LArmée populaire de libération (APL, chinois simplifié : ; chinois traditionnel : ; hanyu pinyin : Zhōngguó Rénmín Jiěfàng Jūn, soit littéralement Armée de libération du peuple chinois) fut fondée sous le nom d'Armée rouge chinoise (chinois simplifié : 红军 ; chinois traditionnel : 紅軍 ; pinyin : Hóngjūn) par le Parti communiste chinois le au tout début de la guerre civile qui l'opposa au Kuomintang. Après la guerre sino-japonaise, les troupes communistes furent rebaptisées Armée populaire de libération. C'est depuis le nom officiel de l'armée nationale de la république populaire de Chine. Avec plus de deux millions de soldats actifs, l'APL est depuis la disparition de l'Armée rouge (soviétique) la plus grande du monde en termes d'effectifs. L'APL est composée depuis le de quatre services : l'armée de terre, la marine, la force aérienne, la Force des missiles (auparavant Second corps d’artillerie.); et de quatre armes: la , la , la et la , ces trois dernières étant issues de la dissolution de la Force de soutien stratégique (créée en 2016). L'APL est supportée par la Police armée du peuple (). et la milice. L'insigne de l'Armée populaire de libération se compose d'une étoile rouge portant les caractères chinois « 八一 » (« 8-1 »), en référence au (1927), date de la création de l'Armée rouge chinoise lors du soulèvement de Nanchang.
Présentation vignette|gauche|Insigne de l'Armée populaire de libération.
Après avoir été surtout une armée de masse grâce à la conscription depuis la création de la république populaire de Chine, elle entame depuis les années 1990 une reconversion pour réduire son personnel, avoir des unités professionnelles et pour obtenir des armements technologiquement évolués. En 1949, l’armée chinoise comptait 5,5 millions de soldats. Depuis le milieu des années 1970, les effectifs militaires sont passés de 4,24 millions de soldats à 3,24 millions en 1987, à 3,12 millions en 1990.. En 2014, l’APL comptait 2,11 millions de soldats, restant ainsi la première armée mondiale (avec 3,25 millions de réservistes).. Le , le président Xi Jinping annonce une réduction des effectifs de d'ici une date non précisée.
La Chine est actuellement l'un des plus gros importateurs d'armements de la planète et l'industrie de l'armement de la république populaire de Chine est (par le nombre d'employés, non par la production) le premier complexe militaro-industriel du monde. Son rôle géostratégique consiste, depuis les années 1960, à dissuader les superpuissances de s'attaquer militairement à la RPC, de pouvoir intervenir dans les États frontaliers en cas de besoin, et de lutter contre le séparatisme et autres menaces pouvant peser sur la mainmise du PCC sur la Chine.
En 2015, un site estime que ses effectifs globaux s'élevaient à actifs, chars, blindés, avions, 908 hélicoptères, 180 navires de guerre et 493 autres bâtiments de soutien (logistique, bâtiments amphibies…)..
La Chine disposerait d'environ 400 armes nucléaires, d'une trentaine d'ICBM et de SLBM, 100 missiles de portée intermédiaires, 600 missiles balistiques moyenne portée avec des charges classiques ou nucléaires, dont un certain nombre serait pointés sur Taïwan où les Forces armées de la république de Chine ont une posture défensive face à celle du continent. Cependant, d'autres études incluant celles pour le « Centre d'Études de non-prolifération » suggèrent que ces évaluations sont énormément sous-estimées..
Elle dispose également de plusieurs satellites de communications et satellites de reconnaissance Fanhui Shi Weixing.
