Alain Duménil, né le à Neuilly-sur-Seine, est un homme d'affaires franco-suisse.
Il est PDG d'Acanthe Developpement, société immobilière implantée dans le Triangle d'or à Paris.
Alain Duménil fait fortune en développant et vendant la banque familiale Duménil-Leblé. Il investit ensuite dans l’immobilier à Paris via la société Acanthe Développement.. Il se diversifié ensuite dans l’industrie et dans le luxe, rachetant les marques Jean-Louis Scherrer et Stéphane Kélian, et lance en Bourse le couturier Francesco Smalto et le joaillier Poiray. Il est également le propriétaire du quotidien économique romand L’Agefi..
Il est impliqué dans plusieurs affaires judiciaires dont condamnation, de litiges commerciaux et de délits financiers.... Un litige l'oppose à la DGSE depuis 2002. Cette année-là, le service de renseignement sollicite Alain Duménil pour reprendre le groupe France Luxury Group, alors en difficultés financières, dans lequel il avait secrètement investi une vingtaine de millions d'euros via des fonds clandestins.. Ces investissements étaient depuis plusieurs années en situation critique : le général Philippe Rondot alertait dès 2002 sur des pertes de 180 millions de francs et de « très graves dysfonctionnements » dans la gestion de ces fonds. Alain Juillet, missionné par la DGSE pour trouver un repreneur, décrit alors une société « en faillite » et une situation « catastrophique »..
Les deux parties ont des versions divergentes de la suite. La DGSE estime avoir été spoliée lors d'une recapitalisation en 2003 qui a réduit ses parts à près de zéro. Alain Duménil affirme avoir repris une société en perdition sans avoir été informé de l'implication du service, et avoir injecté 60 millions d'euros pour tenter de la redresser.
Biographie
Enfance et formation Il naît le . à Neuilly-sur-Seine.
En 1975, sorti de HEC, Alain Duménil, hérite à l’âge de , avec son frère Philippe, de leur père. de la société de courtage bancaire parisienne, la Banque Duménil-Leblé, fondée en 1912https://www.liberation.fr/futurs/1996/01/13/la-saga-dumenil-leble-s-acheve-le-malade-est-debranche-la-banque-est-officiellement-morte-hier-apres_160191/.
La fortune d'Alain Duménil, installé en Suisse depuis 1987, est estimée entre 100 et de francs suisses en 2012 par l'hebdomadaire suisse Bilan. L'année suivante, il sort du classement des 300 plus riches de Suisse, passant en dessous de la barre des .
Reprise et développement de la Banque Duménil-Leblé La société de courtage en devises, Duménil‑Leblé s’est développée pendant des décennies comme maison de titres familiale de la place de Paris, élargissant ses services des changes vers les opérations sur obligations et restant non cotée jusqu’en 1984. Alain Duménil la transforme en établissement financier spécialisé en 1981 puis l’introduit au Second Marché en 1984.
L'établissement, transformé en banque d'affaires, prospère rapidement sous la férule de Jacques Letertre, à qui Alain Duménil a confié les clés en 1985. Jacques Letertre, qui appartenait à la direction du Trésor, âgé d'à peine , multiplie par 50 le chiffre d'affaires de Duménil-Leblé.
Duménil-Leblé multiplie en effet « les bons coups » en bourse à une époque où les marchés financiers, dérégulés, explosent. Durant ces « années folles de la finance »., Jacques Letertre, qualifié de "Raider", se lance notamment à l'assaut du Groupe Rivaud, avec l'aide de la banque Stern, dirigée alors par Jean Peyrelevade. La prise de contrôle manque de peu mais le binôme en retirera une très importante plus-value.
En 1987, l'audace et les idées de Jacques Letertre séduisent Carlo De Benedetti , un homme d'affaires italien, et Alain Minc, alors président de Cerus (Compagnies européennes réunies). Il achète 25 % de la banque Duménil Leblé. La même année, Alain Duménil s'établit en Suisse. Cerus fusionne avec la banque en 1989. L'année suivante, le bénéfice net de Duménil-Leblé est en augmentation de 18,5 %, à de francs contre 67,21 en 1989. En ce qui concerne le groupe Duménil Leblé, le résultat net consolidé part du groupe s'établit à de francs, en hausse de 28% par rapport à l'année précédente (). Cerus se résout à fermer la banque Duménil-Leblé en .
En 1994, il est la fortune française avec de francs.
Docks Industriels - rebaptisés AD Capital En 1990, Alain Duménil prend le contrôle de cette société cotée au comptant.
Tentative d'OPA sur la Société générale de Belgique Associée à la banque Dumenil-Leblé, qui détient 18,6% du capital du groupe financier belge Société générale de Belgique, Cirus lance une OPA (Offre publique d'achat) contre le premier holding du pays en 1987.
Comptoir des Fers et Métaux Alain Duménil acquiert à titre personnel 51 % du capital du Comptoir des Fers et Métaux - ce qui valorise au total cette société cotée sur le marché au comptant à de francs.
Société foncière Acanthe Développement En 1993, Alain Duménil rachète la société foncière Acanthe Développement. dont le cours en bourse explose en 1999. La cote de l'action passe, en effet, de à la fin de 1998, à fin 1999, pour atteindre à l'été 2000. Son secret : « Une stratégie simple d'acquisitions différenciées qui consiste à acheter au creux de la vague pour revendre au-dessus de la fourchette, dans le cadre d'interventions de marchands de biens et dans un marché très actif de surfaces moyennes, comprises entre carrés. » L'actif est composé de , de bureaux et de commerces (75 %) et de logements (25 %) pour une valeur totale de de francs, après travaux.
