La grande synagogue de Lyon est un édifice cultuel juif situé à Lyon dans la métropole de Lyon, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Cette synagogue est édifiée au bords de la Saône par l’architecte Abraham Hirsch.

Présentation Situé au 13, quai Tilsitt dans le de Lyon, l'édifice est construit de 1863 à 1864 dans un style néo-byzantin par le jeune architecte juif Abraham Hirsch. Il est inscrit à l'inventaire des monuments historiques depuis 1984.

Historique La construction Au début du , les juifs de Lyon sont peu nombreux et leur communauté est initialement rattachée au consistoire de Marseille. Devant l'accroissement de la population juive, un rabbinat communal est constitué le . Un premier lieu de prière, situé dans une salle louée rue Écorche-Bœuf (actuellement dénommée rue Port-du-Temple), sera remplacé à l'expiration de son bail, par un appartement rue Bellecordière, puis le est inauguré un temple rue du Peyrat (aujourd'hui rue Antoine-de-Saint-Exupéry).

Le , l'empereur Napoléon III, par décret, crée un consistoire régional regroupant les communautés des départements du Rhône, de la Loire, de l'Isère, de l'Ain, du Jura, de Saône-et-Loire et du Doubs. Le , le premier grand-rabbin régional prend ses fonctions et le de la même année, le consistoire adopte ses statuts.

Le , un nouveau temple ouvre place Bellecour dans une salle louée, mais la communauté désire construire une synagogue qui puisse dignement la représenter. Le , le consistoire sollicite auprès du sénateur Claude-Marius Vaïsse, préfet de Lyon, un terrain afin d'y construire une synagogue. Le , la ville de Lyon propose à la communauté un terrain situé au Jardin des Plantes, montée des Carmélites dans le . La commission de construction, spécialement créée le pour gérer le projet de construction de la synagogue, émet un avis défavorable quant à l'emplacement proposé par la mairie et suggère le domaine des douanes situé quai Tilsitt qui lui est refusé.

thumb|150px|left|Plan d'architecte :à gauche, la façade sur cour ; à droite, la façade sur rue. Lithographie de Lebel d'après Abraham Hirsch. Le , Joseph Kuppenheim est élu président du consistoire. Il propose un lieu de culte provisoire, la salle des Monnaies. Le suivant, la municipalité offre un terrain situé quai Tilsitt, l'ancien grenier à sel, de de façade et d'une superficie de en échange du terrain du Jardin des Plantes, moyennant une soulte de . Au cours de la séance du 12 avril, le conseil municipal ratifie cette décision.

Les travaux sont confiés au jeune architecte juif Abraham Hirsch (1828-1913) qui devient plus tard l'architecte officiel de la ville de Lyon... Les travaux sont estimés à environ , et le , le consistoire émet des obligations pour obtenir cette somme.

Le , a lieu la pose de la première pierre, et l'inauguration officielle en présence des autorités civiles, militaires et des représentants des autres religions se déroule le .

La Seconde Guerre mondiale En 1941, la synagogue devient le siège local de l'Ugif, avant que cette dernière soit transférée à la montée des Carmélites..

La ville de Lyon reçoit un flux important de réfugiés juifs venant de toute la France. Le grand-rabbin de Lyon Bernard Schonberg est arrêté le puis déporté à Auschwitz. La synagogue est fermée durant deux mois pendant l'été 1944.

Le vendredi , alors que l'office du soir a commencé depuis vingt minutes, l'officiant entonne le cantique Lekha Dodi et, comme le veut la tradition se retourne ainsi que les fidèles en direction de la porte pour accueillir le chabbat. À ce moment-là, deux grenades sont lancées dans la synagogue par des individus réussissant à s'enfuir en voiture. Le fait qu'il n'y ait que huit blessés légers s'explique par la position des fidèles au moment de l'attentat. Les agresseurs ne seront jamais identifiés« Des Shabathoth qu'on n'oublie pas! » par Alain Kahn, sur judaisme-alsalor.fr.

Le , la milice française pénètre dans la synagogue et arrête toutes les personnes présentes. Le secrétaire du consistoire et le premier ministre officiant sont arrêtés, ainsi que le concierge, sa femme et la femme de ménage. Toutes les personnes arrêtées ce jour-là sont d'abord internées à la prison Montluc avant d'être transférées le au camp de Drancy, puis déportées à Auschwitz le suivant.

Dans son témoignage du , Eugène Weill mentionne que quand il se rendit à la synagogue le , jour de la libération de Lyon : la synagogue [se trouve] dans un état abominable, la salle du temple a servi de local de beuverie aux miliciens, les plaques commémoratives des soldats tués pendant la première guerre, ont servi de cibles, les rouleaux de la Torah également, il y a encore des douilles sur le sol, lustres, chaises et bancs ont été saccagés, les livres de prières éparpillésSac de la synagogue par Dorot association d'histoire.

