Radio France est la société nationale de radiodiffusion française qui gère les stations de radio publiques en France métropolitaine, plusieurs formations musicales ainsi qu'un label d'édition de disques et de musique.
Créée le après le démantèlement de l’Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF), elle est constituée sous la forme d'une société anonyme à capitaux publics intégralement détenue par l'État français"L’État détient directement la totalité du capital social de la société qui est fixée à 74 260 056 euros et divisé en 1 904 104 actions de 39 euros chacune". .
Contexte historique
Le service public avant 1940 À l'approche de la deuxième guerre mondiale, conscient de la supériorité de la radiophonie allemande techniquement fort en avance et de son pouvoir de nuisance par la propagande exploitée, le président du Conseil Édouard Daladier transforme radicalement l'organisation des stations de radiodiffusion françaises constituant le secteur public et privé, afin de conserver la mainmise sur l'ensemble. Le , il crée par décret l'administration de la Radiodiffusion française nationale (RN), laquelle groupe tous les services de la radiodiffusion publique sous son autorité unique et non plus sous celle du ministre des Postes, télégraphes et téléphones (PTT), comme jusqu'alors. La censure est instituée le , suivie d'une loi instaurant le monopole de l'État sur la radiodiffusion promulguée en 1940. On compte jusqu'alors, quelques antennes publiques comme Radio PTT, Radio Tour Eiffel, Radio Alger ou encore Le Poste colonial.
L'Occupation (1940-1944) À sa création, la Radiodiffusion nationale est placée sous l'autorité du président du Conseil et est rattachée au commissariat général à l'Information lequel en contrôle l'information. Le , la RN est rattachée au ministère de l'Information venant d'être créé par décret puis, le , à la présidence du Conseil et le , au ministère de l'Intérieur, à nouveau à la présidence du Conseil le sous l'autorité d'un haut-commissaire à la Propagande (Jean Prouvost du 19 au ), à la vice-présidence du Conseil le , à la présidence du Conseil le , au ministère des Affaires étrangères le et enfin à nouveau à la vice-présidence du Conseil le . La loi-règlement du place la Radiodiffusion nationale sous l'autorité d'un Conseil supérieur de quatre membres et d'un administrateur général. Le président du Conseil supérieur dirige dès lors l'information et la propagande. L'ensemble des membres du Conseil et l'administrateur sont nommés par le chef du Gouvernement. Le , la radio est rattachée au commissariat de l'information. Durant cette période, sont sous tutelle de l'État français, les stations Radio Tour Eiffel, Radio PTT, Poste national Radio-Paris, Paris-Mondial, Radio nationale ou Radio nationale de Vichy, La Voix de la France, La France fidèle ou encore Radiodiffusion de la nation française.
Libération sous monopole : 1945-1974 À la libération, les anciennes stations de radio nationales ou régionales privées ne voient pas leur autorisation d'émettre renouvelées, ce contexte politique impose dès lors, le monopole de la radiodiffusion et de la télévision, au service public uniquement. Ainsi, le , une ordonnance est promulguée qui met fin aux autorisations d'émettre des stations privées de radiodiffusion lesquelles sont nationalisées le et l'ordonnance crée un établissement public, la Radiodiffusion française (RDF) pour assurer ce monopole absolu sur la radio et la télévision. Durant cette période, sont créées les stations Programme national, Programme parisien Club d'essai, Paris-Inter et Radio Sorbonne.
Le , la Radiodiffusion française (RD) laisse sa place à la Radiodiffusion-télévision française (RTF), laquelle crée les stations France I ou France Un devenant ensuite France Inter, sa déclinaison France II devenue Inter Variété en 1963, France III devenue en 1957 France III-National future France Culture, France IV devenue en 1954 France Musique et enfin, France V ou RTF Alger jusqu'en 1962.
On note pour la première fois dès le , l'utilisation de la modulation de fréquence dans la gamme dite de la Bande FM pour la station France IV, future France Musique ; après quelques expérimentations à partir de 1960, la stéréophonie est officiellement adoptée en par l'ORTF.
À partir des années 1950, bénéficiant de certaines brêches juridiques, des stations privées régionales dites « périphériques » entrent en concurrence directe avec le service public, principalement dans la gamme des puissantes Grandes Ondes, on note Radio Monte-Carlo (RMC), Radio Luxembourg (RTL) et Europe numéro 1 (Europe 1) ou en Ondes Moyennes comme Sud Radio et Radio Andorre, émettant officiellement depuis un territoire étranger.
Le , la RTF est remplacée par Office de radiodiffusion-télévision française et projette la création d'une trentaine de stations régionales en métropole et en Outremer. On note en 1971, la création de la station FIP, dont la programmation originale et inédite, marque une ceraine innovation.
1975-1986 : développement de Radio France thumb|Concert de l'Acousmonium (conçu en 1974) à la Maison de Radio France La société nationale de radiodiffusion Radio France naît le , date effective d’application de la loi 74-696 du Loi du 7 août 1974 relative à la radiodiffusion et télévision française, JORF du 8 août 1974, 8355–8358., qui supprime l’Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF) et crée sept organismes autonomes : Radio France, pour la radiodiffusion ; TF1, Antenne 2 et FR3, pour la télévision ; la TDF, la SFP et l’INA, trois sociétés publiques. Cependant, le monopole d’État est maintenu et chacune des sociétés est placée sous la tutelle du Premier ministre. Cette nouvelle Société nationale de radiodiffusion est chargée par la réforme de gérer et développer les chaînes de radio publiques de l'ex-Office, à l'exception des centres régionaux et ultra-marins de radioVingt-neuf centres radiophoniques régis par onze directions métropolitaines et une direction DOM-TOM gérant neuf stations dans la France d'outre-mer qui sont confiés à la société nationale de programme FR3. Son activité commence réellement le .
