L’USS (BB-62), surnommé Big J ou ., est un cuirassé de l’ de classe Iowa. C’est le deuxième bâtiment de la Marine des États-Unis à être nommé en l'honneur de l'État américain du New Jersey. Le a gagné plus de Service star pour ses actions au combat que les trois autres cuirassés de classe Iowa achevés, et c'est le seul cuirassé américain à avoir fourni un soutien d'artillerie pendant la guerre du Viêt Nam.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le participe aux bombardements sur Guam et Okinawa, et protège les porte-avions qui effectuent des raids sur les îles Marshall. Pendant la guerre de Corée, il est impliqué dans des raids le long des côtes de la Corée du Nord, après quoi il est transféré dans la flotte de réserve de la marine américaine (aussi surnommée mothball fleet). Il est brièvement réactivé, en 1968, et envoyé au Viêt Nam pour soutenir les troupes américaines avant d'être remis en réserve en 1969. Réactivé une nouvelle fois dans les années 1980 dans le cadre de la « Marine de », le est modernisé afin d’accueillir des missiles AGM-84 Harpoon et BGM-109 Tomahawk et un système Phalanx CIWS. En 1983, il participe aux opérations américaines pendant la guerre du Liban.

Le est définitivement désarmé, en 1991, après passées dans la flotte active. Il a gagné une pour le service au Viêt Nam et et Campaign stars pour les opérations de combat effectuées lors de la Seconde Guerre mondiale, la guerre de Corée, la guerre du Viêt Nam, la guerre civile libanaise, et lors de son déploiement dans le golfe Persique.

Après un bref séjour dans la flotte de réserve, il est transféré à Camden dans le New Jersey, et commence une nouvelle carrière en tant que navire musée le au sein du Battleship New Jersey Museum and Memorial.

Construction

vignette|gauche|L'USS le 7 décembre 1942, peu avant son lancement. L'USS est un cuirassé rapide de classe Iowa dont la conception a commencé, en 1938, au Bureau of Construction and Repair. Il est baptisé lors de son lancement le par Carolyn Edison, l'épouse du gouverneur du New Jersey, Charles Edison, lui-même ancien secrétaire à la Marine des États-Unis. Mis en service le à Philadelphie sous le commandement du capitaine , le navire est le second de la classe Iowa à être mis en service par la Marine des États-Unis après l’...

Les batteries principales du  sont composées de neuf canons de /50 calibres Mark 7 disposés sur trois tourelles, et capables de tirer des obus anti-blindages de () à environ . Ses batteries secondaires se composent de vingt canons de /38 calibres montés en double tourelles, qui peuvent frapper des cibles jusqu'à de distance. Avec l'avènement de la puissance aérienne et la nécessité de gagner et de conserver la supériorité aérienne et afin de protéger la flotte de porte-avions alliés, le est aussi équipé de canons anti-aériens Oerlikon et Bofors . Lors de sa première réactivation en 1968, on démonte les canons antiaériens de et du car il doit servir uniquement de navire de bombardement lourd. À sa seconde réactivation en 1982, on retire quatre des doubles canons de /38 calibres. En effet, lors de cette modernisation, le est équipé de quatre Phalanx CIWS chargés de la protection contre les missiles et les avions. Il est aussi équipé de huit Armored Box Launcher et huit cellules de lancement conçus pour tirer respectivement des missiles BGM-109 Tomahawk et des missiles AGM-84 Harpoon..

Contrairement aux autres cuirassés de la classe Iowa, le est directement nommé par le président Franklin Delano Roosevelt en remboursement d’une dette politique en faveur du gouverneur du New Jersey Charles Edison. En effet, pendant son mandat au département de la Marine, Edison a appuyé la construction des Iowas, dont il voulait aussi que l'un des exemplaires soit construit au Philadelphia Navy Yard, à la faveur de son soutien à Roosevelt en Pennsylvanie et dans le New Jersey pour l'élection présidentielle américaine de 1940..

