Les Punica (ou La Guerre punique) sont un poème épique écrit au par le poète latin et ancien consul Silius Italicus narrant la deuxième guerre punique. Composée de vers répartis en 17 chants, l'œuvre a été écrite vers la fin de la dynastie des Flaviens. Inachevée, elle avait sans doute pour ambition d'être une , c'est-à-dire en 18 chants.
Une oeuvre nourrie d'oeuvres Grand admirateur de Virgile et de son oeuvre, le consul Silius reprend dans ses Punica un remarquable nombre de lieux communs partagés tant par le panégyriste d'Auguste que par les sources plus anciennes du discours épique gréco-romain, comme lekphrasis du bouclier d'Hannibal que l'on retrouve dans l'Énéide avec le bouclier d'Énée (chant VIII) et dans l'Iliade avec le bouclier d'Achille (chant XVIII) :
Description de l'enfer vignette|Raphaël, La vision d'un cavalier, peinture inspirée du livre des Punica. Silius Italicus fait également descendre son héros aux Enfers, selon la tradition de l'épopée classique. Dans l'Antiquité, chaque poème épique d'une certaine épaisseur décrivait en effet les Enfers, le règne des morts, en changeant, selon les intentions de l'auteur, les caractéristiques « fixes » que la mythologie avait établies. Ainsi, les Enfers n'étaient pas un passage obligé que pour les âmes des défunts ; en connaissent précisément le rituel du sacrifice, les mortels – artistes ou héros – pouvaient y parvenir et converser avec les ombres des personnalités célèbres, ou de leurs parents.
Les héros des poèmes épiques, de cette manière, obtenaient d'énormes avantages dans la préparation de leurs plans, en pouvant accéder à la connaissance de ce qui s'était passé dans des lieux lointains, et, encore plus utile, avoir des informations crédibles sur les évènements à venir qu'ils auront à affronter.
Les exemples les plus fameux sont la catabase d'Ulysse aux Enfers dans l'Odyssée d'Homère (chant XI), et celle d'Énée dans l'Énéide de Virgile (chant VI).
Il est rarement remarqué, sans doute parce qu'il est chanté par un poète considéré à tort ou à raison comme mineur, que Scipion l'Africain, à l'âge de 23 ou 24 ans, aurait eu la possibilité d'utiliser cette source d'informations. Silius Italicus, dans ses Punica, porte le héros romain au seuil du lac Averne, en Campanie, et le fait parler avec les âmes des morts.
Éditions Silius Italicus, La Guerre punique, 4 tomes. Texte établi et traduit par Pierre Miniconi, Georges Devallet, Josée Volpilhac-Lenthéric et Michel Martin. Paris : Les Belles Lettres, coll. des Universités de France, 2003 (première édition 1979). Édition et traduction par Désiré Nisard en 1878
Catégorie:Épopée en langue latine Catégorie:Deuxième guerre punique Catégorie:Livre paru au Ier siècle