Jean des Vallières est un militaire, écrivain et scénariste français, né le et mort le .
Biographie Famille Jean des Vallières est né dans une famille de la grande bourgeoisie parisienne : la famille Lefebvre des Vallières, dont le nom s'écrivait aussi Lefevbre-DesvallièresPierre-Marie Dioudonnat, Le Simili-Nobiliaire-Français, éd. Sedopols, 2012, . Cette famille est issue de Claude François Lefebvre-Desvallières (1745-1820), huissier-commissaire priseur au Châtelet.
Jean des Vallières est le fils du général Pierre des Vallières, héros de la Première Guerre mondiale, tué à la tête de sa division en , et le petit-fils de Prosper des Vallières qui fut maire de Ville-d'Avray.
Il épouse, le , Anne-Marie de Terris (1895-1968), originaire de Bonnieux (Vaucluse), petite-fille de Jules-François Pernod et petite-nièce de Mgr Ferdinand de Terris.
De leur union sont nés trois garçons : Pierre des Vallières (alias Michel Aubriant, critique de cinéma), Hervé des Vallières (alias Hervé, publicitaire et dessinateur de presse) et Roland des Vallières.
Carrière militaire et administrative Ancien élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (promotion De la Croix du Drapeau), il choisit la cavalerie.
Première Guerre mondiale
Affecté à un régiment de hussards, il est blessé le à Dinant en Belgique. Aussitôt guéri, il quitte à sa demande la Cavalerie pour devenir lieutenant-aviateur. Il fait partie des escadrilles N 12 et SPA 12 (avec notamment le sous-lieutenant Georges Pelletier-Doisy, le sous-lieutenant Jean Navarre, le lieutenant René Chambe et le capitaine Raymond de Bernis). Sur l'un des avions, Steinlen avait peint pour Jean des Vallières une mascotte. Décoré de la Légion d'honneur, il est également titulaire de trois citations à l'ordre de l'Armée. De cette expérience à « la 12 » dans le secteur de Reims, il tirera son roman L'escadrille des Anges (1947).
Le , au retour de mission, son avion (un Nieuport 17 numéro 18347, portant sur la carlingue la devise latine « unguibus et rostro » soit en français « par les griffes et le bec ») s'égare en raison du mauvais temps et se voit contraint d'atterrir en territoire occupé. Capturé, il est d'abord interné dans un classique camp de prisonniers, puis transféré au camp de représailles du Kavalier Scharnhorst (travaux forcés) d'où il s'évade pour participer à la révolution allemande à Berlin et à Magdebourg. Il finit la guerre emprisonné dans la forteresse de Magdebourg. Ce sera le thème de deux récits publiés après la guerre, Kavalier Scharnhorst (1931) et Spartakus Parade (1932), deux récits inspirés de ses souvenirs de prisonnier de guerre, qui connaissent le succès littéraire (livres qui ont inspiré Jean Renoir dans la Grande Illusion). Il reçoit la médaille des évadés.
L'Entre-deux-guerres Déçu par la politique, il lit L'Action française et fréquente les milieux royalistes. Il publie sous le pseudonyme de « Jean Ravennes », une douzaine de romans et d'essais.
thumb|Château Montauban En 1930, il acquiert le château de Montauban, près de Fontvieille (Bouches-du-Rhône), et crée, avec Léo Lelée, la Société des amis des moulins d'Alphonse Daudet.
Déçu par les mœurs politiques de la Troisième République, attiré et convaincu par son beau-frère, le colonel Henri de Corta, qu'il avait connu commandant en Allemagne, il s'engage à la Légion étrangère et part au Maroc. De cette expérience, il publie en 1933 le roman Les Hommes sans nom. Le colonel de Corta, y figure sous le nom de « Colonel de Joyeuse ».
Seconde Guerre mondiale Mobilisé en dans un groupe de reconnaissance de cavalerie, il est démobilisé à l'Armistice (ayant précédemment obtenu le grade de capitaine), il regagne son château de Montauban à Fontvieille.
Sous-préfet , il accepte le poste de sous-préfet d'Arles le .
Le , il accueille à Arles le maréchal Pétain, avant que ce dernier se rende à Marseille puis à Toulon (pour inspecter la flotte).
Suisse Retranché en Suisse, il est condamné à mort par contumace en après la Libération par la cour de justice de Marseille.
Il passe sept ans d'exil en Suisse.
