Chantal Montellier, née le à Bouthéon près de Saint-Étienne dans la Loire, est une scénariste et dessinatrice de bandes dessinées, dessinatrice de presse, romancière et peintre française. Considérée comme une pionnière en tant qu’autrice de bande dessinée femme, elle est connue pour son style de dessin réaliste et ses œuvres militantes.
Biographie Jeunesse et formation Chantal Montellier voit le jour dans un milieu conservateurL'allégation de Virginie Talet sur les origines sociales de Chantal Montellier est fausse........ Issu d'un milieu social mixte, le cadre familial de Chantal Montellier réunit la bourgeoisie locale et le monde ouvrier. Son grand-père maternel, Pierre Séon, travaillait comme porion dans un puits de mine stéphanois, tandis que sa grand-mère y gérait une épicerie-buvette tout en exerçant le métier de couturière. Elle étudie à l’école des beaux-arts de Saint-Étienne de 1962 à 1969. Pendant cette période, elle dit avoir aimé la peinture de Balthus, Bacon et Cremonini pour le travail de destruction des formes. C'est d'ailleurs chez ce dernier qu'elle retrouve les préoccupations politiques qui l'avaient marquée lors de sa lecture de Peinture et société de Pierre Francastel. Puis enseigne les arts plastiques en collèges et lycées entre 1969 et 1973. Alors étudiante, en mai 1968, elle connaît un vrai tournant en découvrant une réalité sociale qui dépasse largement le cadre étroit de son milieu d'origine.
Début de carrière Elle s'intéresse d'abord à la peinture. Se sentant isolée, elle monte à Paris pour y faire des contacts.. Elle y expose ses œuvres (certaines de ses toiles sont présentées au Grand Palais en 1972). La jeune artiste se sent d’emblée attirée par les peintres de la nouvelle figuration. C’est toutefois sa rencontre avec le travail de Guy Debord, figure de proue du situationnisme, qui la ramène vers le neuvième art. Le détournement d’images mis au service d'un discours politique transforme radicalement la vision qu'elle se faisait de cet art alors marginal. Pour compléter ses revenus, elle se tourne vers le dessin de presse, et à partir de 1972, elle réalise des dessins de presse pour des périodiques de gauche : Le Combat syndicaliste, Politis, L’Humanité, L'Unité, La Nouvelle Critique, Maintenant, Le Monde, L'Autre Journal, Marianne, France nouvelle, Révolution, entre autres.. Une partie de ceux-ci est regroupée dans l'album Sous pression..
Autrice de bande dessinée Comme autrice de bande dessinée, elle participe notamment à Charlie Mensuel, Métal hurlant, Ah ! Nana, (À suivre) et Psikopat. Dans Le Canard sauvage, elle publie quelques planches en 1973Le Canard sauvage est un périodique de bande dessinée français paru d' à , rédacteur en chef : Numa Sadoul, aux côtés du directeur de publication Jacques Glénat.. Pour Métal hurlant, elle crée de courts récits de science-fiction, collectés ensuite en albums. Elle travaille aussi pour les éditions Magnard et Gallimard.
Elle lance sa première série Andy Gang dans Ah ! Nana (1976). Chez les Humanoïdes associés, elle publie 1996 (1978), (1979), Lectures (1982), (1983), L'Esclavage c'est la liberté (1984), Odile et les crocodiles (1984), et Ruptures (1985). Chez Futuropolis Les Rêves du fou (1981), Le Sang de la Commune (1982), La Toilette (1983), Un deuil blanc (1987)... Selon la chroniqueuse du site ActuaBD Thelma :
Son dessin réaliste, souvent en noir et blanc à ses débuts, évoque d'abord celui de Jacques Tardi. puis évolue vers , avant de s'orienter vers des expérimentations visuelles mêlant collages et éléments pop art. Ses œuvres, qui témoignent de son intérêt , sont clairement engagées.
