Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme public français de recherche scientifique. Il exerce son activité dans tous les domaines de la connaissance.

Fondé par le décret-loi du Une version du document est disponible en ligne sur : http://www.cnrs.fr/paris-michel-ange/CNRSnaissance/4b_genealogie_doc/JO_1939.pdf pour , il est réorganisé après la Seconde Guerre mondiale et s'oriente alors nettement vers la recherche fondamentale. Il s'agit aujourd'hui d'un établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST) placé sous la tutelle administrative du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation.

Son activité scientifique est répartie entre dix instituts nationaux spécialisés dans un domaine de la connaissance (sciences humaines et sociales, biologie, chimie, écologie et environnement, sciences informatiques, sciences de l'ingénierie et des systèmes, mathématiques, physique, physique nucléaire et des particules, sciences de l'univers). Ils sont à la tête d'environ un millier d'unités ou « laboratoires » et de services labellisés, dont la plupart sont gérés en cotutelle avec d'autres structures (universités, autres EPST, grandes écoles, industries).

Selon le classement Scimago Institutions Rankings, le CNRS occupe la troisième place au niveau mondial en tant que centre de recherche. Webometrics confirme cette troisième place mondiale en ajoutant qu'il occupe par ailleurs la première place au niveau européen..

Historique Le CNRS est né le de la fusion entre une agence de moyens, la Caisse nationale de la recherche scientifique, et une grande institution de laboratoires et de chercheurs, le Centre national de la recherche scientifique appliquéeVoir le site « CNRS, la naissance », l'exposition virtuelle à l'adresse : http://www.cnrs.fr/paris-michel-ange/CNRSnaissance/indexDR19.html..

Cette fusion a été préparée par Jean Zay avec l'aide des sous-secrétaires d'État à la recherche Irène Joliot-Curie puis Jean Perrin. Le décret organisant le CNRS est signé par le président de la République en exercice, à savoir Albert Lebrun, le président du Conseil, Édouard Daladier, le ministre de l'Éducation nationale Yvon Delbos succédant à Jean ZayA. Prost, « Jean Zay : la politique et la méthode », dans Id., Regards sur l'éducation en France (), , spécialement ., et le ministre des Finances Paul Reynaud. La création du CNRS visait à et, selon les termes de Jean-François Picard, à la .

La fusion est favorisée par la Seconde Guerre mondiale : les autorités françaises, ne souhaitant pas reproduire les erreurs commises lors de la Première Guerre mondiale (tous les scientifiques avaient été mobilisés, souvent comme cadres dans l'infanterie ou l'artillerie, ce qui aboutit à la disparition d'une forte proportion de jeunes savants), affectent des chercheurs au CNRS. Cette fusion ne suscita donc aucun écho dans la presseLa création du CNRS, par Jean-François Picard, revue du CRNRS. Au commencement, une partie des recherches étaient menées pour les besoins de l'armée française. Menacé par le régime de Vichy, qui finalement le maintient et confirme à sa tête le géologue Charles JacobNote d'Antoine Prost sur Jean Zay, Souvenirs et solitude (2004), ., le CNRS est réorganisé à la Libération. Frédéric Joliot-Curie en est nommé directeur et le dote de nouvelles allocations de rechercheMichel Blay, Quand la recherche était une République : la recherche scientifique à la Libération, Armand Colin, 2011, 160 p..

L'arrivée de De Gaulle au pouvoir en 1958 ouvre une période qualifiée d' et du CNRS : le budget du CNRS double entre l'exercice de 1959 et 1962Le CNRS, au cœur de la Recherche en France émission sur France Culture, 31 janvier 2011.

En 1966 sont créées des unités associées, ancêtres des UMR. Il s'agit de laboratoires universitaires, soutenus par le CNRS, grâce à ses moyens humains et financiers. En 1967 est fondé l'Institut national d'astronomie et de géophysique, qui deviendra en 1985 l'Institut national des sciences de l'univers (INSU). L'Institut national de physique nucléaire et de physique des particules (IN2P3) est créé à son tour en 1971.

Dans les années 1970, s'opère un changement de régime de sciences en société : le CNRS s'interroge sur son ambition, ses modes d'action. Les premiers programmes interdisciplinaires sont lancés et des contrats globaux avec l'industrie signés (le premier avec Rhône-Poulenc en 1975).

En 1982, la loi du , dite loi Chevènement de programmation des moyens de la recherche publique, décrète que les personnels chercheurs, ingénieurs techniciens et administratifs passent sous le régime de la fonction publique : ils deviennent fonctionnaires, avec, pour les chercheurs, un statut semblable à celui des maîtres de conférences et des professeurs des universités.

