LÉcole nationale des sous-officiers d'active (ENSOA), appelée communément ENSOA, est l'école de formation initiale des sous-officiers de l'Armée de terre française (hors Légion étrangère).

Située à Saint-Maixent-l'École, elle dépend du commandement de la formation de la direction des ressources humaines de l'Armée de terre (DRHAT).

Historique Saint-Maixent, ville d'écoles militaires En s'implantant au cœur de la cité de Saint-Maixent, l’École nationale des sous-officiers d'active perpétue une longue tradition qui lie la ville à l'armée depuis le Moyen Âge. De la garnison du château médiéval (1224) jusqu'à nos jours, cette ville a en effet accueilli de nombreuses écoles militaires, ainsi que le régiment des Deux-Sèvres : le d'infanterie.

L'image de l'ENSOA a longtemps été associée à celle du régiment d'infanterie, créé le par l'Empereur et positionné à Saint-Maixent à partir de 1878. Il a été de tous les combats des deux guerres mondiales. Dissous puis recréé à plusieurs reprises, il est finalement dédié au soutien de l'ENSOA avant de définitivement fermer ses portes en 1994. Ses missions de soutien de l'école ainsi que ses traditions sont alors confiées au groupement de soutien de l'ENSOA, devenu la compagnie de commandement et de logistique. Le soutien de l'école est assuré par la base de Défense de "Poitiers-Saint-Maixent".

École militaire d'infanterie (EMI) Le vieux château de Saint-Maixent est rasé en 1881 pour laisser place à de nouveaux bâtiments abritant l’École militaire d'infanterie (EMI). Y sont formés les élèves-officiers d'active, issus du recrutement interne admis par concours. L'école leur enseigne la manœuvre d'infanterie, l'usage des bouches à feu (canons), le tir, la topographie, l'équitation et la télégraphie. L'école devient « le creuset d'où sortent de brillants, joyeux, pimpants et quelque peu raseurs, la moitié de la phalange d'officiers dont le dévouement et l'abnégation, la bravoure et l'entrain ne sont plus à citer », comme ils le prouvent pendant la Première Guerre mondiale.

Les élèves de la promotion partent pour le front, il ne reste sur place qu'un centre d'instruction des élèves-aspirants (CIEA). En 1918, 2576 anciens élèves de l'EMI, et hommes de troupe du RI et 165 enfants de Saint-Maixent, sont morts sur les champs de bataille.

Sergent en 1909 au RI, Saint-Cyrien (1909-1912), le capitaine Charles de Gaulle effectue un stage au Centre d'instruction des cadres en 1919, parmi officiers subalternes dont deux tiers avaient été faits prisonniers en 1914.

En 1922, le président de la république Millerand attribue la croix de chevalier de la Légion d'honneur au drapeau de l'EMI.

École militaire de l'infanterie et des chars de combat (EMICC) Par décret du , l’École militaire d'infanterie devient l’École militaire de l'infanterie et des chars de combat (EMICC). Un an plus tard, la ville de Saint-Maixent souligne de manière pérenne son lien avec l'institution militaire en ajoutant le substantif de lÉcole à son nom.

Sous l'impulsion du général de brigade Louis-Amédée Rondenay, ancien élève de l'EMI, commandant l'EMICC (1925-1927), un Musée du souvenir est créé le 26 mai 1926. Ce musée prend l'appellation du Musée du Sous-Officier en 1986.

En 1933, Georges Pompidou, futur président de la République, effectue la formation d'élève-officier de réserve à l'EMICC.

Le 3 septembre 1939 : c'est la mobilisation. Comme en 1914, les élèves des promotions « Empire français » et « Maginot » rejoignent leurs unités. Seul le bataillon des élèves-officiers de réserve continue l'instruction à Saint-Maixent-l’École. Il écrit la plus belle page d'histoire de l'école en participant à la défense de la Loire avec les cadets de Saumur, .

Saint-Maixent-l'École connaît alors des jours sombres. Les troupes allemandes occupent la ville. L’École Militaire d'Infanterie est transférée en juillet 1940 en zone libre, à Aix-en-Provence, avec l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. Elle y est restée jusqu'en novembre 1942.

