Serge Chauvier, dit Serge Lama, né le à Bordeaux (Gironde), est un chanteur et parolier français.

Sa carrière, commencée en 1964, fait de lui l'un des chanteurs français les plus populaires depuis la fin des années 1960. Il publie trente-deux albums, dont neuf enregistrés en public et plusieurs de ses chansons deviennent des classiques de la chanson française, notamment Les Ballons rouges, D'aventures en aventures, Je suis malade, Les P'tites Femmes de Pigalle ou encore Femme, femme, femme.

Biographie

Enfance Serge Chauvier naît le à Bordeaux, en Gironde. Il est fils unique de Georges Chauvier (1920-1984), chanteur d'opérette et de Georgette Ponceaud (1920-1985)Voir sur gw.geneanet.org, consulté le 4 avril 2023.. Il passe une petite enfance heureuse (mais marquée par les souvenirs de la Seconde Guerre mondiale.), baigné par les airs du répertoire lyrique et les chants de Luis Mariano. Il passe ses vacances en Dordogne, chez sa grand-mère maternelle.

En 1950, face au succès rencontré dans la région de Bordeaux, son père, chanteur, décide de tenter sa chance à Paris. Serge, qui a 7 ans, est confié à sa grand-mère. Il y reste six mois, demi-pensionnaire chez les frères, avant de rejoindre ses parents.

Entre 1951 et 1954, la famille vit petitement dans une chambre d’hôtel, 19 rue Duvivier, dans le . En mal de succès, la carrière de son père a du mal à démarrer. La famille a peu d’argent mais Serge est heureux. Il aime aller chercher son père au théâtre des Capucines et traîner dans les coulisses.

Vers 1954, il écrit ses premiers textes, dont sa première chanson. Il écoute Georges Brassens, Gilbert Bécaud, Édith Piaf, Maurice Chevalier et les opérettes. Un ami de son père, Marcel Gobineau, devient son maître et son ami. Serge lui dédiera plus tard la chanson Mon ami, mon maître. En face du théâtre des Capucines se trouve un music-hall, l'Olympia, où il rêve de chanter un jour.

Poussé par sa femme qui ne supporte plus cette vie, son père renonce à sa carrière de chanteur et devient représentant pour un brasseur de bière. La famille s'installe dans un appartement d'Issy-les-Moulineaux. Serge Lama, qui est inscrit au lycée Michelet de Vanves, ne s'intéresse pas beaucoup aux études. Toutefois, c’est avec plaisir qu’il intègre la troupe de théâtre amateur du lycée. Avec sa mère, il entretient une relation toxique à tel point qu'il la qualifie de « monstre ».. Il quitte le lycée sans aucun diplôme, et s'inscrit dans une école de dessin. Il sèche les cours pendant un an et quitte ses parents.

De 1960 à 1963, il vit de petits boulots ; entre autres, il travaille dans une banque. Lors de son service militaire, il part en Algérie, à la base d’Hammaguir, en plein désert, où il est affecté au standard. Dix-huit mois durant, il écrit des chansons. Il rentre en France en .

Carrière Débuts, accident de voiture et retour Il décide de changer de nom : « Chauvier, ça sonnait pas, ça ne marchait pas ». Il raconte être tombé sur le nom Lama par hasard, en ouvrant le dictionnaire..

En 1964, Serge Lama fait la rencontre de la pianiste Jackie Bayard, qui met ses premiers textes en musique.

Après un très bref passage au Petit Conservatoire de la chanson de Mireille, il passe plusieurs auditions et est engagé au cabaret l'Écluse à Paris le , le jour de ses vingt-et-un ans. Barbara est la vedette du spectacle. À L’Écluse, il tombe amoureux de la pianiste de Barbara, Liliane Benelli, de huit ans son aînée.

Remarqué par Renée Lebas, il enregistre son premier disque, un super 45 tours comprenant les titres À 15 ans, En ce temps-là, Le Bouffon du roi et C'était ma femme.Les deux premiers titres sont signés Serge Lama et Jackie Bayard ; le troisième Serge Lama et Marguerite Laforêt, et le dernier Serge Lama et Claude Rolland..

