Le Crédit mobilier est une banque française du , fondée en 1852 sous Napoléon III pour prendre des participations dans les entreprises. La banque a joué un rôle important dans la forte croissance économique à crédit de la période 1850 à 1857, qui s'acheva par la panique financière de 1857, et fut à l'origine de nombreuses spéculations financières. Le Crédit mobilier disparut en . La suite du Crédit mobilier est alors prise par la Société du Crédit mobilier, puis par le Crédit mobilier françaisCrédit mobilier, sur le site des Archives nationales.
Historique En 1852, les frères Isaac et Émile Pereire lancent, malgré l'opposition de la haute banque, la Société générale de crédit mobilier, instituée par décret du Décret impérial du 18 novembre 1852 portant autorisation de la Société anonyme à Paris sous la dénomination de Société générale de crédit mobilier.. Le conseil est composé de douze membres dont Benoît Fould, le marquis Raffaele de Ferrari, homme d'affaires, financier et philanthrope italien, Ernest André, le banquier Hippolyte Biesta, le financier autrichien Frédéric Grieninger, le duc de Mouchy, le baron Achille Seillière et Adolphe d'EichthalVoir article 30 du décret du 18 novembre 1852 précité..
Une première série de actions est alors souscrite, le total fut ensuite porté à , soit 60 millions de francs pour un prix à l'action fixé à 500 francsHistoire du crédit mobilier, 1852-1867, par Aycard - 1867, page 9, dont environ par les frères PereireHistoire du crédit mobilier, 1852-1867, par Maurice Aycard - 1867, page 9. Les souscripteurs sont environ une centaine et certains d'entre eux ne demandent que 25 actions. James de Rothschild, sollicité, refuse de souscrire.
Avant même leur négociation sur le parquet de la Bourse, le à un cours proche de francs, les promesses d'actions du Crédit mobilier s'étaient négociées à 995 francs, avec des oscillations continuelles de 25 francs à 175 francs par jour, et avaient même atteint le cours de francs. Pendant toute l'année 1853, les actions du Crédit mobilier furent négociées avec 250 francs seulement versés par l'actionnaire. Les 250 francs complémentaires ne furent "appelés" que du 15 au , c'est-à-dire un an après la date de fondation de la banque, qui ne disposait en 1853, comme capital social, que de 30 millionsHistoire du crédit mobilier, 1852-1867, par Aycard - 1867, page 56.
alt=Certificat provisoire nominatif de 5 actions de 500 francs de la Société générale de crédit mobilier, émis le 20 mars 1866, signé par Émile Pereire. Le doublement du capital social du Crédit mobilier en 1866 par l'émission de 120.000 actions fut une dernière tentative désespérée pour se sauver de la situation critique, mais l'afflux des 60 millions de francs de nouveaux fonds n'arrêta la catastrophe que pour un court moment ; celui-ci eut lieu à l'automne 1867.|vignette|Certificat provisoire nominatif de 5 actions de 500 francs de la Société générale de crédit mobilier, émis le 20 mars 1866, signé par Émile Pereire. Le doublement du capital social du Crédit mobilier en 1866 par l'émission de 120.000 actions fut une dernière tentative désespérée pour se sauver de la situation critique, mais l'afflux des 60 millions de francs de nouveaux fonds n'arrêta la catastrophe que pour un court moment ; celui-ci eut lieu à l'automne 1867. La presse périodique a participé à l'engouement du public pour cette banque. Aycard, op. cit..
Comme le rappelait Aycard, la presse était alors . Les premiers succès du Crédit mobilier l'ont incité à créer une filiale espagnole, le .
En , les frères Péreire se retiraient de l'affaire : le cours plongea à 140 francs en octobre et la faillite fut prononcée dans la fouléePierre Dupont-Ferrier, Marché financier de Paris sous le second Empire, Félix Alcan, 1925.