Inspirée par certains pans de la vie de la sculptrice Camille Claudel, elle lance dans (À suivre)., les aventures de Julie Bristol. Le récit La Fosse aux serpents connaît une prépublication en 1989 et est publié dans la collection « Studio (À suivre) » des éditions par Casterman l'année suivante.. Dans les années 1990, l'échec de sa série Julie Bristol , et des conflits avec ses éditeurs la conduisent à se concentrer sur l'écriture de textes et l'enseignement.. De 1989 à 1993, elle est chargée de cours à l'université de Paris VIII. Enseignante désabusée, elle confessera qu'elle était : . Elle anime des ateliers de création en milieu scolaire et carcéral.. Entre 1998 et 2005, elle ne sort aucune nouveauté en bande dessinée. En , elle participe, tout comme Florence Cestac, au lancement de la revue Yéti dans laquelle elle publie ses nouvelles TGV... Retour à la bande dessinée vignette|droite|redresse=0.6|Jeanne Puchol, cofondatrice de l'association Artémisia. En , Chantal Montellier publie le roman TGV, conversations ferroviaires, préfacé par Jean-Bernard Pouy, dans la collection « Traverses » des éditions bruxelloises Les Impressions nouvelles.. Ce livre réunit ferroviaires pris sur le vif (dans un compartiment de TGV ou voiture Corail, sur un quai ou dans une brasserie de gare). À travers ces conversations polyphoniques, l'autrice livre un portrait mordant, drolatique et saisissant de la société contemporaine et de ses dysfonctionnements pour lequel ses dessins ont la couleur bleue. Le même mois marque aussi le puissant retour de Chantal Montellier : répondant à une commande de Jean-Luc Fromental pour Denoël Graphic, elle publie Les Damnés de Nanterre. Deux décennies après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, Montellier dénonce, dans Tchernobyl mon amour., une conspiration du silence entretenue conjointement par le monde politique, les médias et l'aveuglement égoïste du public. L'ouvrage sort aux éditions Actes Sud BD en 2006. La même année, Sorcières mes sœurs. intègre la collection « Champ Libre » des éditions La Boîte à bulles. En 2007, elle cofonde avec Jeanne Puchol et Marie-Jo Bonnet le prix Artémisia qui récompense chaque année une bande dessinée réalisée par une ou plusieurs femmes.. L'éditeur et futur correspondant de la section gravure et dessin de l'Académie des beaux-arts Thierry Groensteen réédite Odile et les crocodiles, aux Éditions de l'An 2 / Actes Sud en 2008. Revisitant le mythe de Salomé à l'ère moderne, le récit suit une survivante de viol devenue tueuse en série impitoyable. L'album considéré comme un de Montellier par Didier Pasamonik, directeur général dActuaBD. figure également dans Les 1001 BD qu'il faut avoir lues dans sa vie, un ouvrage dirigé par le critique de bande dessinée britannique Paul Gravett.. Elle réalise en collaboration David Zane Mairowitz, l'adaptation en bande dessinée du Procès de Franz Kafka publié dans la même maison d'édition. La lecture de cet ouvrage inspirera l'éditeur et écrivain américain pour son anthologie de la littérature mondiale..
Elle propose L'Inscription en 2011.. Sur base d'un canevas dressé par Marie-José Jaubert, elle brosse le portrait de Christine Brisset militante des mal-logés, dans L'Insoumise., publié par Actes Sud/L’An 2 en 2013. En 2015, elle se livre dans La Reconstitution.. En , elle participe dans le cadre du Lyon BD Festival à l'exposition collective qui inverse le genre de personnages de bande dessinée pour souligner avec humour les clichés sexistes et réalise une page de garde des albums des Aventures de Tintin féminisée..
En 2017, elle publie , version remaniée de dans la collection « Réflexions faites » de l'éditeur Les Impressions nouvelles.. À cette fin, elle ajoute trente pages et invente un nouveau dénouement pour lequel elle modernise son trait, peaufine la mise en couleur et le lettrage. Selon Gilles Ratier, rédacteur en chefGilles Ratier est aussi le parrain de l'association Artémisia depuis 2016. du site BDzoom désigne l'ouvrage comme la BD de la semaine et écrit : . Elle écrit aussi la même année un roman inspiré de sa propre vie, Les Vies et les morts de Cléo Stirner dans la collection « littérature » des éditions Goater.
