La troisième guerre macédonienne ( à ) oppose la République romaine au royaume de Macédoine sous le règne de Persée. Ce conflit se solde par la victoire des Romains, alliés principalement à de Pergame, à la bataille de Pydna et met fin à l'indépendance de la Macédoine.

Préliminaires de la guerre Fin du règne de (196-179) À la suite de la deuxième guerre macédonienne ( à ), le royaume de Macédoine perd une partie de ses possessions, renonce à la Grèce et à la Thessalie, devient l'allié du sénat et du peuple romain, et livre plusieurs otages dont Démétrios, fils de . Les Romains déclarent la Grèce « libre » et se retirent complètement des BalkansTite-Live, , 30-33..

Par la suite, les rapports avec Philippe restent loyaux durant la guerre contre ( à )Tite-Live, , 4 ; , 7. ; mais le vieux roi s'estime lésé par la paix imposée par Rome à la suite de la deuxième guerre macédonienne et par son rôle mineur dans la guerre contre Antiochos, et c'est, selon Tite-Live, les origines de la troisième guerre macédonienneTite-Live, , 23.. Il prend quelques villes en Thrace et en Thessalie, et tarde à retirer des garnisons des villes que les Romains lui ont confiées durant la guerre contre . De nombreux ambassadeurs viennent se plaindre devant le Sénat romain de ces faits, obligeant ce dernier à envoyer une délégation devant le Sénat en Tite-Live, , 24., qui oblige Philippe à rester au sein de ses frontières après qu' de Pergame a ajouté de l'huile sur le feuTite-Live, , 25-29.. Philippe, irrité, se venge sur la ville de Maronée en , où il ordonne le massacre de tous les habitants, ce qui lui vaut une convocation à RomeTite-Live, , 34., et selon Tite-Live, Philippe est persuadé que la guerre est maintenant la seule solution. Il tente d'amadouer le Sénat romain en envoyant son fils Démétrios à sa placeTite-Live, , 35.. Sa mission est une réussite totale et signe la réconciliation, de courte durée, entre le peuple romain et PhilippeTite-Live, , 47.. Démétrios devient très populaire parmi le peuple macédonien et provoque la jalousie de Philippe et de son fils aîné, PerséeTite-Live, , 53., qui le soupçonne de complot avec les RomainsTite-Live, , 5-15 ; 20-23.. Philippe le fait mettre à mort en à la suite de nouvelles accusations de PerséeTite-Live, , 24.. Philippe meurt peu après en , Persée s'empare du trône en assassinant les autres prétendantsTite-Live, , 56-57..

Début du règne de Persée (179-173) Persée succède à son père en après avoir, selon la tradition issue de Polybe, fait tuer son frère Démétrios proche des Romains. Il envoie aussitôt des ambassadeurs à Rome pour renouveler l'alliance contractée avec son pèreTite-Live, , 58.. Il conforte ensuite sa position en Grèce septentrionale, où il tente avec un certain succès de présenter la Macédoine comme un utile contrepoids à l'influence romaine toujours plus envahissante et arrive jusqu'à DelphesTite-Live, , 22..

En , Persée approche ainsi la Ligue achéenne et surtout conclut un traité d'alliance avec la Ligue béotienneTite-Live, , 12.. Sans trahir les clauses du traité de qui interdit toute intervention macédonienne en Grèce, cette politique inquiète suffisamment le Sénat romain pour qu'il ait envoyé de nombreuses ambassades en Grèce, mais elles reviennent d'Étolie et de Macédoine, sans avoir pu rencontrer le roi, mais en rapportant à Rome la nouvelle des préparatifs de guerre de l'autre côté de la mer AdriatiqueTite-Live, , 2 ; 6..

