L'histoire du Dakota du Sud décrit l'histoire de l'État américain du Dakota du Sud sur plusieurs millénaires, depuis ses premiers habitants jusqu'aux événements récents.

Premiers habitants thumb|left|Pétroglyphes gravés dans un canyon des Black Hills. Des êtres humains ont habité ce qui est aujourd'hui le Dakota du Sud depuis des millénaires. Des chasseurs préhistoriques pénètrent les premiers en Amérique du Nord, il y a au moins années, par le détroit de Béring, qui permet le passage lors du dernier Âge de glace entre la Sibérie et l'Alaska History of South Dakota, Schell, Herbert S., South Dakota State Historical Society Press, Pierre, South Dakota, 2004, p. 15.. Les premiers colons de ce qui deviendra le Dakota du Sud sont des chasseurs-cueilleurs nomades utilisant la technologie de l'âge de pierre pour chasser les mammifères préhistoriques qui peuplent alors la région : mammouths, paresseux géants et chameaux. La culture paléolithique de ces populations disparaît aux alentours de 5000 av. J.-C., après l'extinction de la plupart de ces espèces chassées.

Entre le et le s, la majeure partie de l'est du Dakota du Sud est habitée par un peuple appelé Mound Builders (« Bâtisseurs de tumulus »)History of South Dakota, op. cit., p. 16.. Les Mound Builders sont des chasseurs qui vivent dans des villages temporaires et sont ainsi dénommés en raison des tumulus funéraires souterrains qu'ils édifient et dont certains existent encore. Leurs lieux de vie semblent s'être concentrés autour des points d'eau de la Big Sioux River et du Big Stone Lake, bien que d'autres sites aient été mis au jour dans d'autres parties de l'est de l'État. L'assimilation, associée à des périodes de guerre, conduit à la disparition des Mound Builders vers l'an 800. Entre 1250 et 1400, des agriculteurs, vraisemblablement descendants des actuels Mandan du Dakota du Nord, viennent de l'est et s'installent dans la partie centrale de l'État. En 1325 se produit le massacre de Crow Creek, près de Chamberlain A Companion to American Indian History, Deloria, Philip J. et Salisbury, Neal (éd.), Wiley-Blackwell, Oxford, 2004, p. 161.. Des fouilles archéologiques réalisées sur le site ont révélé la présence de 486 corps enterrés dans une fosse commune entouré d'un genre de fortification ; de nombreux squelettes présentaient des traces de scalpation et de décapitation « Crow Creek Massacre Paleopathology », University of Iowa..

Les Arikara thumb|right|Portrait signé Karl Bodmer représentant un guerrier arikara, début des années 1840. Les Arikara, aussi connus sous le nom de Ree, commencent à émigrer depuis le sud au Lewis and Clark Among the Indians, James P. Ronda, University of Nebraska Press, Lincoln, NE, 2002, p. 44.. Ils parlent une langue caddoane semblable à celle des Pawnees et probablement originaire des régions aujourd'hui occupées par le Kansas et le Nebraska Roadside History of South Dakota, Linda M. Hasselstrom, éd. Mountain Press Publishing Company, Missoula, MT, 1994, p. 124.. Bien que voyageant parfois pour chasser ou faire du commerce, les Arikara sont beaucoup moins nomades que leurs voisins et vivent la plupart du temps dans des villages permanentsHistory of South Dakota, op. cit., p. 17.. Ces villages consistent généralement en quelques habitations en terre de forme ronde et regroupées dans une enceinte faite de rondins de bois. Chaque village possède une structure politique semi-autonome, les sous-tribus arikara étant reliées entre elles par des formes d'alliance. En plus de chasser et de cultiver le maïs, la citrouille, le haricot et la courgeLewis and Clark Among the Indians, op. cit., p. 46., les Arikara sont aussi d'habiles commerçants et servent fréquemment d'intermédiaires entre les tribus du nord et celles du sud. C'est probablement à l'occasion de ces transactions commerciales que des chevaux espagnols atteignent la région pour la première fois vers 1760History of South Dakota, op. cit., p. 17, 18.Roadside History of South Dakota, op. cit., p. 125.. Les Arikara atteignent leur apogée au et se répartissent alors sur 32 villages. À la fois en raison des maladies que de la pression des autres tribusLewis and Clark Among the Indians, op. cit., p. 45., le nombre de villages arikara tombe à deux seulement à la fin du , et les Arikara finissent par se fondre complètement dans le peuple mandan, au nordHistory of South Dakota, op. cit., p. 18..

Les Sioux

À la fin du , les Sioux, qui vont plus tard dominer la majeure partie de l'État, sont installés dans ce qui est aujourd'hui le centre et le nord du MinnesotaHistory of South Dakota, op. cit., p. 19.. Les Sioux parlent une langue de la famille linguistique siouane, et sont divisées en quatre branches - le santee, le yankton, le yanktonnais et le lakota (aussi connu sous le nom de « teton »). À cette époque, le mode de vie sioux ressemble davantage à celui des autres peuples des forêts de l'Est qu'à celles des Indiens des Plaines. La plupart de leurs déplacements se fait par bateau, alors qu'ils dépendent encore de la chasse ; leur régime est complété par l'ajout de riz et de baies et les constructions en terre et en bois sont les habitations les plus courantes chez eux, contrairement aux tipis utilisés dans les plainesHistory of South Dakota, op. cit., p. 22.. Néanmoins, vers la fin du et au début du , les Sioux entament une migration vers le sud, puis vers l'ouest dans les plaines. Cette migration a sans doute plusieurs causes, comme une nourriture plus abondante à l'ouest ou bien le fait que les Cree, rivaux des Sioux, obtiennent des fusils des Français à une époque où les Sioux en sont encore à l'arc et à la flècheHistory of South Dakota, op. cit., p. 19, 20.Roadside History of South Dakota, op. cit., p. 126.Minnesota: A History, William E. Lass, éd. W. W. Norton & Company, New York, NY, 2000, p. 43..

