Cosqueville (prononcé .) est une ancienne commune française littorale rurale du département de la Manche et la région Normandie.

Devenue commune déléguée au sein de Vicq-sur-Mer le , le statut de commune déléguée est supprimée en par décision du conseil municipal Conseil municipal du 16 octobre 2019 - Délibération 6 : Suppressions des communes déléguées..

Géographie Localisation Cosqueville est située en bord de mer dans le Val de Saire.. Elle est à de distance du parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin.

Géologie et relief La roche dominante du territoire est le granite.

Hydrographie Les principaux cours d'eau de la commune sont la rivière de Varouville ainsi que les ruisseaux de Hacouville et de la Fontaine des Dalles. Le port de Cherbourg est à .

Climat Son climat est océanique avec des étés tempérés.

Milieux naturels et biodiversité La plage du Vicq. La plage de Tabot. La pointe de la Loge et ses anciennes maisons de pêcheurs à présent utilisées comme habitations. La plage se trouve à la limite de la commune de Fermanville. L'anse du Sablon : c'est de là que partait autrefois les extractions des carrières qui ont notamment été utilisées pour la rade de Cherbourg. La plage des Mares, sur laquelle on retrouve des vestiges de la Seconde Guerre mondiale..

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Coskevilla entre 1164 et 1196François de Beaurepaire, Les noms de communes et anciennes paroisses de la Manche, Picard, Paris, 1986, p. 104., Galfridus Cosquet, dominus de Cosquevilla en 1216, Cousquevilla vers 1280, ecclesia de Cosquevilla en 1332Pouillé du Diocèse de Coutances, 1332, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 311C., Coquevilla en 1351 et en 1352Compte du Diocèse de Coutances, pour l’année 1351 ou 1352, in Auguste Longnon, Pouillés de la Province de Rouen, Recueil des Historiens de France, Paris, 1903, p. 378F., fief Richard Cosquet [à cosqueville] en 1396, Quoqueville en 1424, Cosqueville en 1549Eugène Robillard de Beaurepaire et le Comte Auguste de Blangy, Le Journal du Sire de Gouberville (t. I), Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie XXXI, Caen, 1892, p. 37..

Il s’agit d’une formation toponymique médiévale en -ville au sens ancien de « domaine rural », précédé du nom de famille CosquetLes noms de communes et anciennes paroisses de la manche, François Beaurepaire Dictionnaire étymologique, René Lepelley Vikings et Noms de lieux de Normandie, Jean Renaud..

En 1801, le nom de la commune était Coqueville.

Histoire Préhistoire Le littoral a été peuplé dès le Paléolithique comme en témoignent les armes et outils datant de cette époque. La Pierre Plantée, du Néolithique, qui forme un triangle avec les deux menhirs de Saint-Pierre-Église, mesure neuf pieds de hauteur. Il en existait un autre, qui a été renversée par les vagues de la mer et qu'on nommait le Poteau, à cause de sa forme cylindrique. Ces mégalithes sont connus sous le nom des « Trois Princesses ». En 1820, un dolmen a été détruit au hameau de la Trigalle. Onze années plus tard, on découvrit aux environs une petite niche souterraine, dans laquelle il y avait quarante coins en bronze.

Une partie du territoire de la commune a été envahie par la mer. Aux marées basses, on retrouve des traces de chemins charretiers, qui ont laissé des empreintes dans la pierre, ainsi que des arbres enfouis dans une tourbe noirâtre, qui devait être autrefois de l´humus ou une terre végétale. Le Rocher du Vic, les Roches du Bourg, maintenant submergés, indiquent qu´il y avait là des habitations.

Antiquité et Haut Moyen Âge Le toponyme est de formation récente et l’absence de trace archéologique ne permet pas d’avancer des hypothèses sur le passé de la localité à l’époque antique et au Haut Moyen Âge. Elle faisait partie du territoire des Unelles, peuple celtique (gaulois), romanisé par la suite. À l’époque du Bas Empire, la région est incluse dans le système de défense du litus Saxonicum destiné à la protéger des raids de pirates germaniques. En 1823 dans une parcelle nommée « le Clos à Bœufs » on a découvert des pièces mérovingiennes en or et en argent. À partir du milieu du , des Vikings commencent à fréquenter la côte et finissent par établir des bases permanentes, bien qu’on en ait pas de preuves matérielles, seules des sources indirectes et l’onomastique nous renseignent sur la présence de ces Hommes du nord.

