Pierre Billotte, né le à Paris et mort le à Boulogne-Billancourt, est un général et homme politique français.

Biographie Un soldat à la carrière fulgurante Il est le fils du général d'armée Gaston Billotte, mort dans un accident de la route au front en . Sorti de Saint-Cyr (promotion du sous-lieutenant Pol Lapeyre). et de l’École supérieure de guerre, il participe aux combats de la bataille de France en tant que capitaine, chef d'équipage d'un char B1 du de chars de combat. Il combat lors de la bataille de Stonne, détruisant treizeIl est possible que ce total soit surestimé à cause d'épaves déjà présentes sur le champ de bataille, que Billotte aurait pu . chars le . Pierre Billotte figure dans le classement russe des as des chars de la Seconde Guerre mondiale. Il est fait prisonnier à Vadenay le , grièvement blessé.

vignette|Arrivée à Londres début septembre 1941 des évadés français par la Russie, « Les Russes ». De gauche à droite sur la photo : Jean Richemond, futur membre du Commissariat national à l'intérieur ; Pierre Billotte ; François Thierry-Mieg, futur chef de la section contre-espionnage du BCRA ; Henri Clastère, bientôt parachuté en France pour une mission de sabotage.|gauche Évadé de l'Oflag II-D en Poméranie, le Pierre Flament La vie à l'Oflag IID-IIB 1940-1945, Amicale IID-IIB et CNRS., il gagne l’URSS où il est interné jusqu’au moment de l’attaque allemande à l'été 1941. Il devient alors représentant de la France libre à Moscou. Avec d’autres Français, il est échangé contre des réfugiés russes de Londres et s’embarque à Arkhangelsk dans un bateau pour le Royaume-Uni.

Il est alors fait chef d’état-major du général de Gaulle et secrétaire du Comité de défense nationale à Londres. De Gaulle impose à Leclerc son affectation dans sa divisionLeclerc Maréchal de France - Jean Compagnon, biographie sortie en 1994. et, alors colonel, il débarque en Normandie à la tête d'un des trois groupements tactiques de la division Leclerc. Le , à 10 h 30, il envoie un ultimatum dactylographié à Dietrich von Choltitz demandant sa reddition, et précisant : « Au cas où vous jugeriez bon de poursuivre une lutte qu’aucune considération d’ordre militaire ne saurait justifier, je suis décidé à la poursuivre jusqu’à l’extermination totale. Dans le cas contraire, vous serez traité conformément aux lois de la guerre ». Cette lettre eut une influence décisive sur sa décision de ne pas détruire Paris. Puis il fait la jonction, à la préfecture de police, avec la Résistance intérieure parisienne lors de la libération de Paris. En septembre 1944, il est promu au grade de général de brigade. En désaccord avec Leclerc, il quitte la DB. Il forme avec les FFI parisiens la d'infanterie qu'il commande en tant que général.

Pierre Billotte est promu général de division en site de l'Ordre de la Libération.. Il est nommé représentant de la France au comité d’état-major de l’ONU en 1946. Il démissionne de cette fonction et de l’armée quatre années plus tard pour protester contre la politique trop atlantiste du gouvernement.

Député RPF et ministre ARS vignette|left|Le général Pierre Billotte inspecte la garde d'honneur lors d'une visite en Israël, en mars 1957.

Il est élu député RPF de la Côte-d'Or en 1951 et est battu en 1956. Il vote la confiance à Antoine Pinay en 1952 et est l’un des 27 dissidents de l’ARS. Il est ministre de la Défense nationale dans le gouvernement Faure du au .

À l’Assemblée nationale, spécialisé dans les questions militaires, il est rapporteur de la commission de la Défense sur les accords de Londres et de Paris qui remplacent la CED qu’il avait combattue.

Président de l'association France-Occident, réfléchissant à la situation de l'Algérie française, il estime que « le statu quo comme l'abandon sont impensables » et propose un projet de réforme de l'Algérie en 1957Le Monde du 3/7/1957 et 9/11/1957.. La même année, il écrit un article paru dans Le Monde contre la torture en Algérie. « On n'obéit pas à des ordres contraires aux lois de la guerre... La torture, sous quelque forme que ce soit, est condamnable ».