À la Libération, le rabbin David Feuerwerker devient le grand-rabbin de Lyon et le demeure pendant deux ans. Il abolit l'usage de l'orgue dans la synagogue lors des offices du Chabbat et des jours de fêtes.

Travaux de restauration La grande synagogue, comme la basilique Notre-Dame de Fourvière, édifiée entre 1872 et 1884, a bénéficié de nombreuses avancées technologiques de la fin du , dont certaines encore mal maîtrisées à l'époque. Le bâtiment se dégrade rapidement et des infiltrations d'eau sous les voûtes et dans les nefs latérales menacent de desceller les pierres de l'édifice. Une première tranche de travaux, de mise en sécurité du bâtiment, est estimée à Article paru dans Lyon Capitale du 21 avril 2008. Pour cela, le consistoire, sous la présidence de Marcel Dreyfus, fait appel à la ville de Lyon, à la région et aux départements. Il compte aussi sur la générosité de ses donateurs et sur le produit de plusieurs ventes aux enchères.

La synagogue est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du .

Lors de la séance du , le conseil municipal attribue une subvention de , correspondant à 50 % des travaux de couverture-zinguerie et 50 % des travaux de réfection de la façade sur le quaiDélibération du conseil municipal du 14 janvier 2008.. Cette délibération est confirmée par celle du suivant approuvant la convention d’objectifs et de moyens et définissant les obligations respectives de la ville de Lyon et de l’Association cultuelle israélite ainsi que les modalités d’octroi de la subventionDélibération du conseil municipal du 23 juin 2008..

De nos jours Le consistoire lyonnais, situé dans les bâtiments annexes de la synagogue est la plus ancienne institution juive de Lyon. Elle coordonne les activités éducatives et culturelles des différentes synagogues de la région Rhône-Alpes-Centre. Elle est aussi responsable de nombreuses actions sociales d'aides aux personnes nécessiteuses et malades. On compte actuellement à Lyon, environ juifs et 35 synagogues ou oratoires, recouvrant toutes les tendances du judaïsme français.

Depuis 2015 le rabbin de la synagogue est Nissim Malka, et Gilles Kahn, le hazzan (chantre). thumb|150px|left|La façade du bâtiment sur la cour. thumb|150px|L'Arche sainte et la Bimah. thumb|150px|left|La galerie des femmes. thumb|150px|Vue générale de l'intérieur.

Architecture La synagogue se compose de deux bâtiments : l'un dont la façade donne sur le quai Tilsitt, d'une surface de ; et l'autre d'une surface de , en retrait, séparé du premier bâtiment par une petite cour de carrés de surface. Le bâtiment sur rue, dont rien ne révèle le caractère religieux, accueille les bureaux du consistoire, les bureaux du Grand-Rabbin et du rabbin, un petit oratoire pour les offices durant la semaine ainsi qu'une salle de conférence et des salles de cours pour le Talmud Torah. On accède au bâtiment sur cour, en passant par un porche situé en dessous du premier bâtiment, fermé par une grille en fer forgé.

Un petit vestibule, ouvert sur la cour par trois arches à arc plein cintre, permet d'accéder à la salle de prières par trois portes en bois. Cette grande pièce rectangulaire est divisée en trois parties : la nef centrale, de la hauteur du bâtiment ; et de chaque côté les collatéraux, moins hauts, séparés de la nef centrale par douze colonnes rappelant les douze tribus d'Israël. Chacune des colonnes est surmontée d'un chapiteau de style différent corinthien ou composite. De chaque côté, au-dessus des collatéraux et au-dessus du vestibule d'entrée, se trouve la galerie réservée aux femmes, avec balustrades à colonnettes en pierre.

Au centre de la nef centrale s'élève la coupole, peinte en bleu, elle est supportée par un tambour percé de seize fenêtres à arc en plein cintre, apportant une lumière naturelle à la salle. À l'extrémité de la nef centrale, vers l'est, se trouve une abside semi-circulaire où est située l'Arche sainte en bois sculpté, contenant les rouleaux de Torah. La porte de l'Arche est cachée par un paro'het (rideau) en velours vert brodé. L'abside est surmontée d'une petite coupole peinte aussi en bleu avec en son centre un vitrail. La Bimah en bois surmonté d'un dais en tissus porté par quatre piliers en bois, est située juste devant l'Arche.

Au-dessus de la porte d'entrée, au deuxième étage, l'orgue à buffet en bois apparait très endommagé et nécessite une profonde restauration. C'est l'ancien orgue de la basilique Saint-Martin d'Ainay, vendu en 1864 à la synagogue lors de sa construction ; ..

La synagogue comprend stalles en bois au rez-de-chaussée réservées pour les hommes et dans la galerie au premier étage pour les femmes.

Galerie

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Aimé Pallière Histoire des Juifs à Lyon Histoire de Lyon

Liens externes

Site du consistoire et de la synagogue Description de la synagogue par Brigitte Semmel; Los Muestros; la vois des Sépharades La Grande Synagogue de Lyon a 150 ans. France 3 Rhône-Alpes. YouTube.

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