Le Petit-Bornand-les-Glières (plus communément appelé Petit-Bornand) est une ancienne commune française située dans le Sud du département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Par arrêté préfectoral en date du , les communes du Petit Bornand-les-Glières et d'Entremont (Haute-Savoie) fusionnent à partir du , prenant le nom de Glières-Val-de-Borne.

Géographie Localisation Le Petit-Bornand, située dans une boutonnière au centre de la cluse du Borne et qui est limitée vers le nord Saint-Pierre-en-Faucigny par le passage rétréci des Evaux et au sud par les Étroits Entremont, est à la fois la plus grande commune du canton de Bonneville et une des plus grandes de Haute-Savoie.

Communes limitrophes vignette|upright=0.8|Le Petit-Bornand-les-Glières et les communes voisines.|alt=Le Petit-Bornand-les-Glières et les communes voisines.

La commune est mitoyenne avec Saint-Pierre-en-Faucigny, du Borne aux Grangettes, avec Bonneville, des Grangettes à la pointe d'Andey (), avec Brizon de la pointe d'Andey à la croix de Cenise (), par Leschaux () et la grotte Glacière, avec Mont-Saxonnex, de la croix de Cenise à la pointe Blanche (), avec Le Reposoir, de Pointe Blanche au pic de Jallouvre () avec Le Grand-Bornand, entre Jallouvre et le roc de Charmieux () en passant par Pointe Verte et le Buclon, avec Entremont, du Charmieux à la Pointe de Puvat () par la Pointe de Ballanfat () et la montagne des Auges avec Thorens-Glières, à la montagne de Cou () par le plateau des Glières (), la montagne des Frêtes et le Pas de la Truie jusqu'à la roche Parnal, avec La Roche-sur-Foron, de la roche Parnal à la montagne de Cou () et avec Saint-Laurent, de Cou au Borne par la Dent et les cols des Chasseurs, du Parcheux, de la Cache et des GardesCarte IGN 3430 ET..

Géologie vignette|upright=0.8|Vue du pic de Jallouvre, depuis le plateau de Cenise.|alt=Vue du pic de Jallouvre depuis le plateau de Cenise.

Le point culminant de la commune est le pic de Jallouvre ().

Contrairement aux roches cristallines du mont Blanc, les roches du massif des Bornes sont constituées de matériaux sédimentés dans d'anciennes mers.

Pour se transformer en roches, les dépôts ont subi une évolution complexe par déshydratation. Au cours de ce processus de plusieurs milliers d'années, la plupart des organismes ont disparu. Mais certaines parties dures (telles les coquilles) peuvent être visibles sous forme de fossiles.

Les calcaires urgoniens des géologues renferment une association de fossiles comprenant des coraux, des éponges, des bivalves, des gastéropodes et des oursins bien visibles.

Les lapiaz, sculptures rocheuses naturelles bien présentes sur la montée de Leschaux (), résultent d'une intense dissolution superficielle du calcaire et constituent autant de pièges pour les eaux de pluie et de fonte des neiges qui sont rapidement absorbées par les innombrables fissures. De ce fait le paysage offre l'image d'un lieu aride sans cours d'eau superficiels.

Par contre sous les lapiés, les importantes quantités d'eau forment au sein de la masse calcaire de véritables rivières souterraines qui émergent dans la vallée du Borne sous forme de « Nants ».

En outre, sur Glières, il est possible d'observer des phénomènes témoignant de l'existence d'anciens glaciers qui modelaient le paysage il y a entre 10 et . Le site d'Ablon renferme un énorme bloc erratique d'environ , perché sur un socle au beau milieu de l'alpage.

En 1786, sont nommés : messieurs Rillet et Sénébier, géologues de Genève, afin de rechercher des indices de charbon fossile en Haute-Savoie. Ils découvrent dans un ravin, au-dessus du chef-lieu, à « Chuet », un filon de lignite d' de puissance, appartenant à l'étage nummulitique.

