Antonio Dugnani (né le à Milan et mort le à Rome) est un cardinal italien du et du début du .

Biographie Antonio Dugnani est né dans une importante famille noble de Milan. Il commence ses études dans sa ville natale puis à l'université de Pavie où il obtient un doctorat in utroque jure, en droit civil et canon. Poussé à poursuivre la carrière ecclésiastique par ses parents, il s'installe à Rome à l'issue de ses études. Au cours du conclave de 1769 qui voit l'élection de Clément XIV, il assiste le cardinal Carlo Rezzonico en tant que .

En 1770, il intègre la prélature en tant que camérier secret. La même année, il devient également avocat consistorial. En 1771, il est nommé référendaire au Tribunal suprême de la Signature apostolique. Il est ordonné prêtre le à la cathédrale de Frascati. En 1772, il devient prélat domestique. En 1775, il intègre la Congrégation des rites en tant que consulteur.

En 1777, il est à nouveau au service du cardinal Carlo Rezzonico en tant qu'auditeur. Il est également chanoine de la basilique Saint-Jean-de-Latran dont il devient vicaire en 1780. En 1781, il est nommé protonotaire apostolique surnuméraire.

Le , il est nommé archevêque titulaire de . Le suivant, il est consacré évêque par le cardinal Carlo Rezzonico. Quelques jours plus tard, il est nommé nonce apostolique en France. Il présente ses lettres de créance au roi de France en avril 1787.

Lorsque les évènements révolutionnaires éclatent en France, le nonce n'y est pas préparé. Néanmoins, il tient informé la Secrétairerie d'État des évènements en cours dès l'ouverture des états généraux. En juillet 1790, le roi Louis XVI lui transmet de la projet de constitution civile du clergé mais il refuse de commenter le texte, préférant le transmettre à Rome. Lorsque les évêques français lui demandent quelle attitude ils doivent adopter, il opte pour la même attitude. Pour lui, une décision sur l'organisation du système ecclésiastique ou les relations entre l'Église et le pouvoir civil ne pouvait émaner que du Saint-Siège.

Le pape Pie VI confie l'étude de la constitution civile du clergé à une congrégation spéciale chargée de la situation en France. En octobre, l'épiscopat français s'oppose dans sa majorité à cette constitution. En mars 1791, le pape condamne officiellement la constitution civile du clergé, ne laissant pas de place au compromis. En mai, des révolutionnaires brûlent un mannequin représentant le pape au Palais-Royal. Le nonce proteste vainement contre cette action auprès de Montmorin, ministre des Affaires étrangères. À la fin du mois, il demande un passeport pour aller suivre une cure thermale à Aix-les-Bains. Le ministre tente d'éviter la rupture mais le nonce quitte Paris. Il reste quelques mois à Milan, espérant que la Révolution ne prenne fin et qu'il puisse regagner la capitale française, avant de finalement rejoindre Rome.

Le pape Pie VI le crée cardinal lors du consistoire du . Il occupe alors diverses fonctions au sein de la Curie romaine, au sein de nombreuses congrégations. En 1795, il est nommé Camerlingue du Sacré Collège, fonction qu'il occupe jusqu'en 1796, ainsi que légat en Romagne. En raison des invasions du territoire par les troupes françaises, il doit plusieurs fois quitter Ravenne jusqu'à son départ définitif en 1797 après le rattachement de la légation à la République cispadane.

Il participe au conclave de 1799-1800 à Venise au cours duquel il se positionna en faveur de la candidature du cardinal Alessandro Mattei avant de se ranger derrière celle du cardinal Chiaramonti, élu pape sous le nom de Pie VII. De 1804 à 1805, il est pro-préfet de la Congrégation pour la propagation de la foi. En 1807, il est élevé au rang de cardinal-évêque d'Albano.

Entre 1806 et 1808, alors que les relations entre la France et le Saint-Siège se dégradent, Dugnani fait partie des cardinaux conseillant au pape d'adopter une attitude conciliante envers Napoléon. Malgré l'occupation de Rome par les troupes françaises et la déportation d'une partie des cardinaux vers la France, il reste modéré. En 1808, il est lui-même déporté vers Milan puis à Paris en 1809. Pour éviter d'être présent au mariage de Napoléon et Marie-Louise d'Autriche, il invoque la maladie, ce qui lui permet de ne pas être sanctionné et de faire penser à la cour impériale qu'il fait partie des ralliés à la cause napoléonienne.

Après le rétablissement de la papauté en 1814, il retourne à Rome sans que son comportement au cours de la crise ne lui soit reproché. Il est nommé cardinal-évêque de ''Porto-Santa Rufina et vice-doyen du Collège des cardinaux puis préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique de 1817 à sa mort..

Il meurt à Rome le . Il ets inhumé au sein de la Chiesa Nuova..

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Notes et références

Catégorie:Nonce apostolique en France Catégorie:Personnalité de la curie romaine Catégorie:Cardinal italien du XVIIIe siècle Catégorie:Cardinal italien du XIXe siècle Catégorie:Cardinal créé par Pie VI Catégorie:Camerlingue du Sacré Collège Catégorie:Naissance à Milan au XVIIIe siècle Catégorie:Naissance en juin 1748 Catégorie:Décès à Rome Catégorie:Décès en octobre 1818 Catégorie:Décès à 70 ans Catégorie:Étudiant de l'université de Pavie