Les définitions du Tibet varient en fonction de l'angle géographique, ethnique, culturel, historique ou politique sous lequel ce territoire est abordé Stephanie Roemer, The Tibetan Government-in-Exile. Politics at large, Routledge, 2008, (Definition of the area of Tibet) : ..
Pour le gouvernement chinois, le Tibet correspond à la région autonome du Tibet, créée en 1965 et reconnue internationalement comme étant une région de la Chine. Cette définition est aussi celle des encyclopédies en ligne Laroussedéfinition du Tibet dans l'encyclopédie en ligne Larousse. et Britannicadéfinition du Tibet dans l'encyclopédie en ligne Britannica..
Pour le gouvernement tibétain en exil, le Tibet correspond aux trois provinces tibétaines de l'Ü-Tsang, de l'Amdo et du KhamThe term TIBET here means the whole of Tibet known as Cholka-Sum (U-Tsang, Kham and Amdo). http://tibet.net/about-tibet/tibet-at-a-glance/, remplacées par les actuelles subdivisions administratives autonomes tibétaines de la république populaire de ChineLes anciennes provinces tibétaines de l'U-Tsang, l'Amdo et le Kham se retrouvent dans les subdivisions administratives autonomes tibétaines de la république populaire de Chine, à savoir : La région autonome du Tibet ou région autonome du Xizang dont le chef-lieu est Lhassa, ancienne capitale du Tibet. Les cinq préfectures tibétaines, la préfecture autonome tibétaine de Golog, la préfecture autonome tibétaine de Haibei, la préfecture autonome tibétaine de Hainan, la préfecture autonome tibétaine de Huangnan et la préfecture autonome tibétaine de Yushu et une préfecture autonome mongole et tibétaine, la préfecture autonome mongole et tibétaine de Haixi dans la province du Qinghai. La préfecture autonome tibétaine de Gannan et un comté le Xian autonome tibétain de Tianzhu dans la province du Gansu. Les deux préfectures autonomes, la préfecture autonome tibétaine de Garzê et la préfecture autonome tibétaine et qiang d'Aba et un comté autonome le Xian autonome tibétain de Muli dans la province du Sichuan. Et enfin la préfecture autonome tibétaine de Dêqên dans la province du Yunnan.. La région du Tibet dont parle le gouvernement tibétain en exil est donc deux fois plus grande () que la région autonome (). Elle a quasiment la même surface que ce qu'on appelle le Grand Tibet.
Selon l'écrivain et journaliste Claude Arpi, directeur du pavillon de la culture tibétaine à Auroville, la définition du territoire du Tibet est la principale pierre d'achoppement dans les négociations entre le gouvernement tibétain en exil et la république populaire de Chine, la Chine ne souhaitant négocier que la région autonome du Tibet, qui correspond approximativement au « Tibet extérieur » de la convention de SimlaClaude Arpi, Tibet, le pays sacrifié, .
Tibet géographique thumb|300px|Le plateau tibétain se situe entre la chaine de l'Himalaya au sud et la cordillère du Kunlun au nord.
Il s'agit du « le toit du monde », le plateau tibétain, le plus haut et le plus grand plateau au monde (altitude moyenne : ), bordé de trois gigantesques chaînes de montagnes : les monts Kunlun, la chaîne de l’Himalaya et le Karakoram (ou Karakorum), qui constituent autant de frontières naturellesStephanie Roemer, op. cit., (Definition of the area of Tibet) : .H.-J. de Dianous, Le Tibet et ses relations avec la Chine, Politique étrangère, vol. 27, année 1962, No 1, , ..
Tibet des encyclopédies Dans l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers de Denis Diderot et D’Alembert, sous la plume de Louis de Jaucourt en 1765, le « Tibet ou Thibet » est un vaste pays d'Asie très peu connu au climat fort rude, montagneux et dont la terre ne produit que du blé et de l'orge, et que l'on divise en deux parties, dont l'une s'appelle le Petit, et l'autre le Grand Tibet. À l'ouest, le petit Tibet ou Baltistan, dont les habitants et les princes sont musulmans et tributaires des Moghols. À l'est, le Grand Tibet ou Boutan inclut le Ladakh où réside le roi et Lhassa ou vit le grand pontife tibétain que l'on qu'on nomme dalaï-lama. L'Encyclopédie mentionne l'existence d'un troisième pays du nom de Tibet, qui n'est pas fort éloigné de la Chine, et se trouve plus exposé que les deux autres aux incursions des Tartares qui sont limitrophesDenis Diderot, Jean le Rond d'Alembert, Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, volume 33, ..
