avenio. Le cardinal Pierre de Luxembourg, ayant voulu être inhumé dans le cimetière des pauvres, connu sous le nom de Saint-Michel, Clément VII et Marie de Blois, comtesse de Provence, firent protéger sa tombe par une petite chapelle en bois. Mais Charles VI, qui était apparenté aux Luxembourg, décida de faire construire, à partir de 1389, une église confiée aux Célestins pour abriter les reliques de son illustre parent.
Dès lors le lieu, où se pressèrent une foule de pèlerins, devint la « place du Corps-Saint ». Elle était accessible par une porte ouverte dans la vieille enceinte du , dit du Pont-Fract. Celle-ci, connue aussi sous le nom de Porte Saint-Michel, dut être agrandie sur décision du Conseil de Ville en 1738. En 1674, le transfert des reliques de saint Bénézet, retirées de la chapelle du pont qui tombait alors en ruines, pour être transférées dans l'église des Célestins, amena le vocable à passer au pluriel et c'est depuis cette époque que la place fut rebaptisée « place des Corps-Saints ».
Place Crillon vignette|gauche|redresse|Place Crillon vignette|La place Crillon et la porte de l'Oulle, construite par Jean-Baptiste Péru en 1786 et détruite en 1900 vignette|Hôtel d'Europe Sur le plan de 1618, elle apparaît comme la seconde plus grande place d'Avignon, après celle du palais des papes. Elle était alors connue sous le nom de « place du Limas » ou de « place de la Porte de l'Oulle ». Dès le , le limas - du latin limaceus (boueux) - désignait dans ce quartier les terrains gagnés sur le Rhône. Elle devint ensuite « place de l'Oulle » puis « place de la Comédie ».
Elle prit en 1843 le nom de « place Crillon » en hommage à Louis Des Balbes de Berton de Crillon, un des plus grands capitaines du qui était décédé à Avignon en 1615.
Jusqu'en 1766 trônait sur cette place une statue de saint Bénézet qui avait été installée sur un piédestal de deux mètres de haut et était protégée par une grille de fer.
Au croisement de la rue Baroncelli et de la rue du Limas, du côté nord de la place se trouve l'Hôtel d'Europe dont la construction s'étale du au . Le premier hôte de marque de l'hôtel fut Bonaparte qui y séjourna en 1799, l'année de son ouverture.
En face de l'Hôtel d'Europe se trouvait l'Hôtel du Palais-Royal (ex-Auberge du Palais National) qui réceptionnait les voyageurs en transit entre Marseille et Paris via Lyon. Fin l'hôtel est la possession de Claude Étienne Pierron. Le général Bonaparte y dîna en 1798 en route pour la campagne d'Égypte puis le pape Pie VII en 1809 mais ce fut Stendhal qui le rendit célèbre en 1837 dans ses Mémoires d’un touriste. Ce fut dans l'une de ses chambres que le maréchal Brune fut assassiné par les partisans de la Terreur blanche, le . Alexandre Dumas, filleul du maréchal, dressa un portrait au vitriol de la cité papale dans Les Compagnons de Jéhu.
Place de l'Horloge vignette|gauche|redresse|Ancien Hôtel de ville de 1447 à 1845 vignette|Place de l'Hôtel de Ville avant 1845 vignette|redresse|Le jacquemart de la tour de l'Horloge Les fouilles archéologiques ont prouvé qu'ici se trouvait l'emplacement du forum d'Avenio. La mémoire de ce centre de la cité antique subsista tout au cours du Moyen Âge puisque les rues médiévales allaient toutes des portes de l'ancienne enceinte des et siècle vers la place. C'était alors la « place du Mazel » où s'installaient les macelliers (bouchers) les jours de marché. Elle était en partie occupée par le couvent des Bénédictines de Saint-Laurent, le plus ancien de la ville.
La première horloge publique et un jacquemart furent installés sur la tour de l'ancienne Livrée d'Albano, nouveau siège de l'Hôtel de Ville, en 1471. De nouvelles démolitions furent faites au cours de l'année 1498 pour dégager la place qui avait alors pris pour nom « place du Reloge ».
Mais sur le plan de 1618, dressé par Marco Antonio Gandolfo, mathématicien de Palerme, et gravé par Théodore Hoochstraten, de La Haye, « La Place » possédait encore des dimensions fort réduites. En 1674, les consuls décidèrent d'un nouvel agrandissement ayant constaté que les carrosses y passaient à grand peine. Il fut donné suite à cette ordonnance municipale, en 1682, divers aménagements étant réalisés suivant les plans de Pierre Mignard, dont la construction d'une nouvelle boucherie.
