Eugène Pottier, né le à ParisArchives en ligne de Paris, actes de l'état civil reconstitué, cote 5Mi1 189, vues 48-50/50 et mort le dans la même ville, est un goguettier, poète et révolutionnaire français, auteur des paroles de L'Internationale.

Biographie Dessinateur sur étoffes, Eugène Pottier compose sa première chanson, Vive la Liberté, en . En , il publie Il est bien temps que chacun ait sa part. Il participe à la Révolution de 1848. Sous le Second Empire, il crée une maison d'impression sur étoffes et, en , il est à l'origine de la création de la Chambre syndicale des dessinateurs, qui adhère ensuite à la Première Internationale.

Lorsque la France déclare la guerre à la Prusse en , il est signataire du manifeste de la section parisienne de l'Internationale dénonçant la guerre. Membre de la garde nationale, il participe aux combats durant le siège de Paris de 1870, puis il prend une part active à la Commune de Paris, dont il est élu membre pour le . Il siège à la commission des Services publics. Il participe aux combats de la Semaine sanglante. En juin , caché dans Paris, il compose son poème L'Internationale et se réfugie en Angleterre. Condamné à mort par contumace le , il s’exile aux États-Unis, d'où il organise la solidarité pour les communards déportés. C'est de là aussi qu'il adhère à la franc-maçonnerie.., puis au Parti ouvrier socialiste d'Amérique. Ruiné et à demi paralysé, il revient en France après l’amnistie de 1880.

Eugène Pottier fréquente les goguettes. En , il présente une chanson au concours de la célèbre Lice chansonnière et remporte la médaille d'argent.

Il retrouve à cette occasion le chansonnier Gustave Nadaud qu'il avait croisé en et à qui il avait alors fait une forte impressionLe récit de cette rencontre improbable est conté dans ..

Grâce à ces retrouvailles, une cinquantaine de chansons sont publiées pour la première fois en et sauvées de l'oubli par Nadaud, qui, très loin de partager ses opinions politiques, admire néanmoins beaucoup le talent poétique de Pottier, dont il a financé l'impression du recueil, en terminant sa préface élogieuse par ce distique :

Cette initiative de Nadaud incitera les amis politiques de Pottier à publier, en , ses Chants révolutionnaires, volume comprenant une préface d'Henri RochefortBrécy, 1990, ., et incluant pour la première fois le texte de L'Internationale.

C'est la même année qu'un jeune professeur guesdiste, Charles Gros, lui-même poète, remarque le texte et le communique à la section lilloise du Parti ouvrier. Gustave Delory, futur maire de Lille demande alors à Pierre Degeyter, autre Lillois, quoique né le à Gand, de le mettre en musique.

Eugène Pottier acquiert la célébrité un an après sa mort, en . Une souscription est ouverte dès "L'Intransigeant" du par le journal la Clameur Révolutionnaire de Louis Besse, pour qu'un monument soit érigé en son honneur, mais celui-ci ne verra jamais le jour et il faudra attendre pour que seule sa tombe soit modestement décorée.

thumb|redresse|Tombe d'Eugène Pottier au cimetière du Père-Lachaise (division 95). Ses chansons sont reprises après sa mort, que ce soit par des artistes d'inspiration socialiste, communiste, anarchiste ou libertaire. En 2010, Sébastien Ducret a mis en musique plus d'une vingtaine de textes d'Eugène PottierQuel est le fou ? (le monde ou moi ?). Le premier disque entièrement consacré à Eugène Pottier est sorti en , il s'intitule : Quel est le fou ?.

Eugène Pottier est inhumé au cimetière du Père-Lachaise ( division) à Paris.

Dans sa chanson La commune, Jean Ferrat évoque le combat de Pottier :

Recueils de poèmes et chansons Poésies d'économie sociale et chants socialistes révolutionnaires, Paris : H. Oriol, 1884 Quel est le fou ? chansons, préface de Gustave Nadaud, Paris : H. Oriol, 1884 Chants révolutionnaires, préface de Henri Rochefort, appréciations de Gustave Nadaud et de Jules Vallès, Paris : Dentu, 1887 Texte en ligne (1) sur Wikisource (2) sur Gallica (3) sur le site de la Bibliothèque municipale de Lisieux Œuvres complètes, rassemblées, présentées et annotées par Pierre Brochon, Paris : F. Maspero, 1966 Poèmes, chants & chansons, précédés d'une notice par Jules Vallès, illustré par Steinlen, Willette, Grün , Cœuvres-&-Valsery : Ressouvenances, 1997 Poèmes et chansons, choisis et présentés par Jacques Gaucheron, Pantin : Le Temps des cerises, 1999

Pottier et la Commune de Paris de 1871 En tant que membre de l'Internationale ouvrière, Pottier salue l'abdication de Napoléon III après la débandade qu'est la guerre franco-prussienne en 1870, et la déclaration subséquente de la Troisième République et du Gouvernement de défense nationale. Pottier représente le deuxième arrondissement de Paris au sein du Comité central républicain radical lors de la tentative de révolte de . Cette organisation, ainsi que l'Internationale et le Parti socialiste révolutionnaire soutenus par les partisans de Louis-Auguste Blanqui, s'opposent à la remise des fusils et des canons de la Garde nationale parisienne au Gouvernement de la Défense nationale. Lorsque ce gouvernement républicain conservateur fuit à Versailles le , Pottier est élu membre du conseil municipal de Paris, la Commune de Paris, le , représentant d'abord le deuxième arrondissement et plus tard, après l'attaque de l'armée française depuis Versailles, le onzième arrondissement. En plus de représenter ces arrondissements, Pottier siége à la Fédération des artistes de la Commune, présidée par le peintre Gustave Courbet, ce qui lui laisse peu de temps pour écrire des chansons. Ce n'est qu'après la chute de la Commune aux mains de l'armée, le , qu'il écrit L'Internationale. Pottier, peu après, fuit la France d'abord pour la Grande-Bretagne, puis, en 1873, pour les États-Unis.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Robert Brécy, Florilège de la chanson révolutionnaire, De 1789 au Front populaire, Éditions ouvrières, 1990 Léo Campion, Le Drapeau noir, l'Équerre et le Compas : les Maillons libertaires de la chaîne d'union, Éditions Alternative libertaire, 1996, lire en ligne, pdf. Revue Chansonia, bulletin 19 () : Histoire de l'Internationale, par Adrien Eche

Notices biographiques

Articles connexes Élections municipales du 26 mars 1871 à Paris Liste des maires du de Paris L'Internationale Elle n'est pas morte ! Le 31 octobre Anarchisme et franc-maçonnerie

Liens externes

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