, né à Kōfu dans la préfecture de Yamanashi le , est un homme politique japonais, membre du Parti de la restauration. Il est élu depuis 1993 à la Chambre des représentants, la chambre basse de la Diète du Japon, alternativement au vote unique non transférable pour l'ensemble de sa préfecture natale de 1993 à 1996, puis à la proportionnelle dans le bloc législatif du Sud Kantō de 1996 à 2000 et depuis 2012 ainsi qu'au scrutin majoritaire pour le de la préfecture de Yamanashi de 2000 à 2012. Un des principaux fidèles de Yukio Hatoyama, il est ministre de l'Environnement dans les 93 et Cabinets du Japon dirigés successivement par Hatoyama puis Naoto Kan, du au . Après son retrait du gouvernement, il a pris la présidence de la Commission de l'Environnement de la Chambre des représentants du au , poste qu'il avait déjà occupé de 2004 à 2005.

Formation et carrière professionnelle Sakihito Ozawa passe toute son enfance et sa scolarité dans sa ville natale de Kōfu. Il sort du lycée préfectoral de Kōfu-Sud en mars 1973 et entre à la faculté de droit de l'Université de Tokyo le mois suivant. Il en est diplômé en mars 1978, puis parfait sa formation, entre 1978 et 1981, au sein de l'école supérieure de l'université de Saitama. Il y intègre le laboratoire de recherche en sciences économiques et politiques des professeurs Yukio Noguchi (économiste opposé au modèle économique et industriel développé par le Japon depuis la Seconde Guerre mondiale, qu'il considère trop dirigiste et trop bureaucratique) et Eisuke Sakakibara (haut fonctionnaire et industriel au contraire partisan de l'« État construction » et de la politique économique menée par le Parti libéral-démocrate à partir de 1955) BAI GAO, « Economic ideology and Japanese industrial policy : Developmentalism from 1931 to 1965 », Cambridge University Press, 13 p.. Ozawa obtient sa en mars 1981.

Il est employé de 1981 à 1983 à la Bank of Tokyo, au sein de la section des changes internationaux. En 1983, il est recruté par Takujirō Hamada, député de l'ancien de Saitama, pour servir de secrétaire au , un groupe de réflexion politique réformateur interne au Parti libéral-démocrate (grand parti de droite conservatrice au pouvoir depuis sa formation en 1955), chargé tout particulièrement des questions de politique économique.

Carrière politique

Premiers pas à la Diète et valse des partis

Première élection à la Diète

En 1992, il participe à la formation du Nouveau parti du Japon (NPJ), petit mouvement créé à l'initiative de l'ancien gouverneur de la préfecture de Kumamoto Morihiro Hosokawa. Cette formation réunit essentiellement des personnalités relativement jeunes exerçant des mandats locaux (dont beaucoup de dissidents du PLD, Hosokawa en tête) ou issues de la société civile, partageant des idées libérales, réformatrices et en faveur d'une plus grande transparence et de moins de bureaucratie dans le jeu politique.

Il est élu pour la première fois député à la Chambre des représentants lors des élections législatives du . Il se présente au vote unique non transférable pour l'un des cinq sièges à pourvoir dans l'ancien district électoral correspondant à sa préfecture natale. Il fait campagne sur le thème de la lutte contre la corruption, la circonscription étant notamment le fief de Shin Kanemaru, un poids lourd du PLD arrêté le pour évasion fiscale concernant des dons illégaux qu'il a reçu d'entreprises du BTP. Il dispose de moyens largement inférieurs à ceux de ses adversaires libéraux-démocrates, et souffre, contrairement à eux, d'un déficit de notoriété. De plus, Kanemaru reste populaire dans la préfecture ce qui l'empêche de l'attaquer très violemment, déclarant à ce sujet : « C'est la question la plus épineuse. Il faut que je sois très prudent. J'ai toujours dit que Kanemaru avait été merveilleux pour la population ici, mais en même temps j'essaye de leur dire que rompre avec la politique de l'argent est le principal défi de cette élection » D. E. SANGER, « Issue for Japan Voters Today : How Much Change ? », The New York Times, 18/07/1993.

