, né le à Tōkyō et mort le dans la même ville « 藤井裕久氏が死去 元衆院議員 民主党政権で財務相 90歳 », sur mainichi.jp, 12 juillet 2022, est un homme politique japonais, membre du Parti démocrate du Japon (PDJ) depuis 2003 après avoir milité successivement au Parti libéral-démocrate (PLD) jusqu'en 1993, au Shinseitō de 1993 à 1994, au Shinshintō de 1994 à 1997 et au Parti libéral de 1997 à 2003.

Il est membre de la Diète du Japon, le parlement national, de 1977 à 1986, de 1990 à 2005 et de 2007 à 2012. Il est d'abord élu à la Chambre des conseillers, la chambre haute, de 1977 à 1983 pour la circonscription nationale. Il est ensuite député à la Chambre des représentants, la chambre basse, successivement pour l'ancien (de 1990 à 1996) puis pour la nouvelle (de 1996 à 2005) de la préfecture de Kanagawa, puis à la proportionnelle pour le bloc du Sud Kantō de 2007 à 2012. Il est ministre du Trésor (ancien nom du ministre chargé des affaires financières au Japon) dans les et du Japon, dirigés respectivement par Morihiro Hosokawa et Tsutomu Hata, du au , puis ministre des Finances dans le Cabinet du Japon, mené par Yukio Hatoyama, du au .

Formation et carrière de haut fonctionnaire du Trésor Hirohisa Fujii est le troisième enfant sur quatre et deuxième fils d'un médecin originaire de Fukuyama dans la préfecture de Hiroshima, diplômé de la faculté de médecine de l'université impériale de Tokyo. D' jusqu'à , il fait l'ensemble de sa scolarité au sein des établissements (maternelle de 1936 à 1939, primaire de 1939 à 1945, collège de 1945 à 1948 et lycée de 1948 à 1951) associés à l'École normale supérieure pour femmes de Tokyo (devenue en 1949 l'Université d'éducation de Tokyo et aujourd'hui la faculté de sciences de l'éducation de l'université de Tsukuba) à Ōtsuka dans l'ancien arrondissement de Koishikawa (qui s'est fondu en 1947 dans Bunkyō). Durant la campagne de bombardements de Tokyo menée par l'US Air Force à la fin de la Seconde Guerre mondiale (surtout au début de l'année 1945), il est évacué de la capitale (comme tous les enfants de la ville) vers le village de Kumegawa (aujourd'hui partie de la ville de Higashimurayama au nord des collines de Tama). Après sa sortie du lycée en , il intègre le mois suivant la faculté de droit de l'université de Tokyo et en sort diplômé en d'un . Jouant au baseball depuis le collège, il sert dans les équipes scolaires et universitaires (et donc dans celle de Tōdai qui fait partie du groupe des Tōkyō 6, réunissant les équipes des six plus grandes universités de Tokyo) principalement en tant que receveur.

Un mois après avoir obtenu son diplôme, en , il entame une carrière de près de vingt ans au ministère du Trésor (ou ministère des Finances), et lui et son épouse, Shōko, se marient en . Basé à Tōkyō dans un premier temps, il est directeur du bureau des impôts de la ville de Fujisawa dans la préfecture de Kanagawa de à 1965. Il intègre ensuite le bureau du Budget comme inspecteur des Finances, en étant chargé tour à tour des comptes des ministères des Affaires étrangères, du Commerce international et de l'Industrie ou encore de celui de la Santé et des Affaires sociales. Il travaille ainsi sur des sujets allant de la coopération économique (et voyage ainsi beaucoup à l'étranger) à la sécurité sociale (il est notamment l'une des chevilles ouvrières du « plan sur le long terme pour une grande sécurité sociale » en 1970) en passant par le soutien de l'État aux PME. Il travaille à cette époque sous les ordres d'Iichirō Hatoyama, fils de l'ancien Premier ministre Ichirō Hatoyama (et père du futur chef du gouvernement japonais Yukio Hatoyama), qui est le directeur général du bureau du budget de 1968 à 1971. Hirohisa Fujii va garder par la suite un fort lien avec Iichirō Hatoyama, qui sera son mentor en politique, et sa très influente famille « Cabinet Who's Who: Profiles of Hatoyama's Cabinet Members », Asahi Shinbun, ..