En 2001, la foncière augmente ses actifs de plus de pour atteindre pour une valeur, hors travaux, estimée à d'euros.
Alain Duménil met en vente Acanthe Développement en mais en garde finalement le contrôle à 66,1 % via Ardor Investments. Il recentre toutefois l'activité sur l'immobilier haut de gamme de bureaux parisiens et dispose alors d'un patrimoine évalué à .
En 2024, la valeur de marché d'Acanthe représente 104,9 millions € - soit une surface de répartis entre bureaux (84,1%), locaux commerciaux (9,2%) et habitations (6,7%) dans le Triangle d'or.
Groupe Francesco Smalto Au début des années 2000, Alain Duménil se diversifie dans le secteur du luxe avec la volonté de constituer un groupe de « taille intermédiaire ». Il acquiert le groupe Smalto en 2001.
Alliance Designers Alain Duménil crée le groupe Alliance Designers en 2002 afin de racheter de petites sociétés de luxe en difficulté pour les relancer. dans l'objectif de créer un groupe de "luxe intermédiaire". Ce groupe comptait environ 500 salariés en 2005 - avec un chiffre d'affaires de 750 millions d'euros en 2004.
En 2005, il reprend Féraud. Il est désigné en avril de la même année, repreneur du joailler parisien Poiray, en dépôt de bilan depuis , par le tribunal de commerce de Paris. Il revendra la marque, les stocks, les dessins et les pas-de-porte au fonds familial AMS de Jean-Paul Bize.
En 2006, l'entreprise rachète la marque de chaussure René Mancini., fermée en 2010 : certaines des marques appartenant au groupe ont été revendues (Jean-Louis Scherrer en 2011), d’autres ont pris leur indépendance, conservant Alain Duménil dans leur capital (Jacques Fath, Louis Féraud) et quelques-unes ont été introduites en bourse. Une d'entre elles, Stéphane Kélian, dépose le bilan en 2005https://www.lesechos.fr/2005/08/stephane-kelian-production-a-depose-le-bilan-614302.
France Luxury Group En 2002, Alliance Designers est contactée par la société France Luxury Group que son actionnaire principale depuis 1995, la direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) via ses fonds secrets, a des difficultés à gérer - "ce ne sont tout simplement pas des hommes d'affaires" explique un expert. .
Ces marques se sont ensuite vu rejoindre par d'autres parmi lesquelles Francesco Smalto, Stéphane Kélian, Louis Féraud ou encore Poiray.. Le , Alain Duménil reprend 82 % du capital de FLG avec Alliance Designers, via un échange de titres, pour une introduction en Bourse. Il dévoile sa stratégie dans Le Figaro : « J'essaie toujours dans mes investissements d'être à contre cycle, et de faire d'une certaine manière le bénéfice à l'achat. ».
AD Industrie Au début des années 2000, Alain Duménil s'intéresse secteur industriel. Il crée en 2004 le groupe AD Industrie, devenu un acteur du secteur de la sous-traitance aéronautique, notamment auprès des motoristes (principalement Snecma, Turbomeca et Rolls-Royce.), spécialisé en ingénierie mécanique et hydraulique.. Le Fonds stratégique d'investissement (FSI, détenu à 51 % par la Caisse des dépôts et à 49 % par l'Etat) investit en 2011 à hauteur de plus de 10 millions.
Groupe français intervenant sur les secteurs de l’aéronautique, de la défense et de l’énergie (dont nucléaire), et constitué par le rachat et l’intégration successive de PME françaises possédant certaines expertises, AD Industrie affiche en 2012 un chiffre d'affaires de et plus de .. Lors de la 53ᵉ édition du Salon aéronautique du Bourget, l'entreprise française signe un accord avec le Maroc afin de doubler la capacité de son site de Midparc de Casablanca..
Activités culturelles
Éditions de L'Herne Alain Duménil reprend les éditions de L’Herne en 2003..
Prix Duménil
Il crée en 2007 un prix littéraire doté de . - qui fut longtemps le prix littéraire le mieux doté de France. Le Prix Duménil, récompensait chaque année, en juin, le livre d'un auteur de langue française paru entre début janvier et fin avril. Le jury, présidé par le mécène et hommes d’affaires est composé d’Éric Neuhoff, Pascal Thomas, Stéphane Denis et Marc Lambron.
Parmi les lauréats, on dénombre Philippe Sollers en 2007 ou Pascal Bruckneren 2014.
Théâtre de Paris En 1997, Alain Duménil devient propriétaire du Théâtre de Paris .
Presse Début 2009, le financier et industriel franco-suisse Alain Duménil rachète au groupe GSMN (Genolier Swiss Medical Network SA) 51 % du groupe de presse Agefi SA, qui détient en particulier L'Agefi, un quotidien économique suisse, pour de francs suisses (environ d’euros)« Alain Duménil s'empare du quotidien économique suisse L'Agefi », Performance Bourse, 9 février 2009..
Fortune personnelle Il est la de France en 2013 ( d'euros) « Classement 2013 Fortunes de France », Challenges..
Affaires judiciaires L’ex-banquier français et entrepreneur dans le monde du luxe est connu notamment pour s’être lancé dans un bras de fer financier et judiciaire avec la DGSE.
Banqueroute frauduleuse de la maison Kélian Alain Duménil a acquis pour d’euros la maison Stéphane Kélian, chausseur français, fin 2003, alors en redressement judiciaire, après un premier dépôt de bilan. L’entreprise est alors séparée en onze entités distinctes, chargées notamment de la vente en boutique, des solderies, de la logistique ou encore de la production. Alain Duménil procède en 2005 à une augmentation de capital jugée frauduleuse de son groupe.