Mais c'était loin d'être suffisant. Au milieu du , Jean-Baptiste Franque dressa à son tour des plans pour agrandir la place sur lesquels il prévoyait, de part et d'autre, des façades symétriques. Les travaux commencèrent, la boucherie de Mignard étant démolie et transférée rue du Vieux-Sextier, mais ils furent abandonnés sur ordre des consuls en 1754. Ils ne reprirent qu'en 1791. Au cours de la Terreur, la guillotine fut installé sur la Place du au avant d'être déplacée sur celle du Palais
Sous le règne de Louis-Philippe , des démolitions de masures furent entreprises pour dégager de nouveaux espaces. Le couvent de Saint-Laurent, désaffecté depuis la Révolution, fut rasé en 1823 pour y construire un Théâtre Municipal qui fut inauguré le . vignette|gauche|Place de l'Horloge en 1916 vignette|Monument du Centenaire Sous le Second Empire, des crédits pour de nouveaux aménagements furent votés en 1856 et 1858. Ces travaux permirent de dresser sur la place une statue à le gloire du « Brave Crillon ». Cette statue fut ensuite déplacée sur la place du Palais afin de permettre d'édifier le « Monument de la réunion d'Avignon et du Comtat Venaissin à la France » inauguré lors des cérémonies du centenaire de la Révolution par le président Sadi Carnot, le .
La Banque de France fut ensuite installée dans l'ancien Hôtel Calvet de la Palun, agrandi vers le sud en 1911. Et pour célébrer la fin de la Première Guerre mondiale, la place fut rebaptisée « Place Clemenceau ».
Il est à noter que son altitude de sert de référence pour celle d'Avignon.
Place Jérusalem vignette|redresse|Portalet de la Calandre, entrée de la carrière d'Avignon, place Jérusalem gauche|vignette|Place Jérusalem avec la synagogue en arrière-plan Dénommée actuellement « place Victor Basch », elle marque l'emplacement de la seconde carrière des juifs d'Avignon qui quittèrent la « Vieille Juiverie », au pied du Rocher des Doms pour s'installer ici en 1221.
Elle fut successivement appelée « Plan du Puits », en 1487, « Rue de l'Escolo », en 1500, puisque se dressait ici la première synagogue d'Avignon, dite escolo en provençal, puis « place du Parvis » ou « du Parquet », en 1689.
Sous les papes d'Avignon, la carrière comptait entre 600 et . En 1746, elle accueillait 67 familles, soit 279 personnes, et en 1781, 94 familles ou 340 personnes. Les maisons vétustes furent rasées entre 1896 et 1898. Il est à souligner que la synagogue fut détruite par un incendie en 1845 et que l'actuel lieu de culte a été reconstruit de 1846 à 1848.
Place de la Mirande / Place de l'Amirande vignette|Hôtel de Vervins (Hôtel de la Mirande) Les fouilles ont mis en évidence que c'est sur ce site que les fortifications vinrent se raccrocher au Rocher des Doms quand les habitants de la cité furent contraints de se replier pour résister aux grandes invasions. L'actuelle place est toujours dominée par les jardins pontificaux aménagés sous les pontificats de Clément VI et d'Urbain V. C'est d'ailleurs la « Salle de la Mirande » (salle admirable) construite dans ceux-ci par le cardinal de Clermont, entre 1516 et 1518 qui a donné son nom à la place. Cette place est aussi nommée « Place du vice-légat » ou « Parvis du vice-légat », car elle est en prolongation de la Rue du vice-légat et face à l'ancienne livrée de ce dernier. La plaque actuelle de la place l'orthographie « Place de l'Amirande ». 2 : L'Hôtel de Vervins, qui a été édifié sur l'ancienne Livrée des cardinaux Hugues Roger et Hugues de Saint-Martial, est l'un des plus remarquables d'Avignon. Au , elle devint la propriété des Farets, négociants en drap, qui la revendirent ensuite à leur confrère André Bornichon. Son achat, dans le dernier quart du , par Pierre de Vervins, auditeur à la Légation d'Avignon, le plus haut dignitaire après le vice-légat, bouleversa son architecture. En 1687, sur les plans de Pierre Mignard, il fit bâtir un somptueux Hôtel particulier. Devenu en 1796, propriété de la famille Pamard, c'est actuellement un luxueux hôtel-restaurant.
Place du Palais vignette|La place du Palais des Papes avec, au second plan, le Petit Palais vignette|gauche|Hôtel des Monnaies