Le 28 novembre 1942, l'EMI est fusionnée avec l'''école spéciale militaire de Saint-Cyr (ESM) dans l'école des élèves-aspirants de Cherchell en Algérie française, créée après l'occupation allemande de la zone Sud. En décembre 1944 l'École militaire de Cherchell prend le nom d’« École militaire interarmes » (EMIA). Elle s'installe après la guerre en juin 1945 à Coëtquidan.

Après la Libération, l'école n'accueille plus les sous-officiers se préparant à l’épaulette. Le drapeau de l’École Militaire de l'Infanterie et des Chars de Combat continue à flotter. Viennent alors à Saint-Maixent-l'École les officiers et sous-officiers issus des Forces françaises de l'intérieur (FFI), afin d'assurer leur perfectionnement tactique et technique. Cette École des Cadres d'Infanterie laisse place, l'année suivante, à l’École des Cadres de Saint-Maixent commandée par le commandant Gambiez et créée par le maréchal de Lattre de Tassigny.

Rapidement, près de 2000 élèves de toutes armes et de tous grades y passent chaque année. d'importants travaux sont alors réalisés pour rénover et pour agrandir les infrastructures.

L'École des sous-officiers Le nom de l'école change encore, en 1948, pour devenir l’École des sous-officiers' ; elle forme alors les sous-officiers à l'instruction du contingent et les prépare au concours du recrutement semi-direct des officiers.

L'École d'application de l'infanterie (EAI), précédemment basée à Coëtquidan, revient sur ses terres historiques le pour constituer la division d'application de l'infanterie, qui forme tant les sous-officiers que les officiers. Elle a vu se succéder vingt-et-une promotions en ses murs avant de quitter les Deux-Sèvres pour Montpellier (1967), après avoir cohabité quatre années à Saint-Maixent-l'École avec l’École Nationale des Sous-Officiers d'Active (ENSOA), créée le .

La création de l'ENSOA Sous l'impulsion du chef d'état-major de l'Armée de terre, le général Le Pulloch, le ministre des Armées Pierre Messmer crée, le , l’École nationale des sous-officiers d'active (ENSOA). Le général donne pour mission à la nouvelle école de « marquer les sous-officiers d'une empreinte commune ».

Alors qu'autrefois les sous-officiers étaient formés directement par les écoles militaires selon l'arme d'appartenance, les meilleurs sont instruits, après leur formation à l'école d'arme, dans l'école unique que devient l'ENSOA.

Poussée par une telle volonté, l'école passe en quelques années de à près de par an. Les régiments mettent leurs meilleurs officiers et sous-officiers à la disposition de son premier commandant, le lieutenant-colonel Laurier, afin que la première promotion, baptisée « Promotion du Drapeau », soit formée le à la hauteur des ambitions affichées.

Organisme interarmes sans équivalent dans l'Armée de terre d'alors, l'ENSOA confère à ses élèves un label de compétences unanimement reconnu.

La marche de l'ENSOA, Jeune chef, est écrite en par le lieutenant Chailley et par le chef de musique principal Gallas. En , par décision du chef d'état-major (CEMAT), l'ENSOA se voit attribuer la devise « s'élever par l'effort » provenant de l'École militaire de Strasbourg, héritière de l’École des Cadres de Rouffach ().

Au début des , trois promotions, décalées de deux mois, cohabitent en permanence au quartier Coiffé. Lorsque l'une d'elles a terminé sa formation et part en école d'arme, une autre arrive des centres d'instruction. Tous les deux mois une cérémonie rassemble l'école afin de remettre ses galons à l'aînée des promotions, de donner son nom de baptême à la cadette et de présenter le drapeau à la benjamine.

