Musson (en gaumais Mson, en luxembourgeois ËmsongZesummegestallt vum Henri Leyder-Lëtzebuerger Marienkalender 1997-iwwerschaft 3/2011., en allemand Emsong) est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Luxembourg, ainsi qu’une localité où siège son administration. La commune a connu sa période de gloire entre les grâce à son usine sidérurgique.

Elle fait partie de la Lorraine gaumaise et des 25 communes de l'Agglomération transfrontalière du pôle européen de développement.

Toponymie

Géographie

Situation La commune est située à l'extrême sud de la province de Luxembourg. Les villages de Musson, Baranzy et Signeulx sont limitrophes de la France alors que Mussy-La-Ville se situe plus au nord. L’hôtel de ville s'appelle d’ailleurs « mairie » et le bourgmestre est communément appelé « maire ». thumb|center|De par sa proximité avec la France et selon les traditions gaumaises, l'hôtel de ville de Musson est appelé « Mairie ».

Géologie La commune fait partie de la Lorraine belge, seule région géologique du Jurassique (Mésozoïque) de Belgique. L'alignement des villages de Musson, Baranzy et Signeulx suit la vallée de la Batte, longeant le versant abrupt de la cuesta bajocienne.

Celle-ci se caractérise par une couche de calcaire ferrugineux oolithique (formation de Longwy) formant le front affleurant et abrupt au sud et culminant à d'altitude. Le versant est couvert de foret et son calcaire fut exploité pour la construction des habitations traditionnelles (calcaire doré de type Pierre de Jaumont). Sous cette couche, on trouve la formation de Mont-Saint-Martin, qui est discontinue (elle fait d'épaisseur entre Musson et Halanzy, mais disparait quasiment à l'ouest de la commune) et se compose de marnes à muscovite et oolithes de minerai de fer de nature alluviale avec une forte présence de fossiles marins. Ensuite, sous cette couche encore, on trouve la formation de Grandcourt : roche argilo-calcaire friable comme la précédente et constituée au Toarcien. Elle fait environs d'épaisseur à Musson et a été érodée par la rivière, ce qui a contribué à la création d'une vallée relativement fertile. L'altitude varie entre à l'extrême ouest de la commune (Signeulx) et à l'est (Godincourt), soient près de de dénivelé pour le versant abrupt de la cuesta. Enfin, la couche inférieure est celle de la formation d'Aubange, constituée de grés calcaire appelé macignos et qui formera au nord-ouest de la commune la crète de la cuesta suivante (domérienne). La cuesta bajocienne est entaillé vers le sud à hauteur de Signeulx par le ruisseau du Coulmy. Cussigny et Gorcy se trouvant dans l'axe de la crète à hauteur de cette entaille.

La banquette formée par la formation d'Aubange, en pente d'environs 3% vers le nord, est rythmée par les ruisseaux qui la dévalent. Le plus représentatif est le ruisseau du vieux moulin qui prend sa source à l'extrême nord (est) de la commune, entre Saint-Léger et Meix-le-Tige puis met le cap au sud-ouest, arrosant Mussy-la-Ville avant de se jeter dans la Vire. Les vallons associés à ces ruisseaux entaillent localement le macignos (qui est plus meuble que le calcaire de la formation de Longwy) sur plus de de profondeur - comme par exemple au nord de Willancourt - rendant la géologie générale des cuestas moins lisible. L'orientation générale de la banquette fait que les argiles ont ruisselé vers le sud, et la partie nord - moins fertile - est donc restée couverte de forets.

Elle fait en outre partie de la Gaume, sous-région où la langue vernaculaire traditionnelle est le gaumais.

