2007 au Niger - 2008 au Niger - 2009 au Niger - 2010 au Niger - 2011 au Niger 2007 par pays en Afrique - 2008 par pays en Afrique - 2009 par pays en Afrique - 2010 par pays en Afrique - 2011 par pays en Afrique] Cet article présente les faits marquants de l'année 2009 au Niger.
Chronologie
Janvier 2009 Jeudi : Présent depuis plus de quarante ans au Niger, le groupe français Areva signe un contrat pour l'exploitation à partir de 2012 de la mine géante d'uranium d'Imouraren, dans le nord du pays. Pour ce contrat, le numéro un mondial du nucléaire civil s'engage à investir au moins 1,2 milliard d'euros au Niger, qui fournit déjà plus du tiers du combustible utilisé dans les centrales nucléaires françaisesAfrik.com, Areva, maître de la plus grande mine d’uranium d’Afrique.
Jeudi : Quatre touristes étrangers — deux Suisses, un Allemand, un Britannique — ont été enlevés sur le territoire du Niger alors qu'ils revenaient du festival de la culture nomade organisé à Andéramboukane (cercle de Ménaka, au Mali). Ils voyageaient dans un convoi de trois véhicules, lorsqu'ils ont été arrêtés et enlevés au Niger par des hommes en armes dans une zone frontalière.
Février 2009 Vendredi : Le ministère des Communications annonce la renationalisation de la société nigérienne de télécommunications Sonitel et de sa filiale GSM Sahel-Com, qui avaient été privatisées en 2001 au profit d'un consortium sino-libyen, car il estime que cette privatisation est « un échec ». La Sonitel, dont le capital est estimé à 22,7 milliards de francs CFA (34,6 millions d'euros), est détenue depuis 2001 à 51 % par Dataport, un consortium constitué des sociétés chinoise ZTE et libyenne LAAICO, à 45 % par l'État du Niger et à 4 % par son personnel. Le gouvernement reproche une « mauvaise gestion » et « des manquements graves et récurrents » aux obligations du cahier des charges, qui prévoyait la création de lignes téléphoniques et l'amélioration de la desserte du territoire national par la couverture de 43 localités. Au bilan, Sonitel cumule plus de 40 milliards de FCFA de dettes, avec des charges d'exploitation évaluées à plus de 140 % de son chiffre d'affairesLe Figaro.fr, Télécoms Sonitel renationalisée.
Mercredi : Al-Qaida au Maghreb islamique revendique l'enlèvement des deux diplomates canadiens, mi-décembre à l'ouest de Niamey, et de quatre touristes européens, le , dans un enregistrement sonore diffusé par la chaîne satellitaire Al Jazeera durant la nuit avertissant que les moujahidines « se réservent le droit de gérer le cas de ses six otages selon la loi islamique », sans autre détailLe Figaro.fr, Al-Qaida derrière des enlèvements.
Samedi : Les deux diplomates canadiens et les quatre touristes européens enlevés au Niger seraient prisonniers du groupe d'AQMI dirigé par l'algérien Mokhtar Belmokhtar qui demande entre autres conditions pour la libération des otages, l'élargissement de deux mauritaniens, membres d'Al-Qaïda, actuellement détenus.
Mars 2009 Jeudi : Le Réseau des organisations pour la transparence et l'analyse budgétaire (ROTAB) appelle Areva à prendre des dispositions pour préserver l'environnement et la santé des riverains des mines d'uranium que la société française exploite depuis 40 ans dans le nord du Niger : « Des dispositions ne sont toujours pas prises par rapport à la préservation de l'environnement, ce qui nuit gravement à la santé des populations et des travailleurs des mines […] Les populations des zones minières sont préoccupées par le phénomène de radiation et de la pollution des nappes d'eau ». Areva exploite deux gisements au Niger qui ont produit plus de tonnes d'uranium depuis le début de leur mise en valeurLe Figaro.fr, Des ONG interpellent Areva .
