vignette|Les Sept Merveilles du monde, provenant de l'Octo Mundi Miracula, un ensemble de gravures réalisées par l'artiste flamand Maarten van Heemskerck et publiées en 1572.. De haut en bas et de gauche à droite : les pyramides de Gizeh, la statue de Zeus à Olympie, le phare d'Alexandrie, le colosse de Rhodes, les jardins suspendus de Babylone, le mausolée d'Halicarnasse et le temple d'Artémis à Éphèse. L'artiste a également représenté le Colisée comme huitième merveille.
Les Sept Merveilles du monde sont un ensemble de sept réalisations architecturales et artistiques monumentales érigées au cours de l'Antiquité classique, généralement perçues comme excédant largement les proportions communes et mettant en évidence une ingéniosité exceptionnelle.
L'origine de cette liste n'est pas connue. La première mention remonte au et on en connait de nombreuses versions, complètes ou partielles, au cours des siècles suivants : toutes diffèrent de la liste canonique actuelle. Cette dernière semble avoir été rédigée au , sans qu'on connaisse les raisons des choix des auteurs. En tout état de cause, les sept monuments canoniquement décrits comme Merveilles du monde à notre époque sont : les pyramides de Gizeh en Égypte, les jardins suspendus de Babylone, la statue de Zeus à Olympie, le temple d'Artémis à Éphèse, le mausolée d'Halicarnasse, le colosse de Rhodes et le phare d'Alexandrie. Deux de ces monuments étaient situés dans l'actuelle Grèce, deux autres dans l'actuelle Turquie, deux autres encore dans l'actuelle Égypte et la dernière en Irak.
De ces sept réalisations ne subsistent au que les pyramides de Gizeh, qui sont par ailleurs de très loin les plus anciennes. Toutes les autres ont disparu au cours des siècles, bien qu'il subsite des restes du phare, du temple d'Artémis et du mausolée d'Halicarnasse, in situ ou dans des musées. La nature exacte des jardins de Babylone n'est pas connue ; il est possible qu'ils n'aient même jamais vraiment existé.
Liste canonique
Généralités thumb|Localisation des Sept Merveilles à l'époque antique.La liste canonique des Sept Merveilles du monde comprend ː La pyramide de Khéops à Memphis (aujourd'hui, Gizeh ou Gizâ), en Égypte ; Les jardins suspendus de Babylone, en Mésopotamie (ou possiblement de Ninive, en Assyrie) (Irak actuel) ; La statue chryséléphantine de Zeus à Olympie, en Élide (Grèce) ; Le temple d'Artémis, appelé aussi « Artémision », à Éphèse, en Ionie (Turquie actuelle) ; Le tombeau de Mausole, à Halicarnasse, aussi nommé « mausolée d'Halicarnasse », en Carie (Turquie actuelle) ; La statue en bronze d'Hélios, dite « colosse de Rhodes », sur l'île grecque de ce nom ; La tour-fanal de Pharos, dite « phare d'Alexandrie », en Égypte.
Leurs dates de construction, approximatives pour la plupart, s'étendent sur plusieurs siècles, entre environ pour la pyramide de Khéops et le début du pour le phare d'Alexandrie, considéré comme le plus récent. De nos jours, seule la merveille de Memphis existe encore, alors que toutes les autres ont disparu après avoir souffert des incendies, des intempéries, des séismes, et aussi par la main de l'homme. Leur existence est attestée par des témoins archéologiques, exception faite des jardins suspendus de Babylone dont il ne subsiste aucune trace et dont la réalité historique est mise en doute.
Seules trois merveilles n'appartiennent pas au monde hellénique (deux en Égypte et une à Babylone), et deux d'entre elles se situent en Grèce au sens contemporain du terme : celles d'Olympie et de Rhodes. Elles sont toutes situées autour du bassin méditerranéen, comprises dans les territoires conquis par Alexandre le Grand, et les plus orientales ne sont pas situées très loin d'AlexandrieLudwig Friedlaender et Charles Vogel, Mœurs romaines d’Auguste aux Antonins, 2, 1867, .. Comme ces ouvrages ont été édifiés près de la mer, la liste a probablement été constituée à partir de récits de grands voyageurs, souvent des érudits. Ce sont des ouvrages particuliers et non des villes ou des sites naturels. Par rapport aux réalisations grecques, de tailles modestes mais très élaborées, elles sont gigantesques et laissent une forte impression.
