La (CEF) est la conférence épiscopale de l'Église catholique en France qui rassemble l'ensemble des évêques et cardinaux en activité résidant en France métropolitaine et dans les départements d'outre-mer (D.O.M.), ainsi que les cardinaux français à la retraite résidant en France.
Font aussi partie de la conférence, l'évêque placé à la tête de l'éparchie Sainte-Croix-de-Paris des Arméniens, l'éparchie Saint-Vladimir-le-Grand de Paris des Ukrainiens, l'éparchie Notre-Dame du Liban de Paris des Maronites, les vicaires apostoliques et préfets apostoliques des départements d'outre-mer, les administrateurs apostoliques et administrateurs diocésains (dans les diocèses momentanément dépourvus d'évêque) exerçant leur charge en France.
Les évêques des territoires d'outre-mer (TOM), qui relèvent de la Conférence épiscopale du Pacifique, ainsi que certains supérieurs d'ordres religieux, participent aux débats mais n'ont qu'un rôle consultatif.
La conférence est représentée à la Commission des épiscopats de l’Union européenne (COMECE).. Son président participe également au Conseil des conférences épiscopales d’Europe (CCEE), avec une petite quarantaine d’autres membres..
Histoire Les assemblées du clergé
Du au , les assemblées du clergé réunissent périodiquement les députés du clergé. En 1811, Napoléon convoque le concile de Paris., mais l'expérience ne sera pas reconduite, condamnée par les dissensions entre le pouvoir napoléonien et le pape Pie VII. En outre, selon Christian Sorrel, .
Trois assemblées plénières de l'épiscopat français se tiennent à la demande du pape Pie X en , et , dans le contexte de la loi de séparation des Églises et de l'État. D'après Christian Sorrel, les conflits au sein de l’Épiscopat français, ainsi que les , motivent le pape à ne pas renouveler l'expérience.
L'assemblée des cardinaux et archevêques (ACA)
En 1914, les cardinaux français, à la recherche d'un cadre de concertation, décident de se réunir une fois par an, mais le déclenchement de la Première Guerre mondiale met un coup d'arrêt à cette initiative. En 1919, Louis-Joseph Luçon relance le projet de rencontre des cardinaux français et, conseillé par le pape Benoît XV, propose que les archevêques soient également associés à la rédaction d'une lettre pastorale collective. À l'approche des élections législatives, le pape souhaite, avec cette première rencontre des cardinaux et archevêques français, la poursuite du processus de ralliement des catholiques à la République, afin de favoriser le retour des relations diplomatiques entre le gouvernement français et le Saint-Siège, et d'élaborer un statut légal de l'Église en France. En effet, les catholiques français, qui suivirent en cela les consignes romaines, avaient refusé de constituer les associations cultuelles prévues au niveau communal par la loi de Séparation des Églises et de l’État de 1905.
Le , les cardinaux et archevêques se réunissent à l'archevêché de Paris, instituant l'assemblée des cardinaux et archevêques de France. Parmi les dix-huit prélats convoqués, douze sont présents, six absents. La rédaction de la lettre pastorale collective est difficile : après de longues discussionsLe document est publié en juin 1919., les cardinaux et archevêques parviennent finalement à un compromis, mais le document déçoit les milieux catholiques français.
À l'issue de la rencontre de , les prélats affichent leur volonté de renouveler la démarche chaque année, ce que le Saint-Siège accepte, tout en imposant l'ordre du jour pour la rencontre de 1920. Dès 1921, l'assemblée des cardinaux et archevêques (ACA) choisit elle-même les thèmes qui sont abordés en session, mais l'institution reste sous l'étroite surveillance de Rome. Par exemple, le procès-verbal de la réunion est soumis au préalable à l'approbation du Saint-Siège avant toute diffusion.
Création de la Commission permanente
Très rapidement, l'ACA met en place des structures pérennes : une commission permanente, , est instituée en 1921, puis en 1922, une commission de l'enseignement, incluant des évêques.
L'assemblée des cardinaux et archevêques (ACA) organise quatre Assemblées plénières de l'épiscopat français en 1951, 1954, 1957 et 1960, mais on peut aussi noter la tenue de sept conférences épiscopales, non plénières, en zone libre, à Lyon, de 1940 à 1942, parallèlement aux assemblées des cardinaux et archevêques de zone occupée, à Paris.
Création du Secrétariat de l'Épiscopat
Le poste de « directeur du secrétariat de l'épiscopat »Ce poste prendra plus tard le titre de « secrétaire général de l'épiscopat ». est créé en 1945 par l'Assemblée des cardinaux et archevêques de France, qui le confie à Henri Alexandre Chappoulie. Ce poste est ensuite occupé par Jean-Marie Villot de 1950 à 1959, et Julien Gouet de 1960 à 1966.
Réforme de 1951
Installation des services du Secrétariat de l'Épiscopat au 106, rue du Bac
La Conférence épiscopale française Naissance
La Conférence des évêques de France a été créée lors de sa première assemblée plénière, du 18 au ..
Révision des statuts
Réforme de 1994
Réforme de 2005
En , il est décidé d'organiser désormais deux assemblées plénières par an au lieu d'une seule.. Cette réforme a pour but de rééquilibrer les pouvoirs entre le Conseil permanent et l'assemblée plénière..
Installation de la Conférence au 58, avenue de Breteuil
Éric de Moulins-Beaufort est élu président de la conférence des évêques de France le . en remplacement de Georges Pontier.
