Saint-Georges-en-Auge (prononcé [sɛ̃ʒɔʁʒɑ̃'noːʒ]) est une ancienne commune française, située dans le département du Calvados en région Normandie, devenue le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Saint-Pierre-en-Auge.

Saint-Georges-en-Auge est peuplée de habitantsPopulation municipale . (les Saint-Jorais.).

Géographie Localisation Saint-Georges-en-Auge est une commune du sud-pays d'Auge, qui s'étend lui-même à l'est du Calvados et se prolonge au nord-est de l'Orne. Elle est située à au sud-sud-ouest de Lisieux, capitale du pays d'Auge, et à au sud-est de Caen, chef-lieu du Calvados.

Communes limitrophes Saint-Georges-en-Auge est entourée par quatre communes, Mittois au nord-ouest, Sainte-Marguerite-de-Viette au nord, Montviette au nord-est et à l'est et L'Oudon (regroupement de communes comprenant entre autres Montpinçon, Saint-Martin-de-Fresnay et Écots) du sud-est à l'ouest.

Topographie Le territoire de la commune, assez vallonné, s'étend sur . Son altitude varie de (à la sortie du Douet de Saint-Georges, au nord de la commune) à (au sud, dans le bois du Tilleul, partie de la forêt de Montpinçon). Il constitue en fait une portion des hauteurs partiellement boisées qui dominent la rive droite de l'Oudon.

Le sous-sol est principalement composé d'argile à silex, l'une des caractéristiques lithologiques de l'interfluve situé entre la Dives et la Vie, avec la marne, l'argile et quelques affleurements calcairesAtlas de Normandie, Caen, 1962, feuille B3 (Lithologie)..

Hydrographie Le territoire de Saint-Georges s'est développé autour des vallées du Douet ou ruisseau de Saint-Georges et de son affluent le Douet ou ruisseau du Tilleul. Trois autres petits cours d'eau arrosent la commune : le Pissot, issu de la source homonyme, et affluent rive droite du Douet du Tilleul ; le ruisseau du Fort-Manel, qui sépare Saint-Georges-en-Auge de Sainte-Marguerite-de-Viette avant de se jeter dans le Douet de Saint-Georges à cet endroit ; et le Douet Pilon, qui forme partiellement la limite de Saint-Georges et de Montviette et grossit le Douet de Saint-Georges en aval de la ferme de la Fichetière à Sainte-Marguerite-de-Viette. Le Douet de Saint-Georges est lui-même un affluent rive gauche de la Viette à Blanvatel (alias la Forge de Viette), hameau de Sainte-Marguerite-de-Viette.

Toponymie Attestations anciennes

Remarque Marie Fauroux a proposé d'identifier à Saint-Georges-en-Auge la forme Sancto Georgio mentionnée en 1051/1066 dans la charte de donation de Robert Bertram en faveur de Saint-Ouen de RouenMarie Fauroux, Recueil des actes des ducs de Normandie (911-1066), Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie XXXVI, Caen, 1961, , .. Comme le pensait déjà Auguste Le PrévostAuguste Le Prévost, Pouillés du diocèse de Lisieux, in Henri de Formeville, Histoire de l’ancien évêché-comté de Lisieux, Lisieux, 1873 ; réimpression Le Portulan, Luneray, 1971, , , Lisieux, 1873, , ce nom doit se rapporter à Pennedepie (Calvados), dont la paroisse est sous l'invocation de saint Georges, et qui apparaît dans un contexte révélateur : illud quod possidet in Sancto Georgio et ecclesiam Sancti Stephani de Hunefloth, c'est-à-dire « ce qu’il possède à Saint-Georges [= Pennedepie ?] et l’église Saint-Étienne de Honfleur ».

Étymologie vignette|Médaillon représentant saint Georges terrassant le dragon sur le maître-autel de l'église de Saint-Georges-en-Auge.

Nom de paroisse sous l'invocation de saint Georges de Cappadoce (), mythique pourfendeur du dragon. Il s’agit en fait d’un martyr de Diospolis (appellation romano-byzantine de Lydda, en Palestine, aujourd'hui Lod en Israël), transformé dans la Légende dorée en chevalier de Cappadoce. Il commence à être mentionné au (époque où ses reliques supposées atteignent l’Italie, puis la Gaule), mais son culte ne devient vraiment populaire en France et en Angleterre qu’à partir du Donald Attwater, The Penguin Dictionary of saints, Penguin Books Ltd, Harmondsworth, 1965, repr. 1981, .. La paroisse de Saint-Georges-en-Auge a donc dû être créée à cette époque, ou au tout début du .

