vignette|Affiche publicitaire vantant les mérites du Titanic. Le naufrage du Titanic a été une importante source d'inspiration pour le cinéma et la télévision. L'histoire de ce paquebot transatlantique ayant heurté un iceberg lors de sa traversée inaugurale et ayant fait naufrage dans l'Atlantique Nord a en effet entraîné la réalisation de plus de dix films, non seulement aux États-Unis et au Royaume-Uni, mais également en Allemagne et en Italie.
Les premiers films sur le sujet sont sortis peu après les événements. L'année 1912 voit ainsi sortir deux films consacrés au naufrage à trois mois d'intervalle. Le premier, Saved from the Titanic, met en scène l'actrice Dorothy Gibson, qui fut passagère en sur le navire et survécut au naufrage. Un autre film italien, dont rien ne subsiste aujourd'hui, suit en 1915. La Première Guerre mondiale éclipse cependant le sujet qui revient à l'honneur en 1929 avec le film Atlantic, qui présente pour particularité d'être tourné dans deux versions, l'une avec des acteurs anglais, l'autre avec des acteurs allemands. Il s'agit en effet de la première version cinématographique parlante du naufrage.
Les années 1940 et 1950 voient également la réalisation de trois des films les plus marquants sur le sujet. En 1943 sort le trouble Titanic, véritable œuvre de propagande nazie voulue par Joseph Goebbels. Suit dix ans plus tard le Titanic de Jean Negulesco, superproduction hollywoodienne mettant notamment en scène Barbara Stanwyck. Enfin, en 1958 sort le film Atlantique, latitude 41°, adapté de l'ouvrage La Nuit du Titanic de l'historien Walter Lord, qui reste une référence sur le plan historique. Il faut ensuite attendre 1979 pour voir à nouveau le Titanic sur les écrans, avec S.O.S. Titanic, un téléfilm américain à l'impact minime. L'année 1980 voit la sortie de La Guerre des abîmes (aussi appelé Renflouez le Titanic), adaptation d'un roman de science-fiction de Clive Cussler. Il s'agit d'un cuisant échec commercial et critique.
L'année 1996 voit la multiplication des films sur le sujet : deux téléfilms sont produits. Un si grand amour, adapté d'un roman de Danielle Steel, relate les déboires d'une jeune femme ayant perdu ses parents et son fiancé dans le naufrage. Le Titanic, de Robert Lieberman, met quant à lui en scène le naufrage du navire et est interprété par Peter Gallagher et Catherine Zeta-Jones. Tous deux sont cependant rapidement éclipsés par le film Titanic de James Cameron qui réalise un très fort nombre d'entrées et remporte de nombreuses récompenses. Cependant, aucun film véritablement consacré au Titanic ne succède au film de James Cameron. Ce dernier réalise également en 2003 un documentaire sorti au cinéma et consacré à l'épave : Les Fantômes du Titanic.
Outre les films qui lui sont consacrés, le Titanic apparaît également de façon plus ou moins évidente dans de nombreux films et séries télévisées.
Films consacrés au Titanic Les pionniers
Lorsque le Titanic fait naufrage le , le cinéma est en pleine époque du muet et du noir et blanc. La nouvelle du drame, ainsi que les rares images filmées du navire (et souvent de son jumeau, l'Olympic) font rapidement le tour des cinémas. Mais l'idée d'une fiction sur cet événement apparaît également très rapidement. Au nombre des rescapés figure en effet la star du cinéma muet Dorothy Gibson. Son fiancé de l'époque lui suggère de tourner un film racontant son histoire, ce qu'elle finit par accepter. C'est ainsi que sort à la mi- le film Saved from the Titanic, dans lequel elle joue son propre rôle, tout en portant la même robe que la nuit du naufrage Saved From the Titanic, Titanic in film and television. Consulté le 12 février 2010. Le film disparaît cependant trois ans plus tard dans l'incendie des studios où il était conservé Trivia for « Saved from the Titanic » (1912), IMDb. Consulté le 12 février 2010.