Cours d'eau Le village est traversé d’est en ouest par la Batte, une rivière affluent de la Vire. De nombreux ruisseaux descendent du versant sud de la cuesta, les couches géologiques y affleurant étant riches en eau, piégée par les argiles bitumineuses de la formation de Grandcourt sous-jacente. L'alimentation en eau des villages exploite ces résurgences dont le débit est soutenu toute l'année. Les qualités physiques de l'eau sont bonnes, la qualité biologique est moyenne, le cycle souterrain étant assez court (eau d'infiltration de la banquette de la cuesta). Un aquifère plus important se trouve en dessous (formation de Luxembourg, affleurant au niveau de la cuesta sinémurienne, au pied du massif ardennais). Aucun des ruisseaux de la commune n'est navigable. thumb|center|La Batte, traverse Musson d'est en ouest puis devient la Vire à sa confluence avec le ruisseau du Coulmy. Elle fut canalisée dans sa traversée de la place Abbé Goffinet pour des raisons de salubrité.

Sections de commune et villages La commune se compose des sections suivantes : Musson, Mussy-la-Ville et des villages de Signeulx, Willancourt, Baranzy et Gennevaux.

# Section Superf.(km). Habitants(2025) Habitantspar km Code INS 1 Musson 20,74 143 85026A 2 Mussy-la-Ville 14,63 120 85026B

En outre, plusieurs anciens villages ou hameaux ont disparu ou ont été englobés par d'autres. C'est notamment le cas de : Dézémont (englobé par Baranzy) ; Icourt (abandonné) ; Godincourt (rattrapé par Musson dans son extension vers l'est) ; Maincourt (devenu Gennevaux).

Communes limitrophes La commune est délimitée au sud par la frontière française qui la sépare du département de Meurthe-et-Moselle et de la région Lorraine.

Démographie Évolution démographique avant la fusion de 1977

Source: DGS, 1831 à 1970=recensements population, 1976= habitants au 31 décembre

Évolution démographique de la commune fusionnée En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante:

Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1 janvierhttps://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK

+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993101,01994100,51995100,91996101,71997101,61998101,51999102,22000103,02001104,92002106,32003108,22004107,62005109,42006110,52007112,02008113,82009114,42010116,72011116,72012117,32013118,62014117,72015119,22016118,62017119,32018119,32019120,42020123,32021123,22022123,02023123,72024123,52025124,62026124,8

Les différentes localités de la commune, classées par nombre d'habitants au Commune de Musson consultée le 17 mars 2016 : Musson : Mussy-la-Ville : Baranzy : 748 Signeulx : 565 (en 2011). Willancourt : 349 Gennevaux : 49

Le village de Musson Le village de Musson en lui-même compte, au , une population de habitants dont 864 hommes et 930 femmes. On dénombre également 193 étrangersRegistre de la population de la commune de Musson consulté en septembre 2013..

Histoire

Origines Pendant l'antiquité, Musson et la Gaume se trouvent dans le quart sud-ouest du territoire du peuple celte des Trévires. La conquête romaine va de pair avec l'établissement d'un réseau de communication. Un diverticulum (voie romaine secondaire) est attesté entre (Vieux-)Virton (Vertunum) et le Titelberg (Entre Athus et Differdange), le principal oppidum de ce peuple Celte. Cette parallèle à la voie Reims - (Bellefontaine - Étalle - Arlon) - Trèves évite les zones marécageuses du fond de la vallée de la Vire mais, selon Jules Vannérus, en suivant la approximativement ligne de séparation entre la forêt et les champs sur le flanc de la cuesta bajocienne, selon la carte annexée à cet article. Au delà de ce chemin, aucun vestige de l'antiquité n'a été découvert sur le territoire communal.

