Le château de Meillant est un ancien château fort, reconstruit en partie après la guerre de Cent ans dans un style gothique flamboyant évoluant jusqu'au style Louis XII, qui se dresse sur la commune française de Meillant dans le département du Cher, en Centre-Val-de-Loire.

Historique Un château existe déjà au . Une tour avait été construite par un prince de Déols pour protéger ses terres face à la grosse tour qui avait été construite à Dun-le-Roi, aujourd'hui Dun-sur-Auron : Dun-sur-Auron, ., distante de trois lieues.

La construction du château actuel fut entreprise à la fin du et au début du par qui mourut avant 1308. Il en reste les deux corps de logis rectangulaires situés de part et d'autre du corps de logis construit à la fin du . Côté sud se trouvaient les fossés alimentés par l'Hivernon. Le reste des remparts ceinturant une cour et protégés par les douves a disparu au . Une porte d'entrée située à l'est y donnait accès..

C'est la famille d'Amboise qui fit construire le corps de logis central, la chapelle et la tour du Lion avec sa vis, côté cour. Cette construction a duré de 1473 à 1510. Elle a dû être commencée par Charles Ier d'Amboise et terminée pour Charles II d'Amboise sous le contrôle du cardinal d'Amboise.

Un dessin réalisé par Claude Chastillon, du début du , donne l'aspect du château à cette époque. Il montre que le château était complété à l'ouest par une galerie de sept arcades dont il ne subsiste plus que deux piles dans le jardin.. Cette galerie ressemblait à celle du château de la Verrerie, près d'Aubigny-sur-Nère.

À partir de 1842, le château fut restauré par l'architecte Louis Lenormand. Il refit la décoration sculptée extérieure, les toitures, les chemins de ronde et reconstruit les étages supérieurs des corps de logis situés à l'extrémité est du château. Il a aussi remanié complètement l'intérieur.

Par arrêté du , le château fait l'objet d'une inscription au titre des Monuments historiques, complétée par la suite : l'ensemble des façades et toitures du château fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le . Le château avait été classé provisoirement par le passé, par la liste des monuments historiques de 1862, puis celle de 1875. Il fut déclassé en 1887, à la demande du propriétaire, puis repris en compte en 1926 pour son inscription.

thumb|280px|Le château côté douves. thumb|280px|Le château côté cour.

Les différentes familles ayant possédé la terre de Meillant

De la famille de Charenton à la famille de Sancerre Le château appartient à la famille de Charenton qui possédait aussi la terre de CharentonMaurice Dumoulin, Le château de Meillant, dans Congrès archéologique de France. . Bourges. 1931, , Société française d'archéologie, Paris, 1932. Les deux seigneuries restèrent liées jusqu'à la Révolution.

Agnès de Charenton l'a apportée en dot à son mariage avec Raoul VI (VII), prince de Déols, mort en 1176. La terre revient à sa fille unique, Denise de Déols. Elle se marie en 1189 avec Medieval Lands : de Chauvigny. qui s'est illustré à la Troisième croisade. Puis, en 1204, elle se remarie avec , comte de Sancerre Medieval Lands : de Sancerre..

Les terres passent ensuite à son fils aîné, de Chauvigny. Il fonde à proximité du château une ville franche. En , il donne une charte de privilèges pour les bourgeois qui sont venus s'y installer.

En 1233, de Chauvigny céda à son demi-frère, , cette terre. Ayant hérité de Meillant à la mort de son père en 1267, confirma, le , aux bourgeois de Meillant les privilèges donnés dans l'acte de 1211.

C'est le fils aîné de de Sancerre, , auquel on attribue la construction de la partie du château actuel datant de la fin du ou du début du . À sa mort sans postérité en 1308, c'est son frère qui devint propriétaire de la seigneurie. Les héritiers successifs furent , puis , enfin à sa fille unique, Marguerite de Sancerre.

Marguerite se maria quatre fois. D'abord, en 1364, avec Chabot (1344-1370). Devenue veuve, elle épousa, en secondes noces, le à Riom, le dauphin d'Auvergne .

