Raymond Duval, né le à Montpellier et mort le à Kasba Tadla (Maroc) dans un accident d'avion, est un général français, grand-croix de la Légion d'honneur.

Il combat lors la Première Guerre mondiale au cours de laquelle il est fait chevalier de la Légion d'honneur à 20 ans. Puis, il s'illustre durant la Seconde Guerre Mondiale comme commandant de l'infanterie divisionnaire ( RTA, RTT et RTA) de la division d'infanterie algérienne (3 DIA) au cours de la campagne d'Italie en mai- et lors de la libération de la France, notamment lors de la bataille des Vosges.

Commandant de la division de Constantine en 1945, il réprime l'insurrection de Sétif en mai. Il est nommé ensuite commandant supérieur des troupes de Tunisie puis du Maroc.

Biographie Famille Il est le fils de Célestin Duval, officier d’administration des bureaux de l’intendance militaire, et de Clémence Pigaret.

Formation Il est élève au Prytanée militaire de La Flèche. Reçu à l'école spéciale militaire de St-Cyr en 1912, il en sort comme sous-lieutenant le .

Première Guerre mondiale Il participe à la bataille des Frontières, il est alors fait prisonnier à Maubeuge le . Il s'évade le et rejoint le avec lequel il fera toute la guerre. Il participe à la bataille de la Marne, et en sort grièvement blessé le de la même année. Il est fait Chevalier de la Légion d'honneur le à 20 ans. Après plusieurs mois à l'hôpital, il retourne au front et participe aux première et seconde bataille de Champagne et de Verdun. Il est promu capitaine le , et participe à la bataille de la Somme, durant laquelle il est fait prisonnier le , à Saint-Pierre-Waast. Il tente de s'évader trois fois, mais est repris avant de rejoindre la ligne de front. Il finit par s'évader lors de sa quatrième tentative, le .

Entre-deux-guerres Il est affecté en Sibérie, avec la mission du général Maurice Janin, jusqu'au . Il part ensuite en Syrie en 1921, puis rejoint le 27e bataillon de chasseurs alpins à Annecy en 1922. Il suit les cours de l'École supérieure de guerre de 1924 à 1926, et obtient sa première affectation pour l'Algérie en 1926 à l'état-major du 19e corps d'armée à Alger. Il se marie le . Il est nommé commandant le . Muté au Maroc à Fès, il participe à la fin de la pacification du Maroc (campagne du Haut-Atlas). De 1933 à 1935, il est chef adjoint du cabinet du résident général de France au Maroc ; puis de 1935 à 1939, il est à l'état-major du général, commandant supérieur des troupes.

Seconde Guerre mondiale Promu lieutenant-colonel en , Duval est muté à Metz sur la ligne Maginot avec la Armée. Lors de la débâcle de 1940, il est fait prisonnier le avec l'état-major du général, et s'évade peu après pour rejoindre les lignes françaises. Avant sa capture, depuis la ligne Maginot, il renseigne la Revue des Deux Mondes sur le déroulement des combats d’ à , dans une série d’articles intitulée « La situation militaire » qui constitue un « témoignage historique inestimable »Auriane de Viry, 14 juin 1940 : Les Allemands entrent dans Paris, Revue des Deux Mondes, 14 juin 2023..

Il est nommé colonel le , et part à Ankara comme attaché militaire. À son retour en France en , il prend le commandement du d'infanterie alpine à Grenoble. Après l'invasion de la zone libre par les Allemands, il entre en Résistance et s'évade de France quelques mois après, par avion, avec le général Alphonse Georges le .

Après différents commandements en Afrique du Nord, il est muté en au corps expéditionnaire français en Italie comme commandant de l'infanterie divisionnaire de la 3e division d'infanterie algérienne ( DIA), et le , il est promu général de brigade. Il participe à la libération de Sienne en à la tête de ses régiments. Il est cité à l'ordre de l'armée pour sa conduite : Bulletin d'information du Maroc, 1945, p. 61. Lire en ligne...

Débarquant en Provence en avec la Armée, il remonte le long du Rhône avec ses troupes. Il s'illustre lors de la bataille des Vosges en , ce qui lui vaut une nouvelle citation à l'ordre de l'armée : Bulletin d'information du Maroc, 1945, p. 45. Lire en ligne... Il est ensuite muté comme commandant de la division de Constantine le en Algérie.

Massacres de Sétif

Peu après surviennent les évènements de Sétif, le , le jour de l'armistice en Europe. Sur instruction du général de Gaulle, du gouverneur général d'Algérie Yves Chataigneau, du sous-préfet André Achiary et sous la responsabilité du général Duval, l'armée réprime brutalement l'insurrection de Sétif en , avec plusieurs milliers de morts.

Le , Raymond Duval écrit dans un rapport ultraconfidentiel adressé à son supérieur, le général Henry Martin : .

Après-guerre

Il est promu commandeur de la Légion d'honneur le .

De 1945 à 1949, il est nommé commandant supérieur des troupes de Tunisie par le général de Gaulle, et est promu général de division le .

Il est élevé à la dignité de grand-officier de la Légion d'honneur le .

De 1949 à 1955, il est commandant supérieur des troupes du Maroc, et est nommé général de corps d'armée le , puis obtient sa de général d'armée le .

Il est élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur le .

Mort dans un accident d'avion Alors qu'il procède à des opérations de maintien de l'ordre le après les émeutes d'Oued Zem et Khénifra, son avion, qu'il pilote lui-même, s'écrase près de Kasba-Tadla (sur les contreforts de l'Atlas marocain)Son avion aurait heurté une colline, Le Monde, 24 août 1955.. Il est déclaré mort pour la France, par décision ministérielle du . Selon des rapports contemporains, ce dernier inspectait la région d'Oued-Zem lorsque son avion Piper Club s'est écrasé. Il pilotait l'appareil lui-même et était accompagné d'un autre officier , selon plusieurs sources l'avion en question aurait était abattu par l'armée de libération nationale marocaine,( ALM ).

L'incident a été considéré comme une perte importante par ses proches. Certaines sources suggèrent que des membres de l'Armée de Libération auraient été responsables de l'abattage de l'appareil, bien que les détails restent limités et que les comptes rendus varient.

Décorations () Grand officier le Commandeur en Officier en Chevalier en Croix de guerre 1914-1918 (2 citations) Croix de guerre 1939-1945 (4 citations) Croix de guerre des théâtres d'opérations extérieurs (2 citations) Médaille de la Résistance

Références

Bibliographie Ouvrages Le général Raymond Duval: 1894-1955 par un témoin de sa vie, Berger-Levrault, 1957, préface du maréchal Alphonse Juin. Compte-rendu en ligne. . Annie Rey-Goldzeiguer, Aux origines de la guerre d'Algérie 1940-45, éditions La Découverte, 2002, .

Autres Dossier au Service Historique de la Défense : cote 13 YD 1139.

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