Avant de s'effondrer en 1867, le Crédit mobilier eut une certaine influence sur la création du Crédit lyonnais (1863) et de la Société générale (1864). L'année 1852 avait vu aussi la création des sociétés de crédit foncier dont l’objet est de consentir des prêts immobiliers, garantis par une inscription hypothécaire de . Elles peuvent émettre des obligations ou des lettres de gage. Naissance de la première société de crédit foncier, la Banque Foncière de Paris qui prend rapidement le nom de Crédit foncier de France, doté d’un statut analogue à celui de la Banque de France en 1854 et qui en 1858 octroie des prêts de drainage pour le compte de l’État.
Le Crédit mobilier français vignette|Crédit mobilier français, vue de la façade de la banque sur l'actuelle place Adrien-Oudin à Paris (1913). vignette|Crédit mobilier français, vue de l'entrée de la banque (1913). La suite du Crédit mobilier est prise par la Société du Crédit mobilier, qui reste sous la famille Pereire. Elle est transformée en Crédit mobilier français le , fusionnant avec l'Office des rentiers. Le premier conseil d'administration est présidé par Jacques de Lapisse, ancien président de l'Office des rentiers. Olivier d'Ormesson et Édouard Goüin rejoindront le conseil d'administration. En 1913, le Crédit mobilier français absorbe la Compagnie française de banque et de mines, rejoignant ainsi le conseil Jacques de Gunzbourg, Raphaël-Georges Lévy (vice-président), Georges de Créqui-Montfort, Firmin Rainbeaux et Georges RouliotCyril Grange, Une élite parisienne : les familles de la grande bourgeoisie juive (1870-1939): Les familles de la grande bourgeoisie juive (1870-1939), CNRS éditions.
Avec l'appui de groupes industriels, dont la Société de construction des Batignolles, elle tente, sans succès, de prendre le contrôle de la Société générale en 1916/1917.
En 1920, André Luquet, directeur du mouvement général des Fonds et gouverneur honoraire de la Banque de France, succède à Lapisse en tant que président. La présidence de Luquet est marquée par le développement des activités de la banque en Indochine. Étienne Chauvy est nommé administrateur délégué en 1923, Maurice Paléologue devenant quant à lui administrateur, rejoint par le comte de Bourbon Busset en 1926 et le comte Bernard de Ganay (gendre d'Édouard Goüin) en 1927. Pour stabiliser leur position face à des offensives extérieures, un syndicat des actions C.M.F. est formé autour des administrateurs et cadres dirigeants de la banque (composé en 1927 de : Lévy, Boucheron, Mareuse, Charpentier, Desmarais frères, marquis de Ganay, Bernard de Ganay, Créqui-Montfort, Lapisse, Jean de Charnières, Bourbon Busset, Luquet, Chauvy, Martin du Gard, Eonnet, Pelisset, Paléologue, Duhamel et Andrieux)Hubert Bonin, La Banque de l'union parisienne (1874/1904-1974): histoire de la deuxième grande banque d'affaires française, 2001.
L'administrateur Jacques de Gunzbourg propose le projet de fusion avec la Banque transatlantique, également issue de l'empire Pereire. Sa proposition est rejetée par le conseil, entrainant sa démission en 1924.
Le Crédit mobilier français fusionne en 1932 avec la Banque de l'Union parisienneHubert Bonin, "Le C.M.F. à la recherche de son assise", in La Banque de l’Union Parisienne (1874/1904-1974). De l’Europe aux Outre-Mers, Société française d'histoire des outre-mers, 2011.
Notes et références
Sources Maurice Aycard, Histoire du Crédit mobilier. 1852-1867, Librairie internationale, 1867 lire sur Gallica Jean Autin, Les Frères Pereire. Le bonheur d'entreprendre, Perrin, 1984
Elisabeth Paulet, The Role of Banks in Monitoring Firms: Evidence from the Case of the Crédit Mobilier, Taylor & Francis, 1995 Guy Fargette, Émile et Isaac Pereire. L'esprit d'entreprise au XIX siècle, L'Harmattan, 2001
Voir aussi Articles connexes Chronologie des banques en Europe
Liens externes
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