Moyen Âge On trouve la première mention de Cosqueville en 1164 sous la forme Coskevilla. En 1196, un certain Galfridus Cosquet est seigneur de Cosquevilla.

Un Raoul des Moustiers, seigneur de Cosqueville, participa en 1096 à la première croisade avec Robert Courteheuse. Guillaume Le Moine, au , seigneur de Beaumont et patron d'Angoville donne l'église à l'abbaye de Montebourg. La donation est confirmée par d'Angleterre (1174-1189). Avant 1289, les dîmes de Cosqueville appartenaient aux abbés du Mont-Saint-Michel comme l'atteste un arrangement entre l'abbaye et les curés de la paroisse.. En 1378, Guillaume d'Argouges, chevalier et patron du lieu, présenta à l'évêque pour curé Olivier Tesson.

Temps modernes Dans un aveu daté de 1500, Jean de Pirou est qualifié de seigneur de Beaumont en la Hague, dont dépendent Cosqueville, Clitourps, Varouville, Réthoville et Fermanville..

Au , le territoire paroissial était partagé en deux fiefs : celui de Cosqueville qui avait pour seigneur Robert de Hennot (1568), qui s'était déclaré en faveur du protestantisme, le second, celui de Bellanville, qui avait pour seigneur Roulland Le Parmentier, dont un des fils était curé de Cosqueville. Les familles Le Parmentier et de Hennot avec l'abbé Le Parmentier et Robert de Hennot, seigneur de Cosqueville, notamment, qui y laissèrent leur vie, sont le symbole des guerres de Religion () qui embrasèrent le Nord-Cotentin.

En 1558, Robert de Hennot gifla Jean Le Parmentier, le frère du curé, d'où s'ensuivit un procès. Les Le Parmentier, sans attendre la sentence du tribunal, assaillirent Hennot et lui donnèrent plusieurs coups de poignard, dont il réchappa. Le sergent Chandeleur, qui l'accompagnait n'eut pas cette chance, et son corps fut jeté aux abords du manoir. Le curé de Cosqueville traduit devant la justice, fut roué vif à Rouen avant d'avoir la tête tranchée. Le dimanche , une émeute visant les protestants, plus ou moins fomenté par Thomas La Guette, vicomte de Valognes et beau-frère de Roulland Le Parmentier, éclata à Valognes, alors que Robert du Hennot s'y trouvait dans une maison, le manoir du Quesnay, où se tenait un prêche. Trainé dans la rue il fut aussitôt massacré, ainsi qu'un médecin, Maistre Gilles Mychault, un tailleur, Gilles Louvet, un avocat, Robert de Verdun, un bourgeois, Jehan Giffart (Jean Guiffard) dit Pont-l'Evesque qui fut « embroché » et un seigneur du Plain, le seigneur de Houesville. Les cadavres restèrent exposés à la vue des passants pendant deux jours et Gouberville relate .

Jean de Hennot, frère de Robert, qualifié de seigneur de Cosqueville et Théville, passe un contrat le devant les tabellions de Saint-Sauveur-le-Vicomte, avec sa sœur, Jeanne de Hennot, épouse de Guillaume Le Bas, écuyer, seigneur du Quesne et Golleville, au sujet de la succession de leur père et mère, noble homme Gaultier de Hennot, seigneur de Théville et de Cosqueville et Catherine Guiffard..

