vignette|redresse=0.6|Pictogramme, signe conventionnel dans certaines langues pour représenter l'endroit d'une information.

L'information est un de la discipline des sciences de l'information et de la communication (SIC). Au sens étymologique, l'« information » est ce qui donne une forme à l'espritL'information définie par Émile Littré dans le Dictionnaire de la langue française. Elle se distingue de « l'instruction », ce qui lui confère une « structure ».. Elle vient du verbe latin « informare », qui signifie « donner forme à » ou « se former une idée de ».

L'information désigne à la fois le message à communiquer et les symboles utilisés pour l'écrire. Elle utilise un code de signes porteurs de sens tels qu'un alphabet de lettres, une base de chiffresHervé Poirier, Science et Vie, octobre 2005, ., des idéogrammes ou pictogrammes.

Hors contexte, elle représente le véhicule des données comme dans la théorie de l'information. Et hors support, elle représente un facteur d'organisation, qui permet à chaque chose d'être reliée aux autres par les informations échangées. On touche là à un sens fondamental, où une somme d'informations agrégées devient un sujet. Une information peut être codée par différents moyens comme des mots, des chiffres, des gestes, un programme informatique, des couleurs ou n'importe quels autres moyens de communication.

Historique

Le projet de fonder une « science de l'information et de la documentation » spécifique s'est affirmé sous l'impulsion d'acteurs comme Pierre Larousse (1817-1875), Melvil Dewey (1851-1931), Paul Otlet (1868-1944), Jean Meyriat (1921- 2010). Le point de départ en a été de dissocier l'information, construction sociale et intellectuelle, de l'ensemble des objets matériels qui, en circulant, la conditionnent sans la définir.

On doit aux spécialistes de cette science d'avoir posé que l'information ne circule pas (elle n'est pas un objet), mais qu'elle se redéfinit sans cesse (elle est une relation et une action). Ce projet est lié, dès la fin du , au développement d'une recherche à visée industrielle et au rêve d'un savoir planétaire. Mais plutôt que tout assimiler par l'idée d'un « système d'information » (idée plus récente dont le succès est dû à l'informatique), ces auteurs distinguent méthodiquement : le support, le document, l'information et le savoir. Effort de distinction qu'il est crucial de (re)découvrir aujourd'hui.

Définition Sens commun Le mot information est parfois utilisé pour théoriser des choses pratiques relevant en réalité de la perception : un individu a faim parce que son estomac l'a informé de son besoin. La chaleur d'une flamme l'informe du risque de brûlure. Il est informé de la visite prochaine d'un ami. L'information peut être parlée ou écrite et consiste à « savoir ce qui se passe », qu'il s'agisse de l'état du monde ou dans la vie d'un interlocuteur, ce qu'on n'a ni vu ni entendu directement.

Pendant des siècles, la rareté de l'information et la difficulté de sa transmission étaient telles , explique le chercheur Dominique WoltonDominique Wolton, « Information et communication : dix chantiers scientifiques, culturels et politiques », Laboratoire communication et politique du CNRS, Paris..

Inversement, dans un message reliant deux êtres humains, l'information du message n'est qu'une toute petite partie de la communication (manque le contexte, le langage corporel…), d'où la fréquence des malentendus Irène Lautier, « Expression - Communication », faculté des Sciences du sport de l'Université Lille II., selon Irène Lautier, directrice de la Faculté des Sciences du sport de l'Université Lille II.

Selon Dominique Wolton, le mot information est , puis et du , avant d'être repris dans l'informatique, pour parler de Avec son prolongement, la création du poste de DSI, voulant dire « Directeur des systèmes d'information » d'une société. d'une entreprise. Le développement d'Internet a multiplié les communications sous forme de blogs et de courrier électronique, riches en commentaires, où la part d'information est dès le départ modeste et plus faible (moins concentrée) que dans les « systèmes d'information » des entreprises.

Sens pratique

Une définition pratique et efficace (dans le domaine des systèmes d’information par exemple) est de définir l'information comme étant une « connaissance pouvant avoir un effet » (dérivé du modèle de Shannon et Weaver cas 3 : les problèmes « influents »).

Cette connaissance doit être portée par un support et mise en présence d'une entité (un être humain ou un dispositif) et que cette entité fasse quelque chose à partir de cette information.

On a donc : connaissance, support, communication, entité, action. On sait travailler sur les aspects support et communication depuis Shannon, l'identification de la connaissance peut-être caractérisée par le couple (entité, action).

Exemple du bulletin météo : l'information « bulletin météo » sur la côte normande devra d'abord être créée (par Météo France par exemple) ensuite communiquée à un média (la radio…) qui va diffuser ce bulletin à un moment donné de la journée. Ce bulletin sera diffusé au hasard de la zone de réception de cette radio, on comprend bien que l'audition de ce bulletin entraînera une action, action qui sera différente suivant que l'auditeur habite la Normandie ou la Provence, qu'il est citadin ou agriculteur…

Une information n'existe en pratique que par l'action qu'elle va susciter. Cette vision de l'information se rapproche de la théorie de la décision.