Historique
vignette|Drapeau de l'Armée rouge chinoise, années 1930. vignette|Affiche de propagande demandant des volontaires pour la guerre de Corée. vignette|Fantassins chinois en 1952 durant la guerre de Corée. vignette|gauche|Troupes communistes attaquant des positions nationalistes lors de la bataille des Îles Yijiangshan les 18-20 janvier 1955. : soulèvement de Nanchang, des troupes du Guomindang se soulèvent contre leur hiérarchie et s'allient au Parti communiste chinois, c'est la création de l'Armée populaire de libération. 1927 – 1949 : guerre civile chinoise en plusieurs phases entrecoupées de trêves. Création de l'Armée rouge chinoise. 1928 : incident de Jinan, le Japon intervient contre le Guomindang pour empêcher la réunification chinoise. : conquête de la Mandchourie par le Japon, Puyi devient empereur du Manzhouguo contrôlé par le Japon. 1937 – 1945 : guerre sino-japonaise. 1937 : deuxième front uni : les troupes communistes sont intégrées à l'Armée nationale révolutionnaire du Guomindang et forment en son sein la huitième armée de route et la Nouvelle Quatrième armée, mais conservent un commandement séparé. 1945 – 1949 : fin de la guerre civile chinoise, la majorité des forces armées de la république de Chine intègre les rangs de l'armée communiste (rebaptisée Armée populaire de libération) lors de son entrée à Pékin, une partie se réfugie sur Taïwan épaulée par les États-Unis. 1948 : blocus total de la ville de Changchun en Mandchourie par l'APL qui provoqua, selon l'historien Frank DikötterEntretien de Frank Dikötter avec Ursula Gauthier, ., la mort de civilsZhang Zhenglu, un ancien lieutenant-colonel de l'Armée populaire de libération, indiqua cette information dans le livre 雪白血红 (), publié en 1989 par la maison d'édition de l'APL et retiré de la circulation au printemps 1990 après que le président Yang Shangkun a déclaré qu'il .. 1949 : Invasion/Libération du Turkestan oriental par la république populaire de Chine. : 54 divisions de « volontaires » chinois commencent à participer à la guerre de Corée sous le nom de l'Armée des volontaires du peuple chinois (中国|人民|志愿|军, 中國|人民|志願|軍, Zhōngguó Rénmín Zhìyuàn Jūn). Les pertes humaines des forces chinoises entre 1950 et 1953 sont estimées à et disparus.. : début de l'intervention militaire chinoise au Tibet.. 1954 – 1955 : première crise du détroit de Taïwan, prise de plusieurs iles tenues par les nationalistes. 1958 : deuxième crise du détroit de Taïwan, bombardements de îles de Jinmen (Quemoy) et Matsu sur la côte du Fujian restées sous le contrôle du Guomindang après sa retraite vers Taïwan et violents accrochages navals et aériens avec les forces armées de la république de Chine. 1959 – années 1960 : répression du soulèvement tibétain de 1959. 1962 : guerre sino-indienne, La RPC qui conteste la souveraineté indienne sur de territoire dans le Cachemire fait une incursion en force au-delà de la frontière, puis se retire. Les États-Unis et l'Union soviétique interviennent pour arrêter le conflit. L'Inde s'incline et cède la région d'Aksai Chin () dans l'Est du Cachemire indien. Lancement par l'Inde de son programme nucléaire à la suite de cette agression. Revendication par la Chine de la province d'Arunachal Pradesh (Nord-Est de l'Inde). : premier essai d'une bombe A dans le désert du Lop Nor. Entre et : environ chinois sont envoyés pour aider le Nord-Viêt Nam dans les tâches de défense aérienne, de génie et de logistique. Plus de d'entre eux ont été tués.
: L’anarchie créée par la révolution culturelle (lancée par Mao Zedong) oblige celui-ci à recourir à l'armée pour ramener l'ordre en Chine, alors au bord de la guerre civile. : l'armée investit les universités et disperse le mouvement des Gardes Rouges : fin de la révolution culturelle. 1969 : conflit frontalier avec l'URSS ; plusieurs centaines de victimes de part et d'autre. Du au : guerre sino-vietnamienne, l'Armée populaire de libération tente d'envahir le Nord du Viêt Nam avec pour la punir d'avoir envahi le Cambodge. La Chine réalise ses buts de guerre qui étaient de détruire les bases militaires vietnamiennes le long de la frontière chinoise : et chinois, et du côté vietnamien. Janvier 1987 : Incidents de frontière entre la république populaire de Chine et le Viêt Nam (600 morts dans les rangs chinois et 500 chez les Vietnamiens). 1989 : répression violente des manifestations de la place Tian'anmen.
