Le Baobab africain (Adansonia digitata) est une espèce de plantes à fleurs du genre Adansonia et de la famille des Bombacacées, selon la classification classique, ou des Malvacées, selon la classification phylogénétique.
C'est la plus connue des huit espèces de baobabs. C'est un arbre africain à caudex. Sacré pour plusieurs cultures, c'est aussi un arbre à palabres qu'il est malvenu ou sacrilège de couper. C'est l'arbre typique de l'Afrique tropicale sèche et l'emblème du Sénégal et de la Guinée. Son fruit, le pain de singe, est comestible.
Étymologie vignette|gauche|Baobabs bordant la plage de Sakouli à Mayotte (France).
Son nom vient de l'arabe , fruit à nombreuses graines ou pépins.. En effet, chacun de ses fruits ovales contient souvent plusieurs centaines de graines.
Description vignette|redresse|Écorce. vignette|redresse|gauche|Feuille de baobab. vignette|redresse|Fleur. vignette|redresse|gauche|Fruits matures de baobab - Adansonia digitata. vignette|redresse|Le « pain de singe » est le surnom du fruit du baobab. Le baobab pousse généralement de façon assez clairsemée. Il a un tronc ventru et un bois tendre gorgé d'eau (appelé pour cette raison arbre bouteille). Avec son allure caractéristique, il est généralement très massif et peut atteindre de haut et plus de de circonférence ; son diamètre atteint cinq à sept mètres.. Il présente au sommet du tronc une couronne de branches irrégulières et dépourvues de feuilles pendant la majeure partie de la saison sèche, ce qui peut représenter une longue période dans les zones où la saison des pluies est courte. C'est une des explications à son appellation , car avec ses rameaux nus, il paraît avoir été retourné avec ses racines au sommet.
vignette|gauche|Baobab africain (parc national Kruger, Afrique du Sud). L'écorce est fibreuse, grise et lisse, ce qui lui confère un aspect presque luisant lorsqu'elle est vue de loin, quelquefois irrégulièrement tuberculée. Elle a une épaisseur comprise entre cinq et dix centimètres. Par conséquent, l'arbre peut se sortir relativement indemne des feux de brousse mineurs. L'arbre est dur à l'extérieur et fibreux à l'intérieur. Les jeunes arbres présentent d'abord une racine pivotante leur permettant de s'ancrer dans le sol, puis en vieillissant, le système racinaire s'étend de façon radiale et superficielle plus loin que la hauteur de l'arbre. Les racines principales des arbres âgés sont relativement peu profondes et se prolongent rarement au-delà de deux mètres sous la surface du sol. Les baobabs sont de ce fait très sensibles aux vents forts de type tempête ou orage, qui peuvent occasionnellement les déraciner.
Les feuilles caduques sont simples sur les jeunes arbres et digitées (cinq, sept ou neuf folioles) sur les arbres matures. Elles atteignent alors jusqu'à de diamètre. Elles apparaissent irrégulièrement en mai, un peu avant la saison des pluies, et tombent en automne. Dans les lieux plus humides comme la Casamance, les baobabs peuvent rester en feuilles presque toute l'année.
Adansonia digitata a un caractère botanique unique dans le genre Adansonia : des fleurs blanches pendantes, au contraire des autres espèces à fleurs érigées. Ces fleurs mesurent environ de diamètre et sont suspendues au bout d'un long pédoncule. Elles émettent un parfum aigrelet, soufré, voire putride qui attire en particulier les chauves-souris. La floraison a lieu durant les deux premiers mois de la saison des pluies.
Le fruit du baobab pèse en moyenne . Il se présente sous une forme oblongue d'environ de diamètre et , voire de long. Il est entouré d'une coque (épicarpe) assez dure, ligneuse et recouverte d'un fin duvet urticant jaune-vert virant au beige à maturité. Ce fruit contient en moyenne enrobées d'une pulpe (endocarpe) sèche blanche amylacée comestible appelée « pain de singe ». Un arbre mature peut donner plus de par an.