Acquittement Il est acquitté à l'unanimité par le tribunal militaire de Reuilly au début de Le Figaro du sous la plume de Roland Bochin : « L'écrivain Jean des Vallières, auteur de Kavalier Scharnhorst, et des Hommes sans nom, s'était au début de l'Occupation, retiré dans un mas provençal (où jadis médita Alphonse Daudet) lorsque le gouvernement de Vichy lui offrit le poste de sous-préfet d'Arles. Il l'accepta sans se douter qu'un jour il serait condamné à mort par contumace - c'est la Cour de justice de Marseille qui, en juillet 1946 rendit cette sentence - et que beaucoup plus tard il comparaitrait devant un tribunal militaire. Coup rude pour un homme qui, Saint-Cyrien, vaillant combattant de la première guerre mondiale, fut trois fois cité, reçut la médaille des évadés, appartint comme aviateur à la escadrille, et qui est le fils du général Pierre des Vallières tué en pleine bataille, à la tête de sa division au cours de l'offensive libératrice de 1918. Jean des Vallières n'avait pas occupé longtemps le poste de sous-préfet, puisque les Allemands l’arrêtèrent au début de 1943. C'est un acquittement qui est venu lui rendre son honneur après avoir été soutenu par de nombreuses personnalités. ».
Il rentre alors en France pour poursuivre son œuvre littéraire et cinématographique.
Il séjourne ensuite à Paris dans le et passe l'été dans la propriété de son épouse à Bonnieux. Il est inhumé au cimetière de Bonnieux avec ses fils Hervé et Pierre Cimetières de France et d'ailleurs (le critique de cinéma Michel Aubriant et son épouse, ainsi que sa petite-fille Patricia de Breuvery, artiste peintre.
Œuvres Comme écrivain, Jean des Vallières est également connu sous les noms de « Jean Ravennes » et de « Terence Mac Swiney » : Quelques sabres dans la mêlée. Contes de la guerre de 1914-1916 suivis d'autres contes fantaisistes, éditions Jouve et Cie (publié sous le nom de Jean Ravennes), 1916. Hélène et les lys (publié sous le nom de Jean Ravennes), 1917 La Fâcheuse Réputation de M. de Percy-Florac, La Gazette de Paris, souvenirs du , recueillis au château de Nogaro , 190 pages (publié sous le nom de Jean Ravennes), 1921 Mon ami M. de Bandières, Librairie des Éditions modernes (publie sous le nom de Jean Ravennes), 1922 Les Éléphants, roman, Ollendorff, 1923 Le Beau Voyage de M. de Merfeuil, roman d'aventures (publié sous le nom de Jean Ravennes), Librairie Ollendorff, 84 pages, 1923. La Jeunesse des dieux, Éditions Verneuil, Imprimerie Turgis, 1924 ; réédité en 1927 Perrin (publié sous le nom de Jean Ravennes). L'Aventurine, roman, La Connaissance, 1926 Marie de Jérusalem, Plon, 302 pages, 1928. Le Maroc : Aux portes du sud. Volume 2 : De toutes nos colonies, avec une couverture en couleur de Charles Fouqueray et une documentation de Pierre Deloncle, Librairie de la Revue française, Alexis Redier, éditeur, 184 pages, cartes et gravures, 1930. Réédition posthume : Rabat, Dar Al Aman, 2012 Ses yeux si bleus, roman, Éditions Albin Michel, 313 pages, 1935 (Notice BNF = FRBNF32024962) Tendre Allemagne . Kavalier Scharnhorst, préface du général Robert Massenet-Royer de Marancour, Éditions Albin Michel , 1931. Ce livre a inspiré le film La Grande IllusionOlivier Curchod précise que La Grande Illusion est une « libre adaptation » de Kavalier Scharnhorst ; Olivier Curchod, La Méthode Renoir, Partie de campagne et La Grande Illusion, Armand Colin, 2012, 183). Tendre Allemagne. Spartakus Parade, Éditions Albin Michel, 1932. Fort Dolorès, roman, aux Œuvres françaises de Paris, couverture illustrée, 167 pages, 1938. Sous le drapeau de la Légion étrangère. Les Hommes sans nom, roman, Éditions Albin Michel, 319 pages, 1933. Sous le drapeau de la Légion étrangère. Sa grandeur l'infortune, nouvelles, Éditions Albin Michel, Prix de l'Académie française (prix Boudenoot décerné en 1945 et doté de ), 315 pages, 1938 Sous le drapeau de la