La Ruée vers l'or () est un film américain à long métrage de comédie dramatique réalisé par Charlie Chaplin et sorti en 1925.

Muet et en format 1,19:1 lors de sa sortie initiale, le film fait l'objet en 1942 d'une reprise par Chaplin lui-même dans une version plus courte et sonorisée monophonique (musique et commentaires parlés), puis en 2025 d'une nouvelle réédition en 4K et 1,37:1.

Synopsis Pendant la ruée vers l'or dans le Klondike au Canada en 1896, une file de chercheurs d'or s'étire au creux des montagnes enneigées.

Pris dans une tempête de neige, un pauvre prospecteur solitaire (« Charlot ») trouve refuge dans la cabane isolée de Black Larsen, un dangereux repris de justice (ce que le vagabond ignore alors) qui refuse de le secourir. Entre alors Big Jim McKay, autre prospecteur à la recherche d'un abri, qui domine Larsen et obtient que tous trois puissent rester sur place. Plus le temps passe, plus la faim les tenaille. Black Larsen perd un tirage au sort proposé par Big Jim et doit partir à la recherche de secours ou de vivres. Il tue deux policiers à sa recherche puis tombe sur le filon prospère de Big Jim qu'il commence à piller.

Du côté de ce dernier et de son compagnon, la faim est telle qu'ils en viennent jusqu'à tenter de manger le cuir de leurs chaussures. Puis Big Jim commence à perdre la raison et, pris d'hallucinations, prend son infortuné compagnon de cabane pour un poulet géant de taille humaine, qu'il essaie alors de tuer. L'arrivée d'un ours vient mettre fin à l'horrible situation : le vagabond tue l'ours et les deux hommes peuvent enfin être rassasiés. Une fois la tempête passée, les deux hommes se quittent avec regret. Le prospecteur solitaire part vers la ville tandis que Big Jim retourne à sa mine. Il y retrouve Black Larsen et lui saute dessus lorsqu'il comprend la trahison de celui-ci. Larsen l'assomme et s'enfuit mais une crevasse s'ouvre sous ses pas et l'engloutit à jamais.

vignette|gauche|upright=1|Extrait de la scène dite de « la danse des petits pains ». À la ville, le modeste prospecteur cherche des petits boulots pour survivre. Un soir, il tombe sous le charme de Georgia, une danseuse du saloon. Elle feint de répondre à ses avances pour faire enrager Jack, un homme à femmes qui souhaite l'ajouter à son tableau de chasse alors qu'elle lui résiste.

Plus tard, le prospecteur solitaire trouve asile chez un ingénieur des mines, qui lui laisse sa cabane lorsqu'il part en déplacement. Georgia retrouve par hasard le vagabond et feint d'accepter une invitation à dîner dans la cabane pour le nouvel an ; en fait elle et ses amies se moquent de sa misère et de sa naïveté. Le pauvre homme se démène pour tout préparer, mais le soir venu, Georgia et ses amies ne viennent pas et il s'endort en les attendant, rêvant de ce dîner, où il fait danser ses petits pains pour amuser ces dames et où Georgia l'embrasse ; il se réveille et sort, dépité par la déception. Georgia, qui fait la fête au saloon, se rappelle soudainement de sa promesse et proposé aux autres danseuses ainsi qu'à Jack d'aller à la cabane. Voyant les décorations, la table dressée et les cadeaux, elle comprend à quel point le vagabond avait espéré les voir et elle a des remords. Elle rejette Jack qui l'embrasse de force. Plus tard, elle écrit un mot à son hôte lui exprimant excuse et promesse.

De son côté, Big Jim, qui a survécu mais perdu la mémoire au cours de la bagarre avec Larsen, a besoin de retrouver le prospecteur solitaire pour retrouver l'emplacement exact de la cabane isolée afin de retrouver également son filon d'or qu'il avait auparavant découvert à proximité. Il le retrouve enfin ce soir de Saint-Sylvestre, alors que le vagabond tente de retrouver Georgia dans le saloon. Jim lui saute dessus et l'entraîne en lui promettant une fortune s'il l'aide ; le prospecteur solitaire demande alors à Georgia, dont il accepte toutes les excuses, de l'attendre.

Après quelques péripéties, les deux compagnons retrouvent d'abord la cabane isolée, et enfin la mine, après avoir échappé de peu à une catastrophe lorsque le vent a poussé la cabane au bord d'un précipice. Devenu l'associé de Big Jim et millionnaire comme ce dernier, le héros, à l'occasion d'un reportage, revêt ses anciens habits de pauvre prospecteur sur le paquebot le ramenant vers le sud avec Jim. En raison d'un quiproquo, il est pris pour un passager clandestin au moment où il tombe par hasard sur Georgia, elle aussi en route vers le sud. Elle tente alors de le secourir auprès du personnel de bord en proposant de payer son billet. La confusion dissipée, le prospecteur lui propose de continuer le voyage ensemble.