Seconde Guerre mondiale Au service de la Cinquième flotte des États-Unis

vignette|gauche|L'un des double canons anti-aérien de de l'USS . Le termine les derniers aménagements et la formation de son équipage sur le trajet du Pacifique dans l'Atlantique ouest et la mer des Caraïbes. Le , il passe le canal de Panama à destination de Funafuti dans les Tuvalu. Intégré le à la Cinquième flotte des États-Unis, il a rendez-vous trois jours plus tard avec la Task pour l'assaut sur les îles Marshall. Le est chargé de protéger les porte-avions contre les attaques japonaises alors que les avions de la Task Force attaquent Kwajalein et Eniwetok entre le et le , mais aussi de soutenir le débarquement des troupes le .

Le devient navire amiral de l’amiral Raymond Spruance, commandant de la , le à Majuro Lagoon. Sa première action dans cette fonction est l'opération Hailstone, une attaque aéronavale massive lancée les 17 et , contre la base aéronavale japonaise de Truk dans les Îles Carolines. Cette attaque est coordonnée avec l'assaut de Kwajalein, afin d’interdire les représailles navales japonaises lors de la conquête des Marshalls. Les 17 et , la Task Force trouve sur place deux croiseurs légers japonais, quatre destroyers, trois croiseurs auxiliaires, deux ravitailleurs de sous-marins, deux chasseurs de sous-marins, un chalutier armé, un transport d'avions et auxiliaires, sans compter les petites embarcations. Le détruit le chalutier et, avec d'autres navires, coule le destroyer Maikaze. Le fait également feu sur un avion ennemi qui attaque la formation. La Task Force retourne aux Marshalls le .

Entre le et , le navigue avec l’, navire amiral du contre-amiral Marc Mitscher, afin de participer au bombardement aérien et de surface de l'atoll Mili, puis il rejoint le Task Group 58.2 pour des frappes contre les Palaos et Woleai. À son retour à Majuro, l'amiral Spruance transfère son drapeau sur l’.

La campagne suivante menée par le  entre le et le , commence et se termine à Majuro. Il est chargé de protéger les porte-avions qui effectuent un appui aérien à l'invasion d'Aitape, de la baie Tanahmerah et de la baie Yos Sudarso en Nouvelle-Guinée, le . Il participe ensuite au bombardement des installations navales à Truk le et le . Lors de cette opération, le et sa formation abattent deux Bombardier-torpilleurs ennemis. Ses canons de pilonnent Pohnpei le et détruisent des réservoirs de carburant ainsi que les structures de commandement et endommagent gravement le terrain d’aviation.

Après les répétitions dans les Marshalls pour l'invasion des Mariannes, le prend la mer le intégré à la Task Force de l'amiral Mitscher afin de protéger le groupe et participer aux bombardements. Le , deuxième jour des frappes aériennes précédant l'invasion, le abat un bombardier torpilleur ennemi et, pendant les deux jours suivant, ses canons lourds frappent Saipan et Tinian afin de préparer le débarquement des marines qui a lieu le .

En réponse aux opérations américaines dans les Mariannes, le commandement japonais donne l'ordre à sa flotte, d'attaquer et d'anéantir la force d'invasion américaine. Les sous-marins américains pistent la flotte japonaise jusqu’à la mer des Philippines où les forces de l’amiral Spruance et de l'amiral Mitscher décident de passer à l'attaque. Le , le se positionne pour faire écran autour des porte-avions alors que les pilotes américains et japonais s'affrontent dans la bataille de la mer des Philippines. Ce jour-là et le suivant, le Japon perd la quasi-totalité de son aéronautique navale et un tiers des porte-avions engagés. Les Japonais perdent plus de dans ce désastre que les Américains surnomment (). À cette perte irremplaçable de pilotes confirmés, s'ajoute le naufrage des porte-avions japonais Taiho et Shōkaku coulés respectivement par les sous-marins et et la perte du Hiyō causée par les avions lancés à partir du porte-avions léger USS Belleau Wood (CVL-24). En plus de ces pertes, les forces alliées endommagent aussi deux autres porte-avions japonais et un cuirassé. Le barrage anti-aérien du et des autres navires s’est avéré pratiquement impénétrable ; seuls deux navires américains sont légèrement endommagés et descendus pendant la bataille.