Le mode de vie des Sioux est considérablement bouleversé par leur migration dans les prairies de l'ouest. Il en vient à ressembler davantage à celui d'une tribu nomade des plaines du nord qu'à celui d'une tribu largement établie dans les forêts de l'estMinnesota: A History, op. cit., p. 45.. Ils deviennent plus dépendants de la nourriture de bison, utilisent davantage le cheval comme mode de transport et adopte le tipi comme habitation, mieux adapté aux fréquents déplacements d'un peuple nomade que les anciens habitats semi-permanents d'autrefois.

Les quatre branches des Sioux finissent par s'établir dans différentes zones des plaines du nord. Les Lakota, qui traversent le Missouri vers 1760 et atteignent les Black Hills vers 1776, s'établissent largement dans l'ouest du Dakota du Sud, le nord-ouest du Nebraska et le sud-ouest du Dakota du NordHistory of South Dakota, op. cit., p. 20, 21.Minnesota: A History, op. cit., p. 40.. Les Yankton sont originellement installés dans le sud-est du Dakota du Sud, les Yanktonnais dans le nord-est et le sud-est et les Santee dans le centre et le sud du Minnesota. Pour une bonne part en raison des migrations des Sioux, plusieurs tribus sont chassées de la région. Les tribus des Black Hills, et notamment les Cheyennes, sont poussées vers l'ouest, les Arikara vers le nord le long du Missouri, et les Omahas sont refoulés vers le sud-est du Dakota du Sud et au nord-est du NebraskaRoadside History of South Dakota, op. cit., p. 127..

L'exploration européenne La France La France est la première nation européenne à revendiquer des droits sur ce qui deviendra le Dakota du Sud. Au , les possessions françaises en Amérique du Nord sont connues sous le nom de Nouvelle-France et comprennent la majeure partie du Mississippi, les Grands Lacs, le fleuve Saint-Laurent et la baie d'Hudson ; ces territoires revendiqués couvrent la majeure partie du Dakota du SudHistory of South Dakota, op. cit., p. 24.History of South Dakota, op. cit., p. 26.. Pourtant, les revendications françaises sur les hautes terres du Missouri ne se développeront pas excessivement pour plusieurs raisons. Au nombre de ces facteurs, on peut citer les importantes réserves de fourrures en provenance de la baie d'Hudson et des Grands Lacs, la position précaire des possessions françaises à l'est, certaines se situant tout près de colonies britanniques, l'hostilité des Sioux qui entravent la poussée française vers l'ouest, considérant les Français comme alliés des Crees et des OjibwésHistory of South Dakota, op. cit., p. 25, 26.. Alors que de nombreux éclaireurs françaises semblent pénétrer dans l'est du Dakota du Sud dès la fin du , ces expéditions ne laissent aucune preuve concrète de leur présence, ce qui amène à considérer leur arrivée dans la région à cette époque comme purement spéculativeHistory of South Dakota, op. cit., p. 25..

Après la Deuxième Guerre intercoloniale achevée en 1713, la France éprouve beaucoup d'intérêt dans ses possessions occidentales, dû en grande partie à son désir de soutenir son commerce colonial de fourrures. La Grande-Bretagne avait pris le contrôle sur la plupart des régions concernées par le commerce de la fourrure autour de la baie d'Hudson, quand, dans le même temps, le commerce de la fourrure entamait son déclin dans la région des Grands Lacs en raison d'une pratique excessive de la chasse. Les premiers Européens entrés avec certitude dans le Dakota du Sud sont les frères Verendrye dont l'expédition remonte à 1743History of South Dakota, op. cit., p. 27-29.. Celle-ci débute à Fort La Reine, sur le lac Manitoba (Canada) et a pour ambition de tracer une route fluviale vers l'océan Pacifique. Les explorateurs pénètrent dans le Dakota du Sud par le nord le long du Missouri et, arrivés approximativement au centre de l'État, bifurquent soudainement vers l'ouest. On ne sait toutefois pas avec certitude jusqu'où les Verendrye font route avant de reprendre la direction du nord ; leur journal évoque vaguement leur position « [...] en vue des montagnesHistory of South Dakota, op. cit., p. 29. », montagnes que l'on peut identifier soit aux Black Hills soit aux Big Horn Mountains « The La Vérendryes: Family of Explorers », Library and Archives of Canada., plus à l'ouest. Avant de tourner vers l'ouest, les Verendrye enterrent un plateau de plomb sur lequel sont inscrits leur nom, le nom du gouverneur de la Nouvelle-France et l'année, près de l'actuelle ville de Fort Pierre. Le plateau a été découvert par des écoliers en 1913 et est depuis exposé au musée de Pierre.

L'Espagne