Fiche technique

thumb|right|upright=1.3|La Ruée vers l'or (version muette). Titre original : Titre français : La Ruée vers l'or Réalisation, production et scénario : Charles Chaplin Assistants réalisation : Charles Reisner, Harry d'Abbadie d'Arrast et A. Edward Sutherland (tous les trois non crédités) Photographie : Rollie Totheroh Musique (version 1942) : Charles Chaplin, Gerard Carbonara et Max Terr Société de production : Charles Chaplin Productions. Société de distribution : United Artists Budget : (estimation) Format : Version de 1925 : noir et blanc - 1,19:1 - muet Version de 1942 : noir et blanc - 1,19:1 - son monophonique (musique et narration) Version de 2025 : réédition en 4K - 1,37:1 Dates de tournage : - Durée : 86 minutes (version initiale) / 72 minutes (version de 1942) Dates de sortie : États-Unis : . (au Grauman's Egyptian Theatre ; version muette) ; (version sonorisée) France :

Distribution

Charles Chaplin : le prospecteur solitaire (Charlot en VF) / le narrateur (version 1942 ; VF : Henri Virlogeux) Mack Swain : Big Jim McKay Tom Murray : Black Larsen Henry Bergman : Hank Curtis Malcolm Waite : Jack Cameron Georgia Hale : Georgia

Non crédités : un homme dans le dancing Albert Austin : un prospecteur Heinie Conklin : un prospecteur : une amie de Georgia Al Ernest Garcia : un prospecteur : une amie de Georgia Chris-Pin Martin : un homme dans la salle de danse Betty Morrissey : Betty L. J. O'Connor : un prospecteur Barbara Pierce : la manucure John Rand : un prospecteur Lillian Rosine : une danseuse Tiny Sandford : le barman Larry Steers : le premier officier du Tacoma "Daddy" Taylor : le vieux chercheur d'or Art Walker : un officier Tom Wood : un prospecteur

Distinctions

Oscars 1943 : nomination à l'Oscar de la meilleure musique de film Inscrit au National Film Registry en 1992

Autour du film Une version colorisée est sortie en 1970. Vingt-cinq ans plus tard, en 1950, l'une des petites-filles de Chaplin, qui venait de découvrir le film, n'arrivait pas à croire que son grand-père et Charlot fussent une seule et même personne. Elle fut émue aux larmes lorsqu'il débarrassa un coin de table et exécuta devant elle la Danse des petits pains. Cette Danse, reprise de l'opéra Oceàna, est restée l'une des scènes les plus célèbres de l'œuvre de Chaplin. Dans le film Chaplin de Richard Attenborough, Chaplin, interprété par Robert Downey Jr., la réexécute lorsqu'il dîne en face de son grand ennemi J. Edgar Hoover, patron du FBI. Cette scène est également reprise dans le film Benny & Joon. Il existe cependant une « danse des petits pains » antérieure à celle de La Ruée vers l'or : en 1917, dans Fatty chez lui (The Rough House) de Roscoe « Fatty » Arbuckle et Buster Keaton, le personnage de Mr. Rough exécute durant 10 secondes une « danse des petits pains »Extrait vidéo. Bien que Charlie Chaplin ait sans doute vu ce film, on peut penser que ce jeu de mime date de l'invention de la fourchette. En 1958, un jury de l'exposition universelle de Bruxelles déclara La Ruée vers l'or deuxième meilleur film de tous les temps, derrière Le Cuirassé Potemkine. Chaplin était perfectionniste et reprenait cent fois la même scène, la faisant évoluer jusqu'à satisfaction. Soixante-trois prises furent nécessaires pour finaliser la scène où Big Jim et lui mangent une chaussure... et à chaque fois les acteurs devaient avaler la semelle fabriquée en réglisse, ce qui leur causait de terribles problèmes de transit intestinal.

Box-office À sa sortie aux Etats-Unis, le film réalise 4 250 000 de dollars de recettes (). Cela se traduit par un profit d'un million de dollars pour United Artists et de 2 millions de dollars pour Chaplin lui-même.

Lors de sa reprise en salles en France en 1957, le film totalise , portant le cumul à depuis 1945..

Galeries Images extraites du film

Tournage du film

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Ruée vers l'or Ruée vers l'or du Klondike

Liens externes

Les coulisses de La Ruée vers l’or sur le site Charliechaplin.com La Danse des petits pains (extrait vidéo)

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