Il prend en 1955 la succession de Firmin Roz à la tête du comité français du Mouvement pour l'union atlantique, une association transnationale atlantiste qui préconise un renforcement de l'OTAN et une union avec les États-UnisLe Monde, 19/11/1956, 14/10/1957, 14/12/1957, Maurice Allais, Combats pour l'Europe, Clément Juglar, 1994, p. 114, Hearings, Congress, Senate, US government printing office, 1955, p. 206, ..

Gaulliste de gauche sous la République Pierre Billotte est l’un des gaullistes de gauche qui participent à la fondation de l’Union démocratique du travail (UDT). Nommé haut-commissaire en Algérie, il est finalement remplacé par Christian Fouchet en 1962.

En , il est élu député (UNR-UDT) de la de la Seine, puis en 1967 de la du Val-de-Marne. Il conserve son mandat jusqu’en 1978 sous les diverses étiquettes gaullistes (UD-Ve République, UDR, RPR). Il est ministre d'État chargé des départements et territoires d’Outre-Mer dans les troisième et quatrième gouvernements de Georges Pompidou du au et favorise l'autonomie interne de ces entités.

Il devient l'un des deux présidents avec l'Américain Clarence Streit du bureau du Mouvement international pour l'union atlantique, lancé en 1957 et constitué officiellement en , jusqu'à sa nomination comme ministre en 1966Le Monde, 7/7/1958, , , <ref>.. Ce mouvement fédère les comités nationaux du mouvement pour l'union atlantique, désireux de rapprocher les États-Unis de l'Europe occidentale. Il cosigne en 1962 un appel international à l'union atlantique, et préconise encore en 1965 un appel à une « union fédérale atlantique ».

Le général Pierre Billotte assiste à l'essai nucléaire Bételgeuse du en tant que ministre de l'Outre-mer, en étant dans la même cabine que le général de Gaulle lors de l'expérimentation nucléaire.

Il est maire de Créteil de 1965 à 1977.

Il fonde un « Mouvement pour le socialisme par la participation » en 1971. Il soutient Jacques Chaban-Delmas avant l’élection présidentielle de 1974.

thumb|285px|La tombe de Pierre Billotte au cimetière de Créteil (Val-de-Marne).

Il meurt le , et est inhumé au cimetière de Créteil aux côtés de son épouse Sybil Esmond morte en 1984.

Décorations Rubans 106px106px106 px106px106 px106px106px106px106px106px106px106px

Intitulés Légion d'honneurOrdre de la LibérationCroix de guerre 1939-1945Médaille des évadésMédaille de l'AéronautiqueInsigne des blessés militairesMédaille commémorative des services volontaires dans la France libreOrdre du Dragon d'AnnamLegion of MeritCroix de guerre belge 1940-1945Ordre du Ouissam alaouiteNichan Iftikhar

Liste complète Grand officier de la Légion d'honneur Compagnon de la Libération - décret du Croix de guerre 1939-1945 (5 citations) Médaille des évadés Médaille de l'Aéronautique Insigne des blessés militaires Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre Chevalier du Dragon d'Annam (ordre colonial) Officier de la Legion of Merit (États-Unis) Croix de guerre 1940-1945 (Belgique) Commandeur du Ouissam alaouite (Maroc) Commandeur du Nichan Iftikhar (Tunisie) Médaille d'or de l'Éducation physique

Publications La Fatalité de la Défaite allemande, Londres 1941 Le Temps du Choix, Robert Laffont, 1950 L'Europe est née, Fayard, 1955 Considérations stratégiques, Larousse 1957 Du Pain sur la planche, Plon 1965 Les Chemins de l'Aventure, 1972 Le Temps des Armes, Plon 1972 Trente ans d'humour avec de Gaulle, 1979 Le Passé au futur, Stock 1979

Notes et références

Voir aussi

Sources . . . . , sur la participation de Pierre Billotte aux combats de .

Articles connexes Liste des députés de la Côte-d'Or Liste des députés de la Seine Liste des députés du Val-de-Marne

Liens externes

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