Jean-Baptiste François Pompallier, né le à Lyon et mort le à Puteaux, est un missionnaire mariste français ayant joué un rôle important dans l'évangélisation catholique de l'Océanie, notamment Wallis-et-Futuna et la Nouvelle-Zélande.
Premier vicaire apostolique de Nouvelle-Zélande, il fonde en 1841 la cathédrale Saint-Patrick d'Auckland.
Biographie
Débuts Jean-Baptiste François Pompallier naît le au 79 place du Port-Neuville dans le de Lyon, fils de Pierre et Françoise PompallierRegistre d'état civil de la ville de Lyon, acte de naissance n° 226, an X, registre en ligne p.34/138, Archives municipales de Lyon..
Ordonné prêtre en 1829, il bénéficie de la désignation des maristes (congrégation missionnaire fondée en 1836 par Jean-Claude Colin) en Océanie. Le pape érige le vicariat apostolique d'Océanie occidentale, le dimanche de la Trinité 1835. Il confie cette région aux Pères maristes qui désignent Jean-Baptiste Pompallier à la tête de ce vicariat, ce qui est accepté formellement par le pape le . Le pape le nomme alors évêque de et est consacré le 30 juin par le cardinal Giacomo Filippo Fransoni avec comme co-consécrateurs l'archevêque titulaire d' Gaétan Giunta et l'archevêque titulaire de Giuseppe Maria Vespignani.
Pompallier se lance alors dans un voyage missionnaire en Océanie. .
Voyage et mise en place des missions à Wallis-et-Futuna et Hokianga Parti du Havre le , à bord de la Delphine, avec deux prêtres, un frère de la Société de Marie, deux frères de la congrégation de Marcellin Champagnat, il fait escale à Valparaiso où Claude Bret meurt. Le reste de l'équipe monte le à bord de l'Europa pour faire escale à Tahiti et aux îles Gambier, où il rencontre en septembre à Mangareva Étienne Rouchouze, vicaire apostolique d'Océanie orientale. Il est accompagné de ses confrères maristes Pierre Bataillon et Pierre Chanel (canonisé en 1954), ce dernier étant destiné à Futuna. Jean-Baptiste Pompallier et ses confrères embarquent à bord du Raiatea pour Tonga le , mais le débarquement leur est interdit (c'est un territoire déjà protestant).
Le père Bataillon et le frère Joseph-Xavier démarrent leur mission à Uvea (Wallis) le , tandis que Pierre Chanel et le frère Marie-Nizier démarrent celle de Futuna la semaine suivante. Jean-Baptiste Pompallier promet de revenir d'ici six mois, et se dirige ensuite vers Rotuma puis vers la Nouvelle-Galles du Sud où il est accueilli à Sydney par Polding qui l'informe de la situation en Nouvelle-Zélande. Pompallier repart, cette fois-ci pour la Nouvelle-Zélande, accompagné de Louis Catherin Servant1808-1860 et de Michel-Antoine Colombon. Ils arrivent enfin à destination au port d'Hokianga dans l'île du Nord, le . Il devient le premier vicaire apostolique de Nouvelle-Zélande en 1842. Installé dans la région de l'Hokianga, il y développe une grande activité missionnaire.
Entre la Nouvelle-Zélande et Wallis et Futuna, et la difficile communication entre ces deux endroits rend les efforts d'évangélisation difficiles. Pompallier retourne à Wallis fin 1841, que le père Bataillon a entrepris d'évangéliser (la conversion est totale en ) ; entre-temps, Pierre Chanel a été assassiné à Futuna le , en raison de conflits coutumiers entre partisans de la nouvelle religion et le roi Niuliki. L'évêque récupère la dépouille de Pierre Chanel et demande aux marins français l'accompagnant de ne pas exercer de représailles. En 1845, toute l'île de Futuna s'est convertie.
Action missionnaire en Nouvelle-Zélande thumb|285px|La Pompallier House à Russell (Kororareka), fondée avec une imprimerie par Antoine Marie Garin S.M. en 1841. En , d'autres maristes rejoignent Pompallier en Nouvelle-Zélande : Baty, Jean-Baptiste Épalle et Petit, Élie-Régis, Augustin et Florentin et encore d'autres en suivant ViardFutur évêque., Petitjean, Comte et Chevron, ainsi qu'Attale. Dès 1843, il a déjà fondé outre la mission de Hokianga, celles de Kororareka, Mangakahia, Kaipara, Tauranga, Akaroa, Matamata, Opotiki, Maketu, Auckland, Otago, Wellington, Otaki, Rotorua, et Whakatane. Il installe une tannerie à Auckland pour la reliure de la Bible maorie et il réussit lors de la rédaction du traité de Waitangi (1840) à imposer un article sur la liberté de religion.
En 1843, le vicariat ouest-océanien est scindé en deux, l'Océanie orientale sous l'autorité de Pierre Bataillon, et l'Océanie continentale, la Nouvelle-Zélande, sous celle de Pompallier. En 1848, celui-ci est scindé en vicariat de Wellington Philippe Viard et vicariat d'Auckland (Pompallier) dont le siège est à la cathédrale Saint-Patrick.
Après un voyage à Rome en 1846, Jean-Baptiste Pompallier devient en 1848 le premier évêque d'Auckland. Il est de retour en dans sa ville épiscopale, et le demeure jusqu'à son retour en France, pour des raisons de santé, en 1869. Il meurt le à au 14 rue des Pavillons à Puteaux près de ParisRegistre d'état civil de la ville de Puteaux, acte de décès n° 257 en date du 22 décembre 1871 où "Monseigneur Jean-Baptiste François Pompallier" est qualifié d'"archevêque in partibus d'", année 1871, registre en ligne p.50/60, Archives départementales des Hauts-de-Seine..
Exhumation et inhumation thumb|285px|La tombe de Jean-Baptiste Pompallier de 1871 à 2002 au cimetière ancien de Puteaux (Hauts-de-Seine).
Le , il est exhumé du cimetière de Puteaux, où il reposait depuis , puis est inhumé définitivement le dans l'église "Hata Maria Church" (église Sainte-Marie) de Motuti en Nouvelle-Zélande, en présence de l'ambassadeur de France et d'une forte assistance de Maoris dont la reine Te Atairangikaahu. Des reliques furent aussi transférées à Hokianga, village Maori de Nouvelle-Zélande (morceaux du cercueil de la tombe de Puteaux, dents, etc.)
Décoration Par décret du du gouvernement du roi , Jean-Baptiste Pompallier est fait chevalier de l'ordre de la Légion d'honneur..
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie Lettres des missionnaires maristes en Océanie (1836-1854, Karthala, 2008 E. R. Simmons « Jean-Baptiste Pompallier », Dictionary of New Zeland Biography, Te Ara: The Encyclopedia of New Zealand, gouvernement de Nouvelle-Zélande, ministère de la Culture et du Patrimoine, 2010. Numa Broc, Dictionnaire des Explorateurs français du , t.4, Océanie, CTHS, 2003, François Angelier, Dictionnaire des Voyageurs et Explorateurs occidentaux, Pygmalion, 2011, p.556 Yannick Essertel, Jean-Baptiste Pompalier, apôtre des Maoris, Éditions du CERF, 2014, .
Liens externes Dominique Valentin, Monseigneur Jean Baptiste François Pompallier, sur racinesenseine.fr Jean-Baptiste Pompallier, premier évêque de Nouvelle-Zélande (1802-1871), sur le site de la Conférence des évêques de France Jean-Yves Riocreux, Pèlerinage en Nouvelle-Zélande
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