La classe Collins est une classe de six sous-marins de à propulsion diesel-électrique. De conception suédoise, ils ont été produits sous transfert de technologie en Australie pour la Royal Australian Navy. Leurs centrales de propulsion diesel-électrique ont été fournies par l'entreprise d'ingénierie française Jeumont-Schneider.
Historique Les projets de remplacement de la classe Oberon d'origine britannique commencent en 1978. Au début des années 1980, les bureaux d'études de la Royal Australian Navy se prononcent en faveur d'un sous-marin ayant une endurance de et capable de rester en plongée ininterrompue durant , plutôt qu'un achat « sur étagère » d'un bâtiment européen, construit traditionnellement pour de courtes distances et de faibles endurances. C'est pourtant Kockums, un industriel construisant de petits bâtiments devant opérer dans la peu profonde mer Baltique, qui est choisi en 1987 de préférence à HDW. Ce choix, comme celui du F-111C en son temps, est controversé, des rumeurs de corruption (plus tard démenties) apparaissant. Le plus grand défi qu'aura à relever la classe Collins est que, dès 1985, le gouvernement Hawke avait décidé que les bâtiments seraient construits entièrement en Australie. Une société ad hoc, Australian Submarine Corporation, est créée à Adélaïde entre Kockums et des partenaires australiens et américains (lesquels fournissent le système de combat). Ce montage industriel génèrera plus tard des tensions considérables entre le constructeur et le client.
Retards, dépassements budgétaires et problèmes techniques et humains
Le gouvernement envisageait un total de dix sous-marins : six sont effectivement mis en service. Ce programme a couté de dollars australiens en 2006..
En 2009, la marine manque de personnel qualifié et seuls trois pourraient être envoyés en mission..
Le rapport McIntosh-Prescott Si le premier bâtiment, le HMAS Collins, construit par Kockums, est livré à temps en , le second, construit par Australian Submarine Corporation, accuse un retard de . À ce moment, les problèmes techniques et les retards de la classe sont devenus importants. Ces derniers sont si sérieux et si persistants qu'un rapport public est commandé à Malcolm McIntosh, directeur de la Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO) et John Prescott, ancien directeur du management chez BHP.
Le rapport McIntosh-Prescott conclut que les Collins ne sont pas aptes au combat :
Le rapport note que le bâtiment est bruyant et donc vulnérable à une attaque, que la tuyauterie pose de sérieux problèmes (la RAN admettra plus tard qu'elle avait été remplacée en cachette sur le HMAS Collins avant la visite des rapporteurs), que les moteurs cassent régulièrement, que le mauvais dessin de la coque entraîne des turbulences quand le bâtiment est submergé, que le rendu visuel du périscope est flou et que les systèmes de communications et de combat sont dépassés.
Le système de combat risquant de n'être jamais complètement opérationnel et le rapport McIntosh-Prescott conseillant son démantèlement, celui-ci est remplacé en 2005 sur les 6 bâtiments de la classe par un nouveau système fourni par General Dynamics/Raytheon.. Le problème de signature sonore des moteurs Diesel est résolu avec l'aide de l’US Navy..
Service actif thumb|right|L'HMAS Waller à Pearl Harbor durant l'exercice RIMPAC 08 (25 juin 2008) En 2002, il est rapporté que le HMAS Sheean « s'est bien débrouillé » durant les deux semaines d'exercices RIMPAC 02 au large d'Hawaï avec l'USS Olympia (SNA de classe Los Angeles). Les deux sous-marins, échangeant les rôles de chasseur/proie, sont crédités du même nombre de tirs au but. Durant son attaque simulée de lOlympia et de deux destroyers de classe Arleigh Burke, le Sheean lance 28 torpilles. Selon le chef d'état-major de la flotte sous-marine australienne, Le Sheean pénètre ensuite le rideau ASM américain et coule virtuellement l'USS Tarawa, un navire d'assaut amphibie polyvalent (sigle LHA en anglais de classe Tarawa) et l'USS Rushmore, un bâtiment militaire de transport de chalands de débarquement (sigle LSD en anglais) de classe Whidbey Island)..
Cependant, un an plus tard, à la suite de l'accident de l'HMAS Dechaineux, l’Australian Broadcasting Corporation (ABC) rapporte qu'. John Moore, député et ancien ministre de la Défense australien, confirme qu' L’ABC rapporte que la profondeur maximale de plongée de la classe Collins, bien que classée secret défense, a été limitée à .. Selon The Australian, ces problèmes étaient connus de la RAN depuis , date de publication d'un rapport confidentiel énumérant « 67 risques importants de sécurité ».
Ces nombreux problèmes semblent avoir été corrigés et les 6 Collins ont été déclarés opérationnels en .
En 2024, des dommages importants causés par de la corrosion sont découverts sur les HMAS Sheean et HMAS Farncomb, et nécessitent des « réparations très compliquées » selon Stuart Whiley, le PDG du chantier naval ASC.
En Novembre 2024, l'Australian Broadcasting Corporation (ABC) a révélé qu'un seul sous-marin de type Collins sur les six que possède la RAN était en état de prendre la mer.
