Le Molay-Littry est une commune française située dans le pays du Bessin dans le département du Calvados en région Normandie.

Elle est issue de la fusion des communes du Molay et de Littry, le .

Elle est peuplée de Population municipale .. Les houillères de Littry ont produit de tonnes de charbon entre 1744 et 1880 puis de 1941 à 1949.

Géographie vignette|gauche|Carte de la commune.

Localisation Le bourg se situe aux portes de la forêt de Cerisy et il est limitrophe du département de la Manche, à à l'ouest de Bayeux et au nord-est de Saint-Lô.

Géologie Le bassin houiller de Littry s'est formé il y a , au Saxonien.. Il est recouvert par des roches datées du Permien et du Trias et présente de rares affleurements. Le sud du territoire communal est recouvert par un sol daté du Précambrien..

Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Tortonne, la Siette, le Merdillon, le Moulin Ouf, le Gril, le fossé 01 du Fort du Douet, le fossé 01 de Cantepie, le ruisseau du Port du Douet, le cours d'eau 01 de la Comterie, le Petit Bosq(qui se jette dans la Tortonne au niveau de l'église de Saonnet), le Fort du Douet (affluent du Merdillon), le Long Vey, le fossé 01 de Cateaubraye et la Poterie (affluent de la Tortonne).

La Tortonne, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Balleroy-sur-Drôme, longe la commune sur son flanc nord-est et se jette dans l'Aure à Trévières, après avoir traversé .

La Siette, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Montfiquet et se jette dans la Tortonne à Saon, après avoir traversé .

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée () et un été frais () et venté. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet.

Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Caumont-sur-Aure à à vol d'oiseau., est de , l'amplitude thermique annuelle est de 12,9 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Le Molay-Littry est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine du Molay-Littry, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bayeux, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (89,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (89,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (65,8 %), zones agricoles hétérogènes (15,7 %), terres arables (7,7 %), zones urbanisées (6,8 %), forêts (4 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Morphologie D'une superficie de , la commune est organisée en trois bourgs : les cœurs historiques du Molay, autour de l'ancien château du Molay, de Littry, situé autour de l'église Saint-Germain et du bourg de La Mine (intégré lors de la création des communes à la commune du Molay), véritable centre actuel de la ville, le plus récemment édifié au début du au développement de l'activité minière.

Transports vignette|L'arrivée du « tramway » des Chemins de fer du Calvados devant l'hôtel de ville.

Le Molay-Littry disposait d'une ligne de tramway jusqu'en 1933. La gare du Molay-Littry, située sur la ligne Paris - Cherbourg, est desservie par les TER Basse-Normandie.

En 1901, la commune était également reliée à Grandcamp, Isigny-sur-Mer et Saint-Laurent-sur-Mer (ligne de Grandcamp à la gare du Molay et à La Mine de Littry), Balleroy (ligne de La Mine de Littry à Balleroy) et Bayeux (via Balleroy) par les Chemins de fer du Calvados jusqu'en 1928 (date à partir de laquelle les liaisons se feront par autobus).

Toponymie Le Molay est attesté sous les formes Molei en 1155, Maulay en 1204 (magni rotuli, p. 112), Moletum Baconis au (livre pelut de Bayeux), Mollay Bacon en 1469 (archives nationales P. 272, ), Le Moleay en 1793.

Le Molay signifierait le lieu où il y a des moulins (du latin mola signifiant meule), une autre hypothèse proposée est que ce nom serait une dérive de l'anglo-saxon molde qui signifie sable et poussière, hypothèse confirmée par la nature du sol des environs et par la présence attestée au de Saxons dans cette partie occidentale du Bessin..

Littry est attesté sous la forme Listreium au (pouillé de Bayeux).

Littry (Listreium au ou Littreium) signifierait la propriété de Lister (nom de personne roman), suivi du suffixe -acumRené Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de commune de la Normandie, Caen, éditions Charles Corlet, Presses universitaires de Caen, 1996..

Le gentilé est Molystrien.

Histoire Moyen Âge Les premières invasions Le Bessin a subi à l'image de la capitale des Viducasses, Aregenua (Vieux-la-Romaine) ou Augustodurum (Bayeux) des incursions, voire invasions, de tribus saxonnes à la fin de l'ère romaine. Le Molay, alors simple fortin, eut lui aussi à faire face à ces tribus germaniques selon la légende de l'if du Molay : « Dans le cimetière de l'église du Molay, près de Bayeux est un if commun Taxus baccata remarquable pour son âge, ses dimensions et la disposition de ses branches (...). Ainsi quant à ses origines, suivant les uns le premier if, dont celui-ci ne serait qu'un rejet, aurait été planté sur la tombe d'un chef saxon, tué en défendant le gué du ruisseau du Molay contre un certain Waroc (ou plutôt ), fils de Mailers, comte de Bretagne, en l'an 578 ». Grégoire de Tours désigne d'ailleurs cette peuplade par le terme de « Saxones Baioccassini ». Plus tard, Charles le Chauve dans un des capitulaires confie même la défense de ce territoire à ce groupe « Of lingua saxonis » (de langue saxonne) plus ou moins francisé.