thumb|left|Mamadou Tandja (juillet 2005) Vendredi : Le président français Nicolas Sarkozy est en visite officielle, troisième et dernière étape de sa mini-tournée africaine, pour y promouvoir notamment l'exploitation transparente de son uranium par le groupe Areva. Il a été accueilli à l'aéroport de Niamey par le président Mamadou Tandja. Nicolas Sarkozy et Anne Lauvergeon ont participé dans l'après-midi, à une réunion de la section locale de l'Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE). Lors de sa rencontre avec le premier ministre Seyni Oumarou, Nicolas Sarkozy déclare : « Nous devons défendre les intérêts de la France, et vous défendez ceux du Niger. Mais nous pensons que dans un investissement à long terme, la seule pratique contractuelle possible, c'est celle du gagnant-gagnant […] Si vous avez le sentiment de ne pas être payés au juste prix, alors c'est une mauvaise affaire pour tout le monde […] On est là bien sûr parce qu'on a besoin de votre uranium, mais on est là aussi parce qu'on a besoin de partenaires stratégiques et le Niger c'est un partenaire stratégique absolument essentiel ».
Avril 2009 Vendredi : Le ministère français des Affaires étrangères annonce que la France a décidé de financer l'achat de vaccins contre la méningite. Cette épidémie « a déjà coûté la vie à près de personnes dans l'ensemble de la région [du Sahel], dont plus de 300 au Niger […] Par cette décision, la France entend appuyer le ministère de la Santé publique du Niger à l'occasion de ses campagnes de vaccination réactive et renforcer les capacités des districts sanitaires en matière d'investigation, de vaccination, de sensibilisation, de supervision et de coordination ».
Mercredi : 4 otages sont relâchés par Al Qaïda.
Jeudi : Une juridiction d'exception ordonne la remise en liberté provisoire de l'ex-Premier ministre Hama Amadou, incarcéré depuis dix mois et dont l'état de santé s'est récemment dégradé.
Mai 2009 Dimanche : Le président Mamadou Tandja rencontre pour la première fois à Agadez (nord) des représentants du principal mouvement rebelle touareg, le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), et ceux du Front des forces de redressement (FFR).
Samedi : le président Mamadou Tandja signe le décret de prolongation de la « mise en garde », équivalent de l'état d'urgence pour trois mois dans le nord du Niger, ce qui accorde les pleins pouvoirs à l'armée dans cette zone riche en uranium, or la levée de cette mesure est un des préalables posés par les combattants touareg pour des « négociations formelles de fond ». Le « Mouvement des Nigériens pour la justice » (MNJ), et le « Front des Forces de Redressement » (FFR), une dissidence du MNJ, refusent de déposer les armes avant la réalisation de ce préalable.
Vendredi : Le président Mamadou Tandja (71 ans) confirme dans un message à la Nation l'organisation d'un référendum portant sur une nouvelle constitution qui lui permettrait de se maintenir en fonction au-delà de la fin de son second quinquennat, Le porte-parole du département d'État américain, Ian Kelly, met en garde contre le risque de « revers pour la démocratie » après la décision du président Mamadou Tandja « d'organiser un référendum national sur une nouvelle constitution qui lui permettrait de prolonger son mandat » afin de se maintenir au pouvoir après la fin normale de son mandat. Cependant, il estime que le président Tandja avait été « un bon défenseur des intérêts de son pays en attirant des investissements internationaux et en lançant des travaux publics ambitieux, sur fond de stabilité sociale et politique ».
Juin 2009 Vendredi : la Cour constitutionnelle annule le projet de référendum du président Mamadou Tandja (72 ans), qui souhaitait se maintenir au pouvoir à la fin de son second mandat fin 2009, au-delà des deux mandats successifs actuellement autorisés. Prévu le il espérait que ce référendum lui aurait permis de mettre en place sur une nouvelle Constitution afin de postuler à un troisième mandat. Les arrêts de la Cour constitutionnelle sont contraignants et sans appel et s'imposent au chef de l'État Le Figaro.fr, Revers cinglant pour le président.