Guerre de Macédoine Rupture de l'alliance et déclaration de guerre (172-171) En , , le roi de Pergame allié de Rome, vient à Rome pour signaler les projets de Persée, qui selon lui tenterait de restaurer l’influence de la Macédoine et menacerait ses voisinsTite-Live, , 11-13.. Persée est ensuite impliqué dans un attentat contre à DelphesTite-Live, , 15.. La déclaration officielle de guerre est votée au début , même si la décision est prise dès l'attentat contre . Bien que les Romains aient des difficultés pour recruter une armée, la déclaration est précipitée car les Romains craignent probablement que Persée ne s'allie avec alors en guerre contre les Lagides, tout comme s'est auparavant allié à . Le texte de la déclaration est connu par Tite-LiveTite-Live, , 25. :

Les motifs officiels paraissent particulièrement de mauvaise foi : Persée ne menace ni les alliés de Rome, ni ne prépare une guerre contre Rome comme le montre sa tentative de paix avec Marcius Philippus. Par ailleurs le traité de ne limite pas ses effectifs terrestres, ne l'empêche pas de se défendre contre les Thraces, ni de s'allier avec les Rhodiens ou les Béotiens. Cette guerre paraît donc d'abord être une guerre préventive. Le Sénat contracte des alliances avec Pergame, Rhodes, la Ligue béotienne et l'Égypte lagideTite-Live, , 19..

« Guerre froide » (automne 172-printemps 171) À la fin de l'année , Rome n'est pas prête à la guerre, contrairement à son adversaire qui s'y prépare depuis le règne de la jugeant inévitable. L'année suivante, les postes sont répartis, et c'est le consul nouvellement élu Publius Licinius Crassus qui est chargé de la guerre contre PerséeTite-Live, , 32., avec deux légions de , ce à quoi il faut ajouter ainsi que Tite-Live, , 31..

Des ambassadeurs sont envoyés parcourir la Grèce et l'Asie Mineure pour trouver de nouveaux alliésTite-Live, , 37-38 ; 44-45. et une rencontre avec Persée a lieuTite-Live, , 39.. Celui-ci souhaite la paix mais n'obtient, par l'intermédiaire de Quintus Marcius Philippus, qu'une trêveTite-Live, , 40-43. et un espoir de paixTite-Live, , 46.. Ce laps de temps permet à Rome de préparer la guerreTite-Live, , 47..

Quintus Marcius PhilippusSelon Tite-Live (, 49), c'est le consul Publicis Licinius qui a mené cette expédition. est alors renvoyé en Grèce avec des quinquérèmes en tant que légat. Larissa, en Thessalie, et Thèbes, en Béotie reçoivent respectivement des garnisons de et pour protéger ces alliés de Rome. La trêve n'ayant pas encore expiré, mais les espoirs de paix de Persée s'envolantTite-Live, , 48., le consul traverse l'Adriatique et établit son camp près d'Apollonie d'IllyrieTite-Live, , 49..

Par la suite, le Conseil royal de Macédoine se prononce en faveur de la guerreTite-Live, , 50., et Persée réunit ses troupes à Cittium en Macédoine, soit à pied, dont la moitié de phalangites, et Tite-Live, , 51..

Difficultés romaines (été 171-hiver 169) Au début de l'été , Persée quitte la Macédoine et se rend en Thessalie, tout en prenant quelques villes rebelles sur sa routeTite-Live, , 53-54.. Le consul romain Publius Licinius Crassus quitte l'Illyrie, traverse l'Épire, et se rend à Larissa, capitale de la Thessalie. C'est là que le rejoignent tous les alliés de Rome, en commençant par de Pergame avec sa flotte basée à Chalcis, et , et seulement un peu plus de grecs, réticents à s'engagerTite-Live, , 55..

Quelques jours plus tard, Persée vient établir son camp près de celui des Romains et de leurs alliés. La première bataille, livrée à Callinicos, tourne à l'avantage de PerséeTite-Live, , 59.. Les Romains, qui ont évité l'anéantissement grâce à la cavalerie thessalienne, sont obligés de se retirer, dénombrant près de contre presque aucune du côté macédonienTite-Live, , 60.. Mais le consul est très vite renforcé par numides et , qui resteront jusqu'à la victoire finale. Persée propose la paix qui lui est refuséeTite-Live, , 62.. Quelque temps plus tard, un détachement romain de 800 légionnaires est complètement encerclé par plusieurs bataillons ennemis, mais il résiste jusqu'à l'arrivée de l'armée consulaireTite-Live, , 65., et Persée se retire après de lourdes pertesTite-Live, , 66..