Au service de la Troisième flotte des États-Unis

vignette|gauche|redresse|Un marin affecté à l'un des canons anti-aériens du  face à un pilote kamikaze japonais qui se prépare à frapper l’.

La contribution finale du  à la conquête des Mariannes est une attaque sur Guam et Palaus. Il prend ensuite la route de la base navale de Pearl Harbor où il arrive le . Le , il est choisi pour être le navire amiral de la Troisième flotte des États-Unis et de l'amiral William F. Halsey. Le quitte Pearl Harbor le et rejoint sa future base à Ulithi. Cette base est, durant les huit mois suivants, le point d’appui à ses opérations de soutien aux forces alliées opérant aux Philippines. Durant cette phase de la guerre du Pacifique, la Task parcourt les eaux des Philippines, d'Okinawa et de Formose, multipliant les attaques sur les aérodromes, les bases terrestres et navales à la reconquête des îles du Pacifique. En septembre, les cibles sont les Visayas et le sud des Philippines, puis Manille et Cavite, Panay, Negros, Leyte et Cebu. Au début d'octobre, les raids sont chargés de détruire la puissance aérienne de l'ennemi sur les bases d'Okinawa et de Formose afin de préparer les débarquements de Leyte du .

La Bataille du golfe de Leyte est la dernière grande sortie de la Marine impériale japonaise. Son plan pour cette opération comprend une feinte menée par la Force mobile de l'amiral Jisaburō Ozawa. Elle doit attirer les forces de l'amiral Halsey chargées de protéger les débarquements avec les porte-avions américains vers le nord, permettant ainsi à deux groupes de cuirassés et de croiseurs (Japanese Center Force) d'entrer dans le golfe par le détroit de San-Bernardino afin de frapper les transports et les appuis américains privés de couverture aéronavale. Seulement la force d'attaque principale est repérée avant celle de diversion. Au début de la bataille, les avions lancés depuis les porte-avions de la Task protégés par le , frappent simultanément les Japanese Southern Force et Japanese Center Force et coulent un cuirassé le . Le lendemain, Halsey, à bord du , part à la poursuite des forces de l'amiral Ozawa finalement repérées au nord. Les avions coulent quatre porte-avions japonais, ainsi qu’un destroyer et un croiseur. Le file alors à toute vapeur en direction du sud pour répondre à la menace de la Japanese Center Force qu'Halsey pensait hors de combat. Le arrive peu après que les forces américaines aient retourné la situation à leur avantage lors de la bataille de Samar, une partie de la bataille du golfe de Leyte.

Le rejoint la Task près de San Bernardino le pour participer aux frappes sur le centre et le sud de Luçon. Deux jours plus tard, la force subit des attaques kamikazes. Dans le déluge de feu anti-aérien, le abat un avion, mais le pilote manœuvre pour s'écraser sur un des canons de l', tuant dix hommes et en blessant six., tandis que les tirs de mitrailleuse de l' blessent trois marins du . Lors d'une action similaire le , trois avions japonais sont abattus et l'un d'eux s'écrase en flammes sur le pont d'envol de l'. L' Intrepid est à nouveau attaqué ; il abat un avion kamikaze, mais il est touché par un autre en dépit des coups au but sur ce dernier par les artilleurs du . Ce dernier abat encore un avion piquant sur l' et touche un autre avion qui percute le Cabot  sur le bâbord avant.

vignette|droite|L'USS dans la flotte du Pacifique durant la Seconde Guerre mondiale.