Dans l’Encyclopaedia Metropolitana publiée à Londres de 1817 à 1845, le « Thibet » (Tibet, Tubbet ou Tobot) est un vaste pays appelé par les natifs Bod (terme dérivé du sanskrit) situé au nord de l'Himalaya et qui s'étend des confins du Badakhshan (dans l'actuel Afghanistan et Tadjikistan) jusqu'au frontières de la Chine entre 74° et 105° de longitude est et 29° et 37° de latitude nord. Le Tibet comprend trois divisions principales dans lesquelles la langue, les coutumes et la religion tibétaine prévalent : le Tibet occidental ou Petit Tibet qui inclut le Ladakh (Inde) et le Baltistan (Pakistan) ; le Tibet central ou Tibet propre, subdivisé en Ngari et Ü-Tsang; et le Tibet oriental ou Kham. Le Bhoutan n'est pas inclus dans le Tibet à proprement parler et est décrit comme un pays dépendantEncyclopaedia Metropolitana, volume XXV, pages 586-593.
À l'entrée « Tibet », l’Encyclopaedia Britannica, dans son édition de 1842, décrit le Tibet comme un pays aux grandes dimensions situé dans la Tartarie indépendante, et qui s'étend des sources de l'Indus jusqu'aux frontières de la Chine (d'ouest en est), et de l'Hindustan jusqu'au désert de Gobi (du sud au nord)Encyclopaedia Britannica, volume XXi, pages 254-258. Dans l’édition 1911 de lncyclopædia Britannica, le « Tibet ou Thibet » est un pays d'Asie centrale, entouré au nord par le Turkestan, à l'est par la Chine, à l'ouest par le Cachemire et le Ladakh, et au sud par l'Inde, le Népal et le Bhoutan. Le Tibet a une superficie de plus de et une population estimée à d'habitants« Tibet or Thibet» : « TIBET, or THIBET, a country of central Asia. It is the highest country in the world, comprising table-lands averaging over 16,5oo ft. above the sea, the valleys being at 12,000 to 17,400 ft., the peaks at 20,000 to 24,600 ft., and the passes at 16,000 to 19,000 ft. It is bounded on the N. by Turkestan, on the E. by China, on the W. by Kashmir and Ladak, and on the S. by India, Nepal and Bhutan. It has an area of over 1,000,000 sq. m., and an estimated population of about 3,000,000, being very sparsely inhabited. ».
À l'entrée « Tibet (région autonome, Chine) », le site internet de l’Encyclopedia Britannica, donne les informations suivantes tirées de l'ouvrage Britannica Concise Encyclopedia : « En tibétain Bod, sous sa désignation complète Région autonome du Tibet, en chinois (Pinyin) Xizang Zizhiqu ou (en romanisation Wade-Giles) Hsi-tsang Tzu-chih-ch’ü. Région autonome (pop., 2010: ), Chine occidentale. Il est bordé par l'Inde (Cachemire compris), le Népal, le Bhoutan et la Birmanie, les provinces du Yunnan, du Sichuan et du Qinghai, et la région autonome du Xinjiang. Il a une superficie de , et sa capitale est Lhassa » « Tibet » :
« Tibetan Bod, in full Tibet Autonomous Region, Chinese (Pinyin) Xizang Zizhiqu or (Wade-Giles romanization) Hsi-tsang Tzu-chih-ch’ü » « Autonomous region (pop., 2002 est.: 2,670,000), western China. » « It is bordered by India (including the Kashmir region), Nepal, Bhutan, and Myanmar (Burma), the provinces of Yunnan, Sichuan, and Qinghai, and Xinjiang autonomous region. It has an area of 471,700 sq mi (1,221,600 sq km), and its capital is Lhasa. ».
Dans l’encyclopédie Larousse en ligne, l'article consacré au « Tibet » décrit celui-ci comme « une des cinq régions autonomes de la Chine » et le fait équivaloir au XizangTibet, Encyclopédie Larousse en ligne : .