Edmond de Laheudrie confirme : « Selon Grégoire de Tours, d'importantes colonies dites saxonnes existaient dans la région. Chilpéric fit en 578 appel aux Saxons de Bayeux qui furent taillés en pièces par Waroch, comte de Vannes, qui tombant la nuit sur eux en tua la plus grande partie »Edmond de Laheudrie, Histoire du Bessin des origines à la Révolution.Grégoire de Tours, Histoire des Francs..

Les invasions scandinaves Dès le début du , le Bessin subit les assauts et sacs répétés des Vikings (ou Normands), Bayeux est incendié par Rollon, les abbayes de Vigor et de Deux-Jumeaux rasées. Après le traité de Saint-Clair-sur-Epte, le roi de France abandonne la Normandie aux Scandinaves et revient à la charge de leur chef Rollon de répartir toutes ses terres entre ses compagnons d'armes.

Les Bacon vignette|Représentation du château fort des Bacon Molay au selon Arcisse de Caumont. vignette|redresse=0.6|Bacon : de gueules aux six quintefeuilles d'argent ordonnées 3, 2 et 1. La famille Bacon, d'ancienne noblesse, possédait la terre du Molay à trois lieues de Bayeux et une de CerisyComte de Pontgibaud Chartrier de Fontenay. Le Berseur de Fontenay, le Vte de Blangy, de Moré de Pontgibaud, Caen, Impr. de H. Delesques, 1734-1892..

Le chanoine Guérin dit que : « mis en possession de notre Neustrie, Rollon partagea les forêts abandonnées entre ses compagnons d'armes » et que « Bacon eut les bois et les marécages sis entre l'Esque et la Tortonne ». Le plein fief et chatellenie du Molay se composait des fiefs du Molay, de Blagny, de Saon, de Quetteville et de Blay et d'une partie des fiefs de Saonnet, la Quèze, Formigny, Grouchy, Audrieu.

Sans doute d'origine scandinave si l'on se réfère à son prénom, Anquetil Bacon dut être un volontaire et compagnon de fortune de Rollon assoiffé d'aventure et de possible richesse. On ne sait que peu de choses de l'ancêtre de la famille.

Ses successeurs Robert et ont entrepris de relever l'église de Blay, Arcisse de Caumont date celle-ci de la fin du ..

Un autre de ses descendants, Bacon, accompagna le duc Robert Courteheuse à la première croisade en 1096.

C'est à la famille Bacon du Molay que l'on doit la construction du château fort du Molay (aujourd'hui disparu), mais aussi du château fort de Colombières à la fin du à la demande du roi de France. La famille légua un grand nombre de terres et biens aux abbayes et églises du diocèse de Bayeux, ainsi qu'à la commanderie templière de Baugy.

La lignée directe des chevaliers bannerets du Molay s'éteignit avec Bacon qui eut une fille unique, Jeanne Bacon. Cette dernière, malgré plusieurs unions, décèdera sans descendance.

La guerre de Cent Ans Le , le château subit l'assaut d'un corps de l'armée anglaise lors de la chevauchée du roi d'Angleterre débarqué à Saint-Vaast le , sous le commandement de Geoffroy d'Harcourt.. Après une défense héroïque, Jeanne, craignant de devenir prisonnière de son ancien prétendant, décide de s'échapper avec quelques-uns de ses gens, laissant le soin aux derniers défenseurs du château de capituler à une heure fixée. Rejetant toute proposition, Geoffroy d'Harcourt prend le château par la force, le pille et le rase. Les vainqueurs ne trouveront trace de Jeanne dans ses appartements lors du pillage de châteauClaude Pézeril, Le Bessin oublié, 1991; page 204-205Siméon Luce, Histoire de Du Guesclin, 1882..

En , Jean de Tilly, marié à Jeanne des Moustiers, pris le parti de Charles de Navarre et reprit avec Guillaume de La Haye, capitaine de Valognes, le Molay-Bacon aux ..

La place est reprise aux Anglo-navarrais peu avant le , par les troupes de Bertrand du Guesclin.