La famille de Bueil La fille benjamine de et de Marguerite, Marguerite-Dauphine, (dauphine) d'Auvergne, dame de Bueil par son mariage, épousa en 1404 , maître des arbalétriers de France. Elle décéda en 1418, mais elle laissa l'usufruit de Meillant et de Charenton à sa sœur Jacquette-Dauphine, abbesse de Saint-Menoux. Cette donation est confirmée le ] par son neveu et sa nièce, Louis de Bourbon et sa femme, Jeanne-Dauphine.

En 1453, Charles d'Albret, seigneur d'Orval et suzerain de Meillant, accorde trois années à l'abbesse pour qu'elle lui rende son hommage.

La famille d'Amboise Anne de Bueil, une fille de Marguerite de Bueil, se maria en 1438, à d'Amboise-Chaumont. Par échange, ils acquirent le les seigneuries de Meillant et de Charenton. Pierre d'Amboise est appelé seigneur de Meillant dans des actes de 1462 et 1468. Il mourut le à Meillant.

Dès le , ils avaient transmis à leur fils aîné la nue-propriété de Meillant au moment de son mariage avec Catherine de Chauvigny-Châteauroux. Il fait commencer les travaux de construction de la partie de bâtiment comprise entre les deux corps de logis d' de Sancerre, probablement à partir de 1473.

Après sa mort, le , son fils, le maréchal d'Amboise fait continuer les travaux. Ses fonctions de lieutenant du roi en Italie et de gouverneur du Milanais le retenant loin du château, il fait surveiller les travaux par son oncle, le cardinal d'Amboise. L'argent qu'il retira de son gouvernement en Italie aurait fait dire au cardinal Bibbiena, d'après Brantôme : Milan a fait Meillant. s'arrêta à Meillant en 1505, c'est ce qui explique la sculpture d'un porc-épic couronné sur une tour.

Après sa mort le à Correggio, son fils unique Georges d'Amboise hérite du château, mais il meurt à la bataille de Pavie, en 1525.

Dans un testament de 1522, Georges d'Amboise avait laissé ses biens à sa tante Catherine de Chaumont d'Amboise, morte en 1550 sans postérité, épouse de trois maris dont Philibert de Beaujeu (fils de Jacques de Beaujeu, seigneur de Lignières et d'Amplepuis), et à sa cousine germaine Antoinette d'Amboise, fille de Guy de Chaumont d'Amboise de Ravel — un frère cadet de et de Catherine — et femme d'Antoine de La Rochefoucauld, seigneur de Barbezieux. Par une transaction du , les terres de Meillant et de Charenton reviennent à Catherine d'Amboise. Son mari, Philibert de Beaujeu, rendit hommage pour ces terres, le , à Henri de Foix-Lautrec, fils d'Odet, comte de Comminges et seigneur d'Orval. Cette transaction prévoyait que si Catherine d'Amboise mourait sans enfant (ce qui s'avéra), les seigneuries reviendraient à Antoinette d'Amboise.

La famille de Barbezieux Catherine d'Amboise transmit à sa nièce Antoinette ses terres de Meillant, Charenton, Lignières et Chaumont en 1542. Cette dernière, elle aussi mariée trois fois, ruinée par son troisième mari Louis de Luxembourg-Roussy (mort en 1571, fils cadet de de Luxembourg-Ligny comte de Brienne), doit vendre la nue propriété, le , à son fils Gilbert de La Rochefoucauld pour , et d'autres terres à son autre fils Charles de La Rochefoucauld, seigneur de Barbezieux, pour . Après la mort d'Antoinette d'Amboise, par l'accord du avec ses frères, Charles de La Rochefoucauld, resta le seul propriétaire des terres de sa mère. À sa mort, sa veuve, Françoise de Chabot, fille de l'amiral Philippe Chabot, fut dame de Meillant jusqu'en 1600.

La famille de Brichanteau

Charles de La Rochefoucauld-Barbezieux et Françoise de Chabot eurent trois filles. Les seigneuries de Meillant et Charenton reviennent à leur seconde fille Antoinette de La Rochefoucauld, mariée à Antoine de Brichanteau, marquis de Nangis, amiral de France en 1589. En 1609, il fit hommage de ses terres à son suzerain, Sully. Les terres furent ensuite conservées indivises entre Nicolas de Brichanteau et son frère Philibert de Brichanteau, évêque de Laon.