Missions vignette|Parade de l'APL.
Depuis le du Parti communiste chinois qui s'est tenu en 2007, les quatre « missions historiques » de l’APL sont incluses dans la Constitution de la république populaire de Chine : garantir la position du parti au pouvoir ; garantir la « période d’opportunité stratégique pour le développement national » ; donner un « soutien stratégique pour la défense des intérêts nationaux » ; jouer « un rôle important dans la sauvegarde de la paix mondiale et la promotion du développement mutuel »Les contributions de la Chine du personnel aux opérations de maintien de la paix des Nations unies ont élargi de façon spectaculaire au cours des dernières années. En août 2009, la Chine était la grand contributeur au missions de l'ONU, en fournissant plus de troupes, la police et les militaires observateurs que tout autre membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, voir « China's Expanding Role in Peacekeeping: prospects and policy Implications », Bates Gill and Chin-Hao Huang, SIPRI Policy Paper, 25 novembre 2009..
Contrôle politique L'armée est sous le contrôle de la Commission militaire centrale. Bien qu’il existe un ministère de la Défense nationale en Chine, celui-ci ne s'occupe que des relations avec les militaires étrangers et n’a aucun pouvoir de commandement. La Corée du Nord, dirigée de facto par le Comité de la défense nationale, et le Viêt Nam sont parmi les rares nations à présenter une structure comparable. Cependant le contrôle du politique sur le militaire est loin d'être garanti en Chine.. L'armée disposant d'un pouvoir propre, elle cherche à s'émanciper du pouvoir politique. Ses postures extrêmement nationalistes, parfois même agressives, ont souvent compliqué les relations extérieures de la Chine, notamment vis-à-vis de ses voisins et des États-Unis. vignette|Siège du ministère de la Défense nationale. Selon les règlements du programme de 2007, pour les troupes dont la proportion de l'entraînement militaire et de l'éducation politique est de 70 % contre 30 % ou de 80 % contre 20 %, le temps de l'éducation idéologique et politique est respectivement de 54 et 42 jours par an. L'armée chinoise se sert du système théorique du socialisme à la chinoise..
2026, La purge du haut commandement témoigne de la détermination du président Xi Jinping à moderniser l’Armée populaire de libération, mais aussi des résistances à son autorité. La chute de Zhang Youxia, annoncée le dernier, n’en est que plus fracassante. Le plus haut responsable militaire chinois a finalement été rattrapé à son tour par la purge sans merci qui a fait rouler les têtes de près cinquante généraux au sommet de l’APL depuis 2023. À 75 ans, le numéro deux de la puissante Commission centrale militaire (CMC), présidée par Xi, a été placé sous enquête « pour graves violations de la discipline et des lois », a averti le ministère de la Défense, en décapitant le haut commandement. De quoi créer la stupéfaction, à Pékin comme dans les chancelleries des grandes puissances..
Budget de la défense Les forces armées ayant de grands intérêts dans l'industrie chinoise avec le contrôle de quinze mille entreprises (usines d'armement, banques, agences de voyages et même casinos), il est malaisé de connaître le budget de la défense de la république populaire de Chine, les chiffres officiels indiquent qu'il est aux alentours de 1,4 % du PIB et de 7 à 8 % du budget de l'État. L'importation de matériel étranger n'est pas compris dans le budget officiel.
Le budget de la défense officiel chinois est en constante augmentation depuis les années 1990 et classe désormais au deuxième rang mondial derrière le budget des États-Unis avec en 2008, selon le SIPRI, 5,8 % des dépenses de défense mondiale soit 84,9 milliards de dollars soit une augmentation 194 % entre 1999 et 2008..