Moyen-Age et Temps Modernes Après le déclin de l'empire romain, ce sont les Francs qui s'installent dans la région et couvrent le territoire d'exploitations agricoles dont trois sont implantées sur le territoire mussonnais (dans leur nom, le suffixe -court évoque des métairies) : Maincourt, l'actuel hameau de Gennevaux, avec un moulin sur le ruisseau du fond de Hazat ; Icourt, entre Gennevaux et Baranzy, site totalement rendu à la nature depuis ; Godincourt, à l'intersection des actuelles rues Godincourt, des Lanneries et Champêtre ;

Des tombes mérovingiennes ont été découvertes à proximité des deux dernières. A Godincourt, la découverte date de 1912, lorsqu'un laboureur ayant acquis une parcelle déterre des dalles et des ossements avec sa charrue. Les fouilles qui s'en suivent mettent à jour des poteries, couteaux et une magnifique rouelle exposée au Musée d'Arlon. Le baptême de Clovis vers l'an 500 relance la christianisation qui progresse lentement dans les zones rurales. Ceci aboutit au au transfert des métairies vers l'abbaye Saint-Èvre de Toul afin de lui assurer un revenu régulier, en échange de quoi des moines viennent officier à la paroisse de Musson, qui prend le statut de ban (couvrant également Gorcy et Cussigny, en France) et se dote d'une première église vers 840. Un chemin reliant Cussigny à Baranzy est toujours appelé « Haie des morts » en souvenir de l'époque où les enterrements des villages étaient célébrés dans cette unique église. Le vignoble planté en 2021 a proximité en porte le nom.

L'organisation féodale se développe et Musson, qui ne compte qu'une vingtaine de foyers et dépend de la châtellenie de Longwy, est rattaché à divers comtés (Luxembourg, Bar, Lorraine, Chiny) au gré des mariages, batailles ou cessions. La première trace documentée de l'entité date du début du , sous le nom de « Messuns ». Une riche famille locale se voit attribuer le nom « de Messuns » à la fin du du alors qu'une nouvelle église est bâtie en 1205. La Loi de Beaumont, accordant des privilèges aux villes et territoires, est promulguée et déployée progressivement. Musson en bénéficie à la fin du du , comme en atteste la croix de justice toujours présente au centre du village. Le ban de Musson se retrouve partagé entre le Comte de Chiny et le Duc de Lorraine alors que la famille Leix en détient le titre, établie dans une grosse ferme du centre du village comme pour les bans alentours (Halanzy, Signeulx, ...). En deux siècles, la population n'a pas vraiment évolué, mais elle est décimée par la peste en 1444 puis en 1554. Le Moyen-âge se termine avec la concentration progressive des territoires de l'actuelle Belgique (dont l'opulente Flandre) entre les mains des Ducs de Bourgogne (à l'exception de la principauté de Liège qui déborde au sud-ouest jusqu'à Bouillon) et des combats liés aux rivalités entre la maison de Bourgogne (qui s'unit à celle d'Espagne) et les rois de France. La période Bourguignonne voit cependant une hausse marquée de la démographie.

Le s'ouvre avec une nouvelle famille en charge de Musson : les « de Longueval », alors que Gorcy et Signeulx ont également leurs châtelains. De nouvelles épidémies déciment à nouveau la population comme la lèpre à Willancourt en 1628, ou la peste dans l'ensemble de la région en 1636. Une nouvelle église est érigée en 1690 alors qu'en 1696, une école, dispensée initialement par un vicaire, est ouverte au profit d'une douzaine d'enfants des classes populairesFarde "Musson" aux archives de l'évêché de Namur.

La population se reconstitue et atteint habitants et foyers en 1706. La situation économique reste précaire, et lorsque l'Impératrice Marie-Thérèse d'Autriche, reine des Pays-Bas, fait savoir qu'elle souhaite repeupler la Hongrie, une quarantaine de familles de la région rejoint en 1754 le moine récollet Antoine Vervel pour tenter d'y trouver des jours meilleurs, mais leur requête est rejetée.. La révolution brabançonne de 1789 épargne Musson, tout comme la Révolution française dans un premier temps, mais Maincourt est pillé en 1792 lors de la Première annexion française des États de Belgique, et en 1794 lors de la seconde.

Période contemporaine