Nicolas de Brichanteau meurt en 1653. Son second fils, Claude-Alphonse de Brichanteau lui succéda. Après sa mort en 1658, c'est sa veuve, Angélique d'Aloigny, fille de Henri Louis d'Aloigny, qui fut dame de Meillant jusqu'en 1676. Son fils, Louis-Fauste de Brichanteau épousa sa cousine germaine, Marie-Henriette d'Aloigny de Rochefort, après avoir obtenu une dispense. Il fut tué en Allemagne, le . De ce mariage naquirent trois enfants, deux fils, dont Louis Armand de Brichanteau, et une fille, Louise-Madeleine-Thérèse de Brichanteau.

La famille de Gorge d'Antraigues Le , Louise-Madeleine-Thérèse de Brichanteau signa son contrat de mariage avec Pierre-François Gorge d'Antraigues, comte de Clain. Le même jour, le père du marié, Pierre Gorge d'Antraigues, seigneur de la Chapelle-sur-Crécy, acheta aux enfants Brichanteau pour les terres de Meillant, Chandeuil, Pondy et Charenton, et en donna l'usufruit à son fils Pierre-François, la nue-propriété devant revenir aux enfants à naître. En cas d'absence d'héritier, l'héritage reviendrait à son autre fils (l'aîné ; né d'un premier mariage de Pierre Gorge, donc un demi-frère de Pierre-François), Chrétien-François Gorge d'Antraigues, et à sa fille, Julie-Christine-Régine Gorge d'Antraigues (sœur de Pierre-François et demi-sœur de Chrétien-François Gorge), mariée en 1709 à Paul-François de Béthune (1682-1759), fils du duc Armand de Béthune de Chârost d'Ancenis et de Louise-Marie-Thérèse de Melun d'Epinoy, marquis d'Ancenis, puis de Charost en 1724.

Pierre Gorge avait fait fortune dans des entreprises financières. Sa fortune lui avait permis d'acheter la seigneurie d'Entraigues, en Berry (à Langé), et les terres avoisinant la Chapelle-Crécy, en Brie (Crécy-la-Chapelle). Il s'était remarié en 1685 avec Julie d'Étampes-Valençay, fille de feu Dominique marquis de Valençay et de Marie-Louise de Montmorency-Bouteville. De ce second mariage était né Pierre-François, un fils mort jeune en 1715, et Julie-Christine-Régine, ainsi qu'une autre fille, religieuse. Devenu veuf en 1705, il s'était retiré en 1710 à l'abbaye Sainte-Geneviève où il mourut le . D'un premier mariage était né Chrétien-François.

Le fils Pierre-François Gorge n'avait pas les vertus de son père. C'était un débauché plein de vices qui se ruina. Sa première femme Louise-Madeleine-Thérèse de Brichanteau mourut en couches en 1713 sans postérité. Fait duc de Phalaris par le pape, il se remaria en 1715 avec Marie-Thérèse Blonel d'Haraucourt. qu'il quitta trois semaines plus tard, poursuivi par ses créanciers : sa nouvelle épouse devint la maîtresse du Régent. Quant à lui, il mourut en prison à Moscou en 1740.

Devant les débauches de Pierre-François, le , Pierre Gorge d'Antraigues déshérite son fils. Un arrêt du lui permet d'annuler ses donations. Mais le Pierre-François avait abandonné à ses créanciers l'usufruit de ses biens en Berry. Pour éviter un procès, Chrétien-François racheta leurs droits aux créanciers en 1720. Avant sa mort, Pierre Gorge d'Antraigues fit de ses enfants Chrétien-François et Julie-Christine-Régine ses héritiers, chacun pour moitié.

thumb|left|280px|Typique du style Louis XII, une corniche à oves déjà Renaissance se mêle aux éléments du gothique flamboyant sur le logis, tandis qu'un tempietto surmonte la Tour du Lion, réalisée sous Charles II d'Amboise (1510).

La famille de Béthune-Charost