Son exploitation est lancée grâce à l'ouverture de galeries d'une cinquantaine de mètres de long. Le Journal de Genève du écrit : «…Ce filon qu'on a suivi assez avant dans une direction presque horizontale, a augmenté en puissance à mesure qu'on avançait et il offre actuellement environ d'épaisseur sur une largeur et une profondeur inconnues... Après l'extraction une quantité considérable de houille est actuellement en magasin au village du Petit-Bornand… » L'entrée de la mine est toujours visible.

Hydrographie vignette|upright=0.8|Dans le creux, le lac de Lessy et en arrière-plan le Pic de Jallouvre.|alt=Vue du lac de Lessy et en arrière-plan le Jallouvre.

La commune est traversée par la rivière le Borne. Elle fait partie du bassin versant de l'Arve.

Le Borne prend sa source au pied de la pointe Percée, point culminant de la chaîne des Aravis (), dans le névé, vers le lieu-dit Planet (). Il est long de . Sa pente moyenne est d'environ 3,80 % ou 2,17°. Sa confluence avec l'Arve se fait en aval de Bonneville. Son débit moyen est de /s à Saint-Jean-de-Sixt, son régime est nival. Après deux barrages (Beffay - Saint-Pierre) au « pont du borne » le débit n'atteint que /s. Les étiages en ce lieu n'atteignent que /s.

La construction de barrages, notamment celui au pied du village de Beffay, permit en 1918, au conseil municipal de se lancer dans l'électrification de la commune.

Ce paisible torrent à la fois bucolique et sauvage cache des effets dévastateurs. Le de violents orages saturèrent son lit supérieur faisant dévaler un torrent furieux, provoquant d'importants dégâts. Le pont de l'Essert et une partie de la route furent emportés, les dégâts sont encore visibles puisque le pont dut être reconstruit plus en amont. Sur la commune voisine du Grand-Bornand on dénombra et deux disparus..

Petit-Bornand disperse ses alpages, ses forêts et ses hameaux de part et d'autre de la rivière qui réglait toute la vie de la vallée.

Les affluents (torrents, nants) au niveau de la commune sont : le nant de la Ville, de la Louvatière, de Barbotante, de Jalandre, de Derrasse, Cliameux, du Tailleur, Beffay, Bellajoux et des Gardes. Nants qui souvent se terminent en cascade compte tenu de la forte déclivité. Ces nants étaient particulièrement importants pour l'industrie forestière, céréalière, deux moulins étaient en fonction (la Ville, au Fond des prés) et les métiers du bois.

Avant de couler au fond de la vallée, les eaux de pluie et de fonte des neiges suivent un long parcours. Le calcaire est sensible aux acides que contiennent les eaux en faible quantité. Cette dissolution est extrêmement lente, mais elle s'exerce depuis des millions d'années. Les sommets et falaises qui dominent le Petit-Bornand cachent donc un réseau complexe de galeries naturelles dans lesquelles l'eau circule, parfois sous pression.

Bien que recevant près de d'eau par an (contre à Annecy et à Genève), les reliefs apparaissent arides. Par contre, sous les lapiés, d'importantes quantités d'eau forment de véritables cours d'eau souterrains qui émergent dans les vallées souvent sous forme de cascades.

Les eaux infiltrées se concentrent à cause des plis et fractures qui orientent les écoulements grâce aux roches imperméables qui sont situées à la base des calcaires solubles. Le réseau souterrain de la Diau, par exemple, avec plus de de galeries étagées sur un dénivelé de constitue une des grandes cavités de France.

Actuellement, quatre gouffres permettent aux spéléologues d'effectuer des traversées intégrales depuis la surface des lapiés du plateau Parmelan-Glières jusqu'à la sortie par le vaste porche de la grotte de la Diau.

La plus importante de ces rivières souterraines, celle de Morette, drainant la combe d'Ablon, la montagne de Tête Ronde et la plus grande partie du plateau des Glières, reste à découvrir.

