, né à Saga dans la préfecture du même nom le , est un homme politique japonais, membre du Parti démocrate du Japon (PDJ). Il est élu depuis 1996 à la Chambre des représentants, la chambre basse de la Diète du Japon, alternativement au scrutin majoritaire pour le de la préfecture de Saga (de 1996 à 2000, de 2003 à 2005 et de 2009 à 2012) et à la proportionnelle dans le bloc législatif de Kyūshū (de 2000 à 2003, de 2005 à 2009 et de 2009 à 2012). Il est également ministre des Affaires intérieures et des Communications ainsi que ministre d'État à la Promotion de la Souveraineté régionale dans les 93 et Cabinets du Japon dirigés successivement par Yukio Hatoyama puis Naoto Kan, du au . Après son retrait du gouvernement, il a pris la présidence de la Commission des Affaires intérieures et des Communications de la Chambre des représentants le .

Origine et formation Kazuhiro Haraguchi passe toute son enfance et sa scolarité dans sa ville natale de Saga sur l'île de Kyūshū. Il sort du lycée préfectoral de Saga-Ouest en et entre à la faculté des lettres de l'Université de Tokyo. Il en est diplômé de psychologie en . Il parfait sa formation, entre 1983 et 1986, en intégrant la de l'Institut Matsushita de politique et de management, une grande école privée créée par le fondateur de Panasonic Konosuke Matsushita afin de préparer les membres de l'élite japonaise (politique, économique, financière, culturelle et intellectuelle) du , en insistant tout particulièrement sur la réduction du poids de l'administration d'État. Il y fréquente notamment un autre futur député du PDJ, Mitsuo Mitani.

Un engagement précoce : de la préfecture à la Diète Une fois sorti de l'Institut Matsushita, il s'engage immédiatement en politique en étant élu le (à à peine 28 ans) comme indépendant à l'assemblée préfectorale de Saga dans la circonscription correspondant à sa ville natale. Il siège ensuite au sein du groupe du Parti libéra-démocrate (PLD), le grand parti de la droite japonaise dominant la scène politique japonaise depuis sa création en 1955. Il est réélu, cette fois clairement sous les couleurs du PLD (dont il est devenu le directeur de la jeunesse de la fédération locale), le . À la suite de cela, il prend la vice-présidence de plusieurs commissions de l'assemblée préfectorale, à savoir celles des affaires générales, de l'éducation et de la santé et des mesures spéciales pour la conservation du site préhistorique de Yoshinogari. Tout particulièrement intéressé par ce dernier dossier depuis sa première élection, il participe à sa conservation et est l'un des artisans de sa désignation comme « site historique national spécial » en 1991 et de la création d'un parc national en 1992 Portait sur le site seiji.yahoo.co.jp.

Choisi par l'entourage de l'ancien député libéral-démocrate Ken'ichirō Ōtsubo, battu aux législatives de 1990 et décédé le , pour lui succéder, il se présente ainsi aux élections du dans l'unique district que constituait alors la préfecture de Saga. N'ayant pas l'investiture du PLD mais seulement celle de la faction interne du , il se présente donc comme indépendant. Il échoue de peu à être élu, arrivant en sixième position pour cinq sièges à pourvoir au vote unique non transférable, avec voix (soit 10,93 % des suffrages exprimés) et seulement 549 votes de moins que le candidat arrivé en cinquième place, Takanori Sakai (élu en 1990 comme indépendant aux dépens de Ken'ichirō Ōtsubo, cette fois-ci investi par le PLD) Résultats des élections législatives de 1993 dans l'unique district de la préfecture de Saga, sur le site www.senkyo.janjan.jp.

En , il est convaincu par un autre député de la préfecture, Kōichirō Aino, de rejoindre le Shinseitō ou « Parti de la Renaissance » créé le par des dissidents réformateurs de tendance conservatrice libérale du PLD autour de Tsutomu Hata et Ichirō Ozawa et qui a constitué l'un des principaux piliers de la coalition anti-communiste et anti-libérale démocrate qui a gouverné le Japon entre et . Le Shinseitō fait désormais partie de l'opposition après la formation d'une alliance entre le PLD, le Parti socialiste japonais (PSJ) et le petit mouvement centriste du Nouveau Parti pionnier (NPP). Il fusionne le avec d'autres formations centristes ou libérales hostiles à cette « grande coalition » entre la droite et la gauche pour former le Shinshintō ou « Parti de la nouvelle frontière ». C'est sous cette étiquette que Kazuhiro Haraguchi se présente aux élections législatives du , dans le nouveau de la préfecture de Saga (à savoir les villes de Saga et Tosu ainsi que les communes rurales du district de Miyaki et du bourg de Chiyoda, à l'est de la préfecture) créé par la réforme électorale de 1994 (qui remplace l'ancien système du vote unique non transférable par un double scrutin, l'un uninominal majoritaire à un tour dans 300 circonscriptions locales, l'autre à la proportionnelle de liste dans 11 blocs législatifs correspondant plus ou moins aux grandes régions du Japon). À nouveau opposé à Takanori Sakai, il le bat cette fois mais avec une faible avance, avec voix (39 % des suffrages) contre (37,6 %) , sur le site www.senkyo.janjan.jp.