L'année se déroule sans opérations d'envergure, excepté la défaite d'un légat qui tombe dans un piège, près d', en Illyrie romaineTite-Live, , 10.. La ville est toujours romaine et, quelques mois plus tard, Persée, qui s'est allié entre-temps à Genthios, le roi d'Illyrie, l'assiège et oblige la garnison romaine à se rendreTite-Live, , 18., lors d'une offensive en Illyrie où nombre de villes tombent entre ses mainsTite-Live, , 19.. Les légats romains sur place attendent le retour de Persée en Macédoine en pour tenter de reprendre les villes perdues, sans succèsTite-Live, , 21..

Au début de l'année 169, , pour la moitié des alliés, sont levés pour la guerre. C'est Quintus Marcius Philippus qui conduit l'armée contre PerséeTite-Live, , 15. ; il débarque en Thessalie avec pour renforcer celle déjà sur placeTite-Live, , 1.. Il ne peut envahir la Macédoine car Persée bloque les communicationsTite-Live, , 2. ; mais ce dernier commet une grave erreur, il va demander à son armée de se replier, laissant le passage pour la Macédoine libre pour les RomainsTite-Live, , 3-7.. Après ces succès le conduisant jusqu'en Piérie, Persée va réussir à repousser les Romains, difficilement, et reprend le sanctuaire de Dion, puis il installe ses défenses sur les rives du fleuve Elpée, une importante frontière naturelle entre la Thessalie et la MacédoineTite-Live, , 8.. Mais les Romains rencontrent encore des difficultés car plusieurs villes prises par Persée leur résistentTite-Live, , 12-13.. Fin 169 les Romains et leurs alliés se fatiguent de combattre et commencent à douter de la victoireTite-Live, , 14..

Tentatives de médiation Les puissances hellénistiques recherchent un compromis afin de mettre un terme au conflit en fonction de leurs intérêts propresSur ces tractations voir notamment : Polybe, , 2 ; 16-17 ; , 3, 7-9 ; 4, 7 ; , 6-9 ; Tite-Live, , 14, 5-15 ; , 24-25.. La situation diplomatique est d'autant plus complexe qu'en parallèle de la guerre de Macédoine se déroule la sixième guerre de Syrie. À la fin , une ambassade lagide se trouve à RomeAu même moment une ambassade d' se trouve aussi à Rome.. Les délégués de , probablement à la demande de Persée, propose en vain une conciliation.

L'attitude de Rhodes est quant à elle plus ambiguë, oscillant entre neutralité et soutien aux Romains avec lesquelles ils sont officiellement alliés depuis , ce qui n'empêchent pas les Romains de renvoyer leur flotte. Le Sénatus-consulte de visant à préserver les Grecs de l'arbitraire des officiers romains vient à réchauffer les relations. Une ambassade rhodienne part à Rome demander le « renouvellement de l'amitié » ; une autre ambassade rencontre le consul Marcius Philippus, ce dernier propose aux Rhodiens d'offrir leur médiation à Persée (ainsi qu'entre Séleucides et Lagides), sachant que la guerre nuit à leur commerce. Mais dans le même temps, Persée qui vient de s'allier avec le roi d'Illyrie, Genthios, envoie une ambassade à Rhodes qui est bien accueillie ; par ailleurs les Rhodiens s'allient avec des cités de Crète dont les relations sont mauvaises avec Rome. Rhodes, incertaine de l'issue du conflit, tâche donc de ménager les deux parties. Des ambassadeurs rhodiens partent alors pour la Macédoine et Rome : en Macédoine ils ne trouvent que Paul-Émile, résolu à poursuivre la guerre, et à Rome, ils n'arrivent qu'après la bataille de Pydna.

Enfin continue de montrer son loyalisme envers les Romains ; mais il n'intervient en Grèce qu'avec des forces modestes, ce que les Romains n'ont pas manqué de lui reprocher. Au cours de l'hiver -, Persée entreprend avec lui des tractations secrètes, dont la teneur exacte reste inconnue, mais qui heurtèrent les Romains. Finalement, Eumène ne quitte pas l'alliance avec Rome, même si un soulèvement des Galates en 168 l'empêche d'envoyer des forces nombreuses en Grèce.

Victoire romaine (printemps 168-juin 168)