Malgré cela, il obtient le troisième meilleur score, avec voix et 14,35 % des suffrages exprimés Résultat des élections législatives japonaises de 1993 dans l'ancien district unique de la préfecture de Yamanashi, sur le site www.senkyo.janjan.jp. Après ce scrutin, il devient président du Comité politique (chargé de l'élaboration du programme politique, numéro quatre du parti) du NPJ. Celui-ci intègre dans le même temps une coalition de huit partis opposés à la fois au PLD et au Parti communiste japonais (PCJ), à savoir, outre le NPJ, quatre partis de centre-gauche sociaux-démocrates ou sociaux-libéraux (le Parti socialiste japonais PSJ, le Parti démocrate socialiste PDS, la Fédération sociale-démocrate FSD et le Parti des réformes démocratiques PRD lié à la confédération syndicale Rengō), un mouvement centriste d'inspiration bouddhiste (le Kōmeitō) et deux partis tout juste formés par des dissidents réformateurs et libéraux du PLD (le Shinshintō de Tsutomu Hata et Ichirō Ozawa, et le Nouveau Parti pionnier dit aussi Nouveau parti Sakigake NPS, le second étant plus progressiste que le premier sur les questions sociales). Le président du NPJ, Morihiro Hosokawa, devient Premier ministre.

Du NPJ au NPS puis au PDJ

Il défend activement le rapprochement, voire la fusion, entre le NPJ et le Nouveau Parti pionnier, ces deux formations ayant présenté des candidats communs dans pratiquement toutes les circonscriptions lors des législatives, formant un groupe commun à la Chambre des représentants et étant relativement proches sur le plan idéologique (notamment sur le plan de la lutte contre la corruption et la volonté de changer la manière de faire de la politique en la rendant plus transparente et moins dépendante de la haute administration d'État). Mais les difficultés du gouvernement Hosokawa se multiplient, du fait notamment du caractère hétéroclite de la majorité sur laquelle il repose (du socialisme au conservatisme libéral), et, touché par des soupçons concernant la gestion de ses fonds politiques dans les années 1980, Morihiro Hosokawa, pourtant jusqu'ici considéré comme l'un des hommes politiques japonais les plus intègres et l'un des plus ardents à combattre la corruption, doit annoncer sa démission le D. E. SANGER, « Japanese Coalition Scrambles to Replace Premier », The New York Times, 09/04/1994.

Marqués par le scandale touchant leur dirigeant mais aussi hostiles à l'influence politique en coulisse jugée démesurée du secrétaire général du Shinseitō Ichirō Ozawa (surnommé le « Shōgun de l'Ombre » et accusé par ses détracteurs de reproduire les pratiques politiques occultes développées par le PLD), certains élus de la jeune garde du NPJ, parmi lesquels Sakihito Ozawa, décident de faire dissidence du NPJ et de s'allier plus étroitement avec le NPS. Alors que le choix pour devenir le nouveau Premier ministre semble s'orienter vers Tsutomu Hata (qui est finalement investi le ), président du Shinseitō et considéré par ses opposants (notamment le PSJ, le NPS et les jeunes élus du NPJ) comme la « marionnette d'Ozawa » « Chap. 5 : KITEN - 4 : Getting Rid of Kaifu », in S. HUNZIKER, I. KAMIMURA, Kakuei Tanaka : a political biography of modern Japan, Sakihito Ozawa quitte le Nouveau parti du Japon. Il forme le , avec deux autres députés dissidents (le quadragénaire Fumihiko Igarashi et le quinquagénaire Akio Nakajima), le . D'autres (les trois trentenaires Seiji Maehara, Yukio Edano et Yūichi Takami et le quinquagénaire Satoshi Arai) font de même le et fondent leur propre petit groupe parlementaire baptisé . Menacé par une motion de censure risquant d'être adoptée, Tsutomu Hata finit par démissionner et une Grande coalition est formée le entre le PLD, le PSJ et le NPS, portant le dirigeant socialiste Tomiichi Murayama à la tête du gouvernement. Le lendemain, Sakihito Ozawa et le « Groupe "nuage bleu" » forment un groupe commun avec le Vent démocrate et le Nouveau Parti pionnier, avant de se fondre entièrement dans ce dernier le Évolution des groupes politiques à la Chambre des représentants du Japon de 1990 à 1998.