On a longtemps pensé que le film suivant avait subi le même sort. Il s'agit du film allemand de Mime Misu In Nacht und Eis sorti en 1912. Ce film de 40 minutes raconte de façon romancée le naufrage. Le Titanic coule ici dans un fracas d'explosions de chaudières, mais la seule victime est le capitaine In Nacht und Eis, Titanic in film and Television. Consulté le 12 février 2010. Il est considéré comme perdu jusqu'à ce qu'un collectionneur berlinois le découvre en 1998. Il peut désormais être visionné sur le site Encyclopedia Titanica In Nacht und Eis, Encyclopedia Titanica. Consulté le 12 février 2010.
En France, Louis Feuillade reprend aussi cette actualité avec son film La Hantise sorti en . Une scène montre le naufrage du Titanic, qui est visiblement une maquette.
Un autre film sort en 1915. Sobrement intitulé Titanic, il est réalisé par l'italien Pier Angelo MazzolottiLes acteurs sont Mario Bonnard, Giovanni Casaleggio, Pierino Chiesa, Elide De Sevres, Luigi Duse, Felice Metellio, F. Mottini.. Aucune trace n'en demeure de nos jours Titanic (1915), IMDb. Consulté le 12 février 2010.
Le premier film parlant sur le drame, Atlantic, sort en 1929. Réalisé par Ewald André Dupont et Jean Kemm, il présente une particularité étonnante. Deux versions ont en effet été tournées avec des distributions différentes, pour que le film soit disponible en anglais et en allemand. Alfred Hitchcock y apparait comme figurant. Bien que le navire représenté ne soit pas le Titanic mais un fictif Atlantic, l'allusion est suffisamment claire pour que la White Star Line, propriétaire du paquebot, ne tente d'empêcher sa sortie. Le film pourrait en effet, selon elle, porter atteintes aux compagnies maritimes britanniques, d'autant que les cinémas allemands utilisent le film comme argument insistant à l'utilisation de paquebots allemands. N'ayant obtenu gain de cause, la compagnie réussit cependant à faire diffuser un avertissement déclarant que les conditions de sécurité ont été améliorées sur les navires de l'époque, et qu'un tel naufrage n'est plus possible.
En 1938, David O. Selznick projette de faire une adaptation de la tragédie du Titanic. Il demande à Alfred Hitchcock de venir en Californie pour la réaliser.. Hitchcock accepte l'offre de Selznick, mais préfère commencer par le tournage de Rebecca. L'idée du Titanic ne l'enthousiasmait pas, et le projet ne verra pas le jour.
Les années 1940 - 1950
Les décennies 1940 et 1950 voient fleurir les films sur le Titanic. Le premier vient dans le contexte troublé de la Seconde Guerre mondiale. Il s'agit d'une monumentale œuvre de propagande nazie intitulée Titanic. Voulu par Joseph Goebbels, le film est tout d'abord réalisé par Herbert Selpin jusqu'à son emprisonnement suivi de son suicide. Werner Klingler prend ensuite le relais. L'œuvre, qui dénonce l'avidité des Britanniques comparée à l'intégrité et au courage des Allemands, est cependant considérée comme inadaptée au contexte politique et militaire de sa sortie, en 1943. Interdit en Allemagne, il est cependant diffusé à Paris, Florence et Stockholm. Diffusé en Allemagne de l'Ouest en 1949, il y disparaît rapidement des écrans à la suite des protestations des Britanniques. Le film est cependant diffusé en République démocratique allemande et en URSS, où son message anticapitaliste et anglophobe lui permet de recevoir une forte audience.
En 1953 sort le film Titanic de Jean Negulesco. Production audacieuse symbolique de l'âge d'or hollywoodien, il met en scène de prestigieux acteurs, notamment Barbara Stanwyck. Les effets spéciaux sont également au rendez-vous avec l'utilisation d'une maquette de plus de huit mètres pour filmer le navire. En revanche, le film est très éloigné des événements du point de vue historique.