À l'entrée « Tibet (Xizang) Autonomous Region », la Berkshire Encyclopedia of China, sous la plume du tibétologue Alex McKay, indique qu'une distinction est faite entre le « Tibet politique » gouverné par le gouvernement de Lhassa avant 1950 et le « Tibet culturel » habité principalement par des personnes bouddhistes d'origine tibétaine. L'une des cinq régions autonomes de la Chine, le Tibet est « depuis 1965 officiellement connu sous le nom de région autonome du Tibet (Xizang) (RAT) » Alex McKay, Tibet (Xizang) Autonomous Region Xizang Zizhiqu, in Berkshire Encyclopedia of China, 2009, Berkshire Publishing Group LLC : ..
Pour Glenn P. Hastedt, auteur de l'ouvrage Encyclopedia of American Foreign Policy, le « Tibet » est une région autonome enclavée au sein de la ChineGlenn P. Hastedt, Encyclopedia of American foreign policy, Infobase Publishing, 2004, 562 pages, , : .
L’Encyclopédie du Tibet (Tibet-Encyclopaedia), un projet de l'International Institute for Tibetan and Buddhist Studies dirigé et publié par le tibétologue et professeur émérite Dieter Schuh, couvre le « Tibet » avec pour régions principales le Ngari (mNga´-ris), le Tsang (gTsang), l'Ü (dBus), le Kham et l'Amdo en république populaire de Chine, ainsi que les régions de l'espace culturel ou linguistique tibétain comme le Bhoutan, le Mustang (au Népal), le Sikkim, le Ladakh et le district de Lahaul et Spiti (en Inde) et le Baltistan (au Pakistan).
vignette|La région autonome du Tibet
La région autonome du Tibet ou Xizang
La seule entité administrative portant officiellement, depuis 1965, le nom de « Tibet » est la région autonome du Tibet (aussi dite région autonome du Xizang) (tibétain : བོད་རང་སྐྱོང་ལྗོངས་; Wylie : Bod-rang-skyong-ljongs ; ) Howard Giles, Tenzin Dorjee, Cultural Identity in Tibetan Diasporas, in Journal of Multilingual and Multicultural Development, vol. 26, issue 2, March 2005, : (Le Tibet administratif ne supervise que la région autonome du Tibet).. Cette région, couvrant quelque 1,2 million de kilomètres carrés Vajrayana forms in upstate New York, A Thesis Presented to the Faculty of the Graduate School of Cornell University in Partial Fulfillment of the Requirements for the Degree of Master of Arts by Annika Antoinetta Lundkvist, May 2008, : ., est la zone administrative que le gouvernement de la Chine et la plupart des médias occidentaux désignent sous le nom de « Tibet » Andrew Martin Fischer, "Population Invasion" versus Urban Exclusion in the Tibetan Areas of Western China, in Population and Development Review, 34(4), (December 2008), note 1 : .. Les limites de cette région furent déterminées d'après le territoire sous le contrôle de Lhassa lorsque la RPC envahit la partie orientale du dit territoire en 1950Andrew Martin Fischer, op. cit., , note 1 : .. À sa périphérie orientale et méridionale, existent des « zones autonomes tibétaines » incorporées dans les provinces limitrophes du Qinghai, du Sichuan, du Gansu et du Yunnan (cf, en bas de la page, « Entités autonomes tibétaines de la république populaire de Chine »).
Lorsque la république populaire de Chine utilise le terme « Tibet », elle fait référence à la région autonome du Tibet, dont la capitale est Lhassa, l'une des cinq régions autonomes de la RPC ; elle y inclut la plus grande partie de l'État indien de l'Arunachal Pradesh dont elle revendique la possession John Powers, History as propaganda: Tibetan exiles versus the People's Republic of China, Oxford University Press, 2004 .. Pour le Gouvernement tibétain en exil, le Tibet renvoie à une région plus vaste comprenant l’ensemble des anciennes provinces de l'Ü-Tsang, du Kham et de l'Amdo, à l'exception de l'Arunachal PradeshTibet at a Glance, The official website of the Central Tibetan Administration : .
Les Nations unies ont reconnu la république populaire de Chine dans ses frontières actuelles et ne considèrent pas le Tibet comme un territoire à décoloniserMartine Bulard, La Chine parle d’autonomie mais réprime ses minorités, dans Atlas 2010 du Monde diplomatique, Armand Colin, Paris, 2009, p. 143 : ..