Années 2020 En hommage à Vanessa Springora , elle publie en 2020 Dans la tête de Gabriel Matzneff aux éditions Les Cahiers de l'égaré.. En 2021, elle dirige l’ouvrage collectif Je suis Razan, Un visage pour la Palestine, aux Éditions Arcane 17...
En 2023, elle reçoit le Prix extraordinaire décerné par les Utopiales, festival international de science-fiction.. En octobre de la même année, le magazine Métal hurlant publie un numéro hors-série intitulé Ah ! Nana. Cet hommage aux pionnières de la bande dessinée féminine, parmi lesquelles figure Chantal Montellier, rassemble des bandes dessinées, la reprise des neuf couvertures des numéros publiés ainsi que des portraits et présentations des autrices...
Certaines de ses bandes dessinées sont publiées aux Brésil et aux États-Unis. Elle signe souvent ses dessins du monogramme CM.
Engagement politique et féministe vignette|redresse=0.6|droite|Nicole Claveloux, cosignatrice du manifeste Navrant. Chantal Montellier est encartée au Parti communiste français depuis 1968. Elle fut l'une des premières femmes à réaliser du dessin de presse en France. Elle a participé au projet Ah!Nana, magazine de bande dessinée trimestriel, entièrement fait par des femmes et pour des femmes, ayant existé sur neuf numéros entre 1976 et 1979. Elle expliquera dans une interview pour BoDoï en 2000, que ce projet trouvait son utilité car . En 1985, elle cosigne dans Le Monde avec Jeanne Puchol, Nicole Claveloux, et Florence Cestac un pamphlet intitulé Navrant, qui dénonce la bande dessinée racoleuse et sexiste, et ne montrant que les des auteurs de bande dessinée.. Dans leur manifeste, elles dénoncent un mouvement venu d'Italie autour de la revue Frigidaire..
Chantal Montellier affirme son engagement politique et féministe dans ses bandes dessinées (par exemple dans Les Damnés de Nanterre, bande dessinée d'investigation sur Florence Rey, elle démonte la version officielle de la fusillade de la Nation qui a opposé la police à un groupe anarchiste).. Il lui arrive de devoir en assumer les conséquences. Ainsi, invitée dans un premier temps à Lausanne, pour l'édition 2007 de son festival BDFIL, elle s'est vue décommandée au prétexte que sa présence pourrait incommoder d'autres auteurs présents.. Elle dit ne pas être contre la provocation, pour en avoir elle-même fait preuve.
En 2012, elle soutient Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle..
Elle dit aimer la peinture d'Artemisia Gentileschi, Frida Kahlo, Dorothea Tanning et la musique de Carla Bley..
Vie privée Elle réside à Ivry-sur-Seine dans le Val-de-Marne en 2017..
Analyse de l'œuvre L'Œuvre de Chantal Montellier est à rattacher au mouvement nouvelle figuration. Le théoricien de bande dessinée Bruno Lecigne relève dans Les Cahiers de la bande dessinée l' de la pierre. Dans cette même publication, Sylvain Bouyer, maître de conférence en arts plastiques indique que les vignettes sont emplies de marques , tout en précisant l'influence de Guy Peellaert. Thierry Groensteen poursuit : . Selon le critique d'art Pierre Sterckx : Quant à Jacques de Pierpont, il avance:
Dans son roman graphique La Porte ouverte, Dominique Hé rapporte le souvenir d'une conversation tenue en voiture, dans laquelle eut lieu l'échange entre Chantal Montellier et lui : .
Œuvres Publications Albums de bande dessinée
Andy Gang
,
Julie Bristol
Années 2000
Collectifs
Para-BD Chantal Montellier réalise de rares marque-pages et ex-libris.., ainsi que des affiches de festivals de bande dessinée.
Dessin de presse Impressions sur « Betty » dans la « Force des sentiments », L'Autre Journal, au Sous pression, Pop'com/Graphein, 2001
Romans Voyages au bout de la crise, Dargaud, 1995
Nouvelles et récits
Dans la tête de Gabriel Matzneff, Les Cahiers de l’Égaré, 2020, .
Illustratrice
En revues et journaux (bande dessinée) Charlie Mensuel