L'ENSOA s'implique au fil des années dans le perfectionnement des sous-officiers. Le certificat militaire de second degré (CM2), est délivré au terme de plusieurs années de service. Le premier stage a lieu en et accueille, pour quatre semaines, cent soixante sous-officiers issus pour la plupart des premières promotions de l'école. Le , faute de renforcement de l'encadrement, la bataillon de perfectionnement ferme ses portes après avoir conduit seize stages et attribué le certificat militaire de second degré (CM2) à presque . Sa mission est alors confiée à l'école de Fréjus. Un est alors activé.

En , après d'importantes réformes, le incorpore la première promotion d'élèves issus directement du civil. L'ENSOA est chargée de leur formation militaire initiale puis ils partent en école d'arme à l'issue de celle-ci, à l'inverse de leurs anciens. L'effectif de chaque promotion varie alors entre 360 et , saturant ainsi les moyens d'instruction.

Le général Boone, commandant l'école, conduit la réorganisation avec optimisme et résolution « si l'école déborde d'élèves, ses cadres débordent de courage et de foi ! ».

C'est en que les sous-officiers candidats au CM2 retrouvent les chemins de Saint-Maixent-l'École et ce jusqu'en .

Le , le président de la République Valéry Giscard d'Estaing préside le centenaire de la présence militaire à Saint-Maixent-l’École.

En , l'ENSOA incorpore ses premiers élèves sous-officiers féminins, qui représentent aujourd'hui 18 % des sergents et maréchaux-des-logis formés à l'ENSOA.

Avec la professionnalisation de l'armée et avec la fermeture de l’École nationale technique des sous-officiers d'active d'Issoire-Tulle (ENTSOA), l'ENSOA se trouve seule responsable de la formation initiale des futurs sergents et maréchaux-des-logis de l'Armée de terre. Elle s'impose comme point central de la formation générale des sous-officiers à partir de .

À l'occasion du de la création de la médaille militaire, le , président de la République, Jacques Chirac remet au drapeau de l'ENSOA cette décoration et s'exprime en ces termes : « Vous détenez avec vos officiers et avec vos soldats une part de la grandeur de la France ».

Depuis , l'école assure la formation des sous-officiers de réserve. Cette même année, l'ENSOA accueille de nouveau les sous-officiers d'active pour leur stage de perfectionnement, appelé « formation générale de second degré (FG2). » Elle assure en outre à partir de la formation de perfectionnement des réservistes.

Elle a formé ou perfectionné plus de et maréchaux-des-logis depuis sa création.

Implantations géographiques

L'école est située à Saint-Maixent-l'École dans le département des Deux-Sèvres, au cœur du Val de Sèvre. Au fond d'une vallée d'effondrement qui était à la préhistoire un lac s'écoulant dans le Lambon, Saint-Maixent-l'École s'est construite autour de son abbaye, au fil d'une histoire riche et d'un passé militaire important.

La ville dispose d'une situation géographique et économique favorable, non loin de la façade atlantique. Le « centre de gravité » du corps des sous-officiers se trouve ainsi à seulement deux heures de TGV de Paris et se situe au croisement des autoroutes A10 et A83, qui permettent de rejoindre Nantes en une heure et demie, Bordeaux en deux heures et Toulouse ou Paris en quatre heures.

Saint-Maixent-l'École fait preuve d'un dynamisme et d'une activité importants pour sa taille modeste (). Les personnes de l'école constituent une partie non négligeable de la population saint-maixentaise : cette masse salariale de près de et stagiaires présents au quotidien est un facteur important du développement de la ville. L'ENSOA participe ainsi activement à la vie sociale et économique du bassin saint-maixentais, du département des Deux-Sèvres et de la région Nouvelle-Aquitaine.

Jusqu'en 2011, elle était répartie dans 4 quartiers :

Quartier Coiffé Le quartier Coiffé accueille les bataillons et la majorité des services de l'école. Son nom vient du général Coiffé, né à Thorigné et Saint-Cyrien, grand-croix de la Légion d'honneur, officier dans les zouaves qui s'est illustré dans les campagnes du Second Empire. (coordonnées géographiques :)

Le quartier Coiffé a été bâti en 1914 pour faire face aux besoins de la garnison, en raison de la loi prolongeant le service militaire à trois ans.