En 1567, les héritiers de Jehan Binet, sieurs d'Argougez, sont taxés pour ce fief de dans le rôle des nobles et roturiers, au titre du ban et de l'arrière ban de la vicomté de Coutances, réalisé par Gilles Dancel, seigneur d'Audouville, lieutenant général du bailli de Cotentin, tenu à Coutances les -. Le fief d'Argougez à Cosqueville qui valait un huitième de fief de haubert, était tenu du fief d'Argouges en Bessin. Dans le même rôle : Ollivier de Pirou, écuyer, sieur de Beaumont à Néville, de Fermanville, de Mangneville à Cosqueville, de Gonneville, de Maupertus et de Rideauville, est taxé pour ces fiefs de . Le fief noble de Mangneville assis à Cosqueville était tenu également du fief d'Argouges en Bessin ; Jehan de Hennot, écuyer, sieur de Cosqueville et Théville, est taxé de et . Le fief de Cosqueville, qui valait un quart de fief de haubert et était tenu de la vicomté de Valognes, avait une extension à Fermanville ; François Messent, sieur de Harcla est taxé pour ce fief de . Le fief d'Harcla à Cosqueville, qui valait un tiers de fief de haubert, relevait du fief de la Motte-du-Vast au Vast.

En 1666, Jacques, Pierre et Charles, écuyers demeurant à Cosqueville, sont sieurs de Cosqueville et de Valcanville..

Au , on compte parmi les familles notables du lieu les Duhommel attestées en 1552, et qui en 1593, s'allièrent aux d'Argouges, les Le Sens de la Duquerie, la famille d'Espinoze et les Simon de Montreuil-Renonville.

Révolution française et Empire En 1835, au triage des Hommets, près de la mare de Vrasville, dans une pièce de terre nommée la Renardière, fut trouvé un grand nombre d'outils en fer (pinces, marteaux, cuillers et enclumes) ayant servi à battre monnaie, ainsi qu'une grande quantité de pièces d'essais à l'effigie de qui régna de 1328 à 1350.

Époque contemporaine Fusions En 1973, Cosqueville fusionne avec Angoville-en-Saire et Vrasville, qui gardent le statut de communes associées. La commune d'Angoville aurait relevé de la famille du Moncel. Ses armoiries sont composées de trois losanges. Quant à Vrasville, elle aurait été rattachée à la famille d'Évrard d'origine scandinave..

Le , Cosqueville intègre avec trois autres communes la commune de Vicq-sur-Mer. créée sous le régime juridique des communes nouvelles instauré par la loi du de réforme des collectivités territoriales. Les communes de Cosqueville, Gouberville, Néville-sur-Mer et Réthoville deviennent des communes déléguées et Cosqueville est le chef-lieu de la commune nouvelle. Du fait de la fusion sous ce régime, Angoville-en-Saire et Vrasville perdent leur statut de communes associées et sont définitivement intégrées à Cosqueville.

Politique et administration vignette|La mairie.

Le conseil municipal était composé de quinze membres dont le maire et un adjoint. Deux de ces conseillers étaient respectivement maires délégués des communes associées de Vrasville et d'Angoville-en-Saire. L'ensemble des conseillers intègre le conseil municipal de Vicq-sur-Mer le jusqu'en 2020 et Richard Leterrier est élu maire de la commune nouvelle.

Population et société Les habitants de la commune sont appelés les Cosquevillais.

Démographie

Cosqueville comptait en 1712.

Économie Les principales activités sont la culture et la production animale.

Appellations d'origine contrôlée La commune de Cosqueville se trouve sur le territoire des Prés salés du Mont-Saint-Michel et du camembert de Normandie.

Culture locale et patrimoine Lieux et monuments Patrimoine civil Menhir dit la Pierre Plantée. Haut de trois mètres, il forme avec les deux menhirs de Saint-Pierre-Église l'ensemble des trois Princesses. Le jardin de Cosqueville. La pointe du rocher de Tabot ou pointe du rocher au Pique, connue comme lieu de naufrage. Le Grand Manoir, du , autrefois entouré de douves, c'est l'ancien siège de la seigneurie de Cosqueville.. Des six tourelles d'origine, il n'en subsiste qu'une.. On peut notamment y voir une fenêtre avec grille de fer forgé défensive, qui serait la plus imposante du Cotentin.. La motte féodale, située derrière l'église de Vrasville dans un champ dit le Clos-à-Bœuf..