Légion étrangère. Extrême sud, nouvelles, Éditions Mont Blanc. Le nom de l'auteur n'est rapporté que sur une bande. Le nom indiqué sur le livre est Terence Mac Swiney du nom d'un ancêtre de Jean des Vallières), 1947 Sous le drapeau de la Légion étrangère. Les Rendez vous du hasard, nouvelles, Éditions Albin Michel, 255 pages, 1955 Chroniques provençales : Les Filles du Rhône, roman, Éditions Albin Michel, 1938 Chroniques provençales : Le Chevalier de la Camargue - Folco de Baroncelli, marquis de Javon, Éditions André Bonne, collection « par 4 Chemins ». Ce livre a reçu en 1957 un Prix de l'Académie française (Prix Véga et Lods de Wegmann doté de ), Cantique de la reine du matin, Éditions Celta (Genève) - Imprimerie Centrale Genève; 229 pages, 1948 Tendre Allemagne - 3. L'Escadrille des anges, Éditions Ch.Grasset, Genève 1947 ; Éditions Albin Michel, Paris, 1953 Lola de Rotterdam, Éditions de la Table Ronde, couverture illustrée, 292 pages, 1953 Les Filles du Rhône, Éditions Albin Michel, 1954 J'avais sept filles, roman, inspiré d'un scénario original de Aldo de Benedetti, 1955 Les Rendez-vous de hasard. Au pas de la Légion étrangère, nouvelles, First Editions, 1955 Connaissez-vous ce bon Monsieur de Béranger ? ou le Bréviaire des vieux républicains, éditions Bloud et Gay, 1958 Sourires de l'ancienne France, Éditions de Paris, 258 pages, 1958 (Notice BNF = FRBNF32980551) Au siècle des amours, Éditions de Paris, 1958 Mademoiselle de Malemort, Éditions Albin Michel, 323 pages, 1960 Au soleil de cavalerie : avec le général Pierre des Vallières, Ed. André Bonne 1962 Et voici la Légion étrangère, 1962 Découverte de la Provence, Éditions Bonne, 261 pages, 1965 La Jeunesse des dieux, roman, Librairie académique Perrin. Les Poésies d'Arvers, Alexis Rédier. Visions de la cathédrale de Reims, Le croquis, Cargo, roman, Grasset. Cantiques de la Reine du Matin, roman, Editions Albin Michel, année : ?
Livres illustrés par des artistes Essais sur le théâtre 1921-1922. Six illustrations de Guy Arnoux, La Douce France, 1923 Essais sur le théâtre 1923-1924, Cinq illustrations de Guy Arnoux, La Douce France, 1925 Les Caillettes en paniers, (écrit sous le pseudonyme de Jean Ravennes), orné de dessins de Steinlen, Orléans, La Connaissance, 166 pages, 1923 La Vie de Marie (écrit sous le pseudonyme de Jean Ravennes), ornée de quarante-huit aquarelles de George Desvallières gravées sur bois en couleurs par P. Gusman et Paul Baudier, La Revue Française (éditeur : Alexis Rédier). Le tirage a été limité à numérotés de 1 à 300 et réservés à l'auteur de I à XXV. 1928 Adorable Katherine ou Erreur ne fait pas compte, roman illustré par son fils Hervé des Vallières dit Hervé, Éditions Suzerenne, 1951 Les poésies d'Arvers (illustrations de Salvat). Année : ?
Livres pour enfants, illustrés par Hervé Morvan Nouk le petit Esquimau, collection « le Printemps du monde », Imprimerie La Vasselais, Éditions P.I.A., 18 pages, 1953 Gobi le petit Sénégalais, collection « le Printemps du monde », Éditions P.I.A. 18 pages, 1953 Sara la petite gitane, collection « le Printemps du monde », Imprimerie de M. Dechaux, Éditions P.I.A. 18 pages, 1953 Draoui le petit Marocain, collection « le Printemps du monde », Éditions P.I.A. 18 pages, 1953 (Notice BNF : FRBNF32024938) Thi-Ba la petite Annamite, collection « le Printemps du monde », Imprimerie La Vasselais, Éditions P.I.A, 18 pages, 1953 (Notice BNF: FRBNF32024968) Rao la petite Hindoue, collection « le Printemps du monde », Imprimerie La Vasselais, Éditions P.I.A., 18 pages, 1953 (Notice BNF : FRBNF32024959)
Portraits d'acteurs, de poètes, de dramaturges..... Henry Bataille; La Douce France, juin/, ; In-8 ° (notice BNF = FRBNF38669225) Jeanne Provost, Douce France, 1924 Greta Garbo, notice de Jean des Vallières, 26 photographies, La Nouvelle Librairie Française, 60 pages 1932 (Notice BNF = FRBNF32024955)