Tableau synthétique Merveille Date approximative de construction Lieu Fonction Maître d'ouvrage Maître d'œuvre Disparition Figuration Pyramide de Khéops (+ de travaux)Gizeh (Égypte) Tombeau du Pharaon Khéops Hémiounou Exploitation partielle en carrière avant le . Encore debout au , mais parement disparu. 100px Jardins suspendus de Babylone Babylone (Irak) Jardin d'agrément pour la princesse Amytis de Médie Disparus à partir du , avec le déclin puis l'abandon de la cité. 100px Statue chryséléphantine de Zeus (+ de travaux) Olympie (Élide) Pour siéger au nouveau temple La cité d'Olympie Phidias Transportée à Constantinople en 420 ou 422. Détruite lors d'un incendie en 461. 100px Mausolée d'Halicarnasse (+ de travaux) Halicarnasse (Carie) Tombeau du couple royal Mausole puis Artémise II Pythéos de Priène Détériorations à partir du (guerres et intempéries). Au , état d'enlisement (séisme ?). Puis exploitation en carrière pour des défenses militaires à partir du . 100px Temple d'Artémis, incendié en , puis reconstruit en (+ plusieurs années de travaux) Éphèse (Ionie) Remplacement d'un temple détruit (dédié à Artémis) La cité d'Éphèse Sur les plans du précédent (Théodore de Samos et Chersiphron) Pillé en 263 par les Goths. Endommagé par des séismes. Partiellement relevé. Incendié en 401 par les chrétiens. Puis abandon du culte et exploitation en carrière au .100px| Le temple d'Artémis (Diane) à Éphèse Colosse de Rhodes (+ de travaux) Rhodes (Grèce) En souvenir du siège de la ville levé par () La ville de Rhodes Charès de Lindos Tremblement de terre de 227 ou (cassé au niveau des genoux, statue brisée en plusieurs morceaux). Puis enlèvement des débris en 654. 100px Phare d'Alexandrie (+ de travaux) Île de Pharos à Alexandrie (Égypte) Aide à la navigation puis Sostrate de Cnide Plusieurs fois restauré. Troisième étage détruit par un tremblement de terre au . Endommagé par un second tremblement de terre au . Progressivement ruiné ; enfin exploitation en carrière pour des défenses militaires à partir du . 100px
Le Phare d'Alexandrie Ouvrage pratiquement contemporain du Colosse, cette tour-fanal apparaît seulement dans les listes tardives, généralement en remplacement du rempart de Babylone, et termine la liste canonique adoptée jusqu'à nos jours. Sa renommée semble due à son rôle utilitaire et au style singulier de sa construction et elle est érigée pour honorer la mémoire de Ptolémée Sôter qui développe Alexandrie. La cité, alors centre culturel avec son musée et sa bibliothèque, n'est certainement pas étrangère à la popularité de cet édifice. Mais il a fallu attendre un hasard de l'époque de la Renaissance pour retrouver cet ouvrage définitivement intégré à la liste des Merveilles.
Le Temple d'Artémis L'Artémision d'Éphèse du , qui est incendié en -356 par Érostrate, n'a jamais fait partie d'une quelconque sélection de monuments privilégiés car à cette époque, si ce temple était déjà universellement admiré, aucun texte ne parlait de listes de merveilles ; et lorsqu'une d'entre elles devint populaire, ce premier temple avait depuis longtemps disparu pour faire place à un second, rehaussé mais construit à l'identique. Pline l'Ancien, qui ne peut avoir vu que le dernier des deux, a lui-même, dans son récitHistoire naturelle, XXXVI, 21., confondu l'un et l'autre : L'architecte construit bien le premier temple mais le sculpteur ne travaille au second qu'au moins deux siècles plus tard.
Les Pyramides Les Pyramides, pour la plupart des auteurs principaux, Hérodote, Diodore de Sicile, Strabon, Pline l'Ancien et aussi Philon, forment une merveille dans leur ensemble. Pline écrivait : Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XXXVI, 75+.. Ces trois sœurs qui ont toutes leur angle sud-est parfaitement aligné et leur porte d'entrée sur le côté nord ont autrefois paru indissociables.
La liste définitive a consacré la pyramide de Khéops, parce qu'elle est évidemment la plus ancienne, la plus complexe, voire la plus ésotérique, mais surtout parce que, aux yeux de l'arpenteur, elle dépasse — mais de très peu — celle de Khephren. Curieusement, pour un visiteur arrivant de tous côtés — excepté du nord —, c'est cette dernière qui semble, grâce à une légère élévation du terrain, la plus haute ; à tel point que les chroniques arabes les ont parfois confonduesE. Guerrier, Les Pyramides, l’enquête ; 2006, .. Khéops est le premier essai tâtonnant — et par imitation de celle de Snefrou, à Meidoum — d'une architecture poussée à l'extrême et, aussi, selon certains spécialistes d'architecture, la pyramide qui présente le plus d'anomalies de structure interneEntre autres, , chapitre 2 : Anomalies observed at Giza..
Khephren, qui a le mieux résisté, a conservé son revêtement sommital et fait pour ainsi dire figure de « pyramide générique ». Sa silhouette plus élancée a été inspirée directement par l'équerre égyptienne : deux triangles rectangles — de côtés en proportion 3,4 et 5 — accolés verticalement par leur base lui donnent sa pente. De son côté, Mykérinos, la plus soignée, est généralement dédaignée. Cette dernière pyramide, selon Strabon, Strabon, Géographie, XVII, 33., mais, en contrepartie, selon Diodore, elle séduit davantage car elle Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, I, LXIV.. Il y a enfin le Sphinx, dont aucun visiteur, à l'exception de Pline l'Ancien, n'a noté la présence : .
Le Mausolée d'Halicarnasse Selon la légende la mieux suivie, Artémise II aurait elle-même décidé de construire pour son époux et frère le splendide monument qui aurait consacré son amour conjugal. L'assertion de Pline que l'on trouve dans sa fameuse description du MausoléeHistoire naturelle, XXXVI, 30. a généralement prévalu. Cette version n'a jamais fait l'unanimité. Déjà, Vitruve avait écrit que c'est Mausole lui-même qui entreprit cette construction à sa propre gloire posthumeLivre II, 8-10.. Ce prince suivait en cela une tradition de vanité très répandue à son époque chez les souverains. On ne compte plus, en effet, les tombeaux monumentaux érigés en Asie Mineure et notamment en Lycie. De son côté, Lucien consacre à Mausole un chapitre de son Dialogue des morts, le peignant comme un homme orgueilleux et très fier de s'être fait construire le plus beau tombeau de la terreLucien, Dialogues des Morts, XXI, dialogue entre Diogène et Mausole.. André Coutin écrit : , et Jean-Pierre Adam, d'autre part, écrit : . Chacun dans son ouvrage respectif accrédite donc spontanément cette seconde opinion mais sans toutefois en donner une plus longue explication.
L'historien Sainte-Croix avait auparavant nettement tranché : Mémoire sur la chronologie des Dynastes ou Princes de Carie, et sur le tombeau de Mausole, 1806..