Il quitte momentanément le ministère de à pour connaître sa première réelle expérience dans le monde politique, et sert ainsi de collaborateur aux Secrétaires généraux du Cabinet successifs durant cette période : Noboru Takeshita dans le troisième et dernier d'Eisaku Satō de à , puis Susumu Nikaidō dans le premier et le second gouvernement de Kakuei Tanaka de à . De retour ensuite au bureau du Budget au ministère du Trésor, il supervise cette fois-ci les finances publiques liées à l'aménagement du territoire, à l'environnement, à la justice, aux finances locales et aux opérations de vente, soit la responsabilité d'un budget de près de six billions de yens. Il prend sa retraite de la fonction publique en 1976 pour se lancer en politique.

Les débuts en politique À la Chambre des Conseillers Il est poussé à entrer dans la bataille politique par son ancien directeur au bureau du budget, Iichirō Hatoyama, devenu depuis parlementaire à la Chambre des conseillers (de 1974 à 1992) ainsi que ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Takeo Fukuda (de à ). Il se présente ainsi avec l'étiquette du Parti libéral-démocrate (PLD), grand parti conservateur au pouvoir sans discontinuer depuis sa création en 1955, lors du renouvellement de la moitié de la chambre haute de la Diète du , pour l'un des 50 sièges à pourvoir au vote unique non transférable dans la circonscription nationale (correspondant à l'ensemble du Japon). Il doit donc parcourir tout le Japon pendant sa campagne pour se faire connaître, et bénéficie du soutien logistique et humain, via Hatoyama mais aussi grâce aux anciens ministres dont il fut le collaborateur Noboru Takeshita et Susumu Nikaidō, tant de la puissante faction du de l'ancien Premier ministre Kakuei Tanaka (dont Takeshita et Nikaidō sont membres, tandis que Hatoyama entretient de bonnes relations avec Tanaka même s'il appartient, par tradition familiale, à un groupe qui lui est opposé) que de sa principale rivale, la de Yasuhiro Nakasone (à laquelle Hatoyama appartient, s'agissant du groupe héritier du combat politique de son père). Le jour du scrutin, il obtient le sur 102 candidats, avec 655 496,931 voixLes nombres décimaux à partie fractionnaire renvoient au : les électeurs devant écrire le nom du candidat pour lequel ils votent sur un bulletin blanc, il arrive que certains de ceux-ci ne peuvent distinguer deux candidats (si l'électeur n'a marqué que le nom ou le prénom, et que celui-ci a une écriture en katakana, hiragana ou kanji identique pour deux candidats ou plus). Dans ce cas, le nombre de voix ainsi incertaines ne sont pas considérées comme nulles mais réparties à la proportionnelle du nombre de voix obtenues de manière clairement distinctes par chaque candidat concerné. (soit 1,22 % des suffrages exprimés), et est donc élu Résultats des élections de 1977 à la Chambre des conseillers dans la circonscription nationale, www.senkyo.janjan.jp..

Au PLD, il devient membre du « Club du Jeudi » de Tanaka « Chap. 5 : Kiten - 4 : Getting Rid of Kaifu », in S. Hunziker, I. Kamimura, Kakuei Tanaka : a political biography of modern Japan., tout en restant toujours proche d'Iichirō Hatoyama. Il reste surtout à la Diète un spécialiste des questions budgétaires et financières, et obtient sa première fonction gouvernementale, sans toutefois être membre du Cabinet, en tant que vice-ministre parlementaire auprès du ministre du Trésor Michio Watanabe dans l'administration de Zenkō Suzuki du Compte rendu de la de la Commission du Trésor de la Chambre des conseillers, de la Diète, réunion de 10h10, 27/05/1981. au Compte rendu de la de la Commission du Trésor de la Chambre des conseillers, de la Diète, ouverture à minuit, 22/12/1981. Compte rendu de la de la Commission du Trésor de la Chambre des conseillers, de la Diète, réunion de , 22/12/1981.. Il est réélu à la Chambre des conseillers le , toujours dans la circonscription nationale mais désormais à la proportionnelle de liste (qui remplace ainsi pour la première fois le vote unique non transférable à la suite de la réforme électorale de 1980), en sur celle du PLD menée par Masatoshi Tokunaga, qui a obtenu 35,33 % des suffrages et tout juste 19 sièges sur les 50 à pourvoir Résultats des élections de la liste PLD aux élections de 1983 à la Chambre des conseillers dans la circonscription nationale, www.senkyo.janjan.jp.. Hirohisa Fujii prend ensuite la présidence de la Commission du Trésor de la chambre haute, du Compte rendu de la de la Commission des Règles et de l'Administration de la Chambre des conseillers, de la Diète, réunion de 14h09, 08/08/1984. au Compte rendu de la plénière de la Chambre des conseillers, de la Diète, 24/06/1985..