Jane's Fighting Ships et le rapport annuel 2006 d'Australian Submarine Corporation rapportent que le Collins a été modifié pour l'embarquement de forces spéciales.
Armement
Électronique 1 radar de veille surface Kelvin Hughes Type 1007 1 sonar actif/passif Thomson Sintra Scylla 1 sonar passif remorqué GEC Marconi Kariwara (73 et 74) 1 sonar passif remorqué Thomson Marconi Narama (75) 1 sonar passif remorqué AlliedSignal TB-23 (76 et 77) 1 contrôle d’armes Boeing/Rockwell 1 périscope Pilkington Optronics CK.43 1 périscope Pilkington Optronics CH.93 2 leurres SSE 1 détecteur de radar Argo AR.740
Les sonars, de fourniture THALES, indépendamment du programme de remplacement SEA 1000, recevront une mise à niveauThales renforce les capacités sonar des sous-marins australiens de la classe Collins, 14 juin 2018..
Les tableaux électriques de propulsion et têtes de batteries sont conçus et fabriqués par la société française Schneider-Electric.
Liste des unités NuméroNomQuilleLancementServiceStatutSSG 7314 février 199028 août 199327 juillet 1996en activité : Base navale de StirlingSSG 7415 décembre 199531 janvier 1998d°SSG 7519 mars 199214 mars 199710 juillet 1999d°SSG 764 mars 199312 mars 199824 février 2001d°SSG 7717 février 19943 mai 199924 février 2001d°SSG 7812 mai 199526 novembre 200129 mars 2003d°
Accidents Le , une voie d'eau se déclare à bord de la salle des machines du alors que ce dernier est en plongée à 40 milles au large de Perth, à sa profondeur maximale. Selon certaines sources, le Dechaineux évite de le naufrage dans l’océan Indien..
Projet initial de remplacement en 2016 Le remplacement de la classe Collins est prévu pour 2025. Le lancement d'études sur le projet, dénommé SEA 1000, est autorisé par le ministre de la Défense australien Joel Fitzgibbon en , tandis qu'un bureau d'études est mis sur place en octobre 2008. Le remplacement est acté par le Livre blanc sur la défense 2009, publié le . D'un déplacement supérieur aux Collins, les . seraient à propulsion anaérobie et non nucléaire et entièrement construits en Australie (vraisemblablement par ASC) avec l'utilisation de , bien que le chantier naval Electric Boat de Groton (General Dynamics) et Lockheed Martin soient donnés favoris.. Le rôle des nouveaux sous-marins serait l'attaque de navires de surface et de sous-marins, l'attaque de cibles terrestres, la collecte d'informations, la projection de forces spéciales, voire la dissuasion conventionnelle de l'Australie.. Tout d'abord estimé à 15 milliards de dollars australiens (12 pour les bâtiments, 3 pour le développement), le coût du programme atteint 34 milliards. Le , l'Australie annonce avoir choisi les sous-marins du programme Barracuda....
Second projet de remplacement à partir de 2021 Contexte Cependant, le , le gouvernement australien annonce la rupture du contrat. L’administration américaine de Joe Biden a en effet annoncé le même jour la création d’un vaste partenariat de sécurité dans la zone indo-pacifique entre les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni. Ce nouveau pacte est appelé « AUKUS », d’après les initiales des pays fondateurs (Australia, United Kingdom, United States). La France, pourtant présente dans la région via ses territoires d'outre-mer, n’a pas été consultée au préalable. Dans le cadre de ce partenariat, l’Australie va bénéficier d’un transfert de technologies américaines et britanniques pour construire des sous-marins à propulsion nucléaire et non plus conventionnels comme ceux retenus initialement par la marine australienne sur la base d'une compétition dont Naval Group fut sorti vainqueur en 2016. Cette annonce a déclenché une crise diplomatique entre la France et ses alliés américains et australiens. La Nouvelle-Zélande a déjà annoncé que ces futurs sous-marins australiens seraient interdits dans ses eaux territoriales. En effet ce pays n'y admet aucun navire à propulsion nucléaire depuis 1985..., politique actée par une loi de 1987.
Solution à développer au titre de l'AUKUS
Le ministre de la défense australien Peter Dutton entreprend, le , une visite sur le chantier naval Electric Boat de Groton où sont produits les sous-marins de la classe VirginiaTweet de satisfecit du ministre, 21 septembre 2021..
Refonte et maintien en service jusqu'en 2048
D'ici à l'entrée en service de la solution retenue pour la mise à disposition d'un sous-marin d'attaque nucléaire, les exemplaires de la classe Collins vont devoir subir des refontes afin de porter leur date de retrait du service à 2048, au moinsSubmarine Upgrade Will Extend Australian Navy’s Collins Class To 2048, Navalnews, 28 septembre 2021.. Saab Kockums AB en attend du gouvernement fédéral une formalisation écrite.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Liste des navires actuels de la Royal Australian Navy Classe Attack (sous-marin)
Liens externes
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