Cinq ans plus tard sort ce qui est généralement considéré comme le meilleur film sur le sujet, du moins du point de vue historique. Réalisé par le britannique Roy Ward Baker, Atlantique, latitude 41° est une adaptation de l'ouvrage à succès La Nuit du Titanic de l'historien Walter Lord, publié en 1955. Le film est écrit avec l'aide de plusieurs rescapés dont le quatrième officier Joseph Boxhall. Contrairement à la plupart des films du genre, celui-ci ne se centre pas sur un petit noyau de personnages, mais préfère suivre des personnages fictifs types (une famille de passagers de première classe, un couple d'immigrants) et certains acteurs importants de la tragédie. Le rôle principal, celui du deuxième officier Charles Lightoller est tenu par Kenneth More. David McCallum interprète quant à lui l'opérateur radio Harold Bride. Bien que très rigoureux sur le plan historique, le film n'en présente pas moins des erreurs dont la plus remarquée est le naufrage du navire d'un seul tenant. Cette erreur se fonde cependant sur les témoignages de nombreux passagers survivants qui n'ont pas vu le navire se briser en deux.
Les années 1980
Après le film de Baker, le Titanic quitte les écrans pour vingt ans, avant de réapparaître dans le téléfilm S.O.S. Titanic. Celui-ci n'a cependant pas l'ampleur de ses prédécesseurs et reste dans l'ombre. Il met en scène les acteurs David Janssen dans le rôle du colonel John Jacob Astor et David Warner dans celui de l'historien Lawrence Beesley, dont les écrits ont fortement inspiré le film. Warner apparaît par ailleurs dans un autre film consacré à la catastrophe, le Titanic de James Cameron.
À l'époque, cependant, le navire attire surtout l'attention pour son épave, de plus en plus recherchée. Si les projets les plus fous avaient été développés auparavant pour tenter de la retrouver, cet engouement atteint son apogée à la fin des années 1970 avec les expéditions (infructueuses) du milliardaire texan Jack Grimm. Ceci inspire au plongeur et romancier Clive Cussler un roman, La Guerre des abîmes, qui est adapté au cinéma sous le même titre (parfois renommé Renflouez le Titanic !). Cette œuvre de science fiction met en scène une course contre la montre pour récupérer un métal précieux contenu dans l'épave, qui aboutit à la remontée de l'épave. Si le film use de trucages audacieux pour filmer la sortie des eaux du navire, et a de fait un budget important, il s'agit d'un gigantesque échec critique et commercial. Le film se voit même affublé du titre de pire film de tous les temps, et certains n'hésitent pas à dire qu'il aurait été moins coûteux de vider l'Atlantique que de le tourner.
1996 - 1997 : le retour en force
La découverte de l'épave du Titanic en 1985 entraîne une forte vague d'intérêt pour le navire, et la production d'émissions de télévision, la rédaction de livres et des adhésions en masse à des associations consacrées au sujet telles que la Titanic Historical Society (THS). Cependant, aucun film ne voit le jour durant cette période. Il faut attendre 1996 pour que le navire s'impose à nouveau comme matière à adaptation cinématographique. Cette même année sortent deux téléfilms américains. Le premier est Un si grand amour (No Greater Love) de Richard T. Heffron, adapté du roman éponyme de Danielle Steel. Il met en scène la vie d'une jeune femme qui a perdu ses parents et son fiancé dans le naufrage, mais manque lui aussi d'authenticité historique.
Le second est plus audacieux. Il s'agit de la mini-série de Robert Lieberman Le Titanic avec Peter Gallagher, Eva Marie Saint, Catherine Zeta-Jones et Tim Curry. Il s'agit d'une reconstitution de l'histoire du paquebot divisée en deux parties d'une heure vingt chacune. Si l'histoire suit des personnages fictifs, la trame de fond relate certaines anecdotes réelles, comme l'histoire de la famille AllisonHudson, Bess et leur fille Lorraine Allison sont morts dans le naufrage en ayant tenté en vain de retrouver leur bébé Trevor, que leur nourrice Alice Cleaver avait emmené dans un canot avec elle. Lorraine est de fait la seule enfant de première et deuxième classe à avoir péri dans le naufrage.