On remarquera parmi les attestations anciennes les formes Joere, Jort, Geore, Jors, Joire, Jore, Jores, Jorres, employées du . Elles représentent le traitement populaire régulier de ce nom, issu de Georius, seule forme vivante de l'anthroponyme en latin vulgaire. La variante savante Georges, refaite sur le latin Georgius, fait son apparition au pour ce qui est de Saint-Georges-en-Auge, et s’est finalement imposée durant la seconde moitié du .

Le déterminant -en-Auge est attesté dès le sous les formes latinisées de Algia et in Algia, ce qui est relativement précoce. Il fait bien sûr allusion au pays d'Auge, dont l’extension ancienne n’était d'ailleurs pas identique à celle d’aujourd’hui. La forme du déterminant est hésitante jusqu'au , où -d'Auge alterne encore avec -en-Auge. La seconde variante s'impose définitivement à l'extrême fin de ce même siècle. On notera cependant que dans l'usage courant, le nom de la commune est le plus souvent réduit localement à Saint-Georges, prononcé [sɛ̃'ʒɔʁʒ].

Aujourd'hui, l'église de Saint-Georges-en-Auge est placée sous l'invocation de saint Firmin.

Histoire Période médiévale redresse=1.4|vignette|Première mention de la foire de Saint-Georges-en-Auge,N[on]dinaru[m] S[an]c[t]i Georgii (1191),Archives départementales du Calvados, cote H 7077. On ne dispose pas d'informations sur l'histoire de Saint-Georges-en-Auge avant la création du duché de Normandie (911). Au , une partie de cette paroisse était un fief de la baronnie d'Écots relevant du comté de Montgommery ; l'autre partie appartenait à l'abbaye de Saint-Pierre-sur-Dives.

À partir de 1191, et jusqu'au , on possède la trace d'une foire seigneuriale à Saint-Georges-en-Auge. Elle se tenait le Vendredi saint, sur une pièce de terre dénommée les Halles jusqu'au , et aujourd'hui la Cour Rivière. Cette foire disposait d'installations permanentes en bois, comprenant des maisons, des entrepôts et des logesLucien Musset, Foires et marchés en Normandie à l'époque ducale, in Annales de Normandie, mars 1976, 3-23..

Sous l'Ancien Régime Plusieurs fiefs sont attestés à Saint-Georges-en-Auge au : en 1630 est mentionnée la baronnie d’Escot et Saint-Jors [= Saint-Georges], relevant du comté d’Alençon ; en 1640, le fief, terre et comté de Montgommery, possédé par le seigneur comte dud[it] lieu ; la vavassorie du Mont Jouas, détenue à cette même date par Philippe Voesne, escuyer, également appelée l’aisnesse du Mont Joie en 1678.

Jusqu'au début du , Saint-Georges-en-Auge et Le Tilleul sont deux paroisses séparées. Le premier seigneur connu de cette dernière est Onfroy du Tilleul, compagnon d'armes de Guillaume le Conquérant. En 1640, on relève la trace au Tilleul d'un fief de la Motte, possédé par Thomas de Méré, escuyer, ainsi que du Tilleul-en-Auge, quart de fief mouvant de la vicomté de Falaise, et dépendant de la sergenterie des Bruns.

Au milieu du , Thomas de Morel était le seigneur et patron du Tilleul (il en nommait le curé) ; des traces de cette famille subsistent jusqu'en 1850. Au , Le Tilleul ne compte plus que treize ou quatorze habitations isolées.

Après la Révolution Peu à peu germe l'idée d'une réunion des deux paroisses, malgré l'opposition du conseil du Tilleul. Par décret impérial du , la paroisse du Tilleul est supprimée, et rattachée à Saint-Georges. Mais ce n'est qu'en 1831, avec le soutien de l'évêque de Lisieux, que l'unification communale a enfin lieu. Le chef-lieu de la nouvelle entité communale est fixé à Saint-Georges-en-Auge.