Les réserves d'eau situées en altitude sourdent souvent et font pleurer la falaise de Leschaux.

vignette|upright=0.8|gauche|Réflexion des montagnes sur le lac de Lessy

Le lac de Lessy est situé à d'altitude, sur le territoire de la commune. Site privilégié des randonnées pédestres, habitat pour la faune (saumon des fontaines) et la flore aquatique, également source d'alimentation pour une grande partie de l'eau potable du Petit-Bornand, cet espace était menacé depuis 2006. En effet, le lac se vidait chaque été (environ par jour), mettant en péril ses fonctions environnementales. On identifie, alors, deux fuites à travers des failles sur la rive nord, une intervention fut décidée. Les failles sont colmatées par deux géo-membranes de 40 et et deux cheminées sont installées pour permettre au lac de retrouver son niveau. Cette action, en collaboration avec la CCFG, a été récompensée en 2007 par une Marianne d'Or, grenelle de l'environnement..

Climat La situation de Petit-Bornand-les-Glières, d'une altitude médiane de , place la commune dans un milieu continental montagnard caractérisé par une humidité marquée .. Les hivers sont plus froids et neigeux, et la saison estivale douce avec parfois des épisodes orageux. Les intersaisons (avril et octobre) sont aussi en moyenne plus humides.

Les données utilisées par Météo-France pour caractériser le climat local reprennent celles de la station météorologique de référence, située à Bourg-Saint-Maurice, dans la vallée de la Tarentaise, relevées sur la période 1981-2010..

L'amplitude thermique est proche de celle observée pour la ville d'Annecy, .

Faune Les animaux sauvages sont nombreux dans les montagnes environnantes et les différents alpages.

Il est possible d'observer des chamois, des bouquetins, des blanchots, des chevreuils, des cerfs, des sangliers, des marmottes.

La présence du loup attestée depuis 2000, pose de nombreux problèmes à l'économie agropastorale. En 2009, un loup est abattu légalement sur la commune..

Concernant les volatiles, il est possible d'observer des chocards à bec jaune des aigles royals, des faucons pèlerins, des autours des palombes, des grands-ducs, des chouettes de Tengmalm ou encore des tétras-lyre ou petit coq de bruyère. La femelle présente un plumage brun et strié et une queue légèrement fourchue.

Le Borne abrite principalement la truite fario et la truite arc-en-ciel, le lac de Lessy le saumon de fontaine.

Flore La forêt occupe soit près de la moitié totale de la commune.

Prairies d'alpage Elles constituent avec la pessière (forêt d'épicéas) les deux éléments dominant du paysage végétal de la vallée.

Après la fonte des neiges et avant la pousse des graminées, on trouve la jonquille (ou faux narcisse), le crocus, la soldanelle des Alpes de la même famille que la primevère, la pulsatille des Alpes.

Durant l'été, ces pâturages nous offrent la grande astrance, la doronic (marguerite jaune), la grande gentiane jaune, aux feuilles opposées ( à ne pas confondre avec le vératre, aux feuilles alternées), le lis Martagon (rare et fragile).

L'automne voit fleurir le colchique, la gentiane ciliée et la gentiane jaune.

Dans les secteurs humides, telle la tourbière de Glières, le promeneur rencontre le trolle d'Europe dit trolle des Alpes et les sphaignes qui forment un tapis mousseux et élastique gorgé d'eau. La linaigrette ou herbes à coton ainsi nommées pour leur houppe cotonneuse.

Dans le val d'Ablon, le jonc forme des lignes qui matérialisent des écoulements temporaires qui s'achèvent en pertes alimentant les rivières souterraines.

Hêtraies ou pessières La hêtraie forme la base des pentes d'éboulis des versants humides sous les grands escarpements calcaires. Les hêtraies pures sont rares. Plus souvent les hêtres (ou fayards) constituent avec les sapins (sapin rouge ou épicéa et sapin blanc ou sapin pectiné) et les mélèzes des forêts mixtes. Le sous-bois est souvent luxuriant du fait de l'humidité et de la richesse du sol, fougères et champignons colonisent cet espace. Localement, lorsque l'épaisseur d'humus est suffisante la myrtille commune se développe en peuplement dense.