Selon un sondage , p. 18. réalisé en 2009 par Sofres pour Sciences Po, le CNRS bénéficiait auprès des Français d'un niveau de confiance de 90 %, bien avant la police (71 %), le Gouvernement (31 %), le président de la République (35 %) ou les partis politiques (23 %), et second seulement après la famille (97 %).

Évaluation Le rapport d'évaluation du CNRS par l'HCERES publié en 2023 conclut qu'il s'agit d'une mais qui peut .. Le rapport critique le lien entre le CNRS et les universités, peu mentionné dans le rapport d'autoévaluation fourni par le CNRS, et la gestion des ressources humaines, citée dans 3 des 12 recommandations. Le CNRS ne semble pas en mesure de en raison de recrutements trop tardifs, et , sur lesquels pèse un à l'origine d'un . L'HCERES fait ainsi écho aux remarques publiées la même année par le conseil scientifique du CNRS dans un Livre blanc sur les entraves administratives. Les évaluateurs notent aussi que le conseil d'administration , en prenant comme exemple les Programmes et équipements prioritaires de recherche (PEPR), qui ont été lancés et pilotés par le CNRS sans consultation du CA..

Rôle et domaine d'expertise Le CNRS est un établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST) placé sous la tutelle administrative du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation ; il est actuellement régi par les articles L. 321-1 à L. 321-6 du code de la recherche et par le décret du , modifié en dernier lieu par le décret du .

D'après le décret portant organisation et fonctionnement du Centre national de la recherche scientifique, le CNRS a pour missions : d'évaluer, d'effectuer ou de faire effectuer toutes recherches présentant un intérêt pour l'avancement de la science ainsi que pour le progrès économique, social et culturel du pays ; de contribuer à l'application et à la valorisation des résultats de ces recherches ; de développer l'information scientifique, en favorisant l'usage de la langue française ; d'apporter son concours à la formation à la recherche et par la recherche ; de participer à l'analyse de la conjoncture scientifique nationale et internationale et de ses perspectives d'évolution en vue de l'élaboration de la politique nationale dans ce domaine.

Pour l'accomplissement de ces missions, le Centre national de la recherche scientifique peut notamment : créer, gérer et subventionner des unités de recherche ; contribuer au développement de recherches entreprises dans les laboratoires relevant d'autres organismes publics de recherche, des universités et autres établissements d'enseignement supérieur, des entreprises nationales, des entreprises et des centres de recherche privés ; mettre en œuvre des programmes de recherche et de développement technologique ; recruter et affecter du personnel de recherche dans la limite des emplois autorisés par la loi de finances ; prendre en charge des déplacements et des séjours de personnels en tout lieu où les appellent les missions du centre ; construire et gérer, le cas échéant, dans le cadre d'accords nationaux ou internationaux, des grands équipements de recherche ; constituer des filiales et prendre des participations ; participer, notamment dans le cadre des groupements d'intérêt public, à des actions menées en commun avec des services de l'État, des collectivités locales ou d'autres organismes publics ou privés, français ou étrangers ; participer à l'élaboration et à la mise en œuvre d'accords de coopération scientifique internationale et de coopération pour le développement ; assurer l'élaboration et la diffusion de la documentation scientifique et la publication des travaux.

On peut distinguer trois rôles fondamentaux du CNRS dans la recherche : Financement du fonctionnement de la recherche : le CNRS finance 1170 laboratoires de recherche, dont 98 unités propres et 1072 unités mixtes de recherche (UMR), partagées avec un établissement d'enseignement supérieur, un autre organisme de recherche, une fondation ou une entreprise. Le CNRS participe à leur budget et à leur dotation en personnel, parfois à leurs locaux. Le Comité national du CNRS évalue tous les quatre ans ces unités de recherche, cette évaluation conditionne son apport financier, et peut donner lieu à la réorganisation ou à la rupture du contrat d'association avec l'unité. Emploi et gestion de personnels de recherche : le CNRS rémunère des chercheurs, ingénieurs et techniciens, qui travaillent en règle générale dans les unités de recherche du CNRS ou dans les unités qui y sont associées. Les chercheurs sont évalués par le Comité national tous les deux ans. Selon l'article 10 du décret du et l'article 3 du décret du , les chercheurs sont tenus de fournir chaque année un compte-rendu de leur activité à travers deux outils : le comptes-rendus annuels d'activité des chercheurs (CRAC) ou le RIBAC (Recueil d'Informations pour un observatoire des activités de recherche en SHS)... Certains peuvent être également « mis à disposition » d'un autre établissement dans le cadre d'un projet de recherche. Financement de projets de recherche : le CNRS sélectionne et finance des projets de recherche spécifique, auquel des chercheurs de tous statuts sont habilités à prendre part.