Les fruits indéhiscents tombent de l'arbre à maturité sans s'ouvrir immédiatement. La pulpe est le plus souvent consommée par les termites, qui pénètrent dans le fruit et libèrent ainsi des graines noires et dures en forme de haricot. Ces dernières sont dispersées, quand elles ne germent pas , par des singes, rats, éléphants, oiseaux ou enfin par l'homme, qui est également un gros consommateur des fruits.
Pendant la saison des pluies, qui dure entre six semaines et cinq mois selon les régions, un arbre d'un volume de cubes absorbe dans ses fibres spongieuses jusqu'à d'eau qu'il stocke pour la saison sèche. Le tronc peut s'épaissir de plusieurs centimètres en raison du stockage de l'eau pendant la saison des pluies.
Le baobab peut exsuder une sorte de gomme pour aider à cicatriser des plaies en cas de blessures sur le tronc.
Croissance vignette|redresse|Jeune baobab Adansonia digitata au Botswana Botanical garden. Chez les baobabs, on distingue quatre phases de développement : jeunes arbres étroits, coniques, en forme de bouteille et vieux.
Les jeunes arbres (âgés de 10 à 15 ans) atteignent initialement une hauteur de quatre à six mètres sans augmentation d'épaisseur prononcée, et les branches font saillie sous un angle aigu. Aux endroits appropriés, ils grandissent initialement d’entre 80 et par an.
Ensuite, le tronc gonfle en forme de cône (jusqu'à 60 à 70 ans), atteint une hauteur de 5 à et un diamètre pouvant aller jusqu’à . À l'âge de 30 à 40 ans, les branches commencent à se développer perpendiculairement au tronc et leur croissance en longueur augmente considérablement à partir de ce moment.
Après cela, l'arbre a une hauteur de 10 à , l'épaisseur du tronc n'augmente que lentement et se développe en forme de bouteille (200-300 ans). Un arbre peut avoir atteint un diamètre de tronc de quatre à cinq mètres à l'âge de cent ans.
Enfin, l'arbre développe une cime étalée et ne pousse que très lentement dans la largeur.
vignette|redresse|gauche|Le baobab sacré de Fadial au Sénégal aurait 850 ans (en 2018). Il est composé d'une dizaine de troncs et a une circonférence de . Il est présenté aux touristes comme le plus vieux baobab d'Afrique de l'Ouest. vignette|redresse|Baobab Ombalantu à Outapi au nord de la Namibie, haut de , d'une circonférence de ; son âge est estimé à . Le baobab africain est une espèce unique par la manière tout à fait singulière dont son tronc évolue au cours de la croissance : ce dernier résulte en effet de la fusion de plusieurs troncs organisés en cercle et laissant en leur centre une « fausse cavité », unique aux baobabs. Mais quand un trop grand nombre de tiges meurent, l'arbre finit par s'écrouler.
Reproduction Le baobab est un arbre à croissance plus ou moins lente selon son lieu de culture. Il commence à produire des fruits vers huit à dix ans en Afrique de l'Ouest où la pluviométrie est suffisante et entre 15 et 25 ans en Afrique du Sud et de l'Est mais dans les zones très sèches d'Afrique du Sud, certains baobabs n'ont commencé à fleurir qu'à l'âge de 200 ans.
L'âge de première floraison peut toutefois être réduit à cinq ans par greffage. Le greffage permet également de sélectionner des greffons issus d'arbres produisant régulièrement et en bonne quantité des fruits de première qualité (gros fruits sucrés riches en vitamines). Les meilleurs résultats de greffage sont obtenus par greffe en fente (au début de la saison de croissance) de scions prélevés depuis moins de deux jours (sur des rameaux ayant déjà fructifiés) et greffés sur des porte-greffes de deux ans issus de semis. Pour optimiser la compatibilité génétique, mieux vaut, si possible, utiliser comme porte-greffes des semis de l'arbre dont on utilise les greffons.
Les fleurs éclosent à la tombée de la nuit et fanent au petit matin. En s'ouvrant, calice et corolle libèrent , regroupées en un dense plumeau au centre duquel saille le style recourbé du pistil (voir photos). Elles émettent aussitôt un parfum puissant qui attire les chauves-souris. Ce sont qui profitent deux mois durant de l'abondant nectar produit par les fleurs de baobabs. Elles assurent ainsi une pollinisation croisée efficace.
