Rouvres est une commune française, située dans le département du Calvados en région Normandie, peuplée de Population municipale ..
Géographie La commune de Rouvres est traversée par le Laizon. Long de , il prend sa source à Saint-Pierre-Canivet et conflue avec la Dives à Cléville. Autrefois, son lit était large et son débit important. Sa traversée ne pouvait se faire que par des gués. Ce n'est que vers 1850 que le pont actuel a été construit à l'emplacement de l'ancien gué (époque de la construction de la route Falaise - Argences)Recherches historiques sur la commune de Rouvres par Émile Robine. Autrefois, le Laizon faisait mouvoir de nombreux moulins qui produisaient de l'huile de colza, dont deux à Rouvres (le petit et le grand moulin).
Au cours des bombardements de 1944, le pont du Laizon ayant sauté, les Alliés établirent immédiatement trois ponts de fer. Le premier dans la propriété Charpentier vers le Logis, le second sur l'emplacement de l'ancien et le troisième vers les propriétés Latour et Hervieu. Sur ces ponts passaient chaque jour des milliers de véhicules qui montaient et descendaient du front.
Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le Laizon et divers autres petits cours d'eau.
Le Laizon, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Villers-Canivet et se jette dans la Dives à Saint-Ouen-du-Mesnil-Oger, après avoir traversé .
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée () et un été frais () et venté. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet.
Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Sylvain à à vol d'oiseau., est de , l'amplitude thermique annuelle est de 13 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Rouvres est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Caen, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (90,5 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (90,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (86,9 %), forêts (5,9 %), zones urbanisées (3,6 %), prairies (2,9 %), zones agricoles hétérogènes (0,7 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Rovres 1086, citant le cartulaire de la Trinité. et Rouvres en 1172.
Pluriel de l'oïl rouvre, « chênes rouvres »..
Histoire
Dans les temps primitifs, le village de Rouvres se composait de quelques huttes ou cabanes en bois et en terre, bâties sur les deux rives du Laizon à proximité du gué permettant le passage de la rivière. Cette petite agglomération était perdue au milieu des bois où dominait le chêne ; c'est sans doute son ancienne situation agreste qui l'a fait dénommer ainsi. À cette époque, les chemins n'existaient pas, à peine quelques sentiers mal frayés permettaient-ils de se rendre d'un lieu à un autre. Les terres arables peu nombreuses et mal cultivées ne produisaient presque rien et les récoltes très médiocres ne suffisaient pas à la nourriture de ses habitants. Cependant l'orge, le blé et l'avoine croissaient presque sans soin, au bord de la rivière, mais nos ancêtres préféraient à toute autre chose la chasse et la pêche et se souciaient fort peu de l'agriculture. Avec la peau des animaux qu'ils avaient tués ils se confectionnaient des couvertures, des vêtements, des chaussures dont ils s'entouraient les pieds et les jambes et qu'ils serraient avec deux bandelettes croisées. Comme religion, ils avaient adopté le culte des druides.
De l'an 58 à 50 , Jules César, conquit la Gaule malgré la résistance de Vercingétorix. Dans cette région, les Romains établirent de nombreux camps, celui de Soumont-Saint-Quentin est le plus proche (il était situé près du tombeau de Marie Joly). D'autres camps furent créés à Escures-sur-Favières, à Bissières, à La Hoguette, à Montviette, etc. De nombreuses voies les relièrent et deux au moins passaient par Rouvres. La première reliait le camp de Saint-Quentin à ceux d'Escures-sur-Favières et de Bissières en passant au chevet de l'église de Percy. Une autre traversait la commune sur sa plus grande longueur, il en reste encore aujourd'hui un tronçon qui se dirige en ligne droit sur l'église de Cauvicourt, connue sous le nom de chemin Haussé. C'est même cette voie qui donne son nom à l'église d'Estrées-la-Campagne dont elle traverse le territoire (Strata In Campana, c'est-à-dire « voie stratégique à travers la campagne »).
Puis vint la grande invasion du commencement du , les Francs, les Burgondes, les Wisigoths, chassèrent les Romains de la Gaule et s'y établirent enfin, les premiers en restèrent définitivement maîtres.