Dans son nouveau parti, Sakihito Ozawa devient vice-président du Comité des affaires de la Diète, secondant à ce poste Kisaburō Tokai. Il reste son second lorsque ce dernier passe, en janvier 1996, à la présidence du Comité de recherche politique, étant le vice-président de cette instance conjointement avec Fumihiko Igarashi. En plus de ces responsabilités dans la direction du NPS, il devient également directeur (soit l'équivalent d'un vice-président) de la Commission de la Réglementation et de l'Administration de la Chambre des représentants en janvier 1995. Le , il suit, comme la moitié des parlementaires « pionniers » mais aussi socialistes, deux dirigeants du mouvement, Yukio Hatoyama et Naoto Kan, lorsque ceux-ci décident de passer dans l'opposition à la Grande coalition et de former le Parti démocrate du Japon (PDJ), sur le principe de la troisième voie entre capitalisme exacerbé et l'« État construction » (modèle japonais d'État providence marqué par les importants moyens investis dans les travaux publics).

L'ascension au PDJ

Un homme d'appareil

Il se représente à la Chambre des représentants désormais sous l'étiquette démocrate lors des législatives du . Il s'agit du premier scrutin à se faire selon le nouveau système mixte introduit par une réforme électorale en 1994, alliant vote uninominal majoritaire à un tour dans 300 circonscriptions et proportionnelle de liste pour 200 sièges répartis dans 11 blocs législatifs correspondant plus ou moins aux grandes régions géographiques du Japon. Sakihito Ozawa se porte pour sa part candidat à ce dernier mode de scrutin dans le Sud Kantō (soit les préfectures de Yamanashi, Kanagawa et Chiba), en deuxième position de la liste PDJ menée par l'ex-socialiste Jun Hayama Composition de la liste PDJ dans le bloc législatif du Sud Kantō lors des élections législatives japonaises de 1996, sur le site www.senkyo.janjan.jp. Elle obtient le troisième résultat, après le PLD et le Shinshintō (parti créé en 1994 par les membres de l'alliance de 1993 n'ayant pas rejoint la Grande coalition et constituant depuis la principale force d'opposition, présidé par Ichirō Ozawa), avec voix, soit 21,21 % des suffrages exprimés, et 5 sièges sur 23 à pourvoir. Sakihito Ozawa est donc réélu, et devient immédiatement président délégué du Comité des Affaires de la Diète du PDJ, y secondant l'ex-PSJ Hirotaka Akamatsu. En janvier 1998, il passe président délégué du Comité de recherche politique, désormais aux côtés de Yukio Edano et participe ainsi à l'élargissement du parti par l'absorption de petits mouvements issus de l'éclatement à la fin de l'année 1997 du Shinshintō.

Une fois l'agrandissement du PDJ réalisé, et celui-ci devenu le premier parti de l'opposition, le , Sakihito Ozawa accède au poste de secrétaire général adjoint, aux côtés du numéro deux du parti Tsutomu Hata, l'ancien Premier ministre auquel il s'était opposé en raison de sa trop forte proximité avec Ichirō Ozawa mais qui a depuis rompu avec ce dernier. Le , lorsque le PDJ forme son premier contre-gouvernement, baptisé , le nouveau président du parti, Yukio Hatoyama, y nomme Sakihito Ozawa « ministre suivant de l'Information et des Communications ». Il le reste jusqu'au Composition du premier Cabinet suivant du PDJ, sur le site officiel du parti. Il est chargé alors de contrer les ministres des Postes et Télécommunications successifs des gouvernements de Keizō Obuchi puis Yoshirō Mori, à savoir Eita Yashiro jusqu'en juillet 2000 et Kōzō Hirabayashi à partir de là.

L'acquisition d'une emprise locale