En octobre, il passe à Bobino en lever de rideau de Barbara et Georges Brassens, où il est repéré par l'imprésario Charley Marouani. S'ensuivent ses premiers cabarets et son premier passage à la télévision, dans l'émission Discorama le .

En 1965 paraît un second super 45 tours.. L’été suivant, il part en tournée, en première partie de Marcel Amont. Le , il est victime d’un grave accident de voiture près d'Aix-en-Provence : la Peugeot 404 conduite par Jean-Claude Ghrenassia, le régisseur de la tournée et frère d'Enrico Macias, s’écrase contre un arbre. Liliane Benelli, sa fiancée assise à l'arrière, est tuée sur le coup. Ghrenassia ne sortira pas du coma et mourra. Serge Lama, polytraumatisé, frôle la mort mais survit. Il passe une année allongé sur un lit et subit une dizaine d'opérations. Marcel Amont prévient les médecins qu'il est chanteur et les dissuade de le trachéotomiser, ce qui aurait ruiné sa carrière50 minutes inside, 20 décembre 2014, TF1..

Le , Georges Brassens, Marcel Amont, Régine, Pierre Perret, Barbara, Enrico Macias, Jean-Jacques Debout et Sacha Distel donnent à l'Olympia une soirée de soutien en sa faveur. La recette lui est reverséeBiographie de Serge Lama, Musinfo.com (Musinfo est l'éditeur canadien des disques de Serge Lama).. Barbara écrit Une petite cantate en hommage à son amie et pianiste Liliane Benelli, et Serge Lama lui dédie Sans toi en 1966, D'aventures en aventures en 1968, et Toute blanche en 1974.. Il déclare :

Toujours immobilisé, il enregistre deux 45-tours.. en février et , avec en titre phare pour le second single la chanson Sans toi.

En mai, un jeune pianiste, Yves Gilbert, lui est envoyé par Régine. Cette rencontre marque le début d'une longue et fructueuse collaboration. Yves Gilbert sera (plus tard en compagnie d'Alice Dona) le compositeur attitré du chanteur et l'accompagnera sur scène au piano durant de nombreuses années.

En 1967, il enregistre un autre EP 45 tours avec comme titre phare Les Ballons rouges qui, au fil du temps, devient l'un des classiques de son répertoire. Après quatorze opérations en deux ans et une longue rééducation, il reprend son métier au cabaret parisien l'Écluse puis à l'Olympia en octobre, en première partie de Nana Mouskouri.

L'année 1968 est celle de sa renaissance artistique. Serge Lama part en tournée avec Enrico Macias et enregistre l'album D'aventures en aventures. En octobre, il se produit sur la scène de Bobino en première partie de Georges Chelon, et connaît son premier grand succès. En décembre, il épouse Daisy Brun, une attachée de presse rencontrée pendant sa convalescence.

En 1969 sort Les Ballons rouges, une compilation des titres sortis en 1966 et 1967. Il rencontre également un succès d'estime avec C'est toujours comme ça la première fois, qui s'écoule à plus de .. Avec la chanson Une île, sur une musique composée par son ami et pianiste Yves Gilbert, Lama remporte la Rose d'or d'Antibes-Juan-les-Pins, en 1969. Il sort en un deuxième album original, Et puis on s'aperçoit. La chanson Une île figure parmi les retenues lors de la sélection française pour le Concours Eurovision de la chanson 1969 mais le jury choisira la chanson Un jour, un enfant, interprétée par Frida Boccara (gagnante ensuite du concours Eurovision ex aequo avec le Royaume-Uni, l'Espagne et les Pays-Bas).

Du au , il passe à Bobino, pour la première fois en vedette sur une scène. Ces années-là, il rencontre Michèle Annie Potier, sa future épouse (qui a déjà un fils en bas âge prénommé Nicolas).

La consécration En 1971, Serge Lama obtient un deuxième succès avec la chanson Superman ; le 45 tours s'écoule à .. En mars, sort l'album Superman qui comprend Un jardin sur la Terre, une chanson composée par Alice Dona. Lama est sélectionné en interne par un jury d'experts avec cette chanson face à Jean Ferrat, Séverine, Guy Bonnet entre autres, pour représenter la France au Concours Eurovision de la chanson 1971. Le , il interprète Un jardin sur la Terre lors du Concours Eurovision de la chanson se déroulant au Gaiety Theatre de Dublin en Irlande. Il passe en sur la scène sous la direction du chef d'orchestre Franck Pourcel. Au terme du vote final des représentants des pays, uniquement des jurys cette année-là, il obtient un résultat moyen, se classant sur les 18 pays en compétition. Séverine, qui a échoué face à Serge Lama lors de la sélection interne française avec la chanson Viens, remporte le Concours Eurovision 1971 pour Monaco avec la chanson Un banc, un arbre, une rue.

