Jean Carrière né le à Nîmes (France) et mort dans la nuit du 7 au dans cette même ville, est un écrivain français.

Biographie

Son père Edmond Carrière, chef d'orchestre au Théâtre de Nîmes, a donné son nom à une rue de cette ville. D'origine capcorsine par sa mère, Andrée Paoli, Jean Carrière fut un proche de Jean Giono (sur qui il écrira un essai) à Manosque, critique musical à Paris, chroniqueur littéraire à l'ORTF, il entame sa carrière d'écrivain avec son roman Retour à Uzès en 1967 (qui reçoit le prix Lucien Tisserant de l'Académie française). Il a publié une vingtaine d'ouvrages, principalement des romans.

Son deuxième roman, L'Épervier de Maheux, publié par l'éditeur Jean-Jacques Pauvert, est un succès inattendu. Lauréat du Prix Goncourt en 1972, il considérera ce succès (2 millions d'exemplaires, traduction en 15 langues) comme un malheur : la mort brutale de son père écrasé par un chauffard, puis son divorce, le plongeront dans une profonde dépression qui lui fera écrire quinze ans plus tard Le Prix d'un Goncourt.

Avant ce récit amer, il aura signé d'autres romans : La Caverne des pestiférés (2 tomes) chez Jean-Jacques Pauvert, ou encore Les Années sauvages, ainsi que des essais sur Julien Gracq et Jean Giono et un livre d'entretiens, Le Nez dans l'herbe. S'ensuivront une dizaine de romans, dont le dernier, Passions futiles, est paru en aux éditions de La Martinière.

Entre 1981 et 1986, il est suppléant d'Alain Journet, député socialiste de la circonscription du Gard.

Passionné de musique (grâce à son père et à son grand-père maternel, Toussaint Paoli, qui tenait un magasin de lutherie à Nîmes) et de cinéma (il rencontra l'actrice Sigourney Weaver à qui il consacra un ouvrage), il préparait un nouveau roman et un livre sur Maurice Ravel.

Après l'immense succès de son Épervier, il se tint farouchement à l'écart des salons littéraires et des médias parisiens qui en firent un écrivain régionaliste, ce qu'il n'était pas, et ce qui, au bout du compte, occulta le reste de son œuvre.

Jean Carrière est proche de Giono, dont il fut le secrétaire, et de Julien Gracq avec lequel il était en correspondance.

Il a été membre non résidant de l'Académie de Nîmes.

Après avoir un temps séjourné dans son chalet, à Saint-Sauveur-Camprieu, près du mont Aigoual, Jean Carrière vivait depuis une vingtaine d’années dans une maison au pied des vignes, à Domessargues, quand il meurt. Ses obsèques y sont célébrées le .

À la disparition de Jean Carrière, Julien Gracq écrivait : .

Il est le père d'Emmanuel Carrière, conseiller municipal de Nîmes entre 2008 et 2014 et depuis 2020, puis adjoint au maire de Nîmes depuis 2023.

Œuvres Retour à Uzès, Paris, La Jeune Parque, 1967 — Prix Lucien Tisserant de l'Académie française, 1968 L'Épervier de Maheux, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1972 — Prix Goncourt La Caverne des pestiférés, duologie 1. Lazare, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1978 2. Les Aires de Comeizas, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1979 Le Nez dans l'herbe, Paris, La Table ronde, 1981 Jean Giono, Paris, La Manufacture, 1985 Les Années sauvages, Paris, Laffont/Pauvert, 1986 Julien Gracq, Paris, La Manufacture, 1986 Le Prix d'un Goncourt, Paris, Laffont/Pauvert, 1987 — publié sous le titre Les Cendres de la gloire aux Éditions France Loisirs L'Indifférence des étoiles, Paris, Laffont/Pauvert, 1994 Sigourney Weaver, portrait et itinéraire d'une femme accomplie, Paris, La Martinière, 1994 Achigan, Paris, Laffont, 1995 L'Empire des songes, Paris, Laffont, 1997 Un jardin pour l'éternel, Paris, Laffont, 1999 Le Fer dans la plaie, Paris, Laffont, 2000 Feuille d'or sur un torrent, Paris, Laffont, 2001 Passions futiles, Paris, La Martinière, 2004 Recueils L'Âme de l'épervier, Paris, Omnibus, 2009 Réunit : Retour à Uzès ; L'Épervier de Maheux ; La Caverne des pestiférés ; Le Nez dans l'herbe ; Le Prix d'un Goncourt Les Années sauvages, Paris, Omnibus, 2011 Réunit : Les Années sauvages ; L’Indifférence des étoiles ; Achigan ; Un jardin pour l’éternel ; Le Fer dans la plaie

Prix Jean-Carrière En son honneur, un prix littéraire portant son nom fut créé en 2009, afin de récompenser toute œuvre célébrant « l'héritage littéraire et culturel du Sud et de la Méditerranée »Prix Jean-Carrière. Il n'est plus décerné depuis 2015. Les lauréats du prix sont : 2009 : Le Sens de la marche d'Alain Montcouquiol (éd. Verdier) 2010 : Dublinesca d'Enrique Vila-Matas (éd. Christian Bourgois) – Espagne 2011 : La Fiancée des corbeaux de René Frégni (éd. Gallimard) 2012 : La Gardienne du château de sable de Christian Estèbe (éd. Finitude) 2013 : Bleus Horizons de Jérôme Garcin (éd. Gallimard) 2014 : Une jeunesse italienne de Jean-Pierre Cabanes (éd. Anthema-Aubéron) 2015 : Plus haut que la mer de Francesca Melandri (éd. Gallimard) – Italie

Notes et références

Annexes Bibliographie

Liens externes

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