Jules Verne, né le à Nantes et mort le à Amiens, est un écrivain français dont l'œuvre est, pour la plus grande partie, constituée de romans d'aventures évoquant les progrès scientifiques du .

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Bien qu'il ait d'abord écrit des pièces de théâtre, Verne ne rencontre le succès qu'en 1863 lorsque paraît, chez l'éditeur Pierre-Jules Hetzel, son premier roman, Cinq Semaines en ballon. Celui-ci connaît un très grand succès, y compris à l'étranger. À partir des Aventures du capitaine Hatteras, ses romans entreront dans le cadre des Voyages extraordinaires, qui comptent et , parfois publiés en feuilleton dans le Magasin d'éducation et de récréation, revue destinée à la jeunesse, ou dans des périodiques destinés aux adultes comme Le Temps ou le Journal des débats.

Les romans de Jules Verne, toujours très documentés, se déroulent généralement au cours de la seconde moitié du . Ils prennent en compte les technologies de l'époque mais aussi d'autres non encore maîtrisées ou plus fantaisistes

Outre ses romans, on lui doit de nombreuses pièces de théâtre, des nouvelles, des récits autobiographiques, des poésies, des chansons et des études scientifiques, artistiques et littéraires. Son œuvre a connu de multiples adaptations cinématographiques et télévisuelles depuis l'origine du cinéma ainsi qu'en bande dessinée, au théâtre, à l'opéra, en musique ou en jeu vidéo.

L'œuvre de Jules Verne est universelle ; selon l’Index Translationum, avec un total de , il vient au deuxième rang des auteurs les plus traduits en langues étrangères après Agatha Christie et devant William Shakespeare.. Il est ainsi, en 2011, l'auteur de langue française le plus traduit dans le monde.. L'année 2005 en France a été déclarée « année Jules Verne », à l'occasion du centenaire de la mort de l'écrivain.

Biographie Jeunesse vignette|Plaque apposée sur la maison natale de Jules Verne cours Olivier de Clisson à Nantes.

Jules Gabriel Verne, décrit avec précision l'arbre généalogique des Verne en s'appuyant sur les registres d'état civil. naît au 4 de la rue Olivier-de-Clisson, à l'angle de la rue Kervégan sur l'île Feydeau à Nantes, au domicile de sa grand-mère maternelle, Sophie Marie Adélaïde-Julienne Allotte de La Fuÿe (née Guillochet de La Perrière).Une plaque commémorative a été apposée sur la façade de l'immeuble.. Il est le fils de Pierre Verne, avoué., originaire de Provins, et de Sophie Allotte de La Fuÿe, issue d'une famille nantaise de navigateurs et d'armateurs, d'ascendance écossaise, fille de Roger Allotte de la Fuÿe, a pu remonter jusqu'en 1462, année où « N. Allot, Écossais, venu en France avec la Garde écossaise de , rendit service au roi, qui l'anoblit, et lui donna « le droit de Fuye », c'est-à-dire celui d'avoir un colombier, ce qui était un privilège royal. L'archer écossais se fixa près de Loudun, construisit un château et devint Allotte, seigneur de la Fuÿe ». Cf. .. Jules est l'aîné d'une fratrie de cinq enfants, comprenant son frère Paul (1829-1897), qui sera marin, mais aussi écrivain, et trois sœurs, Anne dite Anna (épouse du Crest de Villeneuve), née en 1836, Mathilde (épouse Fleury), née en 1839, et Marie (épouse Guillon, mère de Claude Guillon-Verne), née en 1842. En 1829, les Verne s'installent au quai Jean-Bart (à une centaine de mètres du lieu de naissance de leur fils aîné), où naissent Paul, Anna et Mathilde. En 1840, la famille connaît un nouveau déménagement dans un immeuble imposant au 6, rue Jean-Jacques-Rousseau, proche du port, où naît MarieMarie Verne était surnommée « le chou » et avait pour parrain son frère aîné selon ..

En 1834, à l'âge de six ans, il est mis en pension dans une institution tenue par , veuve putativeLe fait n'est pas attesté et repose sur les dires d'une des premières biographies sur Jules Verne, écrite par une de ses petites-nièces par alliance, Marguerite Allotte de La Fuÿe (Kra, 1928), et dont les développements légendaires ont très souvent été repris par la suite bien que les recherches scientifiques les aient depuis infirmés (cf. , et ). d'un capitaine de cap-hornier..

Il entre avec son frère au collège Saint-Stanislas, un établissement religieux conforme à l'esprit très catholique de son père (d'une façon générale, le lycée Royal n'a pas bonne réputation dans la bourgeoisie nantaise), en . On y trouve quelques traces de ses premiers succès scolaires, dont voici le palmarès : en septième : de mémoire, de géographie ; en sixième : de thème grec, de version grecque, de géographie ; en cinquième : de version latine.

De plus, plusieurs accessits de musique vocale montrent son goût pour cette matière, goût qu'il conservera toute sa vieJules Verne jouait fort bien du piano. Voir ..

De 1840 à 1843, Jules Verne est pensionnaire au petit séminaire de Saint-Donatien à Nantes (bâtiments occupés par l'actuel lycée général et technologique Eugène Livet)Dans ce séminaire, on accepte deux catégories d'élèves : les ecclésiastiques et les laïcs. Ces derniers paient le double de la somme demandée aux autres. Jules et son frère sont naturellement dans la catégorie des « laïcs ». Voir ., où il accomplit la quatrième, la troisième et la seconde. Son frère le suit, en pension comme lui. Dans son roman inachevé Un prêtre en 1839., Jules Verne décrit ce petit séminaire de façon peu élogieuse..

