Pierre François Joachim Henry Larivière, dit Henry-Larivière, né le à Falaise (généralité d'Alençon, actuel département du Calvados), mort le à Paris (ancien 11e arrondissement), est un homme politique de la Révolution française.
Entre 1791 et 1797, il est député du Calvados à l'Assemblée nationale législative, à la Convention nationale où il siège aux côtés des Girondins et où il vote la détention de Louis XVI, puis au Conseil des Cinq-Cents d'où il est proscrit à l'issue du coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797).
Sous la Révolution
Mandat à la Législative La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791. Le même mois, Henry-Larivière, alors procureur-syndic de la municipalité de Falaise, est élu député du département du Calvados, le quatrième sur treize, à l'Assemblée nationale législative.
Il évolue vers la droite de l'Assemblée au cours de son mandat. En avril, il vote pour que les soldats du régiment de Châteauvieux, qui s'étaient mutinés lors de l'affaire de Nancy, soient admis aux honneurs de la séance. En août, il vote en revanche contre la mise en accusation du marquis de La Fayette.
La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
Mandat à la Convention En , Larivière est à nouveau élu le quatrième député sur les treize du Calvados, à la Convention nationale.
Il siège sur les bancs de la Gironde. Lors du procès de Louis XVI, il refuse, lors du premier appel nominal, de se prononcer sur la culpabilité du roi :Je déclare qu'ayant participé à la confection du décret qui ordonne que Louis sera jugé, mais qu'ayant voté contre l'amendement de ce même décret, qui porte que Louis sera jugé par la Convention nationale, je ne crois pas devoir prononcer sur le fait ; et qu'il répugne à ma conscience que d'être tout à la fois législateur et juré dans une affaire dont je demande au surplus que la décision soit renvoyée au peuple souverain. Il se prononce pour la détention puis le bannissement à la paix, et se prononce en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine.
Le 13 avril 1793, il vote en faveur de la mise en accusation de Jean-Paul Marat. Celui-ci le dénonce, un mois plus tard dans son journal, comme « membre de la faction des hommes d’État ». Le 21 mai, il est élu membre de la Commission des Douze, chargée d'examiner les arrêtés pris par la Commune insurrectionnelle de Paris. Le 28, alors qu'elle a été cassée la veille, il vote en faveur de son rétablissement.
À l'issue des journées du 31 mai et du 2 juin 1793, Henry-Larivière est décrété d'arrestation et maintenu à son domicile en tant que membre de la Commission des Douze. Il se soustrait à la garde des gendarmes et s'enfuit à Caen. Le 28 juillet, sur proposition de Bertrand Barère (député des Hautes-Pyrénées), il est décrété traître à la patrie pour s'être soustrait au décret d'arrestation et avoir soulevé Caen contre la Convention.
Le 27 frimaire an III (le 17 décembre 1794), après le rapport de Philippe-Antoine Merlin (député du Nord), la Convention nationale suspend les poursuites contre les vingt-quatre députés décrétés hors-la-loi encore en vie. Le 18 ventôse (le 8 mars 1795), après le rapport de Marie-Joseph Chénier (député de Seine-et-Oise), les vingt-quatre députés sont réintégrés à la Convention nationale.
Henry-Larivière prend part à la réaction thermidorienne.
Le 15 prairial (le 3 juin), il est élu membre du Comité de Salut public aux côtés de Claude Blad (député du Finistère), de François-Joseph Gamon (député de l'Ardèche) et de Pierre Marec (député du Finistère). Il réclame l'arrestation des membres des comités l'an II, notamment de Robert Lindet et de Lazare CarnotMarcel Dorigny, « Henry-Larivière Pierre-François-Joachim », p. 546 in Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, Presses Universitaires de France coll. Quadrige, 1989, réédition 2005, 1132 p..
Dans ses mémoires, l'ancien conventionnel Montagnard Marc-Antoine Baudot (député de Saône-et-Loire) accuse Henry-Larivière d'avoir pris part à l'insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795) : Si les sections de Pairs eussent remporté la victoire au 13 vendémiaire, elles auraient appelé sur le champ la royauté [...]. L'intention était de laisser six membres de la Convention pour former le noyau du nouveau Corps législatif ; [...] les six élus désignés étaient, dit-on, Lanjunais, Boissy-d'Anglas, Lesage d'Eure-et-Loir, Henri-Larivière, Durand-Maillane et Doulcet de Pontécoulant.
Mandat aux Cinq-Cents Sous le Directoire, Henry-Larivière est réélu député du Calvados et siège au Conseil des Cinq-Cents. Il siège aux côtés des membres du club de Clichy.
Le 1er messidor an V (19 juin 1797), il est élu président du Conseil et ses secrétaires sont Jean-Jacques Aymé (député de la Drôme), Jacques Delahaye (député de Seine-Inférieure), André-Joseph Jourdan (député des Bouches-du-Rhône) et Louis-Thomas Villaret de Joyeuse (député du Morbihan).
Initialement tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an VI (le 20 mai 1798), Henry-Larivière est décrété de déportation en Guyane à l'issue du coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797). Il échappe au décret et émigre en Suisse, puis à Londres, où il entre en contact avec le comte d'Artois.
Sous la Restauration
Larivière revient en France lors de la Première Restauration durant laquelle il devient avocat général près la Cour de cassation. Il émigre à nouveau lors des Cent-Jours et revient en France lors de la Seconde Restauration.
Sous Louis-Philippe Ier
Opposé à la monarchie de Juillet, Larivière émigre pour Florence. Il rentre en France en 1837 et meurt l'année suivante.
Références
Voir aussi Bibliographie
Marcel Dorigny, « Henry-Larivière Pierre-François-Joachim », p. 546 in Albert Soboul (dir.), Dictionnaire historique de la Révolution française, Paris, Presses Universitaires de France coll. Quadrige, 1989, réédition 2005, 1132 p. « Larivière Pierre-François-Joachim », p. 130 in Bernard Gainot, Dictionnaire des membres du Comité de Salut public, Paris, Tallandier, 1990, 159 p.
Liens externes
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