Opposition avec la communication Les progrès technologiques ont permis à la communication d'informer encore plus de personnes, par la rotative et le chemin de fer au , puis les ondes hertziennes, le satellite et Internet. L'imprimerie et le train réduisant à une nuit la durée séparant la production et la consommation de l'information, la presse écrite diffuse des contenus informatifs beaucoup plus importants : quotidiens de puis , profitant de coûts moins élevés. La croissance économique, la colonisation puis la décolonisation, le développement boursier, génèrent une demande accrue d'information, essentiellement quantitative.

L'audiovisuel et Internet ont encore abaissé les coûts de diffusion, mais pour des contenus informatifs plus restreints : le nombre de mots d'un journal télévisé est celui d'une page seulement de journal écrit (cependant il véhicule des informations visuelles et sonores), et Twitter se limite à des messages de . L'information et la communication, sœurs solidaires, sont devenues des sœurs ennemies, luttant pour s'approprier un espace de contenu restreint, surtout quand les médias touchent un public très large.

L'opposition information / communication s'est installée dans tous les domaines. Anne Guimard, chercheuse titulaire d'un doctorat en finance internationale, a ainsi établi en 1998 que , réflexion qui amène à une position plus prudente sur la notion historique d'information financière, forcément imparfaite, pour parler de Rahma Chekkar Pierre Labardin, « De l'information comptable à la connaissance financière, des années 1670 à nos jours », de l’association Française de Comptabilité à Lille en 2005.. Par sa subjectivité, la communication financière ne pourrait donc jouer un rôle qu'au niveau de la circulation de connaissances, et non au moment de la circulation d'informations, concept jugé plus exigeant. Cette évolution est significative d'une demande accrue d'information, au plan cette fois plus qualitatif. Elle inclut un souci d'objectivité qui inspire le titre d'une revue financière, Le Pour et le Contre, emblématique de l'histoire de la presse économique et financière.

Le journalisme ne s'est que très progressivement adapté à ces nouvelles données. Au milieu des années 1990 émerge d'abord le paradigme de « journalisme de communication », promu en 1996 par les universitaires québécois Jean Charon et Jean de BonvilleJean Charon et Jean de Bonville, Le paradigme du journalisme de communication : essai de définition, 1996.. Fournisseur de médias et Érik Neveu, « Sociologie du journalisme », ., il adopte les mimiques du « journalisme citoyen », sur le plan de l'hyper-subjectivité, non seulement assumée mais affichéeSerge Proulx, Florence Millerand et Julien Rueff, « Web Social: Mutation de la Communication », ., quitte à se confondre avec les commentaires laissés par les internautes sous les articles ou sur les blogs.

D'autres estiment que cette accumulation de commentaires, mais surtout de communications qui viennent parfois « souiller » la qualité de l'informationNicolas Kaciaf et Jean-Baptiste Legavre, « Communication interne et changement », . ouvre au contraire au journalisme un boulevard, pour assumer son rôle très particulier de sélection et de validation des données, afin d'en faire des informations. En recoupant et questionnant les sources officielles d'information, en recourant au besoin à la protection des sources d'information des journalistes, il devient capable de transformer de la pure communication en information et devenir ainsi le centre producteur de l'information. La déontologie demande en particulier aux médias de . La liberté d'accès aux documents administratifs et informations classifiées, prévue aux États-Unis par le Freedom of Information Act, est renforcée lorsqu'une source interne peut orienter le journaliste, en étant protégée par l'anonymat. Ce sont alors des pans entiers de données publiques qui sont susceptibles de se transformer en informations utiles, susceptibles de valoriser, par la comparaison, d'autres stocks d'information plus accessibles, voire de favoriser le travail des chercheurs dans les pays où la liberté d'accès aux documents administratifs n'existe guère.

Perception

On qualifie d'information toute donnée pertinente que le système nerveux central est capable d'interpréter pour se construire une représentation du monde et pour interagir correctement avec lui. L'information, dans ce sens, est basée sur des stimuli sensoriels véhiculés par les nerfs, qui aboutissent à différentes formes de perception.

Administration publique

Dans le contexte de l’administration publique, on considère comme « information » toute donnée pertinente dont la collecte, le traitement, l’interprétation et l’utilisation concourent à la réalisation d’une mission gouvernementale, régionale, et départementale. Certaines de ces données sont des données publiques, c'est notamment le cas de la plupart des données environnementales en Europe dans le cadre de la Convention d'Aarhus.

La transposition en droit français de la directive de l'Union européenne concernant la réutilisation des informations du secteur public a précisé que les informations publiques Ordonnance du 6 juin 2005 relative à la liberté d'accès aux documents administratifs et à la réutilisation des informations publiques..

Les informations d'autorité sont appelées à être gérées dans des registres de métadonnées. Les autorités publiques sont responsables du processus d'attribution de certificats électroniques, utilisant les critères communs. Dans l'Union européenne, la directive INSPIRE demande que l'on gère les informations géographiques à des fins d'utilisation publique (gouvernements, collectivités locales…). En France, le référentiel général d'interopérabilité d'ADELE doit gérer à terme des métadonnées.

Théorie de l'information

Selon la théorie de l'information, des données contiennent de l'information quand celles-ci ne sont que peu compressibles et qu'elles sont complexes. En effet, l'information contenue dans un message composé d'une seule lettre se répétant un grand nombre de fois tel que « AAAAAAAAA… » est quasiment nulle (on parle alors de faible néguentropie).