Samedi : à l'appel du Front de défense de la démocratie (FDD), une coalition de partis, de syndicats et d'ONG, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Niamey, après l'annulation par la Cour constitutionnelle du référendum que le président Mamadou Tandja voulait organiser pour rester au pouvoir.
Mardi : selon le ministre des Finances, Lamine Zène, le Niger a connu une bonne année économique 2008 avec une croissance de 9,5 % du PIB : « C'est la progression la plus importante d'Afrique. Malgré les crises alimentaire et énergétique et le climat mondial, nous avons atteint ce résultat grâce à des recettes exceptionnelles, notamment une campagne agricole excédentaire de plus de 25 % », alors que « 40 % du PIB est fourni par le secteur agro-pastoral »; la production céréalière de plus de 4,6 millions de tonnes, a connu un bond de 37 % par rapport à 2007. En janvier, le Fonds international de développement agricole (FIDA) des Nations unies a annoncé qu'il allait débloquer 16 millions de dollars, moitié dons moitié prêts, pour aider les communautés rurales du Niger et lutter contre la pauvreté et la Banque mondiale vient d'accorder une convention d'appui budgétaire de 40 millions de dollars. En 2008, la direction générale des impôts a bouclé l'année avec un résultat de 113 % et celle des Douanes de 107 %.
Mercredi : Le président Mamadou Tandja adresse une requête à la Cour constitutionnelle pour lui demander de se rétracter en l'accusant d'avoir outrepassé ses compétences, alors que la Convention démocratique et sociale, le principal parti qui le soutient, lui demande de lever définitivement toute « ambiguïté et confusion » sur sa volonté d'organiser un référendum.
Jeudi : La Convention démocratique et sociale, le principal parti qui soutenait le président Mamadou Tandja, annonce le retrait de ses huit ministres présents au gouvernement pour protester contre le projet de nouvelle Constitution de M. Tandja qui souhaite se maintenir au pouvoir. La CDS détenait notamment les portefeuilles de la Défense, de la Santé, de la Jeunesse et des Sports ou encore de la Lutte contre la vie chère. Mahamane Ousmane qui préside le Parlement de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao, 15 États), estime « que le président Mamadou Tandja doit obtempérer à la décision de la Cour constitutionnelle ».
Vendredi : Le président Mamadou Tandja annonce à la télévision publique, qu'il prenait des « pouvoirs exceptionnels » après un refus de la Cour constitutionnelle de revenir sur son arrêt refusant le référendum qu'il réclamait pour se maintenir au pouvoir. Le président déclare activer l'article 58 de la Constitution estimant que l'indépendance de la République est menacée ce qui lui permet de gouverner par le biais d'ordonnances et décrets, selon l'article 53 : « Je ferai usage, et cela sans faiblesse, de tous les pouvoirs que me confèrent les lois et règlements de la République en vue de trouver une solution à cette situation de blocage que certains sont malheureusement fiers de présenter comme le fruit de leur opération de sape ». Il défend le passage à une République avec une nouvelle Constitution et l'instauration d'une période de transition qui lui permettrait de demeurer au pouvoir trois années supplémentaires. Le chef de l'État juge ce délai nécessaire pour instaurer un régime présidentiel en bonne et due forme, qui permettrait de surmonter les difficultés dues au système en vigueur. L'opposition regroupée dans le Front de défense de la démocratie (FDD), dénonce « le coup d'État perpétré par le président Mamadou Tandja qui s'est arrogé hier des pouvoirs exceptionnels » et a appelé l'armée à la désobéissance.
Dimanche : Le ministre de l'Intérieur Albadé Abouba annonce que le référendum sur une nouvelle constitution « aura bien lieu » le . Le pays se trouve ainsi dans une impasse politique. L'armée a jusqu'à présent adopté une attitude de totale neutralité dans l'actuel bras de fer entre le président et l'opposition.
Lundi :