Premières tentatives à la Chambre des représentants : échec puis réussite Il démissionne le de la Chambre des conseillers pour se porter candidat aux élections législatives du suivant dans l'ancien électoral de Kanagawa (correspondant au centre et au nord de la préfecture). Circonscription réputée difficile pour le PLD, le parti n'y avait jusqu'alors investi qu'un seul candidat depuis 1976 (Masamichi Tozawa) et n'y a plus de député depuis 1983. Pourtant, avec la création d'un siège supplémentaire pour ce district (quatre au lieu de trois auparavant, au vote unique non transférable), il décide cette fois d'y avancer un deuxième nom en plus de Tozawa. Hirohisa Fujii est battu, arrivant en cinquième position sur six candidats, avec 95 331 voix et 14,08 % des suffrages, avec plus de de moins que Tozawa qui est élu en quatrième place Résultats des élections législatives de 1986 dans l'ancien de Kanagawa, www.senkyo.janjan.jp..

Il doit attendre les élections suivantes, le , pour être finalement élu de justesse, avec le quatrième score soit et 14,38 % des suffrages, et seulement d'avance sur Masamichi Tozawa Résultats des élections législatives de 1990 dans l'ancien de Kanagawa, www.senkyo.janjan.jp.. De retour à la Diète, il rejoint le ou , faction fondée en 1987 par Noboru Takeshita en regroupant l'essentiel de l'ancien « Club du Jeudi », et se rapproche en son sein du secrétaire général du parti de l'époque Ichirō Ozawa qui milite pour un renouveau générationnel et idéologique de type néolibéral de la majorité. En , ce dernier est battu par Keizō Obuchi à la présidence de la faction et décide par conséquent avec Tsutomu Hata et quarante et un autres parlementaires (trente-trois députés, dont Hirohisa Fujii, et huit conseillers) de faire dissidence. Ils créent le leur propre groupe de pression à l'intérieur du PLD, le . Le premier pas est fait vers un départ pur et simple du parti majoritaire. Il retrouve toutefois d'importantes responsabilités parlementaires, puisqu'il est président de la très importante Commission du Trésor de la Chambre des représentants, du Compte rendu de la de la Commission des Règles et de l'Administration de la Chambre des représentants, de la Diète, réunion de minuit, 22/01/1993. à la dissolution du .

La succession des partis La dissidence du PLD Le , Hirohisa Fujii suit, comme tous les membres du « Forum Réforme 21 » (à l'exception d'un absent, Morio Kimura, qui a soutenu toutefois l'action de ses compagnons de faction), la directive d'Ozawa et Hata de voter la motion de censure déposée par le Parti socialiste japonais (PSJ) pour protester contre le projet de réforme électorale proposée par le gouvernement PLD de Kiichi Miyazawa (comprenant notamment le passage à un scrutin uninominal majoritaire à un tour intégral, l'opposition et de nombreux membres de la majorité, dont Ozawa et ses partisans, préférant au contraire introduire une dose plus ou moins élevée de proportionnelle), contribuant ainsi à son adoption par contre 220 à la Chambre des représentants et donc à la chute de la majorité et la convocation d'élections législatives anticipées pour le suivant. À la suite de cela, l'ensemble du « Forum Réforme 21 » quitte le PLD et forme le un parti politique néolibéral, le , avec Hata comme président et Ozawa comme secrétaire général.