Au , une autre invasion vint ruiner la contrée. Les hommes du Nord ou Normands arrivèrent par l'embouchure de la Dives jusqu'au cœur du pays qu'ils ravagèrent et mirent à feu et à sang jusqu'au jour où ils s'y établirent définitivement.
La paroisse de Rouvres
Sous l'Ancien Régime, Rouvres était une paroisse du diocèse de Séez, faisant partie de l'archidiocèse d'Exmes. La cure de Rouvres se divisait en deux portions jusqu'en 1660, et fut administrée par deux curés. La réunion fut réalisée par François Rouxel de Médavy, évêque de Séez le 10 août 1660, sur la requête de Jacques de Marguerit, écuyer, seigneur et patron de Rouvres, Soignolles et autres terres : .
L'histoire de la paroisse peut aider à résoudre l'énigme architecturale posée par l'église de Rouvres, composée en fait de deux églises incomplètes, accolées l'une à l'autre.
Quelques curés de la paroisse : l'abbé Lerebourg, qui fut mobilisé pendant la Première Guerre mondiale ; l'abbé Duret, enfant de Rouvres et prêtre, était venu se retirer dans sa commune natale pour raisons de santé, et dut desservir la paroisse pendant l'absence de l'abbé Lerebourg ; l'abbé Bousso fut arrêté le 2 juin 1944, et fusillé le 6 juin 1944 à la prison de Caen (son corps n'a jamais été retrouvé) ; l'abbé Vallée (1942) originaire de Perrières, remplace l'abbé Bousso ; l'abbé Douté (décembre 1944) : curé d'Ouilly-le-Tesson, desservant Rouvres. Il était auparavant vicaire de la paroisse Sainte-Trinité de Falaise.
Bataille de Normandie
vignette|gauche|redresse|Premier monument érigé après la Libération. Souhaitant avancer vers les Américains qui s'approchaient du Mans, l'objectif de Montgomery est d'atteindre Falaise par une puissante poussée en colonnes avec Caen comme tremplin. L'opération porte le nom de Totalize est confiée au jeune (40 ans) lieutenant-général Guy Simonds commandant le Canadien Corps. L'opération fut déclenchée dans la nuit du 7 au 8 août. La DI avançait rapidement vers le sud, et la deuxième DI canadienne dépassa ses objectifs, prit Rocquancourt et Bretteville-sur-Laize au prix de pertes « raisonnables ». Les lignes allemandes étaient alors enfoncées et les deux divisions pouvaient entrer en piste.
Néanmoins, à midi du 8 août, la situation avait évolué très défavorablement. La nuit qui permettait de réduire l'avantage des blindés allemands s'était estompée, offrant les troupes alliées comme sur un plateau aux observateurs ennemis. Sur le front, les DI allemandes sont renforcées par l'arrivée de la Hitlerjugend. L'effort canadien avait essentiellement porté sur le flanc droit, à l'ouest de la route Caen - Falaise, négligeant les hauteurs à l'est, et enfin le bombardement aérien qui devait précéder l'assaut fut très peu réussi occasionnant quelques dizaines de pertes à l'arrière de la division. Aussi, lorsque les chars d'assaut se mirent en marche dans la plaine, ils furent rapidement pris à partie par les canons des chars et des flak allemands.
Souhaitant retrouver l'initiative après cet après-midi décevant du 8 août, Kitching, commandant la DB canadienne, prépara une attaque nocturne. Pour cela, il forma deux groupes : la force Halpenny devait attaquer Bretteville-le-Rabet, la force Worthington] visait la cote 195 (vers Fontaine-le-Pin). Progressant dans l'obscurité, Worthington n'atteignit pas la cote 195 mais la cote 140 (entre Rouvres et Estrées-la-Campagne) en plein milieu des lignes de la Hitlerjugend. Au matin du 9 août, les Canadiens furent encerclés par les Panzer et les Tiger allemands, puis bombardés par erreur par leur propre aviation. Ce n'est qu'au soir qu'une charge du Régiment polonais atteignit les survivants canadiens et leur permit de revenir vers les troupes alliées. Ils laissaient sur la cote 140 : 47 chars et 240 hommesMémorial de Montormel « La dernière bataille de Normandie, août 1944 ». Une croix érigée à cet endroit rappelle ces durs combats accompagnés de lourdes pertes humaines.
La commune est décorée de la Croix de guerre 1939-1945 par décret du 11 novembre 1948..
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