La même année, il se produit dans différents cabarets.

vignette|redresse|Serge Lama en 1974.

En 1973, paraît le 33 tours Je suis malade. Cet album, sous une pochette rouge, marque un tournant dans sa carrière et lui vaut d'obtenir son premier disque d'or. Outre Je suis malade, composée par Alice Dona (et qu'interprète également Dalida, qui contribue beaucoup à populariser le titre), le disque comprend les succès Les Glycines, La chanteuse a vingt ans, L'Enfant d'un autre et Les P'tites Femmes de Pigalle. Il part en tournée, puis participe, le à l'Olympia, à un Musicorama retransmis en direct sur Europe 1. Ce soir-là, Serge Lama, tout comme Maxime Le Forestier, accède au statut de vedette ; dans la foulée, Bruno Coquatrix lui fait signer le soir même un contrat pour passer en vedette du 9 au .

Son cinquième album, intitulé Chez moi, paraît en 1974 et c'est à nouveau un grand succès. Le chanteur se produit de nouveau à l’Olympia du 5 au . Le tour de chant est capté et publié sur le double album Serge Lama à l'Olympia. Cette année-là, il reçoit un Oscar de la chanson française pour Les P'tites Femmes de Pigalle.

Il inaugure la salle de spectacles du Palais des Congrès, du au , dans un tour de chant produit par Roland Hubert. Il passe le reste du temps en tournée. L'album La Vie lilas sort en novembre. En , il est l'invité d’honneur de l'émission Le Grand Échiquier de Jacques Chancel sur Antenne 2.

Il est à nouveau sur la scène du Palais des Congrès du au . Il enregistre l’album L'Enfant au piano, et un second en public Palais des congrès 77. .

En , Serge Lama enregistre et publie son premier double album enregistré en studio Enfadolescence, contenant l'un des plus grands succès de sa carrière, Femme, femme, femme. L'année suivante, il retrouve le Palais des congrès pour de janvier à où vont l'applaudir. Des enregistrements de ces spectacles sont publiés dans l'album Palais des congrès 79. Cette même année, il enregistre l'album Lama chante Brel dont les bénéfices sont reversés au profit de la recherche contre le cancer.

Il apparaît dans le rôle d'un pompiste dans le film Alors... Heureux ? de Claude Barrois.

En , paraît son dixième album enregistré en studio Souvenirs... Attention... Danger !.

Il retrouve une nouvelle fois sa salle parisienne favorite, le Palais des congrès, où vont venir l'applaudir durant les soixante-dix représentations qu'il donne entre le et le . Un album baptisé Palais des congrès 81 - Avec simplicité sera tiré des captations de ces concerts.

Cette même année, il enregistre également un album avec son père Lama père et fils, suivi d'une tournée ensemble.

La comédie musicale Napoléon (1982-1989) Serge Lama se lance dans l'écriture d’une comédie musicale consacrée à l'Empereur Napoléon Bonaparte. Composé par Yves Gilbert, son Napoléon est proposé sur un double album, J'assume tout Napoléon, en . Il le présente chez Michel Drucker lors d’une soirée spéciale. Un second opus, Marie, la polonaise : Napoléon volume III faisant office de suite, sort en .

En , il fête ses 20 ans de carrière sur la scène du Grand Rex à Paris.

La comédie musicale est montée au théâtre Marigny du à .

Le , ses parents sont victimes d’un accident d'automobile, percutés par un véhicule conduit tous feux éteints en pleine nuit et de surcroît volé. Son père décède sur le coup, sa mère trois mois plus tardhttps://www.parismatch.com/people/serge-lama-ses-tristes-confidences-sur-la-mort-de-ses-parents-217411 / consulté le 4 avril 2023..

Il participe de nouveau au Grand Échiquier le .