Réforme de 2023 Destiné à faire des économies dans un contexte financier défavorable, un projet de réforme avait été rejeté en 2018 par les évêques en assemblée plénière. Depuis 2021, la Conférence épiscopale planche sur une nouvelle réforme des structures. Après un an et demi de travail, le contenu de celle-ci est validé par les évêques en Assemblée plénière de Lourdes de .. La réforme envisage un renforcement du rôle des provinces ecclésiastiques, et un allègement de la structure nationale. En effet, les services nationaux disparaissent, remplacés par des pôles missionnaires et des pôles dits supportsSelon Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence épiscopale, (cité par ).... Les modifications des statuts et du règlement intérieur de la Conférence épiscopale sont votés par les évêques lors de l’Assemblée plénière de ., avant d'être transmis à Rome pour recognitio, ou reconnaissanceLe motu proprio Apostolos suos du 27 juillet 1998, qui définit la nature théologique et juridique des conférences épiscopales, dispose que ces dernières élaborent eux-mêmes leurs statuts, mais que ceux-ci doivent obtenir la reconnaissance de Rome ().. Cependant, ces documents n'obtenant pas la reconnaissance de Rome., de nouveaux statuts et un nouveau règlement intérieur, intégrant les remarques du Saint-Siège, sont votés par les évêques en Assemblée plénière de , avant d'être présentés à la recognitio du Siège apostolique..
Organisation Assemblée plénière L'ensemble des évêques, qui constituent la Conférence, se réunit deux fois par an à LourdesSelon le canon 453, le Code de droit canonique prévoit au moins une réunion annuelle, ., en assemblée plénière. Cette assemblée prend des décisions concernant l'Église catholique romaine en France, et émet des avis sur des questions de société. Pour qu'un texte soit voté, il faut qu'il recueille les deux tiers des voix des prélats ayant voix déliberative. Ce texte n'entre en vigueur qu'une fois promulgué, et après avoir été reconnu par le Saint-Siège.
Le président et le vice-président de l'assemblée sont élus pour trois ans..
Conseil permanent Composé de , il est chargé d'assurer la continuité de la présence de la Conférence pendant l'année, veille à l'application des décisions de l'assemblée plénière, et coordonne les actions des commissions et comités de la Conférence. Ses membres sont en partie élus par l'assemblée..
Secrétariat général C'est l'organe de liaison entre les différents services de l'Église catholique romaine en France. Il prépare également les travaux, et assure concrètement l'exécution des décisions de l'assemblée..
Commissions et comités Au nombre de 10, les commissions ont chacune un domaine de réflexion et d'action : Liturgie et pastorale sacramentelle, Catéchèse et catéchuménat, Ministères ordonnés, Vie consacrée, Famille, Mouvements apostoliques et associations de fidèles, Mission universelle de l'Église, Unité des chrétiens, Commission sociale des évêques de France, Éducation, vie et foi des jeunes.
Chaque président de commission est élu pour un an lors de l'assemblée plénière.
Les comités sont composés d'évêques mandatés par la Conférence pour des durées plus longues, et examinent des problèmes qui sortent des attributions des commissions : l'information et la communication le droit canon les relations internationales les questions économiques de la Conférence.
Maison de la Conférence épiscopale de France Acquis fin pour un montant de d'euros., des locaux situés avenue de Breteuil à Paris, qui appartenaient précédemment à la congrégation des sœurs de Notre-Dame du CénacleLa communauté s'était installée avenue de Breteuil en 1924 ()., accueillent l'ensemble des instances de la Conférence épiscopale de France à partir de 2007., soit, à cette époque, un effectif d'environ .. Jusqu'à cette date, les différents services de la Conférence étaient dispersés au sein d'une vingtaine de sites en région parisienne. Cependant, la délégation catholique pour la coopération et les services pour les relations avec l'islam et le judaïsme n'avaient pas prévu d'y déménager immédiatement.
La chapelle Saint-François-de-Sales, bâtie dans les années 1930, est constituée de deux nefs perpendiculairesLa plus grande des nefs était destinée au public et l'autre, aux religieuses (). se rejoignant au niveau du chœur. La nef principale, dont les piliers sont décorés de chapiteaux sculptés, est parcouru d'un chemin de croix en bas-relief. Ses extrémités sont percées de baies en force d'ogives, dont les fenêtres, hautes, sont ornementées de vitraux à losanges. Le chœur, de plan carré ou cruciforme, est plus haut que les nefs. Il est couvert d'une voûte segmentaire, un arc surbaissé, sur pendentif. Le plafond est percé d'une rosace à châssis ouvrants et de la lanterne d'une ouverture zénithale, jouant le rôle de puits de lumière. Réaménagée suivant le plan de l'architecte d'intérieur Florence Cosse, qui dispose l'assemblée autour de l'ambon, et place l'autel « bleu profond » sous la coupole, où la grande croix dorée contraste avec les pierres, les briques et l'enduits de chaux., elle peut désormais accueillir une centaine de personnes.
Actions et prises de position
Formation religieuse En 1991, la conférence des évêques de France publie le .
Après la promulgation de la Ratio fundamentalis institutionis sacerdotalis par la Congrégation pour le clergé en 2016, qui est un nouveau document pour la formation des futurs prêtres, la CEF travaille à une déclinaison applicable aux séminaires et lieux de formation des prêtres en France..
Évangélisation À la suite du rapport Proposer la foi dans la société actuelle de Claude Dagens, publié en 1994, la conférence des évêques de France publie en la Lettre aux catholiques de France.
Le , la CEF lance le site jesus.catholique.fr. qui a pour vocation de parler de Jésus, sur une base officielle, et toucher ainsi les internautes en étant facile d'accès.
Mariage, famille et filiation La CEF s'exprime sur des sujets liés à la famille, la parentalité, le mariage ou la filiation, en s'alignant sur l'enseignement de l'Église.