Pierre Verne achète à Chantenay, en 1838, une villa pour les vacances, toujours existante au 29 bis, rue des Réformes, face à l'église Saint-Martin de Chantenay (le musée Jules-Verne, situé également à Chantenay, est installé dans un bâtiment sans relation à la famille Verne). Toute la famille aime se retrouver dans cette maison de campagne.

Les vacances de Jules Verne se passent également à Brains (à au sud-ouest de Nantes), dans la propriété que son grand-oncle Prudent Allotte de la Fuÿe a achetée en 1827/1828 au lieu-dit « La Guerche ». Prudent Allotte de la Fuÿe est un ancien armateur, , qui a beaucoup voyagé avant de revenir s'installer au pays natal. Il est maire de Brains de 1828 à 1837. Le jeune garçon aime à faire de longues parties de jeu de l'oie avec le vieux bourlingueurVerne s'en souviendra plus tard lorsqu'il écrira Le Testament d'un excentrique. Il nomme également « Uncle Prudent » un des personnages de Robur-le-Conquérant (cf. )..

vignette|left|Lycée Royal de Nantes (actuellement lycée Georges-Clemenceau) où Jules Verne étudia.

Une légende veut qu'en 1839, à l'âge de onze ans, le petit Jules ait tenté de s'embarquer sur un long-courrier en partance pour les Indes, en qualité de mousseLégende inventée par Marguerite Allotte de la Füye dans sa biographie . Son père l'aurait récupéré in extremis à Paimbœuf. Jules Verne aurait avoué avoir voulu partir pour rapporter un collier de corail à sa cousine, Caroline Tronson, dont il était amoureux. Rudement tancé par son père, il aurait promis de ne plus voyager qu'en rêve. Ce n'est qu'une légende enjolivée par l'imagination familialeCette légende a persisté dans la réédition de l'ouvrage de Marguerite Allotte de la Füye en 1953. La biographe se fonde pour la crédibilité de l'événement sur des faits et des personnes réels, notamment un certain Jean-Marie Cabidoulin qui tenait le cabaret L'Homme-qui-porte-trois-malices, et le navire La Coralie qui appartenait effectivement à l'armateur Le Cour Grand-Maison. cf. , Hachette, 1953, . Charles-Noël Martin, qui, en 1971, se basant sur Marguerite Allotte de la Füye, dans son ouvrage Jules Verne, sa vie et son œuvre (éd. Rencontre), avait repris la fugue, démontre en 1978 la supercherie dans son ouvrage , notamment ses déformations des lettres de Jules Verne à sa famille, ses citations mensongères et ses interprétations fallacieuses. Il revient avec plus de détails sur le sujet, en 1981, dans son article . Voir aussi : où le chercheur nuance les travaux de Martin et Dumas, en démontrant les faits réels sur lesquels s'est appuyée Allotte de la Füye pour écrire sa biographie, notamment la reprise par celle-ci d'une monographie de 1909 éditée au Crotoy par Paul Eudel, un ami de Jules Verne, relatant la fugue qu'Eudel donne comme un témoignage indirect de la part de Jules Verne. Eudel nomme alors le navire Octavie. Raymond Ducrest de Villeneuve, autre membre de la famille de Jules Verne, qui écrit en 1929-1930 ses Mémoires dans l'objectif de corriger les erreurs de sa cousine par alliance Marguerite, ne contredit pas l'histoire de la fugue mais il dit : . Les Souvenirs personnels de Raymond Ducrest de Villeneuve ont été publiés en mars 2021 aux éditions Paganel. car, dans ses Souvenirs d'enfance et de jeunesse, il raconte qu'il est monté à bord d'un voilier, l'a exploré, a tourné le gouvernail, ce en l'absence d'un gardien, ce qui lui vaut la réprobation du capitaine.

De 1844 à 1846, Jules et Paul étudient au lycée Royal de Nantes (actuellement lycée Clemenceau). Jules Verne fréquente en compagnie de ses camarades le Cercle des externes du collège Royal, qui se tient dans la librairie du Père Bodin, place du Pilori. L'information venant de Marguerite Allotte de La Fuÿe () peut être sujette à caution.. Après avoir terminé les classes de rhétorique et philosophie, il passe les épreuves du baccalauréat à Rennes et reçoit la mention « assez bien », le . Note : Dans l'ordre universitaire, Nantes dépend alors de l'Académie de Rennes..

En 1847, il est envoyé à Paris par son père, prioritairement pour suivre ses études, mais aussi peut-être parce qu'on voulait ainsi l'éloigner de Nantes. En effet, Caroline Tronson (1826-1902), sa cousine dont il est épris, doit se marier le de la même année avec Émile Dezaunay, un homme de quarante ans originaire de Besançon. Jules Verne en conçoit une amertume profonde au point d'écrire à sa mère, six ans plus tard, lorsque cette dernière lui demande de les accueillir à Paris : . Caroline Tronson, après son mariage avec Dezaunay, aura cinq enfantsCharles-Noël Martin, « Les amours de jeunesse de Jules Verne », dans Bulletin de la Société Jules-Verne, (1973), ..

thumb|Portrait de Jules Verne à