La pérovskite désigne originellement un minéral du titanate de calcium de formule . On appelle plus généralement pérovskites les minéraux de même structure, dont un polymorphe de considéré comme le minéral le plus abondant du manteau terrestre. Dans la croûte, les pérovskites sont des minéraux accessoires communément trouvés dans les carbonatites et l'un des hôtes majeurs pour les terres rares et le niobium..

Historique de la description et appellations

Inventeur et étymologie

Cette espèce minérale a été décrite en 1839 par le minéralogiste allemand Gustav Rose, à partir d'échantillons provenant de l'Oural. Il l'a dédiée au minéralogiste russe Lev Alexeïevitch Perovski (1792–1856). À noter qu’initialement le terme pérovskite était, en français, masculinMémoires de la Société géologique de France, Centre national de la recherche scientifique (France) 1848 . La dénomination retenue par l'Association internationale de minéralogie est Perovskite (sans accent).

Topotype

Akhmatovskaya Kop (Mine d'Achmatovsk), Monts Nazyamskie, Zlatooust, Oblast de Tcheliabinsk, sud de l'Oural, en Russie.

Synonymie

Métapérovskite (Federov, 1892)Federov (1892), Zs. Kr.: 20: 74

Caractéristiques physico-chimiques

Critères de détermination

La pérovskite présente un aspect métallique et une couleur noire ou brun-rouge. Elle peut parfois être légèrement transparente. Elle a une densité de 4,0 et une dureté de 5,5 sur l'échelle de Mohs.

Variétés et mélanges

Dysanalyte (Knop, 1877), variété niobifère de pérovskite décrite initialement à partir d'échantillons de la carrière de Badloch, Mont Orberg, Kaiserstuhl, Baden-Württemberg, Allemagne. Knopite, variété de pérovskite riche en cérium, de formule idéale (Ca,Ce,Na)(Ti,Fe)O, décrite à partir d’échantillons de Långörsholmen, Alnön, Commune de Sundsvall, Medelpad, en Suède. Nommée en l'honneur du chimiste allemand Wilhelm Knop (1817-1891).

Cristallographie

La pérovskite cristallise dans le système cristallin orthorhombique, de groupe d'espace Pbnm (57) si les paramètres de maille sont rangés par ordre croissant ( < < ) avec = 4 unités formulaires par maille conventionnelle. Ses paramètres de maille à température ambiante sont = , = et = , donnant lieu à un volume de la maille de et une masse volumique calculée de .

Le titane a pour voisins six ions O dans un environnement octaédrique, sa coordinence est 6. La longueur de liaison Ti-O moyenne est .

Le calcium a pour voisins douze ions O dans un environnement cuboctaédrique très déformé, sa coordinence est 12. Les longueurs de liaison Ca-O varient entre , avec une moyenne de .

Les atomes d'oxygène sont distribués sur deux sites non équivalents, O1 et O2. Tous deux ont pour voisins deux ions Ti et quatre ions Ca dans un environnement octaédrique déformé, leur coordinence est (2+4). Les longueurs de liaison moyennes sont O1-Ti = , O1-Ca = , O2-Ti = et O2-Ca = .

Cristallochimie La pérovskite forme une série avec la lakargiite : et la mégawite : CaSnO3 dont elle constitue le pôle pur en Ti (la mégawite constitue le pôle pur en Sn).

La pérovskite sert également de chef de file à un groupe de minéraux isostructuraux : le groupe de la pérovskite. Il s'agit d'espèces minérales qui partagent une même structure cristalline appelée structure pérovskite.

Groupe de la pérovskite

Bariopérovskite ou titanate de baryum : Davemaoïte :

Lakargiite :

Loparite-(Ce) : Lueshite ou niobate de sodium : Macédonite ou titanate de plomb : Mégawite ou stannate de calcium : Pérovskite ou titanate de calcium : Tausonite ou titanate de strontium :

Études Pour mieux comprendre les conditions de cristallisation de pérovskites de différentes compositions dans la nature, des expériences ont porté sur la solubilité et la stabilité physicochimique de composés du groupe de la pérovskite en conditions hydrothermales. R.H Mitchell a ainsi montré à la fin des années 1990 que la pérovskite est très soluble (jusqu'à 30 %) dans les liquides haplocarbonatitiques et qu'elle cristallise .

Il a aussi montré que d'autres composés du groupe de la pérovskite sont cependant instables (ils se déstabilisent en une variété de carbonates, des pérovskites à lanthane (La), la loparite calcifère et des niobates calcifères) ; La lueshite et la tausonite ne produisent pas de phases primaires dans les liquides, ce qui laisse supposer que la lueshite et la tausonite ne cristallisent pas dans des liquides carbonatitiques à basse température et que .

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie .

Catégorie:Oxyde (minéral) Catégorie:Calcium (minéral) Catégorie:Titane (minéral) Catégorie:Minéral orthorhombique Catégorie:Minéral nommé d'après une personne