Période contemporaine Un morceau d'avion canadien a été trouvé lors de la réfection d'une route (Cour Bordeaux). Il a été déposé au cimetière. L'avion aurait été abattu en 1944. Le pilote aurait sauté et survécu.

Le , Saint-Georges-en-Auge intègre avec douze autres communes la commune de Saint-Pierre-en-Auge. créée sous le régime juridique des communes nouvelles instauré par la loi du de réforme des collectivités territoriales. Les communes de Boissey, Bretteville-sur-Dives, Hiéville, Mittois, Montviette, L'Oudon, Ouville-la-Bien-Tournée, Sainte-Marguerite-de-Viette, Saint-Georges-en-Auge, Saint-Pierre-sur-Dives, Thiéville, Vaudeloges et Vieux-Pont-en-Auge deviennent des communes déléguées et Saint-Pierre-sur-Dives est le chef-lieu de la commune nouvelle.

Politique et administration Circonscriptions administratives Avant la Révolution Généralité : Alençon. Élection : Falaise. Sergenterie : Auge (), Saint-Pierre-sur-Dives ().

Depuis la Révolution District : Lisieux (1790-1795). Arrondissement : Lisieux (1800). Canton : Notre-Dame-de-Fresnay (1790), Saint-Pierre-sur-Dives (1801). Intercommunalité : Communauté de communes des Trois Rivières (2008).

Liste des maires

Les maires du Tilleul, commune distincte jusqu'en 1831, ont été les suivants :

Le conseil municipal est actuellement (2014) composé de onze membres dont le maire et deux adjoints.

Publication municipale (trimestrielle) : La Gazette de Saint-Georges (depuis 2008). vignette|Une de La Gazette de Saint-Georges , été 2011.

Liste des maires délégués

Démographie

En 1836, cinq ans après la réunion des deux communes, Saint-Georges-en-Auge compte , dont de nombreux agriculteurs (production de cidre et d'eau-de-vie, élevage de bovins), et une trentaine de commerçants et artisans. Mais à partir de cette époque, une baisse constante de la population se manifeste : une ferme de taille moyenne ne pouvait plus nourrir plusieurs ménages.

Pendant la seconde moitié du , la production laitière augmente ; elle est généralement transformée en beurre et en fromage. Celle-ci devient l’activité principale des agriculteurs à partir des années 1920, supplémentée par l’élevage des cochons et de la volaille. En 1981, la population était tombée à , puis 79 (sans doubles comptes) en 1999. Ces derniers, dont 21 ont moins de à cette date, se répartissent en et .

En , il ne restait plus que cinq familles d’agriculteurs en exercice, et un artisan du bâtiment installé dans la commune. La majorité de la population active de Saint-Georges-en-Auge travaille aujourd’hui hors de la commune. En outre, sur 56 sont constitués de retraités. Saint-Georges-en-Auge est la commune la moins peuplée du canton de Saint-Pierre-sur-Dives.

Religion Circonscriptions ecclésiastiques avant la Révolution Diocèse : Lisieux. Archidiaconé : Auge. Doyenné : Mesnil-Mauger.

Patronage Dédicace de l'église paroissiale : saint Georges, puis saint Firmin. Patron (présentation) : l'abbé de Saint-Pierre-sur-Dives. Fête patronale : dimanche suivant le jour de la saint Firmin ().

Circonscriptions ecclésiastiques modernes Diocèse : Bayeux-Lisieux. Paroisse : Saint-Wambert-des-Trois-Vallées.

Lieux et monuments Architecture religieuse vignette|redresse| Église paroissiale de Saint-Georges-en-Auge. Elle comporte quelques parties médiévales du , mais a été très remaniée au . Le patron en est saint Firmin. À l’entrée de la nef se trouvent l’ancien autel et les fonts baptismaux de l’ancienne église paroissiale du Tilleul. Des stalles ont été installées dans le chœur. On peut noter en outre une sacristie en colombages, deux statues polychromes du (saint Louis et saint Jacques) qui font partie depuis 2011 de l'inventaire des objets mobiliers du Calvados en tant que monuments historiquesLa Gazette de Saint-Georges, , mars 2011, ., ainsi qu’un retable du début du . Sur le maître-autel se trouve un médaillon représentant saint Georges combattant le dragon (voir plus haut l'illustration correspondante).

Architecture civile On note la présence sur la commune d'une motte féodale..