À l'état naturel, l'épais tégument des graines nécessite trois à cinq ans pour se décomposer et permettre la germination de la graine mais on peut réduire ce délai à quelques jours en scarifiant ce tégument puis en plongeant la graine dans de l'eau.
Longévité vignette|redresse|En période de sécheresse, les éléphants peuvent s'attaquer à un baobab pour boire l'eau qu'il contient. Cet arbre à croissance lente est exceptionnellement longévif, on peut rencontrer des spécimens âgés de plus de . Les baobabs produisent des cernes de croissance mais ils s'estompent très vite en raison de la présence d'eau dans son tronc, qui provoque une dégradation très rapide ; il est donc difficile de déterminer leur âge par des méthodes de dendrochronologie.
Certains baobabs sont victimes d'éléphants qui percent leur écorce pour mâcher les fibres internes et absorber l'eau qu'elle contiennent. Cela crée de grandes cavités dans les arbres, ce qui peut provoquer leur effondrement.
L'émondage intensif des baobabs afin de donner les feuilles en fourrage au bétail pose un problème majeur pour la régénération naturelle des baobabs dans certaines régions de l'Afrique de l'Ouest. En effet, les éleveurs coupent souvent la quasi-totalité du feuillage et affaiblissent alors les arbres qui ne sont plus en mesure de fructifier.
Neuf des treize baobabs les plus anciens d'Afrique, âgés de à , sont morts au cours de la dernière décennie, vraisemblablement victimes du changement climatique.
Le baobab le plus vieux de France est situé sur l'île de Mayotte, et âgé de plus de ..
Distribution vignette|redresse|gauche|Aire de distribution. C'est un arbre africain typique de la savane arborée sèche, où on le rencontre en compagnie d'acacias, tamariniers et albizias.
Son aire de distribution est très vaste et va du Sahel à l'Afrique du Sud, où sa sensibilité au gel limite son expansion. Il est absent des forêts ombrophiles d'Afrique centrale.
Les baobabs sont une source de nourriture, d'eau et d'habitat pour un grand nombre d'animaux. Oiseaux, lézards, singes et même des éléphants peuvent s'hydrater en consommant leur écorce quand l'eau vient à manquer.
Utilisations Cette essence et ses fruits font l'objet de nombreux usages traditionnels ou rénovésSébastien GARNAUD Le baobab, un espoir pour l'économie et l'environnement publié : 21 septembre 2010.
La présence d'un grand baobab est le signe qu'à cet emplacement, la nappe phréatique est peu profonde et qu'un puits peut être creusé à proximité. Historiquement, les villages se sont souvent créés autour des grands baobabs.
Alimentation thumb|Préparation du Ngalax à base du pain de singe (Pâques au Sénégal) Fruits
La pulpe sèche que contiennent les fruits du baobab est comestible. Son goût acidulé plaît aussi bien aux humains qu'aux singes (d'où son appellation de « pain de singe »).
Cette pulpe est très riche en vitamines B1 et C et contient deux fois plus de calcium que le lait .
La pulpe des fruits frais ou séchés mêlée à de l'eau fournit une boisson rafraîchissante appelée « bouye » ou « jus de bouye ».Elle est préparée en mettant le fruit du baobab dans de l'eau pendant quelques heures. Le « jus » obtenu est ensuite mélangé avec un peu de lait et du sucre. Fermentée, cette pulpe permet de fabriquer de la bière.
Graines
Les graines du baobab se consomment aussi grillées. Elles sont très nourrissantes.
On s'en sert également pour remplacer le café ou pour en extraire une huile alimentaire.
Depuis , le fruit est autorisé à la vente par la Communauté européenne (cette autorisation est obligatoire depuis 1997 pour tout produit alimentaire non déjà couramment consommé en Europe).
Racines, turions Les jeunes plants de baobab possèdent une racine pivotante qui peut être consommée comme une carotte ou une asperge.
Feuilles vignette|redresse|Vente de lalo à Joal-Fadiouth.