Les premiers pas sur la scène nationale : du NPF au PDJ Après la dissolution du Shinshintō le , il rejoint tout d'abord à sa création le la qui regroupe d'anciens dissidents du PLD, avec d'une part ceux ayant quitté ce grand parti de droite pour protester contre son alliance avec le PSJ en 1994 (parmi eux le leader de ce nouveau mouvement, Michihiko Kano, ancien ministre de l'Agriculture en 1989), et de l'autre ceux issus du Shinseitō qui n'ont pas suivi Tsutomu Hata dans sa dissidence de 1997 mais ont refusé de même de continuer à soutenir Ichirō Ozawa en ne rejoignant pas le parti libéral fondé par ce dernier. Le suivant, ce mouvement fusionne avec les autres partis de tendance conservatrice libérale nés du Shinshintō pour former le , présidé par Tsutomu Hata, et finalement se fond dans le Parti démocrate du Japon (PDJ), qui devient le nouveau grand parti d'opposition au PLD, le . Kazuhiro Haraguchi prend alors la tête de la fédération démocrate de Saga (il le reste pratiquement sans discontinuer jusqu'à aujourd'hui, à l'exception d'une brève période entre le et le ). Il intègre également avec les autres élus du Parti de la bonne gouvernance le ou qui constitue l'aile conservatrice modérée de ce parti du centre voire du centre gauche de la scène politique japonaise.

Le , il est battu aux élections législatives dans le de Saga par Takanori Sakai, en récoltant voix (36,6 % des suffrages) contre (40,8 %) à son adversaire , sur le site www.senkyo.janjan.jp. Il conserve toutefois son siège à la Chambre des représentants par le biais du scrutin proportionnel dans le bloc de Kyūshū Résultats des élections législatives de 2000 dans le bloc de Kyūshū, sur le site www.senkyo.janjan.jp.

Un membre actif de l'opposition Il ne fait réellement son entrée sur le devant de la scène politique qu'au début de l'année 2002, menant alors des attaques répétés contre le député libéral-démocrate Muneo Suzuki sur une série d'affaires démontrant une certaine ingérence de ce dernier dans la politique du ministère des Affaires étrangères. Partisan d'un renforcement du contrôle du parlement sur les activités de l'administration et du renforcement de la transparence, il interroge notamment le le ministère au sujet du rôle joué par l'un des secrétaires particuliers de Suzuki d'origine congolaise (possédant toujours le passeport diplomatique de la République démocratique du Congo, ancien Zaïre), John Nuwete Muluaka, dans le refus d'accorder une carte d'identité à un chargé d'affaires de l'ambassade de son pays d'origine, l'administration admettant avoir agi ainsi « parce qu'il s'agissait d'un collaborateur du député Suzuki » « Foreign Ministry admits Suzuki's influence over issuance of ID to Congolese charge d'affaires in Japan », Tokyo Shimbun, 27/02/2002, in Ambassade des États-Unis au Japon, JAPANESE MORNING PRESS HIGHLIGHTS, 27/02/2002, . Il fait partie également de la session d'enquête de la commission du budget de la Chambre des représentants ouverte le suivant afin d'enquêter et de faire témoigner sous serment Muneo Suzuki pour qu'il puisse s'expliquer sur ces dossiers Kyodo, « Opposition parties gear up to grill Suzuki at Diet on Mon », BNet, 08/03/2002.

Une fois cette déposition faite, il estime, avec son collègue du PDJ Kiyoshi Ueda, qu'il y a une « extrêmement forte possibilité » que l'intéressé ait menti sur au moins trois points : au sujet de la revendication par le Japon des îles Kouriles (que Suzuki aurait qualifié de « simple affaire de fierté », propos rapportés dans une note du ministère des Affaires étrangères, et qui selon lui aurait été sortis de leur contexte), de son intervention personnelle en 2000 pour mettre en demeure un officier de l'Agence nationale de police d'interrompre la surveillance qui avait été engagée d'un diplomate russe (Suzuki assurant devant la commission ne pas se rappeler cet événement) et du statut de son secrétaire Muluaka (Suzuki ayant déclaré sous serment ne pas être au courant que ce dernier se prétendait être le chef de la représentation commerciale à l'ambassade de la République démocratique du Congo, Haraguchi répliquant en présentant devant la commission une demande adressée par Suzuki au directeur du Bureau de l'immigration régionale de Tokyo pour obtenir un changement du statut de résidence de son collaborateur et dans laquelle il le présentait explicitement comme le directeur exécutif permanent de cette représentation commerciale). Kazuhiro Haraguchi déclare lors d'une conférence de presse après la clôture de la session d'enquête : « Les soupçons de faux témoignage, de corruption passive et d'abus de confiance se font de plus en plus forts. Suzuki devrait respecter sa responsabilité envers les citoyens en démissionnant dès que possible » Kyodo, « DPJ lawmakers say Suzuki likely lied on 3 points under oath », BNet, 11/03/2002. Finalement, Muneo Suzuki démissionne quelques jours plus tard du PLD tout en restant député, puis est mis en examen pour corruption en juin suivant « Suzuki faces arrest over lumber bribe », The Japan Times, 15/06/2002 « Suzuki enters plea of not guilty in court », The Japan Times, 12/11/2002.

Lors de l'élection à la présidence du PDJ du , il est l'un des principaux soutiens du candidat de la jeune garde du parti favorable à une modernisation et un renouvellement générationnel de celui-ci, Yoshihiko Noda, contre le sortant Yukio Hatoyama et ses deux autres adversaires, le secrétaire général Naoto Kan, pourtant allié traditionnel de Hatoyama à la tête du parti depuis sa création en 1996 et l'ancien socialiste Takahiro Yokomichi 2002代表選 推薦人一覧, site eda-jp.com. Noda est éliminé au premier tour mais se place tout de même en troisième place, juste derrière les deux favoris Hatoyama (294 voix) et Kan (221 votes), avec 181 suffrages contre 119 pour Yokomichi. Yukio Hatoyama est finalement réélu de peu au second tour par 254 votes contre 242 « Hatoyama wins DPJ race in runoff : Leader advances to third term after defeating longtime rival Kan », The Japan Times, 24/09/2002.