Radio France conserve la dénomination des chaînes de radios utilisée par l’ORTF (France Inter, France Culture, France Musique, FIP) et crée RFI qui reprend ce qui reste des activités radiophoniques extérieures de la Direction des Affaires étrangères et de la Coopération de l’ORTF.
La concurrence sur la FM En 1980, face à la multiplication des radios pirates au milieu des années 1970 et dans la perspective de la fin du monopole de Radio France où François Mitterrand devienne président de la République, mais aussi pour démontrer à l'État la capacité de Radio France à gérer les stations régionales, qui échappent encore à son giron, Jacqueline Baudrier crée trois prototypes de radios locales (Fréquence Nordà l'échelon régional à partir du 19 mai 1980, Radio Mayenneà l'échelon départemental à partir du 16 juin 1980 et Melun FMà l'échelon d'une agglomération à partir du 11 septembre 1980) et deux stations thématiques : Radio 7 pour les jeunes et Radio bleue pour les séniors.
La loi du sur la communication audiovisuelle supprime le monopole d'État et recrée par le décret du Décret du 17 septembre 1982 portant création d'une société nationale de radiodiffusion sonore dénommée Radio France, JORF du 18 septembre 1982, . la société nationale de radiodiffusion Radio France qui est maintenant placée sous la tutelle de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle qui établit le cahier des charges, veille aux règles de concurrence et nomme le président. Par la même loi, FR3 cesse d'être l'opérateur des 29 centres radiophoniques régionaux qui sont transférés à Radio France le , à l'exception des 9 stations ultra-marines qui échoient à la nouvelle Société de radiodiffusion et de télévision française pour l'Outre-mer (RFO) qui vient d'être créée à cet effet. De même, Radio France internationale gagne en autonomie en devenant une filiale de Radio France.
1986-2000 : évolutions affectant RFI, Radio 7, France Info et Le Mouv' La loi du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication fait de Radio France internationale une société indépendante de Radio France depuis 1987. La même année, Radio France ferme Radio 7 et, avec les moyens techniques et une part du personnel et du budget ainsi libérés, crée la première chaîne de radio d'information continue sur 24 en France, France Info, avec un point sur l’information toutes les demi-heures, des rubriques spécialisées et le suivi de l’évolution des événements.
En mars 1989, Radio France connaît une des plus longues grèves de son histoire alors Jean Maheu devient président-directeur général de la Maison Ronde..
Dix ans plus tard, en 1997, Radio France lance Le Mouv', nouvelle radio entièrement numérique destinée aux jeunes. Implantée à Toulouse, elle déménagera à Paris en 2010.
2000-2010 : le Plan Bleu concernant France Bleu, FIP et Le Mouv' En septembre 2000, le Plan Bleu met en œuvre le réseau France Bleu, né de la fusion des radios locales de Radio France et de Radio Bleue. Les FIP de Metz et de Nice entrent dans cette fusion. Dans la même période, le Plan Bleu concerne le réseau FIP (fermeture de cinq stations) et la distribution des fréquences du Mouv'.
Un important mouvement de grève est déclenché à Radio France le après un préavis déposé par le SNJ, la SNJ-CGT, la SJA-FO et la CFDT le . Les grévistes réclament l'ouverture de négociations sur les salaires et le respect du Plan Servat sur les salaires signé en 1994 qui prévoit notamment l'examen annuel des écarts salariaux entre Radio France et France Télévisions. Les antennes du groupe (et notamment France Info) sont fortement perturbées et les négociations entre l'intersyndicale et la direction échouent le . La grève dure jusqu'au après l'annonce la veille par Jean-Marie Cavada de la remise à plat intégrale du système de rémunération. Ce nouveau système est entériné par l'accord du signé par Jean-Paul Cluzel, successeur de Jean-Marie Cavada qui a démissionné en pour se présenter aux élections européennes sur la liste de l'UDF. Cet accord qui institue le NIS (Nouvel instrument salarial) reprend les termes de l'accord de .
2010-2015 : à l'heure du défi numérique À partir de 2010, après dix ans de pause, Radio France étoffe le réseau France Bleu avec l'ouverture de France Bleu Maine (), de France Bleu Toulouse () et de France Bleu Saint-Étienne Loire ().
Un autre événement important se déroule en 2010; la discothèque qui rassemble tous les disques et vinyles que possède radio France, avant situé à la maison de la radio, est entièrement déplacé (faute de place) au nord de Paris près de la porte d’Aubervilliers dans un hangar de près de ; une collection monumentale de plus de 1,5 million de disques tous entièrement répertoriés. Un autre travail monumental consiste à numériser et répertorier sur ordinateur l’entièreté de la collection de disque, une tâche toujours inachevée à l'heure actuelle.
En , Radio France lance RF8, un site internet destiné au partage et à l'écoute musicale, dont le principe est la mise en ligne de playlist élaborées par les programmateurs musicaux de l'ensemble des chainesCommuniqué de presse.
Le , trois émetteurs AM de France Info sont arrêtés.
Le , un incendie est déclaré vers au huitième étage de la maison de la Radio puis se propage au septième étage. Toutes les antennes de Radio France (mais pas France Bleu situé dans les locaux provisoires avenue du Général-Mangin) seront interrompues pendant près de deux heures (de à ). France Info, qui a évacué en direct à l'antenne, reprendra ses programmes assez vite depuis les studios de France Bleu.
En , la radio entièrement numérique Le Mouv' devient Mouv', une radio musicale positionnée fortement sur le hip-hop et l'électro fédérant une communauté d'auditeurs et d'internautes âgée de 15 à .
2015-2018 : des problèmes financiers